Lyon, fenêtre
Souvent je ferme les yeux sur des galeries vides que j'organise mentalement, d'abord indistinctes et de plus en plus précises. C'est presque un rituel chaque soir ou moment d'épuisement par le chaos du wagon de convoquer les murs et les pièces, de s'en figurer l'agencement pour en composer le corps pour l'instant déficient mais bientôt autonome. Et de reprendre toujours à partir de ces points fixes autour desquels une exposition se déploie avec ces obsessions, ces équilibres à trouver. Ce serait une exposition qui d'emblée ne parlerait pas d'autre chose que du lent « blow up » à mi chemin entre la réminiscence et l'invention qui la constitue et dont elle est peut-être l'objet. Elle ne montrerait même plus les lieux ni les objets qui y figurent, plus rien que le sentiment étrange et muet qui enveloppe leur présence, et notre réticence à nous exprimer là dessus. Plus j'avance et plus je me sens incapable de discours.