Le monde peut se présenter souvent
Le monde peut se présenter souvent comme un univers de signes un à un juxtaposés sur l'étendue auxquels la pensée accroche ; ou pas même une pensée encore : une attention vague, une plus ou moins passagère aimantation, comme un mouvement réflexe tout à fait inconscient. De fait, l'œil fouille avec une apparente confusion les images et le reste du réel selon les aspérités, les reliefs, les zones de contraste, les couleurs ou les arrêtes des contours qui s'y dessinent. Avec des zones dont il s'abstient, d'autres où il revient avec insistance, comme une obsession. Le résultat est celui-ci : ces séquences dessinent un enchevêtrement de moments, de lumières, de pensées, d'objets et d'analogies qui forme le paysage mental que nous dessinons ainsi à notre insu. En quelque point que ce soit, lorsqu'on se déplace dans l'espace ou sous l'effet de la lumière changeante, ces quelques choses deviennent comme « la propagation et la multiplication d'un écho qui se réverbère sur les souvenirs et les inventions », une sorte d'émerveillement, une présence majuscule.Luigi Ghiri