Valenciennes 22
Levé 6h00. Le froid pince les oreilles, je presse le pas. Valenciennes/Lilles Flandres. Lilles Europe/Brussel midi. Je lis les écrits de Parreno. Livre dont je ne peux pas dire qu'il m'ai fait l'impression d'une intelligence supérieure. Peu rigoureux, propos caricaturaux. Metro 2 jusqu'à Simonis, puis ligne 1 jusqu'à Heysel. Je pense à Hasel de Dylan sur cet album singulier qu'est Planet Waves. Dirdge aussi. Piano/guitare. Peu à voir. C'est dans la tête. Grand pavillon des expositions, europeen seafood exhibition. J'ai du mal à me représenter. Seafood exhibition. Juste à coté les halls d'Art Brussels. Ratissage de 11 à 15h. A l'ouverture, les allées vides donnent l'impression d'aller à sa guise comme un collectionneur en son domaine ; et de fait je vais au caprice tandis que quelques galeristes conversent avec fermeté la main sur l'oreille, zébrant nerveusement les couloirs comme une balle dans ces jeux vidéos rebondis inlassablement sur des parois compliquées. L'habitude laisse percevoir quelques grosses ficelles, les redites. Jeux de citations, emprunts, filiations. Mais aussi l'environnement rigoureux de Jan de Cock. Une des plus belles expositions que j'ai pu voir. Cette façon qu'à aussi Tatiana Trouvé d'intervenir dans l'architecture, de modifier la perception qu'on peut en avoir creusant ses vivariums. Volumes simples, sobres et délicats, raffinés dans un sens. La question du regard, de l'image, de la mise en espace de ces rapports à la fois simples et déterminants. Qui ne se laisse saisir. C'est très peu et c'est, il me semble, essentiel. Retour en métro. Je traîne un peu dans les rues pauvres de Hal à St Gilles. Des immeubles identiques dégagent des rues comme des ghettos où des enfants jouent sans conviction. Le soleil m'abruti un peu sur la pelouse. Retour. Je lis quelques articles de la revue des deux mondes. Bonnefoy. Je me sens une proximité avec sa façon d'aborder les choses un peu à l'aventure, sa confiance en les impressions. C'est le genre d'essai qui m'a toujours rendu haïssable l'obligation où l'on est parfois, à la fin d'un volume d'Actes, de fournir de ce que l'on a écrit, écrit plutôt que pensé, un résumé en cinq ou dix lignes. Un assèchement se produit alors, en effet, où je vois s'évaporer non tant ce que j'ai dit que l'esprit dans lequel j'avais tenté de le dire. Non qu'elle m'apparaisse remarquablement belle, je laisse présager par une attitude légère à la jeune fille qui s'est assise intentionnellement en face de moi, qu'elle ne me laisse pas tout à fait indifférent. Laisser flotter un regard distrait, ça n'engage à rien, me déconcentre à peine de ma lecture et lui fera certainement un peu plaisir. Le genre de confirmation de son reflet que l'on cherche parfois dans les autres. Les petites gares se succèdent, le paysage est plat, planté de vaches faméliques, l'herbe est grasse. Semble sortir droit de nos vieux livres d'école : monde rural. Comme une illustration. Le monde devient souvent l'illustration de ce qu'on a cru pouvoir en dire. Terminus, j'ai les jambes en bois. Retrouve ma pièce. Fatigue généralisée.