Pâtes à midi, je lis en peu Reverdy sous un soleil réticent. Le pot de ratatouille, je l'ai pris gros aussi pour rincer mes pinceaux à la térébenthine. Nouveau papier dans l'après midi. Démarche d'approche pour quelque chose de plus important qui tarde à venir. Il me faudrait revenir à la toile, le travail sur l'objet, quelque chose entre Rembrandt et le Purisme, mélange improbable d'épaisseur et de surface. Je rentre à Paris demain pour trois jours, je ne sais plus où je suis ni où je vais. 20h30 je sors manger dehors, il restera bien un Mc Do. Les rues sont calmes. S'attabler seul en terrasse dans le soir doux ça vous détache encore. Les immeubles de la place d'Arme sont comme la frontale d'un port mais sans la mer. Impression de la ville comme un port, mais sans la mer. Parce qu'on la sait escale, que s'insinue une mélancolie spéciale, qu'on n'y accroche pas mais au contraire se laisse glisser.
Galilée observant la lune de la terre induisait que l'on considère un peu la terre vue de la lune. La terre et soi dessus. Minuscule. Qui glisse.
La ville en repos comme on dit du sable qui au fond de l'eau après qu'on l'ait dissipé retombe sur ses reliefs. Je rentre par les ruelles égales, les modèles dans les vitrines aux poses détachées. On comprend ces histoires où dans la nuit les objets prennent vie, s'animent, c'est qu'il ne reste effectivement plus qu'eux et dans le calme enfin ne sont jamais autant présents. J'espère avoir réussi ça dans mon dernier grand papier : les objets qui viennent à vous.