Perception des réalités de bord de route
Perception des réalités de bord de route
On vous confie une page originale de l'édition française de 1940 de Mein Kampf. Sur laquelle il vous est proposé d'intervenir. Forcément il y a tentation forte de s'y confronter, forcément réticence et attirance dans cette occasion coupable. On sait qu'il y a Claude Closky, Philippe Cognée, Gérard Garouste entre autre et quelques dizaines d'anonymes à proximité. Je ne crois pas qu'il y ait vraiment une conscience de l'histoire à ce moment là, seulement une intimidation vague. Qu'on le veuille, on se confronte à un mythe, quelque chose qui n'avait ici qu'une existence orale, dont l'ombre flottait confusément sur quelques chapitres de nos cours d'histoire. Pas même d'images pour ça. Maintenant on l'a en main par une page fatiguée ce morceau de mal formidable. Et n'y rencontre évidemment pas cet autre duquel la morale préserve mais quelques lignes d'une politique nationaliste dont l'énormité nous semble être alors cette mine de rien. On l'a dit mieux que je ne le saurait, cet épisode tragique n'a rien d'inhumain, il est au contraire une part -et des plus sombre- de notre humanité. Dont la menace pèse comme une maladie. L'insanité est sournoise, à l'image de ces chalets charmants, de ces rochers factices qui sont autant de blockhaus disposés sur la frontière dès la fin des années 30. A cette couverture du Times, en 29 je crois, qui consacre comme « homme de l'année » un certain Adolf. J'avais à ce moment ce livre « bunkers » mis dans mes mains par Charlotte, ce fut simple. De la à dire où ça va tout ça...

Le livre sort mi octobre aux éditions du Seuil. Cette compilation est due à Linda Elia. Préface de Simone Veil. www.notrecombat.net pour le reste.