Valenciennes 2
J'ai trois sacs et un énorme rouleau de papier 220 g. Pas en avance. Quelques vêtements, du matériel, une poignée de bouquins. J'ai apporté Le principe de l'axolotl & suppléments de Gilles Tiberghien pour questionner mieux mes déplacements, ou juste pour le plaisir. Et puis parce que pas plus qu'un paysage ou un tableau, un livre ne se capture. On est amené à y revenir. Même si le plus souvent c'est d'un regard aux tranches sur les étagères. Réfléchissant à un article en cours sur le travail de Mathilde Rosier j'ai pensé à la nouvelle de Cortazar. Le front collé à la vitre et ce déplacement de soi, tacite. Je n'ai pas emporté Cortazar.

Pour cause d'accident matériel le train a eu deux heures de retard, j'ai lu tout le trajet Des Clopinettes de Dominique Angel. 19h30 arrivée Valenciennes. Un vent frais sinistre les travées. C'est d'aborder la ville par la solitude qu'elle invite en chaque impasse, à chaque coin de béton nu -aux briques- qui impose telle idée de face à face silencieux, ni hostile, ni accueillant. Dans un suspend absolu. « Partir n'a jamais permis d'aller nulle part ». « Abolir l'espace et le temps ». J'ouvre un programme art contemporain en Bretagne Avril > Sept. '06 abandonné là. Une page cornée : l'art dans les chapelles, peinture murale de Soizic Stokvis.

J'ai apporté aussi Idée de la prose d'Agamben sans savoir que j'y trouverai Idée de l'enfance. « Dans les eaux douces du Mexique vit une espèce de salamandre albinos qui a depuis longtemps attiré l'attention des zoologues et spécialistes de l'évolution animale. » Je lis jusqu'au soir, mais mal.