Encore, outre ce choix éditorial témoignant d'une exigence particulière, cette collection exprime une volonté de prendre sur soi les difficultés qu'une telle politique engendre (on rentre évidemment moins facilement dans ses frais avec du Legrand ou du Sinisgalli qu'avec du Marc Lévy) pour servir le lecteur, le livre, en proposant toujours le meilleur de ces chemins de traverse. J'ajouterai aussi que si nous avons le bonheur de découvrir des textes nouveaux, car inédits en France, et donc de sonder plus avant dans le massif fertile de la littérature mondiale, il ne s'agit pas pour autant de textes obscurs ou approximatifs, de « restes », mais souvent au contraire, de morceaux de tout premier choix, comme de compléments aptes à nous éclairer sur les trajets d' auteurs reconnus.
Comme j'ouvre le Williams qui vient de m'être envoyé :
Où vous trouverai-je,
Mes grotesques compagnons que je cherche partout
Pour former mon orchestre ?
Personne, pas un seul
Qui ait les goûts terre à terre que je requiers ;
L'orgueil fouineur qui se redresse
Subtil comme un buisson en mai.
(et c'est curieux comme ces deux derniers vers m'évoquent Goethe)
Alors à la fois à l'auteur, à l'éditeur : « faisons repas ensemble, apportez-nous vos millésimes. »