où que l'on soit encore
Comment être témoin et acteur du monde dans lequel on vit tout en restant chez soi ? En se penchant à la fenêtre. A la manière de James Stewart dans Fenêtre sur cour (Alfred Hitchcock), les artistes enregistrent et transforment ce qu'ils voient en face de chez eux. Leurs oeuvres nous renvoient à notre propre position de spectateur dans l'exposition : entre contemplation, voyeurisme et espionnage, entre distance et tentative d'appropriation. Cette exposition collective réunit des artistes de générations et d'horizons géographiques divers qui proposent leurs visions du monde : où l'espace privé rencontre l'espace public, où le désoeuvrement nourrit les hallucinations, où l'histoire personnelle se confond avec les grands mouvements historiques, sociaux ou politiques. L'espace d'exposition multiplie les points de vue (percées, plongées, contre-plongées) et invite à une déambulation de pièce en pièce où les oeuvres apparaissent comme autant de fenêtres ouvertes sur le monde. C'est le programme d'investigation que se propose le centre d'art de la ferme du buisson ces prochains mois de février et mars.

samedi 15 mars 2008 à 18h « De votre fenêtre : votre regard nous intéresse »

JP:- Avez-vous réalisé ces images depuis chez vous, de votre voiture, de votre lieu de travail ?

Pourriez-vous préciser ?

JL: six mois passés en résidence d'artiste au huitième étage de cette tour, alors était-ce chez moi ? Ai-je en surplus du monde un lieu spécial de travail ?

JP:- Avez-vous choisi un moment précis de la journée ?

JL: aux heures calmes quand reflue la journée et que l'extraordinaire banalité se jette à vous.

JP: -- Pourriez-vous nous dire quel moment et pourquoi ?

JL: au soir quand la journée vous dépose à ses extrémités dans une parfaite nudité et que les choses en deviennent palpables.

JP: -- Combien de temps avez-vous passé à votre fenêtre pour réaliser ces images ?

JL: dans une chambre sommaire tous les soirs de six mois à noter ce qui vient dans les pages d'un blog, à récapituler le monde et ce qu'on y fait.

JP: -- Quel outil avez-vous choisi ?

Pourquoi ?

JL: L'appareil photo depuis des années carnet de notes.

JP: -- Regarder de votre fenêtre : est-ce pour vous une démarche familière ?

JL: la préface de mon dernier catalogue, Philippe Dagen commençait : « entre autre définitions possibles de l'homme occidental actuel, celle-ci : c'est l'être qui voit le monde sur un écran et à travers une vitre. »

JP: -- Qu'est-ce qui vous a le plus « séduit » dans cet exercice ?

JL: c'est un prolongement naturel de l'attitude coutumière qui me fait regarder le monde ordinaire rêveusement avec une curiosité renouvelée.