les passages
De mon atelier du boulevard de Strasbourg je me rappelle l'odeur des pigeons qui prenait à la gorge, que j'avais remplacée rapidement par celle non moins tenace de la térébenthine.

Je ne sais plus vraiment le temps, je suis couché depuis lundi soir, malade toute la nuit. On est mercredi soir aujourd'hui j'ai pu lire un peu l'après midi, rien de plus. Dans la nuit du lundi je vomissais mon unique repas, rien avalé depuis. Ruminer cette crampe au ventre avec les courbatures les vertiges et les nausées. Je n'ai pas la force de sortir et je sais que dehors rien ne m'aura attendu. Dedans non plus, sauf aujourd'hui où j'ai lu, journées passées en pure perte. Sans s'atteindre ni par les gestes ni par les mots.

Des odeurs qui sans doutent n'existent pas agacent mes narines. Mon territoire est clos et par tous les simulacres rappelle à moi ses limites, qui comme on le dit du cercle, sont vicieuses.

Il m'est impossible d'énumérer ces heures resté couché à ne trouver là qu'un moindre inconfort. Je pense, sans savoir pourquoi, à ces barrières défoncées et repeintes, plus usagées encore par cette nouvelle couverture qui cherche à dire le neuf.

Une oppression, comme l'impossibilité d'une inspiration profonde.

Ce que je fais ici, traîner jusqu'à l'écran faire état de la situation, sans doute nécessité de trouver issue, faire état de ce qui sinon n'aurait écho que par un trou laissé dans le journal, une indisposition.

Ce n'est pas la connaissance par les gouffres, c'est à peu près rien. Si au fond tout n'était que glissement en ces traces blanches.