Et c'est cette sorte de réflexions confuses qui venaient quand j'essayais de regarder les Nymphéas de Monet et qu'ils m'imposaient que seulement je les voie. Que chaque contact à la toile demande l'éloignement. Car s'il est des tableaux qui demandent à être vus de près car leur sujet n'est que prétexte, d'autres qui jouent la réticence comme c'est le cas de ceux d'Eugène Leroy, les Nymphéas de Monet --comme nombreux Vélasquez- demandent à faire distance d'avec le détail pictural à la faveur d'une impression générale, globale, appréhensive.
Du détail, nous faisons vite le tour : quelques couleurs mates quelques gestes repérables dont on ne peut que s'étonner de la présence là où tout à l'heure, à distance, nous voyons précisément les reflets délicats d'une corolle sur l'eau. Partout ce même traitement homogène, systématique, comme éléments épars attendant d'être liés par l'œil. Simulacre, nous ne voyons pas le tableau mais l'image que celui-ci nous invite à voir par l'approximation de notre œil et les inclinaisons de notre mémoire. De l'ensemble elliptique, les courbes ont la teneur des voiles de Maya... Such stuff as dreams are made of.