J'avais cessé un temps mes envois d'e mails issus de ma correspondance d'avec une amie lesquels finissaient, en outre, à ressembler aux pages d'un journal de bord non relié. Il me semblait, et c'était peut-être le cas, que ces envois n'atteignaient plus (l'avaient-ils fait un jour ?) leur destinataires. Et partant du principe qu'une bouteille à la mer vaut mieux qu'une bouteille dans un bain de pieds, je cessais mes mailings réguliers. Sans, il est vrai, pour autant cesser d'écrire. Je serais peut-être, et pour toujours, incapable de brocher un livre, je n'en continuerais pas moins d'accumuler les pages. J'écris trop, c'est un vis ; un vis sans fin. La semaine dernière, un ami me faisait entendre qu'il regrettait cette période et cette habitude un peu originale, facétieuse. Je ne m'y attendais pas vraiment, doutant finalement du caractère divertissant (au bon sens du terme) de mes courriers, mais ça me redonnais l'envie. Toujours est-il que j'ai fait cavité à cet écho et envisage sous peu de réitérer cette correspondance à destinataires multiples. A l'issue de la 60ème lettre, le contenu n'est plus tout à fait le même qu'aux prémices, ni pourtant différent. Un peu comme le temps qu'il fait.