Des équipées spatiales, des cavernes aventureuses et un peu de la géométrie du ciel
Acclimatation, exposition du 30 octobre au 31 décembre 2008, Villa Arson -- Nice -- Photos issues du site des frères Chapuisat.
J'ai avancé encore quelque peu Kafka au lit. Mal dormi à cause de brûlures d'estomac. Sans doute le fait d'avoir passé la journée d'hier enfermé dans l'atelier, la térébenthine. Réveillé tôt par une lumière franche que les rideaux jaunes filtrent à la manière d'un été. Touché un peu les tableaux trop frais, commencé un grand papier. Tentative de connexion Internet, 112 spam, serveur blog indisponible. Lis encore les fragments consécutifs comme un conteur mettrait en place son histoire pour, une fois celle-ci esquissée, l'abandonner aussitôt. Ce coté si par une nuit d'hivers ... de Calvino. Joie d'inventer des histoires, comme d'un tableau apporter sa main tandis que l'histoire elle même s'engendre par partie à part nous. C'est un bien joli travail, et qui fait beaucoup d'effet, cette cavalcade que nous appelons la Cavalcade des Rêves. Nous la montrons déjà depuis des années ; celui qui l'a inventée est mort depuis longtemps, de phtisie(...). Désœuvrement. Comme par ces calmes après-midi de dimanche, tout les bruits du voisinage parviennent distinct et éparpillés dans le treillis horizontal des petits jardins clos. Tandis qu'une lumière plate beigne le tout dans un apaisement de fin du monde. Qui me situe, la faible soufflerie de l'ordinateur. Connexion franche enfin, je mets les textes en ligne, constate par un mail que je viens d'être sélectionné à l'issu de l'exposition et du concours Flipbooks à Rennes. Un éditeur prendra prochainement contact avec moi en vue de la publication de mon projet. J'étais loin d'envisager tout ça, le prend avec l'excitation de la surprise. Du concret semble-t-il. Chaque petit événement dissipe un instante les doutes ou peut être les rends quelques minutes ou quelques heures moins pointus. Je travaille au papier commencé ce matin mais en tête depuis plus longtemps, février sans doute. On fait les choses plusieurs fois, d'abord dans le regard que l'on porte, puis dans les ruminations mentales et enfin dans les mains avant éventuellement de poser un regard actif par la suite. (regarder positivement dirait Kafka) Je travaille à la maquette de ce projet de sculptures, arbres synthétiques laqués du blanc des architectures modernistes, éoliennes tronquées, pivots d'un espace à appréhender. Oasis, champagne supernova. Se poser après ces quelques mouvements sera bon prétexte à y travailler vraiment. Avance encore le papier jusqu'au soir. Boue de l'eau. Les raviolis ont un piquant que je ne sais à quoi imputer. James Taylor, you have a friend. J'abaisse les rideaux en pensant à demain matin.