Et beaucoup de fatigue.
On a coutume pour évoquer la pléiade de nos désirs désordonnés de dire comme on s'éparpille, et l'on peut y voir littéralement comme on émiette un pain au vent, soustrayant l'objet à une dissolution dispersée. Dans cet intérêt volubile et négligeant pour le morceau intègre, il y a quelque chose de l'exil de soi en différents pôles simultanément. Et bientôt c'est se confondre. Car les choses semblent se dévoiler à la hauteur de ce que l'on s'y investi. Et comment relever tous les coins du voile en n'étant qu'un, attablé à un morceau partiel du mystère ?

J'ai toujours été ce calme dissipé échappé à lui même. J'ai composé une cabane qui est une étendue, que j'entretiens de mes écarts. Des livres allongés hérissés de tickets et de cartes, à peine mordus. C'est une habitation temporaire, mobile et déracinée.

Cette semaine quelques livre, quelques expositions. Cette phrase extraite du journal de Henri David Thoreau : « Il semble que nous ne fassions que languir dans l'âge mûr pour dire les rêves de notre enfance, et ils s'évanouissent de notre mémoire avant que nous ayons pu apprendre leur langage. » Et beaucoup de fatigue.