l'énigme de bonheur fuyant dans l'invisible
Ce que la séquence donne à voir dans sa découpe heurtée : le surgissement d'un monde créé par elle. La proximité de réalités distinctes, un arbre, un pylône, l'angle d'un bâtiment un instant assemblées et comme jetées à soi en un tableau émouvant où chaque chose est transformée en réalité visuelle, aptique.

Dans notre regard désinvolte les propriétés marines d'un monde fluide qui se donne tout dans l'étendue organique à laquelle nous participons. Le monde qui nous ramène à lui, qui estompe un instant l'écart de notre intelligence cultivée. Un mélange de gravité et d'étonnement innocent, enfantin face à un monde continuellement renouvelé. Peut-être une adhésion empathique face à ce que Pierre Bonnard disait « l'énigme de bonheur » fuyant dans l'invisible.