Il ne m'importe pas tant de parler dans et à la manière de l'époque que de parler d'elle : une lassitude assortie d'une propension compulsive à dégueuler des images.
Pareils à une houle, les motifs se complètent et s'induisent comme par contagion, s'effacent individuellement au sein de l'étendue que de proche en proche ils composent.
L'image n'est jamais ce qu'elle est parce qu'elle est toujours en même temps ce qu'elle n'est pas. Elle dépasse sans cesse son être qu'elle projette toujours de devenir. Mais cette totalité, cette plénitude rêvée, elle ne l'atteindra jamais, excepté dans sa disparition, laquelle nous atteignons semble-t-il parfois lorsqu'il s'agit d'en faire le rapport, le récit. L'œuvre racontée recouvre les possibles, elle est la manière qu'a la conscience de s'ouvrir au monde. Elle est déjà toujours engagée au delà. Parlant de l'œuvre, on est à la fois le témoin et l'acteur d'une histoire qui nous fait en même temps que nous la faisons. La menace pour l'oeuvre est de n'être que document.
D'où la nécessité de s'en extirper et s'asseoir un peu loin pour la considérer.
Un lien vers l'aponctuation de Thierry Kron est à sa place ici.