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Catalogues et Monographies
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Catalogues et Monographies
Suite Panéry
Catalogue de l'exposition à la Galerie Ceysson&Bénétière Panéry, 100 pages, 2026.
Préface Itzhak Goldberg
Détail
Suite Panéry
Suite Panéry
Catalogue de l'exposition à la Galerie Ceysson&Bénétière Panéry, 100 pages, 2026.
Préface Itzhak Goldberg
Suite Panéry
Jérémy Liron fait preuve d’une clarté exemplaire lorsqu’il décrit le processus de son travail. Rien d’étonnant de la part d’un artiste dont l’œuvre se distingue par une lisibilité remarquable. Écoutons-le :
« Je travaille à cet ensemble depuis août–septembre dernier, en l’envisageant comme une Suite Panery. C’est le titre générique que je donne à ce sous-ensemble d’une série que je poursuis depuis vingt ans, intitulée Paysage(s), chaque tableau étant numéroté. Ainsi, le premier tableau de cette Suite Panery est le Paysage n°289, et je travaille actuellement sur les numéros 298, 299 et 300. »
Cet engagement dans une entreprise sans fin, ainsi que les chiffres vertigineux qui accompagnent les titres, pourraient évoquer le célèbre cycle Description du monde de Roman Opalka. Ce travail unique se compose d’une série de tableaux couverts de nombres patiemment tracés, que l’artiste nomme invariablement Détail. Chaque nouvelle toile prolonge cette « comptabilité » des chiffres vers l’infini, selon un processus qui ne devait être interrompu que par la mort de son auteur.
(...)
Vue(s), vigie, voisinages
60 pages, textes de Stéphanie Rojas-Perrin et Jérôme Thélot, éditions Fondation Renaud, 2025.
Détail
Vue(s), vigie, voisinages
Vue(s), vigie, voisinages
60 pages, textes de Stéphanie Rojas-Perrin et Jérôme Thélot, éditions Fondation Renaud, 2025.
Vue(s), vigie, voisinages
Rien de plus réfléchi, du coup, que cette suite, rien de plus saisi dans l'espace mental d'un double regard réciproque et retourné. Et rien donc d eplus élaboré que cet art héritier des constructions idéalistes de la Renaissance, des perspectivismes remis sur les chantiers des géomètres depuis Brunelleschi jusqu'à Balthus. 
Les substances sensibles éclatent, oui, sur les murs bruts, les sursauts de la matière brusquent l'espace et les ciels impénétrablement bleus aiguisent les sensations, - mais la Forme, quant à elle, résiste aus sommations de ces Forces, elle est fomentée par un esprit vigile qui tient et maintient sous sa maîtrise les versantsconjoints de sa double vocation.

Jérôme Thélot

Le catalogue accompagne l'exposition de sortie de résidence à la Fondation Renaud Fort de Vaise.
Valse

34 pages, préface de Jérémy Liron, éditions Centre d’art la Halle des bouchers, Vienne, 2024.

Détail
Valse
Valse

34 pages, préface de Jérémy Liron, éditions Centre d’art la Halle des bouchers, Vienne, 2024.

Valse
Vous êtes donc pris, ici, dans un parcours scénographique qu’il a conçu entre les piliers de la halle et les cimaises, découvrant de nouvelles perspectives, un déjà-vu paradoxalement inconnu, dans une sorte de dérive un peu rêveuse, ce plaisir que nous avons depuis l’enfance à parcourir les labyrinthes.
Bien sûr vous reconnaissez des lieux familiers de notre ville, les escaliers de St André le bas, le mur tacheté de l’ombre des platanes sur le mur de la chapelle St Théodore, le théâtre antique ou une vue inhabituelle, au travers des piliers du temple d’Auguste et de Livie, sur l’ancienne prison, un angle d’immeuble si près d’ici entre les rues des Clercs et du 4 septembre, la tête d’une statue vue au Musée des Beaux-arts et sur une gravure ancienne le quai de Sainte Colombe élargi de ce mystérieux «  angle courbe »  sur lequel fut posé plus tard un des piliers de la passerelle.
Mais vous penserez à la valse viennoise et devant le cabinet de Freud à Vienne vous vous demanderez de quelle Vienne il s’agit, comme si, d’un même songe vous étiez passés de notre ville à son homonyme autrichienne, d’un même pas de valse et l’esprit embrumé vous étiez entrés dans l’expérience d’un trouble, dans d’étranges associations ou dans les rhizomes foisonnants de votre mémoire.
En effet, c’est bien là que vous êtes, dans ce que les orateurs de l’antiquité appelaient un palais de la mémoire, cette série d’objets signifiants qu’ils disposaient devant eux pour mémoriser les étapes d’un discours.  Un palais de la mémoire de la ville aussi, avec ses ponts détruits, ses cartes postales anciennes, mémoire de ce lieu même où nous sommes, là où fut vendue la viande des bouchers que l’artiste a rappelé malicieusement avec cette peinture d’une carcasse de viande inspirée de Rembrandt.

Bernard Collet

Le catalogue accompagne l'exposition Valse au centre d'art La Halle des Bouchers à Vienne. Exposition réalisée en collaboration et dialogue avec Anne Favier.
Les archives du désastre


192 pages, Préface de Lionel Bourg, entretien avec Anne Favier, éditions l’Atelier contemporain, 2024

Détail
Les archives du désastre
Les archives du désastre


192 pages, Préface de Lionel Bourg, entretien avec Anne Favier, éditions l’Atelier contemporain, 2024

Les archives du désastre
Le désastre a eu lieu.
Ne subsistent du monde que des images, le réel jadis éprouvé, bâti, jour après jour étayé, n’ayant peut-être jamais été lui-même qu’un château de cartes, de vaines concrétions ou des ruines.
Demeurent des espèces d’épreuves.
Des clichés indécis, neutres, comme en souffrance toutefois sous l’opacité d’une durée sans mémoire autre que gluante, voilée de sécrétions maladives, laquelle semble accueillir en son intimité les témoignages d’un univers que l’on savait menacé.
Images…
(Lionel Bourg)


La peinture figurative et évanescente de Jérémy Liron se déploie en grande partie par séries, aux noms empreints d’une sourde mélancolie, comme ses Tentatives d’épuisement, ses Images inquiètes, ou ses Absences. Les Archives du désastre, qui comptent aujourd’hui près de 400 pièces de modeste format et auxquelles sont consacrées ce volume, sont l’une d’entre elles. Elles recueillent un ensemble de figures spectrales, dessinées à la craie noire, puis voilées d’une couche de peinture vert de Hoocker. Elles sont les reliques d’un désastre, d’un changement d’astre, qui eut lieu avec la vague d’attentats terroristes durant la dernière décennie. Préface de Lionel Bourg ; entretien avec Anne Favier.
Face mer


Préface de François Bon, bilingue, éditions Lord Byron, 2024

Détail
Face mer
Face mer


Préface de François Bon, bilingue, éditions Lord Byron, 2024

Face mer
Et puis finalement oui, le rideau s'ouvre. Il s'ouvre sur quoi? Justement sur cet absolu du peintre. Si résistif à soi-même. Toi tu te dis, pour toi, qu'avec l'âge vient ce droit, y compris pour mieux atteindre au monde, de s'ancrer dans les quatre murs, les livres et la table. Tu n'avais pas compris que pour Liron c'atait l'étape de maintenant.
François Bon

Catalogue publié à l'occasion des exposition Le dernier rivage à la Galerie Isabelle Gounod et Mu à la Galerie Eric Linard. 
Une phrase
La mer intérieure

36 pages, texte d’Emmanuel Ruben, édition Orangerie du Château de Sucy-en-Brie, 2024.

Détail
Une phrase
Une phrase
La mer intérieure

36 pages, texte d’Emmanuel Ruben, édition Orangerie du Château de Sucy-en-Brie, 2024.

Une phrase
Il y a quelque chose d’archipélagique dans l'œuvre de Jérémy Liron. Ses tableaux, je les lis comme des îles potentielles, avec leurs contours appuyés, leurs reflets bleutés, leurs ombres portées qui font parfois penser à Chirico. Ce sont des îles mémorielles qui portent la nostalgie d'une mer intérieure. Éclats de lumière à hauteur d'enfance, ces images fixent un instant qui s'est enfui, mais qui continue à irradier au plus profond des rêves. Tout en étant réalistes, voir hyperréalistes, les tableaux de Liron ne veulent rien dire, ils ne décrivent pas, ne définissent pas un paysage, ils désignent un fragment habitable dans l’archipel de la mémoire.
Ce sont des haïkus : ils ne cherchent jamais à capturer la totalité d'un paysage, d'une plante, d’un arbre, d'une statue ou d'une architecture – ils ne se contentent pas de concentrer et de réfracter une émotion, ils mettent en scène la suspension panique du langage et font entendre une note de musique, brève, scintillante, mais qui résonnera longtemps en nous. C’est pourquoi ils ne sont jamais surchargés. Regardez ces grands à-plats de couleur : ciel bleu pâle, flaque de soleil, grand pan de mur jaune. Écoutez ce silence qui perle dans les interstices de cette peinture griffée d’ombres et de flashs de lumière.

Emmanuel Ruben

Le catalogue a été publié à l'occasion de l'exposition Une Phrase à l'Orangerie de Sucy en Brie. Exposition constituée d'une logue frise de 45 tableaux disposés en ligne sur un peu plus de 20 mètres.
Pendant que la nuit tombe
26 pages, textes de Jean-Marc Salomon et Jérémy Liron, éditions L'Abbaye, espace d'art contemporain, 2023.
Détail
Pendant que la nuit tombe
Pendant que la nuit tombe
26 pages, textes de Jean-Marc Salomon et Jérémy Liron, éditions L'Abbaye, espace d'art contemporain, 2023.
Pendant que la nuit tombe
Dans les paysages de Jérémy Liron le temps y est comme suspendu. L'effacement de tout indice contextuel et l'absence totale de figure humaine dans son travail évite et empêche toute narration. La peinture figurative de Jérémy Liron a pour but de déconstruire la réalité telle qu'elle prétend représenter. Chaque tableau devient alors un objet de contemplation et un support de rêve pour laisser le specteteur divaguer dans ses pensées. 
Jean-Marc Salomon

Catalogue publié à l'occasion de l'exposition Pendant que la nuit tombe réalisée à L'Abbaye. 
La géométrie dans tous ses états
16 pages, texte de Gilles Altieri. Editions Maiosn du Cygne, ville de Six Fours les Plages, 2023.
Détail
La géométrie dans tous ses états
La géométrie dans tous ses états
16 pages, texte de Gilles Altieri. Editions Maiosn du Cygne, ville de Six Fours les Plages, 2023.
La géométrie dans tous ses états
Evitons néanmoins la double tentation de ramener le travail de Jérémy Liron à une position en quelque sorte documentaire sur notre époque, une sorte de "Jérémy Liron témoin de son temps", et d'autre part, d'appréhender son travail comme un bloc monolithique qui s'offrirait au spectateur "ne varietur". Sur le premier point, puisque nous avons évoqué plus haut le caractère semi-fictionnel de son travail, on ne pourrait au mieux que lui attribuer un rôle semi-documentaire. Mais la liberté qu'il prend avec la réalité, est chez lui le moyen d'accéder à une vérité picturale, à l'exemple du Parthénon d'Athènes qui, contre l'évidence, ne comporte aucune ligne droite. Ce mentir-vrai qui est au coeur de toute création artistique, est chez Jérémy Liron, le fondement de son oeuvre.
Gilles Altieri

Le catalogue accompagne l'exposition La géométrie dans tous ses états à la Maison du Cygne.
Par la fenêtre
52 pages, texte d'Eric Suchère, édition Galerie Isabelle Gounod, 2023.
Détail
Par la fenêtre
Par la fenêtre
52 pages, texte d'Eric Suchère, édition Galerie Isabelle Gounod, 2023.
Par la fenêtre
Ainsi, la peinture de Jérémy Liron est la destruction-recréation du paysage par la peinture. Par paysage, j’entends le paysage réel qui a déjà été mis à distance par la photographie qui en a été prise, mais qui évoque, biographiquement pour l’artiste, le paysage — les paysages — qu’il a pu voir, le paysage-souvenir qui est, également, un paysage-affect. Ce paysage-affect, jamais Jérémy Liron ne pourra le transmettre — car il n’appartient qu’à lui —, mais il est le moteur, l’élément déclencheur, celui qu’il tente, à l’instar du narrateur d’À la recherche du temps perdu, « de faire entrer dans sa lumière ». La peinture réalise cette recréation, combinant, à la fois, le paysage et l’affect qu’il déclenche, dans un être autre qui n’existe que dans la peinture. Il ne s’agit pas de mémoire involontaire mais d’une entreprise conceptuelle qui vise à affecter le réel par son affect, l’image par la peinture.
Le tableau est un arrêt sur image par la peinture ou un arrêt de l’image par la peinture où celle-ci provoque l’arrêt, une stupeur possible par ce qui est en son cadre : ces fragments subtilisés et transformés d’un réel improbable mais qui nous paraît, cependant, familier. À l’instar des cadrages de Michelangelo Antonioni dans sa trilogie (L’Avventura, La Notte, L’Éclipse) où la narration se délite dans ce que Jérémy Liron nomme des « stances », les tableaux de Jérémy Liron font apparaître ces fragments hors de l’habitude que nous avons de leur apparence, dans leur caractère singulier, dans l’idiotie — du grec ἴδιος — qui, selon Clément Rosset, n’a « ni reflet ni double », n’existe qu’en lui-même.

Eric Suchère

Le catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition Et c'est assez pour l'instant, qu'une si jolie ombre dans au bord de la fanêtre à la Galerie Isabelle Gounod.
Les archives du désastre
52 pages, texte de Laurence Gossart. Editions Galerie Isabelle Gounod, 2022.
Détail
Les archives du désastre
Les archives du désastre
52 pages, texte de Laurence Gossart. Editions Galerie Isabelle Gounod, 2022.
Les archives du désastre
Ces petits formats à l’absorption si efficace poursuivaient en moi leur entreprise dans les tas et cartons qui se trouvaient au sol. C’est en regardant ceux qui justement n’étaient pas exposés au mur que je prenais progressivement la mesure de l’intensité de ce travail. Un grand corps dans lequel chaque pièce trouve – si je puis dire - troue sa place, tout en conservant son autonomie. Isabelle Gounod me montrait les pièces une à une, me traçant ainsi l’histoire de ce nouvel Atlas qui bien entendu évoque pour nous son grand frère, l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg. En effet, c’est essentiellement la raison pour laquelle cet ensemble touche tant. Il contient cette mémoire commune, mémoire qui nous regarde, que Jérémy Liron ranime ici.
Les archives, donc, du désastre... Mais quel désastre ? Quelles archives ? Entre images et vestiges ? Entre imago et vestgium ? Quelque chose d’indéfini ? Plutôt une énergie qui prend forme et est à la fois, ainsi que l’énonce Georges Didi-Huberman, ce que nous voyons et ce qui nous regarde. Vu et voyant, mu et mutant, une expansion organique revenue du plus profond des eaux troubles, de l’inconscient, de la mémoire. Reprenons. L’ensemble de dessins Les Archives du désastre est débuté après que nombre d’événements très violents marquèrent nos quotidiens : les exactions de Bokoharam, les attentats en France ainsi que ceux du musée du Brado de Tunis mais aussi la destruction de la cité antique de Palmyre. Enfin, c’est tout particulièrement après l’attentat du journal Charlie hebdo que Jérémy Liron engagea ce travail. « Comment en sommes-nous arrivés là ? » s’interrogeait-il.

Laurence Gossart

Catalogue publié à l'occasion de l'exposition Marginalia (travaux sur papier) à la Galerie Isabelle Gounod.
Ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder
20 pages, Editions Abbaye St Florent le Vieil, Mauges sur Loire, 2020.
Détail
Ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder
Ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder
20 pages, Editions Abbaye St Florent le Vieil, Mauges sur Loire, 2020.
Ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder

"Qu'est-ce qu'un paysage? Ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder." 
Cette définition donnée par Gilles Clément articule le regard et la mémoire et a le double intérêt d'introduire l'exposition en la plaçant sous le signe du paysage, qui est le titre générique d'une série de peintures et de l'extraire d'une appréhensio,n technique réductrice en l'assimilant à une perception dans aquelle le travail du regard n'est pas simplement celui de la vue, le paysage e, Occident se définissant historiquement comme une découpe tracée par une fenêtre, la vedute, mais une activité composite à laquelle prennent part l'imagination et la mémoire.

JL

 

Les heures
74 pages, texte de Gilles Tiberghien. Coéditions La Nerthe/Musée de Sens, 2020.
Détail
Les heures
Les heures
74 pages, texte de Gilles Tiberghien. Coéditions La Nerthe/Musée de Sens, 2020.
Les heures
Si l'on regarde bien, on comprend vite que ce n'est ni de réalisme ni de naturalisme qu'il est question mais d'équilibre, de jeux de formes s'efforçant de s'arracher à la matière picturale pour mieux l'affirmer paradoxalement, imposer son règne souverain qui parle du tablean en se soustrayant à l'image. Certes on reconnaît des fenêtres et des rambardes, des briques au sol et des blocs de pierre, mais on n'en sait rien et l'on comprend vite qu'un autre monde s'ouvre derrière ceui-là, celui du peintre qui est aussi le nôtre mais dont nous ne soupçonnions pas la part commune restée jusque-là invisible pour nous.
Gilles Tiberghien

Le catalogue accompagne l'exposition Les heures à l'Orangerie du Musée de Sens. Exposition de dimension rétrospective qui rassemble des travaux de diverses périodes et séries.
Récits, pensées, dérives & chutes
300 pages, préface de Marc Desgrandchamps. Texte d'Armand Dupuy & divers entretiens. Editions L'Atelier contemporain, 2020.
Détail
Récits, pensées, dérives & chutes
Récits, pensées, dérives & chutes
300 pages, préface de Marc Desgrandchamps. Texte d'Armand Dupuy & divers entretiens. Editions L'Atelier contemporain, 2020.
Récits, pensées, dérives & chutes
Les images montent, se troublent et retombent derrière mes yeux, vont toucher les
pans verts ou gris déroulés sur le pare-brise, frondaisons et ciment dévorant les restes, ces
images mentales rapportées dans la vitesse du retour et ma propre immobilité contrariée –
l’état tête fixe mais déplacée, les cuisses enfoncées dans le siège, la ceinture de sécurité, les
mains tenues sur le volant. Tout s’étoile à se répondre, à s’attacher, se déchirer, à puiser des
parcelles presque oubliées, à racler les boues qu’on pensait devenues secrètes à soi-même. Je
traîne assis dans ce qui me traîne, assis dans ces forces contraires – dans cette boîte dans la
boîte, excédant les limites de l’os, les repoussant, jusqu’au vert, au gris devant moi, tous deux
déjà filant derrière, me scrutant depuis cette phrase de Liron, les restes kaléidoscopiques de
la conversation.
nous étions sur un banc, côté queue du chef d’œuvre de Lemot, place Bellecour, tout
près de l’atelier provisoire qu’il était sur le point de quitter – il faudrait sous peu remballer
les outils, les tableaux, céder la place. Nous étions la figure au soleil de mars, les nombreuses
jonquilles déjà fleuries dans le dos, l’ombre des marronniers, pas loin, ou plutôt l’ombre assez
proche des arbres en moi, qui n’était que souvenir de l’ombre datée d’une époque révolue,
il y a presque dix ans, ici même, à Lyon, puisque les marronniers n’étaient plus, alors que
nous étions là, nous, rougissant dans l’amorce printanière, poussant nos incertitudes et toute
notre inconstance du bout des lèvres. Place refaite et souvenirs de place traversés si souvent,
superposés, plaqués l’un sur l’autre et coulissant sans rivalité. On avait abattu puis débité ces
marronniers, malades – j’avais dû lire ça dans les journaux –, mais l’ombre se jetait encore
et désaltérait nos phrases, lançait sa fraîcheur où nous parlions, lançait puis s’engouffrait
obscurément tout autre chose. Une conversation, donc, phrases ou mots seuls, leurs trous,
leurs sursauts – l’hésitation, l’oubli. Comme si chaque tableau réclamait qu’on ne laisse pas
sans dire sa course devant nos yeux, sous peine de n’exister pas tout à fait. Parce qu’un
tableau, peut-être, à cause de tout son poids d’inachevé, d’inachevable, reste indécidable
– on ne sait jamais jusqu’où mener lignes et couleurs, jusqu’où pousser l’ajustement des
formes aux formes et jusqu’où contrarier l’ensemble. Que Liron soit allé retoucher parfois
l’une de ses toiles sur le lieu d’exposition, comme ont pu le faire Bonnard, Picasso et d’autres,
témoigne de cet état d’inachèvement permanent des tableaux tant qu’ils restent à portée de
main. Le geste par lequel la main va toucher la toile sans jamais toucher l’énigmatique objet
qu’elle vise, ne trouve aucun aboutissement satisfaisant, aucun repos durable. La substance
déposée reflète de façon si lancinante l’échec qu’il faut que les tableaux disparaissent enfin,
qu’ils soient portés au loin. Ils trouvent une fin naturelle dans la séparation, lorsqu’il nous
sont arrachés, qu’ils sont au mur, derrière la porte close d’un collectionneur, et qu’on finit
par les oublier, qu’on recommence ailleurs.

Armand Dupuy
Caro
74 pages, texte de Philippe Agostini. Editions Nuit Myrtide, 2019.
Détail
Caro
Caro
74 pages, texte de Philippe Agostini. Editions Nuit Myrtide, 2019.
Caro
Des photographies des œuvres de Caro, redécouvertes au détour des pages d’un catalogue, Jeremy Liron fait des peintures - tout comme il le fait d’ailleurs à partir de ses propres clichés de l’espace citadin qu’il habite ou qu’il a habité. De l’image initiale il retient les formes emboîtées, les articulations des pans et leurs jeux d’ombres, les couleurs parfois qui restituent la matière des sculptures, rouille ou laque. Mais cette image n’est pas toujours restituée dans son intégralité, souvent recadrée par le format vertical dans lesquels il choisit de reprendre les motifs. Cette régularité du format de restitution recouvre plusieurs fonctions qui, s’elles n’étaient probablement pas décidées par avance se sont très certainement imposées  comme une nécessité dans la succession de ses peintures ; d’une part ce format standard assume d’emblée le principe du fragment, de l’extrait ou l’extraction, lié directement à celui de l’emprunt qu’il réalise ici, nous rappelant sans cesse que c’est moins la citation de l’œuvre elle-même qui l’intéresse que les phénomènes graphiques (lignes, plans, masses…) sur lesquels se porte son regard. D’autre part dans la verticalité assumée de chacun ces morceaux de peinture - format que l’on nomme aussi Figure - se loge évidemment l’affirmation d’un jeu séquentiel constituant dans sa multiplication l’équivalent d’un échantillonnage, d’un catalogue, d’un ensemble raisonné de « cas de figures » justement.
Philippe Agostini
Pente douce
Plaquette de l'exposition rétrospective Pente douce au Cntre d'art l'H du Siège, Valenciennes.
Texte d'Alexandre Mare.
Détail
Pente douce
Pente douce
Plaquette de l'exposition rétrospective Pente douce au Cntre d'art l'H du Siège, Valenciennes.
Texte d'Alexandre Mare.
Pente douce
Il y a dans le travail de Jérémy Liron, dans sa peinture, un constat. Celui d'une lumière, d'une émotion particulière, de la singularité d'un lieu, d'un point de vue. Il ya une apparente immédiateté dans cette oeuvre, cependant, à la surface de la toile, quelque chose nous trouble. (...) 
Alexandre Mare
Une île
Château Saint Marcel de Félines
48 pages, préface d'Isabelle Bernini, éditions Chateau Saint Marcel de Félines, 2019.
Détail
Une île
Une île
Château Saint Marcel de Félines
48 pages, préface d'Isabelle Bernini, éditions Chateau Saint Marcel de Félines, 2019.
Une île
Ces peintures semblent métaphoriser la mémoire, donnant l'impression d'un déjà-vu, un peu à la manière des films de Jean-Luc Godard. Elles reflètent une approche intuitive de la création d'images, où le monde qui nous est donné à voir est filtré à travers le paysage mental de l'artiste.
Isabelle Bernini

Ce serait ça alors le sentiment récurrent de regarder à chaque chose comme depuis un bateau qui quitte le port. De voir en chaque chose une île qui s'éloigne.
Jérémy Liron

Le catalogue témoigne d'une résidence passée durent l'été au chateau St Marcel de Félines pensé alors comme une île. 
Jérémy Liron
Catalogue, édition Galerie Isabelle Gounod, 2018.
62 pages, textes Léa Bismuth, Pierre Wat.
Détail
Jérémy Liron
Jérémy Liron
Catalogue, édition Galerie Isabelle Gounod, 2018.
62 pages, textes Léa Bismuth, Pierre Wat.
Jérémy Liron
Le regard que porte Jérémy Liron sur le monde n'est pas anodin, anecdotique ou innocent; bien au contraire, c'est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque - celui d'une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture. (...)
Léa Bismuth
Mélancolie des paysages
46 pages, texte de Philippe Agostini. Editions Art Lux, 2017.
Détail
Mélancolie des paysages
Mélancolie des paysages
46 pages, texte de Philippe Agostini. Editions Art Lux, 2017.
Mélancolie des paysages
Ce qui retient visiblement l'attention de Jérémy Liron et semble motiver ses choix, relève d'abord d'un vocabulaire de formes standardisées, d'agencements plastiques stéréotypés liés aux matériaux de construction, aux volumes simples, aux rythmes de creux et bosses qui animent l'espace urbain... C'est à partir de cette toponymie architectonique assez ordinaire et récurente qu el'artiste s'interroge et peint (ou peint en s'interrogeant). 
Philippe Agostini

Le catalogue accompagne l'exposition Mélancolie des paysages à la galerie Andersen&Associés.
Jérémy Liron
60 pages, éditions Galerie Isabelle Gounod, 2015.
Détail
Jérémy Liron
Jérémy Liron
60 pages, éditions Galerie Isabelle Gounod, 2015.
Jérémy Liron
Récits des paysages
120 pages, textes de Pierre Bergounioux, Léa Bismuth, François Bon, Anne Collongues, Marie Cosnay, Emmanuel Delabranche, Armand Dupuy, Sabine Huynh, Arnaud Maïsetti, Eric Pessan, Béatrice Rilos, Dominique Sampiero, Joachim Séné, Guillaume Siaudeau, Fabienne Swiatly, Dimitri Vazemsky, Thomas Vinau. Edition Nuit Myrtide, 2014.
Détail
Récits des paysages
Récits des paysages
120 pages, textes de Pierre Bergounioux, Léa Bismuth, François Bon, Anne Collongues, Marie Cosnay, Emmanuel Delabranche, Armand Dupuy, Sabine Huynh, Arnaud Maïsetti, Eric Pessan, Béatrice Rilos, Dominique Sampiero, Joachim Séné, Guillaume Siaudeau, Fabienne Swiatly, Dimitri Vazemsky, Thomas Vinau. Edition Nuit Myrtide, 2014.
Récits des paysages
Le foncier bâti de Jérémy Liron est imperceptiblement infidèle à ce que nos yeux voient. La représentation s'arrête avant d'atteindre le degré d'exactitude, la perfection littérale qui capterait l'attention et feraient oublier la chose même, qui est la saveur décevante de la vie, l'absence d'espoir dont l'habitat, qui en constitue la cadre familier, témoigne avec la force de l'évidence, de l'habitude, l'omniprésence qui sont les siennes.
Pierre Bergounioux

Quelques tableaux, 17 auteurs qui s'en saisissent et en regard imaginent une courte fiction. 
Faire monde & papillons
40 oages, texte d'Armand Dupuy. Editions Centrifuges, 2011.
Détail
Faire monde & papillons
Faire monde & papillons
40 oages, texte d'Armand Dupuy. Editions Centrifuges, 2011.
Faire monde & papillons
Que le réel se présente à nous est un fait. Dans le meilleur des cas, nous l'accueillons. La difficulté réside davantage dans l'approche du reflux. "Nous le rondons à lui-même" mais, bien sûr, il ne s'agit pas de rendre à l'identique. L'air que nous expirons n'est plus l'air inspiré. De même, la peinture, si réaliste soit-elle, ne donne à voir qu'un réel expiré.
Armand Dupuy
Le récit absent
32 pages, texte de Gwilherm Perthuis. Editons ArtCollector, 2012.
Détail
Le récit absent
Le récit absent
32 pages, texte de Gwilherm Perthuis. Editons ArtCollector, 2012.
Le récit absent
Les "paysages" de Liron s'interrompent souvent avant la limite du châssis. La représentation ne recouvre pas totalement le support et des coulures ou des zones libres la prolongent jusqu'aux marges. Les bords de la fenêtre ne sont pas parfaitemnt nets. Et même si les structures architecturales sont souvent solidement ancrées, les volumes parfaitement dessinés dans une atmosphère transparente et d'une grande clarté, la nature globale de l'image est précaire, à peine fixée par la peinture, et susceptible de retomber dans une continuité narrative plus banale.
Gwilherm Perthuis

Le catalogue accompagne l'exposition Le récit absent au Patio Opéra organisée par Evelyne et Jacques Deret, fondateurs d'ArtCollector, mécènes et collectionneurs.
Jérémy Liron
96 pages, textes de Gilles Altieri, Philippe Blanchon et Pierre Wat. Editions Hôtel des arts, 2011.
Détail
Jérémy Liron
Jérémy Liron
96 pages, textes de Gilles Altieri, Philippe Blanchon et Pierre Wat. Editions Hôtel des arts, 2011.
Jérémy Liron
C'est dans la façon de peindre, comme de juste, que tout se joue. Une forme émerge, seule, se tient là, au milieu d'une nature dont la présence, si différente, ne fait qu'accentuer l'absolue solitude de ce qui se dresse. Autrefois, cette verticalité, et cette isolation, c'est à l'humain que les peintres la réservaient, pour mieux affirmer sa domination sur l'horizontalité du monde, sur ce paysage parcourable, pénétrable, connaissable, qui lui servait d'environnement. Chez Liron, qui a dû regarder les paysages historiques de Nicolas Poussin, les "fabriques", ces bâtiments imaginaires qui animaient le fond, sont venus se substituer aux héros tragiques des fables de l'auteur du Paysage avec les cendres de Phocion. Comme s'il n'était plus possible, aujourd'hui, de peindre l'histoire, mais - du fait même de cette perte - quand même possible, et plus encore nécessaire, de semer, dans le paysage du monde, des figures semblables à des énigmes.
Pierre Wat

Le catalogue accompagne l'exposition Jérémy Liron à l'Hôtel des Arts. Exposition de dimension rétrospective qui se voulait un parcours de cinq années de peinture. 
Lyon Béthune
46 pages, texte d'Armand Dupuy. Editions Nuit Myrtide, 2010.
Détail
Lyon Béthune
Lyon Béthune
46 pages, texte d'Armand Dupuy. Editions Nuit Myrtide, 2010.
Lyon Béthune
Or, dans les tableaux de Jérémy Liron, très souvent, des agencements massifs accaparent le premier plan (bandeau sombre, façades imposantes, pans de murs ou même bosquets de pins, de platanes ou d'autres végétaux traités comme des murs), viennent se coller très près de notre figure, là, tout contre la joue, en obturant largement le champ de vision. Et ce qui tient nos yeux, ce bloc qui biffe l'espace, est-ce cela le paysage?
Armand Dupuy
Lyon-Béthune
Semaine
16 pages, texte d'Arnaud Maïsetti, Semaine, éditions Analogues, 2009.
Détail
Lyon-Béthune
Lyon-Béthune
Semaine
16 pages, texte d'Arnaud Maïsetti, Semaine, éditions Analogues, 2009.
Lyon-Béthune
Qu'est-ce qui précède la toile : le regard de l'artiste, ou le mouvement du monde vers lui?
Arnaud Maïsetti
Particules
Supplément au journal Particules #28, éditions Monografik. 
Entretien avec Philippe Agostini. 
Détail
Particules
Particules
Supplément au journal Particules #28, éditions Monografik. 
Entretien avec Philippe Agostini. 
Particules
La majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs...
28 pages, textes de Philippe Dagen et Philippe Blanchon. Editions Shakers, 2008.
Détail
La majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs...
La majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs...
28 pages, textes de Philippe Dagen et Philippe Blanchon. Editions Shakers, 2008.
La majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs...
A mieux y regarder en effet, Liron ne peint pas des immeubles, des tours ou des villas : il peint des constructions dans les champs, des villas entre des arbres et des rochers, une usine dans un pré. Il peint leur intrusion. Il peint l'irruption de leurs volumes anguleux et de leurs murs droits dans ce qui était, auparavant, il y a plus ou moins longtemps, un bois ou une vallée. Des barrières et des grillages découpent l'espace et quelques indices permettent d'imaginer encore à demi ce qui était là, autrefois, avant ces découpages, avant ces séparations.
Philippe Dagen

Le catalogue accompagne l'exposition de sortie de résidence Shakers à Montluçon. 
Landscape(s)
50 pages, texte de Philippe Blanchon (bilingue Français/Anglais), 2005.
Détail
Landscape(s)
Landscape(s)
50 pages, texte de Philippe Blanchon (bilingue Français/Anglais), 2005.
Landscape(s)
Jérémy Liron travaille déjà depuis plusieurs années à la genèse d'un univers cohérent à partir d'éléments du réel : escalier, portraits, intérieurs, multipliant les points de vue, toujours de même facture dans le même format carré et avec une maîtrise des plus certaines. Toutes ses toiles, outre leur réussite plastique, posent cette même question : Qui observe? Qui est observé? Qu'est-ce qui est observé? 
Philippe Blanchon

 
Livres d'artiste
Fresques Méridiennes
Texte de Philippe Blanchon, monotypes de Jérémy Liron, éditions Galerie Duchamp, 2026.
Edité à l'occasion de l'exposition Hotos conclusus.
80 pages
Détail
Fresques Méridiennes
Fresques Méridiennes
Texte de Philippe Blanchon, monotypes de Jérémy Liron, éditions Galerie Duchamp, 2026.
Edité à l'occasion de l'exposition Hotos conclusus.
80 pages
Fresques Méridiennes
Et pourquoi pas d’abord les cris d’Hélène ?
Ses pleurs depuis le sable qu’il soit
d’Égypte ou d’une île
Il importe peu aux orteils.
Et pourquoi pas Hector ?
Des agaves
Livre d'artiste

Texte d’Armand Dupuy, éditions Aencrages & Co. 2024

Détail
Des agaves
Des agaves
Livre d'artiste

Texte d’Armand Dupuy, éditions Aencrages & Co. 2024

Des agaves
Roche blanche
Sébastien Berlendis
22 pages, texte de Sébastien Berlendis. Micro-édition accompagnant l'exposition Pendant que la nuit tombe, à L'Abbaye, Fondation Salomon, 2023.
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Roche blanche
Roche blanche
Sébastien Berlendis
22 pages, texte de Sébastien Berlendis. Micro-édition accompagnant l'exposition Pendant que la nuit tombe, à L'Abbaye, Fondation Salomon, 2023.
Roche blanche
Partenaires d'inquiétudes
94 pages, texte de Blandine Devers, éditions de l'inachevé, 2023.
Détail
Partenaires d'inquiétudes
Partenaires d'inquiétudes
94 pages, texte de Blandine Devers, éditions de l'inachevé, 2023.
Partenaires d'inquiétudes
Comme un petit pan de mur jaune, ne fenêtre se saisissait de l'attention. 
Précision pourtant indécise de ses traits - au sein de plus larges coups de brosse. 
Que se cachait-il dans l'obscurité derrière les barreaux?
Leur refus d'être rectilignes, tentative d'évasion.
Avait-il réussi?
A rejoindre la mer, une côte intélienne?
Les songes fitraient par le chat de cette vision.

Blandine Devers
Grandes boîtes bleues
64 pages. Illustrations du livre d'Armand Dupuy. Editions Aencrages & Co. 2021.
Détail
Grandes boîtes bleues
Grandes boîtes bleues
64 pages. Illustrations du livre d'Armand Dupuy. Editions Aencrages & Co. 2021.
Grandes boîtes bleues
tête floconneuse s'épenchait
vers lme haut s'épluchait sans fin
ressassant les contraires fécule
ralentie recuite grumeaux roulés - 
grêle en gouffrée dans le séjour
lents travaux dalle rabaissée
courants d'air et nous tous
courants d'air déplaçant des gravats - 
et de si loin passant la porte
comme autre chose qu ela porte
je revois le poirier ou plutôt
non le bois dressé dans lm'(arbre couché
chacun des tronçons roses ligneux
déjà brûlés - le récrire ce matin
comme s'il fallait des phrases pour 
noircir de nouveau l'arbre coupé
neuf ans plus tôt - lui reprocher
de ne donner que de vagues formes
à pépins dans le langage


Armand Dupuy
Geste analogue & autres écrits
82 pages, illustration de textes d'Alexandre Mare, La Nerthe/La Termitière, 2020.
Détail
Geste analogue & autres écrits
Geste analogue & autres écrits
82 pages, illustration de textes d'Alexandre Mare, La Nerthe/La Termitière, 2020.
Geste analogue & autres écrits
Homère, dans l'Odyssée, utilise le terme de supplication - dont le radical est lié à l'action d'atteindre, mais dans le sens d'une arrivée, himble, de celui qui, venant de loin, demande protection et accueil - en l'enjoignant à celui de geste dont l'étymologie le rapproche du mot genou.
Alors l'idée première de la supplication ne serait donc pas tant le mouvement que le toucher et, dès lors, toucher un genou est ici l'acte même de la supplication.
Par le geste caressant, 
demander asile.

Alexandre Mare
Voleur de feu
Les espaces dansent
Les espaces dansent, texte de Jos Roy, éditions Voleur de feu, 2020.
Détail
Voleur de feu
Voleur de feu
Les espaces dansent
Les espaces dansent, texte de Jos Roy, éditions Voleur de feu, 2020.
Voleur de feu
Teste (38)
véhicule poétique
numéro de la revue trimestrielle Teste consacré aux Archives du désastre.
Auteurs : Jérémy Liron, Liliane Giraudon, Benoît Artge, Nicolas Vermeulin, Paul Antoine, Sébastien Lespinasse, Jos Roy, Mohamed Kareem, Ali Tharebn Mazin Mamoory, Kadhem Khanjar, Sylvaine Deschamps, Julien D'Abrigeon, Julien Blaine, Sarah Kéryna, Alexandre Mare, Blandine Devers, Johan Grzelczyk, Emmanuèle Jawad, Pierre Guéry, Jean-Rémi Gandon, Esher Salmona, Christophe Manon, Philippe Blanchon, Guillaume Boppe, Armand Dupuy.
Détail
Teste (38)
Teste (38)
véhicule poétique
numéro de la revue trimestrielle Teste consacré aux Archives du désastre.
Auteurs : Jérémy Liron, Liliane Giraudon, Benoît Artge, Nicolas Vermeulin, Paul Antoine, Sébastien Lespinasse, Jos Roy, Mohamed Kareem, Ali Tharebn Mazin Mamoory, Kadhem Khanjar, Sylvaine Deschamps, Julien D'Abrigeon, Julien Blaine, Sarah Kéryna, Alexandre Mare, Blandine Devers, Johan Grzelczyk, Emmanuèle Jawad, Pierre Guéry, Jean-Rémi Gandon, Esher Salmona, Christophe Manon, Philippe Blanchon, Guillaume Boppe, Armand Dupuy.
Teste (38)
Habiter
traces & trajets
138 pages. Illustrations pour le texte de Sereine Berlottier, éditions Les inaperçus, 2019.
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Habiter
Habiter
traces & trajets
138 pages. Illustrations pour le texte de Sereine Berlottier, éditions Les inaperçus, 2019.
Habiter
dabord il y a très peu de choses
le dessin est flou
ça se précise
les murs
pierre et bois
la marque du crayon de papier sur le bois

Sereine Berlottier
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Armand Dupuy
Texte d'Armand Dupuy, éditions La voix du poème, 2016.
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Armand Dupuy
Texte d'Armand Dupuy, éditions La voix du poème, 2016.
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Nous sommes seuls
Dominique Sampiero
Texte de Dominique Sampiero, éditions Aover, 2016.
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Nous sommes seuls
Nous sommes seuls
Dominique Sampiero
Texte de Dominique Sampiero, éditions Aover, 2016.
Nous sommes seuls
lire liron relire lien noirl nolir
Dominique Sampiero
Texte de Dominique Sampiero, éditions Derrière la salle de bain, 2015.
Détail
lire liron relire lien noirl nolir
lire liron relire lien noirl nolir
Dominique Sampiero
Texte de Dominique Sampiero, éditions Derrière la salle de bain, 2015.
lire liron relire lien noirl nolir
Je suis entré puis sorti de moi comme d'un tombeau. Mais ce n'est pas moi, c'est la toile que je regarde. La toile est entrée puis sortie de moi. Je suis en deux. 
Dominique Sampiero
La Mancha
50 pages, texte d'Arnaud Maïsetti, éditions Nuiy Myrtide, 2009.
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La Mancha
La Mancha
50 pages, texte d'Arnaud Maïsetti, éditions Nuiy Myrtide, 2009.
La Mancha
Sur la vitre du train, dans le silence plein et régulier des moteurs, passent infiniment, sans qu'il soit possible de les retenir ni de les anticiper, ces fragments arrachés au dehors qui figurent l'espace du monde autant que sa durée : suite ininterrompue de cadres; ou pour mieux dire : coulée du monde déroulée à côté de moi, le front appuyé aux cahots des machines. Longue passée sans fin ni début - instants répétés de ce qui n'a ni commencement ni arrêt.
Arnaud Maïsetti
minuscules
flipbook
100 pages, flipbook 10,5 × 5,7 cm, éditions FLBLB, 2007
Flip-book lauréat du concours orga­nisé par Lendroit pour le festi­val Flip books !
Détail
minuscules
minuscules
flipbook
100 pages, flipbook 10,5 × 5,7 cm, éditions FLBLB, 2007
Flip-book lauréat du concours orga­nisé par Lendroit pour le festi­val Flip books !
minuscules
Publications collectives
L'eau qui dort
Catalogue de l'exposition L'eau qui dort, avec Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Sofia Hijos et Jérémy Liron. Centre d'art à cent mètres du centre du monde, Perpignan. 44 pages, texte de Julliette Belleret, 2026.
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L'eau qui dort
L'eau qui dort
Catalogue de l'exposition L'eau qui dort, avec Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Sofia Hijos et Jérémy Liron. Centre d'art à cent mètres du centre du monde, Perpignan. 44 pages, texte de Julliette Belleret, 2026.
L'eau qui dort
"A notre droite, une série de paysages nous entraîne toujours plus vite en avant. C'est un peu comme regarder par la fenêtre d'une voiture en mouvement : un paysage en séquence - des arbres, des bâtiments. Il y a quelque chose qui vibre dans les contours des peintures de Jérémy Liron, sous l'influence du moteur en action. Il faut imaginer le chemin qui les relie tous. Le chemin sur lequel notre pas est pressé. On s'élance, et l'on cherche, on progresse. D'un cadre à l'autre, les angles morts se multiplient. Là, le même arbre par deux fois au même endroit. Ici, l'absence d'ombre derrière un figuier de barbarie irradié par le soleil d'été."
Juliette Belleret
Insomnies
Images de Paul Caharel et textes d'Alexandre Mare; éditions Galerie Duchamp, 2026.
40 pages.
Détail
Insomnies
Insomnies
Images de Paul Caharel et textes d'Alexandre Mare; éditions Galerie Duchamp, 2026.
40 pages.
Insomnies
L'insomnie est propice aux rencontres épiphaniques, déplaçant des frontières, ouvrant des possibles. Elle favorise les rapprochements qui seraient impossibles en plein jour, en pleine conscience. De nouveaux territoires se découvrent, de nouveaux atlas d'images apparaissent et suggèrent de nouveaux carambolages, comme le tableau de Jérémy Liron qui accole sur un même plan deux images a priori inconciliables : la vue d'un paysage à travers une arche - et ouvrant ainsi une perspective supplémentaire - rappelant quelques peintures anciennes, et un personnage insomniaque qui évoque ceux peints par Philip Guston. Cette paire d'images, contradictoires, rassemblées en dépit de leur distance rtemporelle et stylistique, forme un couple improbable, un tableau de l'à peu près (à peu près Guston, à peu près Quattrocento) comme l'est la mémoire qui, de nuit, invente des récits où s'échafaudent des surgissements insomniaques. Toute hiérarchie est dès lors absente, tout est transformé, comme les sculptures de Laurent Martin réalisées avec des objets quotidiens et familiers devenus d'autres formes, d'autres objets.
(...)
Alexandre Mare
Vente aux enchères DFMA
Catalogue de la vente au profit de L'enfant bleu, 54 pages, 2026.
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Vente aux enchères DFMA
Vente aux enchères DFMA
Catalogue de la vente au profit de L'enfant bleu, 54 pages, 2026.
Vente aux enchères DFMA
Regarder Révéler
Dialogues entre peinture & photographie
Catalogue de l'exposition, édition Musée Municipal Paul Dini, 2026.
Textes de Marion Menard et Mariya Todorova, 128 pages.
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Regarder Révéler
Regarder Révéler
Dialogues entre peinture & photographie
Catalogue de l'exposition, édition Musée Municipal Paul Dini, 2026.
Textes de Marion Menard et Mariya Todorova, 128 pages.
Regarder Révéler
Longtemps destinée à donner une représentation fidèle du monde, la peinture est confrontée au 19e siècle à l'apparition de la photographie. Cette nouvelle technique permet "d'écrire avec la lumière" et donne dès lors la possibilité de saisir le réel dans les moindres détails. 
L'exposition et le catalogue présentent les oeuvres d'une quarantaine d'artistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, du 19e siècle à aujourd'hui, qui ont, soit pratiqué à la fois la peinture et la photographie, soit interrogé ls liens entre les deux médiums dans leur démarche artistique.
Paymages, pratiques&images de paysages
Musée Robert Dubois-Corneau, Brunoy.
Détail
Paymages, pratiques&images de paysages
Paymages, pratiques&images de paysages
Musée Robert Dubois-Corneau, Brunoy.
Paymages, pratiques&images de paysages
L'exposition Paymages - fusion de "pays" et d'"images" - designe des paysages appréhendés au prisme de pratiques comme la peinture, la photographie, l'installation et la vidéo. Ainsi, au musée Robert Bubois-Corneau de Brunoy, des oeuvres contemporaines dialoguent-elles avec des représentations paysagères du XIXe siècle issues de la collection. 
Cette exposition questionne, d'une part, la représentation du paysage comme création mentale, fruit d'une élaboration, d'une idéalisation, d'une fiction ou encore d'une image forgée par l'imaginaire collectif de la "peinture de paysage" et d'autre part, elle met en lumière des territoires en mutation; altérés ou rendus vulnérables. 
En mêlant stéréotypes du "beau paysage" et les traces visibles de l'intervention humaine sur la nature, l'exposition propose une réflexion critique de notre regard sur l'environnement. Elle nous invite à repenser notre lien au paysage, à ce qu'il évoque en nous et à la façon dont il façonne notre relation à la nature, en particulier dans un contexte de crise climatique. Dès lors, elle ouvre des perspectives pour appréhender et comprendre le monde qui nous entoure. 
Ecrans - Du cadre à la bordure.
Arts plastiques, cinéma, musique
Détail
Ecrans - Du cadre à la bordure.
Ecrans - Du cadre à la bordure.
Arts plastiques, cinéma, musique
Ecrans - Du cadre à la bordure.
Entretien avec Anne Favier
Revue Écrans
2025 – 1, n° 23
Du cadre à la bordure. Arts plastiques, cinéma, musique
Sous la direction de Joubert (Muriel), Labé (Benjamin), Montégu (Frédéric), Waschbüsch (Viviane)
314 pages
24/09/2025
L'art dans les chapelles
34e éditions
80 pages, Textes d'Eric Suchère, éditions L'art dans les chapelles, 2025.
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L'art dans les chapelles
L'art dans les chapelles
34e éditions
80 pages, Textes d'Eric Suchère, éditions L'art dans les chapelles, 2025.
L'art dans les chapelles
Avec Diane Benoir du Rey, Marie Bette, Michel Gouéry, Gabrielle Herveet, Lucy Kerr, Guillaume Linard-Osorio, Jérémy Liron, Gyan Panchal, Laurence Papouin, Nicolas Pilard, Laure Tiberghien, Branka Zilovic.
Peinture & numérique, pratiques et enjeux contemporain
éditions ESAD Saint-Etienne
Détail
Peinture & numérique, pratiques et enjeux contemporain
Peinture & numérique, pratiques et enjeux contemporain
éditions ESAD Saint-Etienne
Peinture & numérique, pratiques et enjeux contemporain
Comment le tsunami d'images qui déferle de façon ininterrompue sur les écrans de nos smartphones, téléviseurs, ordinateurs et autres appendices connectés impacte-t-il le travail des peintres ? L'art a certes toujours été en dialogue avec les techniques de son temps, mais la peinture n'est-elle pas, aujourd'hui, en passe d'être définitivement déclassée et marginalisée par les performances et l'envahissement des images numériques ? L'attachement à la matérialité de la peinture ne relève-t-il pas désormais d'un fétichisme anachronique ? Un écran est-il un tableau comme les autres, et vice versa ?

« On estime qu'un individu vivant aujourd'hui en Occident voit entre quatre mille et dix mille images par jour, principalement par le biais des technologies numériques. En comparaison, une personne vivant au Moyen Âge – a fortiori si elle n'appartenait pas aux classes aisées et éduquées – n'était confrontée qu'à quelques centaines d'images, voire quelques milliers, sur la totalité de sa vie, par le truchement des œuvres religieuses, des pièces de monnaies et de quelques enluminures dans de rares livres recopiés à la main. Ayant perdu son statut quasi monopolistique des images, que devient la peinture face à un tel déferlement ? Qu'en est-il de sa fixité et de son rapport au temps lorsqu'il n'est question que de flux numériques ? Quelle est même la nécessité de sa pérennité ? L'image numérique n'a-t-elle pas pour elle la rapidité, la malléabilité, la circulation, la quasi-gratuité, la commodité, la séduction, etc. ?
Force est pourtant de constater que, non seulement la peinture ne disparaît pas, mais qu'elle revient même au premier plan des pratiques artistiques, notamment chez une jeune génération de peintres figuratifs. Pour éprouver et mesurer l'état des lieux, le LEM (Laboratoire d'expérimentation des modernités) a organisé deux expositions, la première à la galerie Ceysson & Bénétière de Saint-Étienne, du 16 mars au 2 avril 2022, la seconde à la salle des Cimaises, du 16 mars au 24 mars 2022. Les artistes présents intègrent l'usage de la photographie numérique dans leur processus de création, selon diverses modalités, par exemple en composant à partir de photographies prises par eux-mêmes, pour Clémentine Post, Nadjib Ben Ali, Thomas Lévy-Lasne et Jérémy Liron, comme pour ancrer l'image dans une relation vécue, testimoniale, voire autobiographique.
D'autres, telles Marine Wallon et Mireille Blanc, puisent leurs images à toutes les sources, d'Internet aux marchés aux puces, en passant par des vidéos documentaires et des albums de famille, pour élaborer des tableaux où s'hybrident l'intime et l'histoire de l'art. Si Denis Laget a un usage circonspect et marginal – mais bien réel – du numérique, Rémy Hysbergue s'en inspire fortement, relevant le défi de lutter, avec les moyens de la peinture abstraite, sur le terrain de la séduction, des effets et de l'illusionnisme. Quant à François Boisrond, l'outil numérique intervient aussi bien dans la préparation de ses « tableaux vivants » que dans les procédures picturales que cet artiste a développées. Il ressort de cette pluralité de stratégies une prise à bras-le-corps par les artistes des questions et des possibilités qu'ouvre le numérique pour la peinture contemporaine.
Les théoriciens, critiques d'art et historiens d'art Noémie Cursoux, Camille Debrabant, Karim Ghaddab, Romain Mathieu et Didier Semin ont participé à la journée d'études du 24 mars 2022, organisée à l'École Supérieure d'Art et Design de Saint-Étienne (Esadse) pour partager leurs analyses de cette situation. On retrouvera ici leurs contributions, selon différentes problématiques, depuis les nouveaux enjeux et procédés de la peinture de paysage jusqu'à la façon dont le numérique relance des questions entraperçues par Goethe ou Charles Nodier, en passant par la sensualité des natures mortes contemporaines ou la virtualisation programmée de notre rapport aux œuvres d'art. Plutôt que céder aux sirènes – en écho – de la technophilie ou de la technophobie, il est temps de regarder, sur pièces, comment la peinture d'après se saisit des possibilités offertes par le numérique. »
Le passage au dessin
Reprise, transfert, mise au point
Sous la direction de Anne Favier
éditions Fabelio
textes d'Anne Favier, Pascale Borrel, Daniel Boitier, Romain Mathieu, Anne Bernou, Dylan Caruso, Alexandre QUoi, Laurence Gossart, Laurent Tuot, Juliette Belleret, Marie Kaya, Martine Dancer-Mourès, Lydie Rekow-Fond, Daphné Nan Le Sergent
artistes : Dove Allouche, Christiane Baumgartner, Léa Beloussocitch, Mireille Blanc, Pierre Buraglio, Davide Cantoni, Vija CElmins, Chuck Close, Jean-Marc Cerino, Les soeurs Chevalme, Nicolas Daubanes, Maxime Duveau, Jean Olivier Hucleux, Mathieu Kleyebe, Lucas Leffler, Thomas Lévy-Lasne, Jérémy Liron, Robert Longo, Eric Manigaud, Célia Muller, Vik Muniz, Ciprian Muresan, Daphné Nan Le Sergent, Emmanuel Régent, Didier Rittener, Linda Roux, Jérémie Setton, Rirkit Tiravanija, Eric Valette, Jean-Luc Verna, Jérôme Zonder
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Le passage au dessin
Le passage au dessin
Reprise, transfert, mise au point
Sous la direction de Anne Favier
éditions Fabelio
textes d'Anne Favier, Pascale Borrel, Daniel Boitier, Romain Mathieu, Anne Bernou, Dylan Caruso, Alexandre QUoi, Laurence Gossart, Laurent Tuot, Juliette Belleret, Marie Kaya, Martine Dancer-Mourès, Lydie Rekow-Fond, Daphné Nan Le Sergent
artistes : Dove Allouche, Christiane Baumgartner, Léa Beloussocitch, Mireille Blanc, Pierre Buraglio, Davide Cantoni, Vija CElmins, Chuck Close, Jean-Marc Cerino, Les soeurs Chevalme, Nicolas Daubanes, Maxime Duveau, Jean Olivier Hucleux, Mathieu Kleyebe, Lucas Leffler, Thomas Lévy-Lasne, Jérémy Liron, Robert Longo, Eric Manigaud, Célia Muller, Vik Muniz, Ciprian Muresan, Daphné Nan Le Sergent, Emmanuel Régent, Didier Rittener, Linda Roux, Jérémie Setton, Rirkit Tiravanija, Eric Valette, Jean-Luc Verna, Jérôme Zonder
Le passage au dessin
Pourquoi « perdre » autant de temps à élaborer des dessins à partir
d'instantanés reproductibles ? Sur quelles images faire retour ?
Comment relever, reporter, traduire, transférer, restituer ces imagessources ? Quel est le pouvoir de transmutation du dessin?
Cet ouvrage déploie une large réflexion sur les processus actuels
de reprise de vue par le geste graphique. Le passage au dessin
opère quand les transpositions dessinées partent de représentations
issues d'autres médiums et médias : vidéogrammes, photographies,
documents scientifiques, archives historiques ou personnelles, etc.
Les dessins d'après entretiennent alors de troublantes proximités
avec leurs modèles réinterprétés. Entre extrême ressemblance et
mise à distance critique, les re-présentations dessinées donnent à
voir les détours dont elles procèdent et révèlent de nouveaux points
de vue et matérialités. L'ouvrage a pour ambition d'analyser ces
déplacements, lorsque les dessinateur.ices reprennent en main des
images préalables auxquelles il s'agit de donner la réplique, par les
moyens du dessin.
Un essai introductif offre un petit panorama de ces pratiques
artistiques contemporaines, en accordant une attention particulière
aux paroles de nombreux·ses dessinateur.ices. Les parcours des
images transférées en dessin sont ensuite analysés de manière
sensible par dix-neuf artistes, chercheur.e.s, critique.s, historien.ne.s
et conservateur.rice.s à travers des études et entretiens enrichis de
nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleur.
gal'art
2ème édition
Catalogue de la vente aux enchères au bénéfice de l'association Soleil rouge, Musée d'art de Grenoble, 2024. 
130 pages
Détail
gal'art
gal'art
2ème édition
Catalogue de la vente aux enchères au bénéfice de l'association Soleil rouge, Musée d'art de Grenoble, 2024. 
130 pages
gal'art
Au musée comme chez vous
40 ans d'artothèque à Villefranche-sur-Saône
128 pages, textes Marion Menard, Juliette Lavie, Mariya Todorova, Blandine Devers, édition musée Paul Dini, 2024.
Détail
Au musée comme chez vous
Au musée comme chez vous
40 ans d'artothèque à Villefranche-sur-Saône
128 pages, textes Marion Menard, Juliette Lavie, Mariya Todorova, Blandine Devers, édition musée Paul Dini, 2024.
Au musée comme chez vous
Ce que disent les peintres
peindre et dépeindre le paysage
170 pages, entretiens réunis par Sandrine Morsillo et Antoile Perrot, éditions L'Harmattan, 2023.
Arthur Aillaud, Amélore Bertrand, Vincent Bioulès, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, Jérémy Liron, Paul Morrison, Stéven Pennanéac'h, Lucie Picandet, Yvan Salomone, Longjun Zhang.
Détail
Ce que disent les peintres
Ce que disent les peintres
peindre et dépeindre le paysage
170 pages, entretiens réunis par Sandrine Morsillo et Antoile Perrot, éditions L'Harmattan, 2023.
Arthur Aillaud, Amélore Bertrand, Vincent Bioulès, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize, Jérémy Liron, Paul Morrison, Stéven Pennanéac'h, Lucie Picandet, Yvan Salomone, Longjun Zhang.
Ce que disent les peintres
Immortelle, Vitalité de la jeune peinture figurative française

Textes de Numa Hambursin et Amélie Adamo, éditions MO.CO. SilvanaEditoriale, 2023

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Immortelle, Vitalité de la jeune peinture figurative française
Immortelle, Vitalité de la jeune peinture figurative française

Textes de Numa Hambursin et Amélie Adamo, éditions MO.CO. SilvanaEditoriale, 2023

Immortelle, Vitalité de la jeune peinture figurative française
Voir en peinture – La jeune figuration en France


Sous la direction d’Anne Dary, textes de Marie de Brugerolles, Denis Laget, Didier Semin, édition Liénart, 2023

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Voir en peinture – La jeune figuration en France
Voir en peinture – La jeune figuration en France


Sous la direction d’Anne Dary, textes de Marie de Brugerolles, Denis Laget, Didier Semin, édition Liénart, 2023

Voir en peinture – La jeune figuration en France
A dessin 8
Catalogue de l'exposition A dessin 8, Chapelle du quartier haut/Latelier, Sète, 2023.
28 pages
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A dessin 8
A dessin 8
Catalogue de l'exposition A dessin 8, Chapelle du quartier haut/Latelier, Sète, 2023.
28 pages
A dessin 8
Le promontoire du songe

192 pages, textes de Jean-Charles Vergne, Victor Hugo, Nina Léger, éditions Frac Auvergne, 2022

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Le promontoire du songe
Le promontoire du songe

192 pages, textes de Jean-Charles Vergne, Victor Hugo, Nina Léger, éditions Frac Auvergne, 2022

Le promontoire du songe
Dans Le Promontoire du songe, texte écrit en 1863 resté longtemps confidentiel, Victor Hugo
raconte une expérience visuelle marquante. Il s’agit de l’observation de la surface de la lune
à travers un télescope, de la découverte de ses reliefs et du volcan appelé le Promontoire du
songe. Très vite, il établit une analogie entre la révélation du paysage lunaire et la façon dont
se dévoilent au regard les œuvres d’art.
Le texte est remarquable dans sa manière de pointer la cécité initiale qui peut être la nôtre
lorsque, pour la première fois, nous découvrons une œuvre, incrédules et incapables d’en
mesurer la portée. Victor Hugo "ne voit rien", avant que n’advienne un véritable "voyage", une
"irruption de l’aube dans un univers couvert d’obscurité" vécue comme une fulgurance :
"Soudain, brusquement, un jet de lumière éclate, [...] puis la clarté augmente, le
jour se fait..."
Devant la lune ou face aux œuvres, le regard découvre. Le terme est riche de sens car il vibre
de la notion d’invention à l’égard d’une chose qui demeurait couverte, dissimulée, masquée,
alors même que nous l’avions devant les yeux. Une œuvre vue se découvre, se trouve
à découvert, soumise au jugement de celles et ceux qui la regardent. Ce qui n’est plus couvert
se trouve, littéralement, à découvert, en situation de fragilité.
Souvent, comme ce fut le cas pour Victor Hugo, nous constatons notre incapacité à voir, soit
parce que les œuvres ne se découvrent pas si aisément ou bien parce que nous n’adoptons
pas le bon point de vue, au bon moment. Sommes-nous suffisamment attentifs pour déceler
l’oiseau et son rapport à l’infini dans les photographies de Jean-Luc Mylayne ? Pouvons-nous
faire confiance à une image sans auteur, prise depuis le mât télescopique d’un robot posé sur
Mars ? Que saisir de l'apparente vacuité des peintures de Sébastien Maloberti ou de Loïc-Yukito
Nakamura ? Que dire de la fascination chromatique exercée par le film de Vincent Dulom, des
épanchements d’encres de Claire Chesnier, de l’insaisissable image de Mustapha Azeroual, de
l’œuvre réalisée dans l’obscurité totale par Anthony Plasse ? Comment ne pas douter de notre
résistance à l’illusion devant le film de Noémie Goudal ?
En définitive, si les œuvres sont à découvert, nous le sommes tout autant devant elles. Nous
devons aller au-delà du désappointement initial. Il nous faut admettre notre aveuglement
premier et accepter le temps indispensable pour discerner, percevoir et faire le voyage auquel
les œuvres nous invitent.

J-C Vergne
Shakers, 20 ans de résidence


Textes de Frédéric Laporte, Cyrille Goyette, Jérémy Liron, François Laplanche, Michel Dubecq, Jean-François Decorse, 2022

Détail
Shakers, 20 ans de résidence
Shakers, 20 ans de résidence


Textes de Frédéric Laporte, Cyrille Goyette, Jérémy Liron, François Laplanche, Michel Dubecq, Jean-François Decorse, 2022

Shakers, 20 ans de résidence
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l'art contemporain au prisme de l'archéologie
23 pages, textes d'Anne Favier, édition H2M / ECLLA, 2022.
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l'art contemporain au prisme de l'archéologie
23 pages, textes d'Anne Favier, édition H2M / ECLLA, 2022.
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Lorsqu’ils réactivent des motifs et des gestes archéologiques, les artistes contemporains retournent voir les fondements historiques de nos imaginaires actuels. Si l’archéologie construit les récits généalogiques de notre présent, les œuvres rassemblées dans cette exposition mettent à jour cette science des origines en lui empruntant librement des représentations,
mais aussi des méthodologies pratiques et des procédés techniques.
L’exposition confronte les œuvres de 19 artistes contemporains, qui, de manière critique, décalée, anachronique, poétique ou humoristique, reconvoquent des modèles anciens ou rejouent des processus archéologiques : reconstitution et restauration d’artefacts, fabrication de vestiges et de ruines, relevé d’indices, enregistrement de traces, fouille, extraction, fossilisation,
enfouissement, stratigraphie, sédimentation, prise d’empreinte…
De toute nature, les œuvres se font ainsi écho dans les différents espaces d’exposition et concourent singulièrement à remonter le(s) temps, à rappeler des formes ancestrales ou des images souterraines, mais aussi à dévoiler leurs faces cachées et à traverser les matières. Au-delà du potentiel narratif de certaines créations qui s’emparent de sources préalables,
d’autres œuvres déplient leurs propres origines en révélant l’histoire de leur élaboration.

Anne Favier
Paysages
44 pages, texte de Noémie Cursoux, catalogue de l'exposition Paysage à L'espace, 2022.
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Paysages
Paysages
44 pages, texte de Noémie Cursoux, catalogue de l'exposition Paysage à L'espace, 2022.
Paysages
Petites choses fragiles
Catalogue de l'exposition, préface Odile Viale, 2022.
112 pages
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Petites choses fragiles
Petites choses fragiles
Catalogue de l'exposition, préface Odile Viale, 2022.
112 pages
Petites choses fragiles
Regards pluriels
10 ans d'acquisitions du musée
148 pages, texte de Sylvie Carlier, édition Musée Paul Dini, 2021
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Regards pluriels
Regards pluriels
10 ans d'acquisitions du musée
148 pages, texte de Sylvie Carlier, édition Musée Paul Dini, 2021
Regards pluriels
Le Paysage n°196 offre une composition inspirée par la pinède et les plages de l'île de Porquerolles (liée à l'enfance). Durant l'année 2020, il développe une série de toiles verticales en simplifiant sa palette et son graphisme. Les silhouettes des arbres dessinent la lumière méditerranéenne tout en affirmant la plénitude et la solidité du paysage. Avec la terrasse déserte et l'encadrement des arbres sculptés par la lumière du soir, le peintre perçoit Paysage n°196 comme une scène théâtrale et une allégorie du temps qui s'écoule.
Sylvie Carlier
Un goût de vacances, des saveurs d'été
Catalogue de l'exposition à l'Abbaye Saint André, Centre d'art contemporain, Meymac. 11 pages. Texte de Jean-Paul Blanchet.
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Un goût de vacances, des saveurs d'été
Un goût de vacances, des saveurs d'été
Catalogue de l'exposition à l'Abbaye Saint André, Centre d'art contemporain, Meymac. 11 pages. Texte de Jean-Paul Blanchet.
Un goût de vacances, des saveurs d'été
Yann Lacroix, Alexandre Lenoir et Jérémy Liron dont le point commun est l'absence ou la quasi-absence visuelle de personnage dan sleurs oeuvres. Des paysages qui ne peuvent se lire que par l'évocation de leur présence. Leurs tableaux n'ambitionnent pas de reproduire la réalité d'un site, mais suggèrent dans un temps suspendu, l'ambiance estivale qui réactive des souvenirs possibles emplis de sensations, d'émotions, d'envies cherz la personne qui les regarde. (...)
Jean-Paul Blanchet
Paysages
Entre représentation et imaginaire
118 pages, textes deElisa Farran, Barbara Satre et Camille Bertrand-Hardy, édition Musée d'art Contemporain de Montélimar, 2021.
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Paysages
Paysages
Entre représentation et imaginaire
118 pages, textes deElisa Farran, Barbara Satre et Camille Bertrand-Hardy, édition Musée d'art Contemporain de Montélimar, 2021.
Paysages
Les paysages naturels de Jérémy Liron sont atypiques dans son oeuvre plus largement consacré à des vues urbaines, ils s'y inscrivent pourtant sans solution de continuité. Grand pin ou île dans une mer lisse, ils déclinent l'abstraction de monochromes verst ou bleus. Leur sujet est moins ce qui est représenté que la réalité de l'agencement pictural. La virtuosité clasique des glacis ne sert aucune sorte d'illusionnisme, le contrepoint de certaines zones brossées à coups larges met en abyme l'énigme qu'est la peinture dont le sujet véritable nous échappe. 
Camille Bertrand-Hardy
Envisager
42 pages, texte Alexandre Mare, éditions Telmah, 2021.
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Envisager
Envisager
42 pages, texte Alexandre Mare, éditions Telmah, 2021.
Envisager
Forêts!
Publication thématique des éditions Les moutons électriques. Ouvrage dirigé par Alexandre Mare et André-François Ruaud. 272 pages, 2021.
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Forêts!
Forêts!
Publication thématique des éditions Les moutons électriques. Ouvrage dirigé par Alexandre Mare et André-François Ruaud. 272 pages, 2021.
Forêts!
Galerie des jours de lune
20 ans d'expositions
96 pages, portface  d'Yves Michaud, édition Galerie des jours de lune, 2020.
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Galerie des jours de lune
Galerie des jours de lune
20 ans d'expositions
96 pages, portface  d'Yves Michaud, édition Galerie des jours de lune, 2020.
Galerie des jours de lune
Les Mocos
Plaquelle de l'exposition Les mocos, Galerie du Canon, Toulon, 2019.
Texte de Gilles Altieri
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Les Mocos
Les Mocos
Plaquelle de l'exposition Les mocos, Galerie du Canon, Toulon, 2019.
Texte de Gilles Altieri
Les Mocos
Jérémy Liron a eu comme professeur d'art plastiques Gilles Boudot au lycée à Toulon. Lui-même senseignant dans al même discipline, son savoir aurait pu faire d elui un artiste académique; il n'en est rien et sa virtuosité technique s'efface toujours derrière la main du peintre. Comme plusieurs artistes de sa génération, il s'intéresse au paysage urbain, peignant des bâtiments sans qualités particulières, qui font l'essentiel de notre environnement quotidien. Au départ de l'oeuvre, il y a des prises de vues qu'il réalise à la volée au cours de ses déambulations ou par la fenêtre du TGV. Son domaine d'intérêt ne saurait se réduire au béton; la végétation, en contrepoint, est au autre de ses thèmes de prédilection. 
Préférentiellement d'origine méditerranéenne, les plantes sont généralement peintes à l'huile sur papier. Enfin la sculpture occupe une place croissante dans son travail à la fois en tant que pratiquant et dans sa peinture; ainsi une remarquable série de petites peintures à l'huile sur papier prenant pour thème des sculptures d'Anthony Caro est présentée dans l'exposition.

Gilles Altieri
Talents contemporains
7eme édition
88 pages, édition Fondation François Schneider, 2019.
Détail
Talents contemporains
Talents contemporains
7eme édition
88 pages, édition Fondation François Schneider, 2019.
Talents contemporains
Carnet de notes
Catalogue de l'exposition à Les loins pays, 2019.
58 pages, préface Syvie Sauvageot
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Carnet de notes
Carnet de notes
Catalogue de l'exposition à Les loins pays, 2019.
58 pages, préface Syvie Sauvageot
Carnet de notes
recto/verso 2
Catalogue de la vente aux enchères en soutien au Secours populaire français, Fondation Vuitton, 2018.
64 pages
Détail
recto/verso 2
recto/verso 2
Catalogue de la vente aux enchères en soutien au Secours populaire français, Fondation Vuitton, 2018.
64 pages
recto/verso 2
C'est bien sûr l'horizon mais ce sont surtout les cloisons,
24 pages, préface de Sébastien Faure, éditions Galerie Françoise Besson, 2018.
Sébastien Faure, Rémy Jacquier, Frédéric Khodja, Jérémy Liron, Mengzhi Zheng
Détail
C'est bien sûr l'horizon mais ce sont surtout les cloisons,
C'est bien sûr l'horizon mais ce sont surtout les cloisons,
24 pages, préface de Sébastien Faure, éditions Galerie Françoise Besson, 2018.
Sébastien Faure, Rémy Jacquier, Frédéric Khodja, Jérémy Liron, Mengzhi Zheng
C'est bien sûr l'horizon mais ce sont surtout les cloisons,
Bien sûr, on dit par lui qu'il es ouverture de l'esprit qui élargit les épaules, un "à tue-tête" qu'on ne peut rejoindre, mais il est la ligen circulaire qui borne la perception, dont on est le centre, l'horizon : en général on l'infinit.
Sébastien Faure
2012-2018
112 pages, préface de Florence Andoka, éditions Ateliers Vortex, 2018.
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2012-2018
2012-2018
112 pages, préface de Florence Andoka, éditions Ateliers Vortex, 2018.
2012-2018
5x2+1
Art Collector
périodique n°46 édité par la Galerie Valérie Bach à l'occasion de l'exposition Art Collector, 5X2+1, 2017.
Préface de Philippe Piguet.
Détail
5x2+1
5x2+1
Art Collector
périodique n°46 édité par la Galerie Valérie Bach à l'occasion de l'exposition Art Collector, 5X2+1, 2017.
Préface de Philippe Piguet.
5x2+1
Le paysage en question
60 pages, préface de Gilles Altieri, éditions Centre d'art Contemporain de Châteauvert, 2017.
Catalogue de l'exposition Le paysage en question.
Arthur Aillaud, Vincent Bioulès, Koen van den Broek, Tshuta Kimura, Per Kirkeby, Jérémy Liron, Guy de Malheurbe, Serge Plagnol.
Détail
Le paysage en question
Le paysage en question
60 pages, préface de Gilles Altieri, éditions Centre d'art Contemporain de Châteauvert, 2017.
Catalogue de l'exposition Le paysage en question.
Arthur Aillaud, Vincent Bioulès, Koen van den Broek, Tshuta Kimura, Per Kirkeby, Jérémy Liron, Guy de Malheurbe, Serge Plagnol.
Le paysage en question
Vendange tardive
Catalogue de l'exposition des résidents Chamalot à l'Abbaye Saint-André, à Meymac, 2017. 
Antoine Carbonne, Benoît Géhanne, Johan Larnouhet, Jérémy Liron, Aurore Pallet.
Texte de Théo-Mario  Coppola, 76 pages.
 
Détail
Vendange tardive
Vendange tardive
Catalogue de l'exposition des résidents Chamalot à l'Abbaye Saint-André, à Meymac, 2017. 
Antoine Carbonne, Benoît Géhanne, Johan Larnouhet, Jérémy Liron, Aurore Pallet.
Texte de Théo-Mario  Coppola, 76 pages.
 
Vendange tardive
Artothèque
30 ans d'Histoires de collections
Catalogue des 30 ans de l'artothèque. 52 pages, 2016.
Textes de François Coadou et Claire Tangy.
Détail
Artothèque
Artothèque
30 ans d'Histoires de collections
Catalogue des 30 ans de l'artothèque. 52 pages, 2016.
Textes de François Coadou et Claire Tangy.
Artothèque
Charogne #5
Revue Charogne #5, éditions Asphodèle, 2016.
32 pages, directeur de publication : Guillaume Siaudeau.
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Charogne #5
Charogne #5
Revue Charogne #5, éditions Asphodèle, 2016.
32 pages, directeur de publication : Guillaume Siaudeau.
Charogne #5
recto/verso
Catalogue de la vente aux enchères en soutien au Secours populaire français, Fondation Vuitton, 2015.
84 pages
Détail
recto/verso
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Catalogue de la vente aux enchères en soutien au Secours populaire français, Fondation Vuitton, 2015.
84 pages
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L'atelier contemporain 2
Détail
L'atelier contemporain 2
L'atelier contemporain 2
L'atelier contemporain 2
Drawing now
Le salon du dessin contemporain 8
Préface de Christine Phal. Edition 8. 232 pages, 2014
Détail
Drawing now
Drawing now
Le salon du dessin contemporain 8
Préface de Christine Phal. Edition 8. 232 pages, 2014
Drawing now
Exposition de Noël
28 pages, catalogue de l'exposition au musée de peinture, Grenoble, 2012.
Détail
Exposition de Noël
Exposition de Noël
28 pages, catalogue de l'exposition au musée de peinture, Grenoble, 2012.
Exposition de Noël
Acquisitions 2012
Fondation Colas
42 page, plaquette des acquisitions de la fondation Colas, 2012.
Détail
Acquisitions 2012
Acquisitions 2012
Fondation Colas
42 page, plaquette des acquisitions de la fondation Colas, 2012.
Acquisitions 2012
1999/2011
Regards sur la collection du conseil général du Var
64 pages, textes de Gilles Altieri, édition Hôtel des Arts, 2011.
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1999/2011
1999/2011
Regards sur la collection du conseil général du Var
64 pages, textes de Gilles Altieri, édition Hôtel des Arts, 2011.
1999/2011
Docks Art Fair 09
Solo Show Catalogue
116 pages, catalogue de Docks Art Faire, 2009
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Docks Art Fair 09
Docks Art Fair 09
Solo Show Catalogue
116 pages, catalogue de Docks Art Faire, 2009
Docks Art Fair 09
5 ans d'effervescence
32 pages, catalogue de la collection Shakers. Textes d'Agnes Barbier, Evelyne Tautou et Michel Dubecq, 2010.
Détail
5 ans d'effervescence
5 ans d'effervescence
32 pages, catalogue de la collection Shakers. Textes d'Agnes Barbier, Evelyne Tautou et Michel Dubecq, 2010.
5 ans d'effervescence
Art contemporain MRS
64 pages. Catalogue de la vente aux enchères au profit du Mouvement pour la Réinsertion Sociale, Maison de l'Amérique Latine, 2008.
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Art contemporain MRS
Art contemporain MRS
64 pages. Catalogue de la vente aux enchères au profit du Mouvement pour la Réinsertion Sociale, Maison de l'Amérique Latine, 2008.
Art contemporain MRS
Concours artistique
Catalogue de l'exposition à la CHambre du Commerce et de L'Industrie Marseille Provence. 
1er concours artistique, Palais de la Bourse, Musée de la Marine, 48 pages, 2008.
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Concours artistique
Concours artistique
Catalogue de l'exposition à la CHambre du Commerce et de L'Industrie Marseille Provence. 
1er concours artistique, Palais de la Bourse, Musée de la Marine, 48 pages, 2008.
Concours artistique
Semaines
n°10
Semaines, bimestriel pour l'art contemporain, éditions Analogues, 2008. 
220 pages
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Semaines
Semaines
n°10
Semaines, bimestriel pour l'art contemporain, éditions Analogues, 2008. 
220 pages
Semaines
Notre combat
Linda Ellia
396 pages, préface Simone Veil, éditions du Seuil, 2007.
Détail
Notre combat
Notre combat
Linda Ellia
396 pages, préface Simone Veil, éditions du Seuil, 2007.
Notre combat
Salon de Montrouge
52eme
178 pages, 2007.
Détail
Salon de Montrouge
Salon de Montrouge
52eme
178 pages, 2007.
Salon de Montrouge
1ere vue
5e édition
Catalogue de l'exposition au Passage de Retz. Texte de Michel Nuridsany, 2006.
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1ere vue
1ere vue
5e édition
Catalogue de l'exposition au Passage de Retz. Texte de Michel Nuridsany, 2006.
1ere vue
Il aime bien les coulures qui débordent en bas du tableau. A vrai dire, moi, elles me gênent un peu. Comme un maniérisme inutile. Même s'il dit "depuis des années j'envisage le slimites du tableau avec ses bords picturaux relatant le travail par couches successives", ces coulures n'ont, en effet, rien à faire, ni à voir, avec la façon de voir nette, crue, de cet artiste qui modernise de façon intéressante la notion de "paysage". Et d'autant plus que dans un petit texte il cite, de Mallarmé, cette pensée : "La nature a lieu, on n'y ajoutera pas."
Jérémy Liron aime Malevitch, Mondrian, Brice Marden, Ellsworth Kelly. On ne s'en douterait pas en voyant ces toiles indubitablement figuratives. Sauf si l'on a en mémoire les textes neurtes et précis de l'auteur du "Savon", Francis Ponge. La façon de Ponge et de Liron de rendre abstrait le figuratif est la même. 
Le "paysage" de Liron n'est pas fait d'arbres, de plaines, de haies, de fleurs et de ruisseaux. C'erst le nôtre, pour le pire ou pour le pire, si j'ose dire ; des HLM, encore des HLM, blocs de béton sinistres comme une punition. Pas plus que Ponge, Liron ne prend parti. Sec (malgré ses coulures), objectif et bref, son art n'est pas fait de descriptions mais de notations.
Michel Nuridsany
Salon de Montrouge
51eme
156 pages, 2006.
Détail
Salon de Montrouge
Salon de Montrouge
51eme
156 pages, 2006.
Salon de Montrouge
Cent artistes
Catalogue de la vente aux enchères, 56 pages, éditions KJ CREA/ADER, 2005.
Détail
Cent artistes
Cent artistes
Catalogue de la vente aux enchères, 56 pages, éditions KJ CREA/ADER, 2005.
Cent artistes
Diplômés
Catalogue des diplômés, éditions Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, 2006. 
136 pages
Détail
Diplômés
Diplômés
Catalogue des diplômés, éditions Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts de Paris, 2006. 
136 pages
Diplômés
Préfaces et Articles
Mai MAC
Préface au catalogue du Salon Mai Mac à la MAC Prérouges, 2026.
40 pages. Textes de Gilles Maignaud, Jacques Convert, Jérémy Liron, Christian Sozzi.
Détail
Mai MAC
Mai MAC
Préface au catalogue du Salon Mai Mac à la MAC Prérouges, 2026.
40 pages. Textes de Gilles Maignaud, Jacques Convert, Jérémy Liron, Christian Sozzi.
Mai MAC
"On ne sait exactement quand l’homme eut l’idée de la peinture et quand il la mit en pratique. Ni si ce fut de la pratique qu’en vient rétrospectivement l’idée, ou s’il se fit qu’un désir obscur y trouva empiriquement en elle le lieu de son épanchement. Si elle s’exprima sur les corps d’abord sous forme tribale, ou sur des objets, avant que de s’essayer au mur où elle se conserva quelque fois si bien qu’elle nous est parvenue en certains sanctuaires presqu’intacte et suffisamment convaincante du moins pour qu’un moderne, ébahi, s’écrie quelques 20 000 années après, qu’on n’avait rien fait de mieux depuis.
Toujours est-il, force est de constater qu’à toutes les époques et en tous les lieux où il a plu à ces singes que nous sommes de s’installer et de commercer, la pratique s’y est perpétuée, fondant écoles, décorant ici quelques pots et mobiliers, là des vêtements, des murs trop nus, des temples, figurant des êtres imaginaires, des profusions végétales, flattant quelques tyrans, accompagnant les récits d’épopées et de légendes, ventant la plastique sans pareille des corps et des figures, éphèbes, nymphes et autres odalisques.
La chose a beau être passablement primitive, positivement éculée à cette heure où l’on a apprivoisé les images mobiles, où tout le monde fait ses dix photographies par jour et où l’outil informatique se plie aux délires les plus inimaginables, il se trouve pourtant des originaux pour choisir le pinceau et les couleurs, se poser un chiffon sale sur l’épaule, s’équiper d’un atelier et pour s’en trouver bien. Soit que l’on s’accroche à la peinture comme un enfant refuse d’abandonner son vieil ourson en peluche et le monde qui va avec. Soit que la peinture elle-même réclame après son Pygmalion, refusant jalousement qu’on lui préfère une compagne plus jeune et plus belle ou l’oublie pour une nouveauté.
Loin de s’étioler même, elle s’est insinuée partout. On continue de se peindre le visage, de teindre nos vêtements et d’y imprimer toutes sortes de motifs. Chaque année ou presque les constructeurs automobiles élisent une nouvelle gamme de couleurs, tout comme les vendeurs d’électroménager ou de téléphones. On fait des affiches, des films, des photographies et toutes sortes de choses plus ou moins exotiques dans l’idée de peintures.
Il y a déjà un siècle on inventait de peindre avec des papiers collés, des rebus, comme on avait fait avant avec de la lumière en inventant le vitrail, avec les plantes en inventant le jardin. Et même quelques temps plus tard - ce fut ouvrir la boite de Pandore -  avec la queue d’un âne, des machines mécaniques, des carabines et des sulfateuses agricoles."
(...)
Desseins et autres destins
Jacqueline Salmon
Texte du catalogue de Jacqueline Salmon, préface de Jean-Christian Fleury, 96 pages, éditions Fondation Renaud, 2026.
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Desseins et autres destins
Desseins et autres destins
Jacqueline Salmon
Texte du catalogue de Jacqueline Salmon, préface de Jean-Christian Fleury, 96 pages, éditions Fondation Renaud, 2026.
Desseins et autres destins
Julie Chevassus, L'étrangeté souveraine
Préface au catalogue, éditions Skahers, 2025.
Détail
Julie Chevassus, L'étrangeté souveraine
Julie Chevassus, L'étrangeté souveraine
Préface au catalogue, éditions Skahers, 2025.
Julie Chevassus, L'étrangeté souveraine
Le beau, écrivait Baudelaire, est toujours bizarre. Il contient toujours « un peu de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente » qui le distingue du banal. En somme, il est ou doit être dans l’esprit du poète manifestation de la liberté, affranchissement ; la marque d’une insoumission aux conventions, aux règles et aux écoles.
Valéry se souvient-on, le disait terrible ou désespérant. Mais d’un désespoir qui « vous détrompe, vous éclaire et qui vous secourt ». Parce que dans ce qui ne se laisse pas dire se loge quelque chose d’une vérité fondamentale que l’intelligence, désarmée, reconnaît.
Et de Breton on a tous gravée en mémoire la sentence qui conclue son Nadja, prophétisant une modernité maquée au sceau du surréalisme, « la beauté sera convulsive ou ne sera pas », dont le panache et l’élan, près de cent ans après qu’elle fût pour la première fois imprimée, continuent de batte au vent.
Chaque époque, chaque sensibilité a sa définition qu’elle fait jouer comme un métal devant l’aiguille de sa boussole, tantôt pour lui fixer un cap, tantôt pour mieux l’affoler.
Et la courte unité syntaxique qu’Isidore Ducasse, sous le pseudonyme de Comte de Lautéamont, en 1868, fit tomber au cœur des Chants de Maldoror, semble en donner la formule définitive. Formule qui comme un mantra, un talisman, aiguilla autant Alberto Giacometti ou Jean Hélion qu’Hannah Hoch ou Dora Maar, André Breton et Philippe Soupault, Max Ernst, René Magritte et Marcel Duchamp.
Encore aujourd’hui, la prononcer ouvre un monde vertigineux, cocasse et terrible :
« Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. »
Il y a de quoi effectivement décontenancer les pragmatiques, les maîtres et les académies sur les projets et intentions iconoclastes des tenants de ce beau-là.

L’œuvre de Julie Chevassus semble s’épanouir dans ces parages, explorant les inclinaisons étranges, les vertiges, les bizarreries que ne sont pas sans susciter les collages les plus exotiques, les rapprochements les plus incongrus traités sur le ton de la banalité. (...)
JL
Contact
Chloé Tiravy
20 pages, texte du catalogue de l'exposition, édition Galerie Olivier Waltman, 2025.
Détail
Contact
Contact
Chloé Tiravy
20 pages, texte du catalogue de l'exposition, édition Galerie Olivier Waltman, 2025.
Contact
À l’hiver 1824, Delacroix travaille au Massacre de Scio quand il apprend la mort de Géricault. Géricault qui n’est pas un ami proche mais dont la disparition précoce le touche, lui qui avait posé pour l’un des naufragés de son grand radeau. C’est de cette époque je crois que date la toile que l’on appelle aujourd’hui L’Orpheline ou la Jeune fille au cimetière mais qui fut présentée au Salon comme Étude préparatoire, sans plus de précision. De fait, on pourrait l’ajouter aux figures qui se massent dans le groupe de ces « grecs attendant la mort ou l’esclavage » si elle n’avait cet élan dans le regard, cette solitude farouche et ce mystère entier qui l’isole et fascine. Et c’est qui nous restera : une aura, ou comment quelque chose à cet endroit précis s’avance qui excède la simple description anecdotique que le cartel retient et irradie depuis un fond secret mal localisable.
C’est avec l’espoir secret d’en savoir plus sur elle – au-delà le rôle de composition que lui a donné la postérité – que j’ai rouvert le Journal que le peintre a tenu entre 1822 et 1863. Je trouve fin 1823 une Sidonie qui est venu poser – et un peu plus. Entraperçoit une certaine J. prise dans un triangle amoureux. Une grisette prénommée Fanny. Laure. Une Marie Aubry. Zélie. Une « admirable » Adeline dont il se promet de faire le portrait – serait-ce elle ? Émilie (Robert) dont on sait qu’elle a posé pour la femme nue à l’érotisme fiévreux attachée au cheval du pacha. Ainsi sont les ateliers et les meurs semble-t-il à l’époque. Combien se cachent de maitresses derrière le costume d’une Cléopâtre, d’une esclave ou d’une Vénus ? Un moment j’imagine que le peintre consigne là « cet arrêté, ce tendu de la peau » de la fille du colonel Nicolas Jacquinot – un cousin – qui sans être belle l’a marqué par sa physionomie italienne et dont il dit vouloir conserver l’impression. Mais faute d’en apprendre davantage je bas les pages en rêvant. Ainsi sont voués ceux et celles dont on fait le portrait à s’exiler un peu à l’intérieur d’un rêve qu’on ne pénètre jamais vraiment.

Je n’en saurais pas plus des anonymes à qui Chloé Tiravy offre de jouer dans ses tableaux quelques rôles obscurs et dont la présence se suspend alors au seuil d’un éloquent silence.
Flottent autour d’eux les souvenirs des films de Pasolini, La Ricotta pour sa reconstitution d’une déposition du Rosso ou de Pontormo, Mama Roma pour la Scène de Léonard. Et je ne m’explique pas bien pourquoi – est-ce quelque chose du temps qu’il dilate qui assourdi la scène ? – les protagonistes de la toile Du bruit au-dedans rappellent à la mémoire la Visitation du Pontormo étirée et dramatisée dans The Greeting par Bill Viola.
C’est qu’un certain nombre des tableaux de l’artiste semblent regarder du côté de la peinture renaissante ou maniériste, voire baroque ; de ces grandes compositions chorégraphiques dont on pourrait presque dire qu’elles ont pour principal argument, pour principale ambition l’articulation de gestes, d’élans et la réalisation d’un espace.
Peut-être peut-on affirmer imprudemment avec Gilles Deleuze que les peintres malgré les Pieta, les Saintes Conversations, les Crucifixions et les Annonciations, les retables et les plafonds sont « des athées farouches qui hantent le christianisme » et le détournent en quelque sorte, « l’arrachent à toute figuration et narration pour en tirer un fait pictural». Mais là-dessus il faudra revenir.

JL
 
Pans
Clémentine Chalançon
64 pages, Pans, Clémentine Chalençon, textes de Françoise Lonardoni et Jérémy Liron, Maison des Arts Contemporain, Perouges, 2023.
Détail
Pans
Pans
Clémentine Chalançon
64 pages, Pans, Clémentine Chalençon, textes de Françoise Lonardoni et Jérémy Liron, Maison des Arts Contemporain, Perouges, 2023.
Pans
On ne décide pas de ce qui vous arrête. Ni de ce qui vous sollicite avec assez d'insistance pour s'insinuer dans vos rêveries, dans les fibres de vos pensées, induire votre attention, donner à vos gestes ce toucher qui vous qualifie. Seulement on peut entretenir des penchants, travailler ce qui vous travaillen répondre d'obsessions.
JL
Unknown shores
Clémentine Chalençon
56 pages, catalogue édité par la Galerie Françoise Besson, Lyon, 2022.
Détail
Unknown shores
Unknown shores
Clémentine Chalençon
56 pages, catalogue édité par la Galerie Françoise Besson, Lyon, 2022.
Unknown shores
Ce que nous appelons une vie, une vie humaine, en tant qu’expérience singulière, individuelle et locale, n’est jamais aborder au monde que par le détail. Évidemment des choses vous renseignent sur ses multiples dimensions, sur son étendue, à la manière des cartes qui vous font apparaître de manière plongeante un territoire qui, du point de vue sensible, vous échappe en tant que tel. Mais celui ou celle que nous sommes n’est jamais qu’à chercher ses clefs, selon la belle image du paléo-anthropologue Jean-Jacques Hublin, à la lumière du seul réverbère allumé ; la nuit autour. Encore, vivre ne se résume pas à un seul prélèvement mécanique et objectif, dans la confusion et l’obscurité, d’objets découpés à la continuité. Chaque image est l’expression d’un sentiment, d’une rencontre. L’empreinte, dans la matière du réel, d’un tempérament, d’états d’âme, de questions, de désirs. Nous ne peignons pas la chose, note Mallarmé, mais l’effet qu’elle produit en nous. Ainsi, Van Gogh, dans le sillage des romantiques et de Baudelaire,
définissait-il l’art : « l’homme ajouté à la nature ».
Et, quoique la figure en soit totalement absente, c’est l’aventure d’un homme en son milieu qui semble se lire en négatif dans la suite des formats généralement modestes que peint Clémentine
Chalançon. Celle d’un vivant, somme toute discret, semblable à celui dont Kafka fait le protagoniste du Terrier, affairé à quelques anxieuses ou mélancoliques activités, scrutant à travers la texture du monde, selon la géométrie de son propre espace affectif et mental.
Quelque chose comme la cueillette tâtonnante d’un être sensible, mi-actif, mi-passif, méditatif et rêveur, s’imprégnant peut-être davantage des choses qu’il ne les soumet à l’objectivation de son regard. Une manière de dérive photographique ou de film dont nous resteraient quelques plans de coupe, quelques arrêts sur image, tantôt brouillés, tantôt brûlés, tout à la fois synthétiques et troubles.

JL
Shakers 20 ans de résidences
2002-2022
48 pages, préface au catalogue, éditions Shakers, 2022.
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Shakers 20 ans de résidences
Shakers 20 ans de résidences
2002-2022
48 pages, préface au catalogue, éditions Shakers, 2022.
Shakers 20 ans de résidences
Ni des vases ni des fleurs
Rafael Grassi
20 pages, préface au catalogue de Rafael Grassi, édition galerie Sam Scherrer, 2022.
Détail
Ni des vases ni des fleurs
Ni des vases ni des fleurs
Rafael Grassi
20 pages, préface au catalogue de Rafael Grassi, édition galerie Sam Scherrer, 2022.
Ni des vases ni des fleurs
"La danseuse n'est pas une femme et elle ne danse pas", écrivait Mallarmé. Les vases aux bouquets de fleurs que poeint Rafael Grassi non plus. Ni des bouquets ni des vases. Quoique le regard les saisisse d'abord par cette identification inoffensive, et que dan sla classique classification des sujets de l'art, c'est le terme de nature morte, de vies silencieuses qu'ils appellent.
JL
Teste (48)
véhicule poétique
Article sur le travail de Marie-Line Costantini, reveue Teste n°48, hiver 2022-23.
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Teste (48)
Teste (48)
véhicule poétique
Article sur le travail de Marie-Line Costantini, reveue Teste n°48, hiver 2022-23.
Teste (48)
Elles en ont tant rêvé
Florence Dussuyer
Préface au catalogue de Florence Dussuyer, 120 pages, éditions Snoeck, 2021.
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Elles en ont tant rêvé
Elles en ont tant rêvé
Florence Dussuyer
Préface au catalogue de Florence Dussuyer, 120 pages, éditions Snoeck, 2021.
Elles en ont tant rêvé
Basses lumières
Coline Casse
36 pages, préface au catalogue Basses lumières de Coline Casse, éditions Shakers, 2021.
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Basses lumières
Basses lumières
Coline Casse
36 pages, préface au catalogue Basses lumières de Coline Casse, éditions Shakers, 2021.
Basses lumières
L'Ouroboros aux yeux d'Obsidienne
216 pages, contribution à la revue, Femme assise sur la plage (un Picasso du musée des Beaux Arts de Lyon). 
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L'Ouroboros aux yeux d'Obsidienne
L'Ouroboros aux yeux d'Obsidienne
216 pages, contribution à la revue, Femme assise sur la plage (un Picasso du musée des Beaux Arts de Lyon). 
L'Ouroboros aux yeux d'Obsidienne
Margelles n°5
Contribution à la revue Margelles n°5, éditions Bruno Grattari, printemps 2021.
 
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Margelles n°5
Margelles n°5
Contribution à la revue Margelles n°5, éditions Bruno Grattari, printemps 2021.
 
Margelles n°5
Anne Barbusse / Petros, crise grecque [extraits]
Jeremy Liron / Approches de la percée de craie
Daniel Leuwers / Les amants perdus
Manuel Reynaud-Guideau / Une mauvaise broussaille
Philippe Agostini / Topographies [extraits]
Jacques Darras / L’Empire de la mer
Basile Crespin / Fight ghost town
Anne-Sophie Dobosson / À tout rompre
Jos Garnier / Le serre du milieu
Ver(r)ue 4
Vestiges
60 pages, RevueVerrue n°4, 2020.
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Ver(r)ue 4
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Vestiges
60 pages, RevueVerrue n°4, 2020.
Ver(r)ue 4
Sur la page, abandonnés
Recueil de récits d'artistes vol. 2
206 pages, éditions Extensibles, 2017.
Recueil de 25 récits écrits par 25 jeunes artistes plasticiens.
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Recueil de récits d'artistes vol. 2
206 pages, éditions Extensibles, 2017.
Recueil de 25 récits écrits par 25 jeunes artistes plasticiens.
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Fictions du corps
préface au livre de François Bon, éditions L'atelier contemporain, 2016.
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Fictions du corps
Fictions du corps
préface au livre de François Bon, éditions L'atelier contemporain, 2016.
Fictions du corps
ça presse
Documents
Contribution à la revue ça presse, n° spécial accompagnant l'exposition Documents à URDLA, Villerubanne, 2015.
Préface Léa Bismuth, 30 pages.
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ça presse
ça presse
Documents
Contribution à la revue ça presse, n° spécial accompagnant l'exposition Documents à URDLA, Villerubanne, 2015.
Préface Léa Bismuth, 30 pages.
ça presse
Grimace
Magazine Eclats
Contribution au magazine Eclat, 78 pages. 
Détail
Grimace
Grimace
Magazine Eclats
Contribution au magazine Eclat, 78 pages. 
Grimace
ça presse
janier 2015
Article pour la revue Ca presse n°63, éditions URDLA, 2015.
30 pages
Détail
ça presse
ça presse
janier 2015
Article pour la revue Ca presse n°63, éditions URDLA, 2015.
30 pages
ça presse
L'expérience des seuils
Aurélie Poinat
28 pages, préface au catalogue d'Aurélie Poinat, éditions Shakers, 2015.
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L'expérience des seuils
L'expérience des seuils
Aurélie Poinat
28 pages, préface au catalogue d'Aurélie Poinat, éditions Shakers, 2015.
L'expérience des seuils
Dent creuse
Contribution à la publication de Anne Houel au Palais ducal de Caen. 
Réflexion collective sur l'environnement du chantier. Jérémy Liron, Lina Schlageter, Jean-Marc Huitorel, Théo Robine-Langlois, Jean-Max Colard, Anne Houel. 
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Dent creuse
Dent creuse
Contribution à la publication de Anne Houel au Palais ducal de Caen. 
Réflexion collective sur l'environnement du chantier. Jérémy Liron, Lina Schlageter, Jean-Marc Huitorel, Théo Robine-Langlois, Jean-Max Colard, Anne Houel. 
Dent creuse
Cette impression parfois des bâtiments dérivants immobiles dans le regard ou dans ce que l'on retourne en soi du monde qui est l'espace de notre propre présence. Figures concrêtes passives et indifférentes ancrées sur l'étendue. Le temps te l'espace semblent circuler autour, y frotter sans l'atteindre. (...)
JL
Un peu de sueur, de sciure, des clours. Rien
Martin Jakob
Préface au catalogue édité par Piano Nobile, Genève, 2014.
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Un peu de sueur, de sciure, des clours. Rien
Un peu de sueur, de sciure, des clours. Rien
Martin Jakob
Préface au catalogue édité par Piano Nobile, Genève, 2014.
Un peu de sueur, de sciure, des clours. Rien
Grimes & imagos
Anthony Duranton
28 pages, préface au catalogue Grimes & imagos d'Anthony Duranthon, éditions Shakers 2014.
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Grimes & imagos
Grimes & imagos
Anthony Duranton
28 pages, préface au catalogue Grimes & imagos d'Anthony Duranthon, éditions Shakers 2014.
Grimes & imagos
L'espoir des spectres
Claire Tabouret, Léa Bismuth
préface du livre L'espoir des spectres, éditions Publie.net, 2013
Textes : Léa Bismuth, Arnaud Maïsetti (préface)
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L'espoir des spectres
L'espoir des spectres
Claire Tabouret, Léa Bismuth
préface du livre L'espoir des spectres, éditions Publie.net, 2013
Textes : Léa Bismuth, Arnaud Maïsetti (préface)
L'espoir des spectres
Salle d'attente
Elvire Bonduelle
192 pages, contribution au catalogue d'Elvie Bonduelle, éditions Galerie Laurent Muller, 2013.
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Salle d'attente
Salle d'attente
Elvire Bonduelle
192 pages, contribution au catalogue d'Elvie Bonduelle, éditions Galerie Laurent Muller, 2013.
Salle d'attente
Champs d'altitude
Olivier de Sépibus
Contribution au livre, 22 pages, 2012.
Textes de Guillaume Siaudeau, Jérémy Liron, Thomas Vinau, Dimitri Vazemsky.
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Champs d'altitude
Champs d'altitude
Olivier de Sépibus
Contribution au livre, 22 pages, 2012.
Textes de Guillaume Siaudeau, Jérémy Liron, Thomas Vinau, Dimitri Vazemsky.
Champs d'altitude
Tea for the Tillerman
Martin Bruneau
62 pages, préface au catalogue Tea for the Tillerman de Martin Bruneau, éditions du Collimateur, 2012.
Détail
Tea for the Tillerman
Tea for the Tillerman
Martin Bruneau
62 pages, préface au catalogue Tea for the Tillerman de Martin Bruneau, éditions du Collimateur, 2012.
Tea for the Tillerman
Les premiers readymade, que l'on tient parfois comme le modèle d'une radicalité d'avant-garde en art, ont déjà un siècle. Il en est à peu près de même pour la vidéo et on peut remonter de quelques dizaines d'années encire en ce qui concerne l'irruption de la photographie dans un paysage de l'art jusqu'alors majoritairement pictural. Pourtant seule la peinture apparaît a un tel point encombrée par son histoire qu'on lui demande régulièrement de se justifier d'être encore de la partie, encore actuelle et non encore reléguée au rang des curiosités antiques qui nous parlent d'une voix étouffée d'une époque révolue. 
JL
Semaines n°18
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Georg Baselitz, Stéphane Vigny, Slimane Raïs et Lilian Bourgeat.
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Semaines n°18
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Georg Baselitz, Stéphane Vigny, Slimane Raïs et Lilian Bourgeat.
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Semaines n°17
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Arnold Odermatt, Alex Katz.
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Semaines n°17
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Arnold Odermatt, Alex Katz.
Semaines n°17
Semaines n°16
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Neil Beloufa, Oriane Dechéry, Lionel Estève, Alexander Calder.
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Semaines n°16
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Articles sur Neil Beloufa, Oriane Dechéry, Lionel Estève, Alexander Calder.
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Semaines n°15
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur La Générale en Manufacrture, Robert Frank.
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Semaines n°15
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur La Générale en Manufacrture, Robert Frank.
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Semaines n°14
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Claire Tabouret, Les frères Chapuisat, Jean-Marc Bustamante et Fabricateurs d'espaces à l'IAC.
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Semaines n°14
Semaines n°14
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Claire Tabouret, Les frères Chapuisat, Jean-Marc Bustamante et Fabricateurs d'espaces à l'IAC.
Semaines n°14
Crime ou ornement
Vincent Genco
28 pages, préface au catalogue de Vincent Genco, éditions Shakers, 2009.
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Crime ou ornement
Crime ou ornement
Vincent Genco
28 pages, préface au catalogue de Vincent Genco, éditions Shakers, 2009.
Crime ou ornement
Outre quelques traductions de poésies chinoises, le marquis d'Hervey-Saint-Denys laissa derrière lui un curieux ouvrage publié en 1867 sous le titre "Les rêves et les moyens de les diriger". Un livre qui, s'il ne s'était inséré dans les préoccupations d'écrivains avides des dérègemlements raisonnés des sens tel que l'était André Breton, ne serait parvenu jusqu'à nous.
JL
Semaines n°12
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Pedro Cabrita Reis, Mario Merz, Weegee et le musée Fernand Léger.
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Semaines n°12
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Pedro Cabrita Reis, Mario Merz, Weegee et le musée Fernand Léger.
Semaines n°12
Semaines n°11
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Sebastian Diaz Morales et Hilma Af Klint.
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Semaines n°11
Semaines n°11
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Sebastian Diaz Morales et Hilma Af Klint.
Semaines n°11
Semaines n°10
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Sean Scully, Basserode, Gregor Schneider.
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Semaines n°10
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Sean Scully, Basserode, Gregor Schneider.
Semaines n°10
Semaines n°9
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Bernard Frize et Silvia Bächli.
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Semaines n°9
Semaines n°9
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Bernard Frize et Silvia Bächli.
Semaines n°9
Semaines n°8
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Jean-Michel Alberola et Tacita Dean.
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Semaines n°8
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Jean-Michel Alberola et Tacita Dean.
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Semaines n°6
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Soizic Stokvis et Günther Förg.
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Semaines n°6
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Soizic Stokvis et Günther Förg.
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Semaines n°5
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Mathilde Rosier et Fabien Verschaere.
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Semaines n°5
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bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Mathilde Rosier et Fabien Verschaere.
Semaines n°5
Semaines n°4
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Tom Sachs et Gilles Barbier.
Détail
Semaines n°4
Semaines n°4
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Tom Sachs et Gilles Barbier.
Semaines n°4
Semaines n°3
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur la collection Sylvio Perlstein et Christine Rebet.
Détail
Semaines n°3
Semaines n°3
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur la collection Sylvio Perlstein et Christine Rebet.
Semaines n°3
T4-18
Florent Lamouroux
28 pages, T4 - 18, préface au catalogue de Florent Lamouroux, éditions Shakers, 2007.
Détail
T4-18
T4-18
Florent Lamouroux
28 pages, T4 - 18, préface au catalogue de Florent Lamouroux, éditions Shakers, 2007.
T4-18
On fréquente un territoire lequel pourrait-on dire vous préquente en retour. C'est sans doute ainsi qu'advient imperceptiblement entre nous et le monde cette occupation intuitive qu'on nomme "l'habiter".
JL
Semaines n°2
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Marcel Miracle et Jonathan Meese.
Entretien avec Jean-Marc Bustamante pour Le printemps de septembre.
Détail
Semaines n°2
Semaines n°2
bimestriel pour l'art contemporain
Articles sur Marcel Miracle et Jonathan Meese.
Entretien avec Jean-Marc Bustamante pour Le printemps de septembre.
Semaines n°2
Écrits
Hortus conclusus
Le clos et l'ouvert
Hortus conclusus, le clos et l'ouvert, Jérémy Liron et Alexandre Mare, éditions Octopus, collection Parallaxes, 2026.
96 pages
Détail
Hortus conclusus
Hortus conclusus
Le clos et l'ouvert
Hortus conclusus, le clos et l'ouvert, Jérémy Liron et Alexandre Mare, éditions Octopus, collection Parallaxes, 2026.
96 pages
Hortus conclusus
"Le mur devient alors enclos perceptif. Un jardin pour le regard, où la sensation n'est plus subordonnée au discours mais se suffit à elle-même. Un espace méditatif, en somme, un espace de projection. Pour enfoncer les poncifs, disons que l'art, comme le jardin, institue un espace protégé où le monde peut apparaître autrement, débarrassé de l'utilité et de la hâte."

En prenant pour prétexte ses tableaux où se cotaîent murs, végétations, architectures, lignes droites et courbes, Jérémy Liron dialogue avec Alexandre Mare, critique et commissaire d'exposition. D'Albrecht Dürer à Raymond Roussel, en passant par Marcel Proust, Paul Cézanne, Marc Desgrandchamps ou Georges Perec, c'est un chemin de désir qui se dessine et vient ainsi lier l'ouvert et l'enclos.
Retourner le regard
Préface de Léa Bismuth, éditions L'Atelier Contemporain, 2026.
424 pages
Détail
Retourner le regard
Retourner le regard
Préface de Léa Bismuth, éditions L'Atelier Contemporain, 2026.
424 pages
Retourner le regard
Si les peintures de Jérémy Liron sont souvent imprégnées de ce silence envoûtant des choses qui nous entourent, que l’on trouve également chez Paul Cézanne ou chez Edward Hopper, le peintre, quant à lui, ne saurait se passer de mots. Inlassablement, pour mettre la pensée en mouvement, pour mieux voir, il écrit, il prend des notes, sur les artistes qui le touchent, comme Gilles Elie, Laure Tiberghien ou Marc Desgrandchamps, sur les désastres du monde, sur un pan de mur blanc aperçu de loin alors que l’on attend un train en fin d’après-midi… Après son Autoportrait en visiteur paru en 2015, Retourner le regard prolonge cette volonté de recueillir ses divers écrits, qui sont autant de « gestes de reconnaissance ».
Des têtes qu'on tombe
56 pages, éditions Faï Fioc, 2025.
Détail
Des têtes qu'on tombe
Des têtes qu'on tombe
56 pages, éditions Faï Fioc, 2025.
Des têtes qu'on tombe
Petite armée calme de corps
rectifiés par la lame,
portant tout le poids de leur tête
comme font les mélancoliques,
le poing contre la tempe, accablés
par leur empêchement.


Livre écrit à l'occasion de la 34e édition de L'Art dans les Chapelles en Bretagne et qui traite des céphalophores, ces martyrs décapités qui, à l'exemple de Saint Denis, portent leur tête sous le bras.
Pierre Buraglio - Un fait & un songe

98 pages, ENd éditions, 2024

Détail
Pierre Buraglio - Un fait & un songe
Pierre Buraglio - Un fait & un songe

98 pages, ENd éditions, 2024

Pierre Buraglio - Un fait & un songe
Puisque penser c’est relier, aller à l’aventure sur
le grand chemin buissonnier des réminiscences.
Puisque le sens ne se forme jamais que dans
l’espace de rapports, d’échos, dans cette circulation
entre les images ou dans le déploiement d’une
phrase. Puisqu’accueillir c’est, d’une certaine
manière, lire déjà, à sa façon, ou légender ses
lignes d’erre. Et puisqu’on n’en finit jamais et que
de développements en digressions les questions
initiales s’oublient pour nous laisser avec ce
mouvement libre qui tient du tissage, de la
litanie, de ces histoires comme en troussait Louis
Carrogis de Carmontelle au XVIIIe siècle avec ses
Transparents, puis Etienne-Gaspard Robertson au
siècle suivant avec ses Fantasmagories. Puisqu’on
est simultanément toujours celui qui raconte avec
des gestes et des changements de voix et un des
enfants assis en tailleur qui écoute fasciné, ne
comprenant pas tout, l’oeil brillant et la bouche
entrouverte.


Cet essai se veut un traversée libre de l'oeuvre de Pierre Buraglio, s'attardant notamment sur sa part narrative et biographique.
Le labyrinthe domestique et mental de Mathieu Cherkit


15 pages, Ohnedaruth éditions, 2023.

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Le labyrinthe domestique et mental de Mathieu Cherkit
Le labyrinthe domestique et mental de Mathieu Cherkit


15 pages, Ohnedaruth éditions, 2023.

Le labyrinthe domestique et mental de Mathieu Cherkit
Bien sûr, la peinture hollandaise dans ce que l'on a appelé son âge d'or. Cette mise en avant, dans le champ de l'art, de l'intérieur, non plus seulement comme le décor de scènes et de portraits, comme cadre ou parergon, mais tout à la fois comme témoin des commerces quotidiens de la vie que l'on mène alors, résurgence de l'itime par ricochets ou réflexion, et labyrinthe, géométrie autonome où s'articulent les plans, entre saillance et perspective, circulations et frontalités.
JL
Regarder l’image qui regarde


40 pages. Éditions du 6 rue du Gryphe, 2023.

Détail
Regarder l'image qui regarde
Regarder l’image qui regarde


40 pages. Éditions du 6 rue du Gryphe, 2023.

Regarder l'image qui regarde
On concluerait : l'apparence est ce qui se retire dans l'espace de l'apparition lui-même.
Une dilatation immobile.

JL
Les fenêtres équivoques ou le détail du monde
Clément Davout
52 pages, Editions 2Angles, 2022.
Détail
Les fenêtres équivoques ou la détail du monde
Les fenêtres équivoques ou le détail du monde
Clément Davout
52 pages, Editions 2Angles, 2022.
Les fenêtres équivoques ou la détail du monde
« Après la partie nous restions la plupart du temps quelques minutes dans la salle, à contempler jusqu’à ce qu’elles disparaissent les ombres mouvantes d’une aubépine que dessinaient, sur le mur opposé de la fenêtre en ogive, les derniers rayons du soleil rasant. Les motifs déliés alternaient sans trêve sur la surface claire ; fugaces, instables, ils s’évanouissaient aussitôt nés ; et pourtant cette dentelle d’ombres et de lumière incessamment recomposée évoquait des
paysages de montagne avec leurs rivières gelées et leurs champs de glace, de hauts plateaux, des steppes, des étendues désertiques, des éclosions de fleurs... ».
Le souvenir de la petite cité balnéaire de Barmouth, au pays de Galles, que restitue Austerlitz, le narrateur du roman éponyme de Sebald, réveille à chaque lecture les sensations qu’ont laissées dans quelques replis de la mémoire des instants contemplatifs sous un arbre ou dans une chambre claire sur le plafond de laquelle, à la manière de l’allégorie de la caverne de Platon, ondulaient, flegmatiques, des ombres découpées ; échos lointains et ductiles du monde du dehors, distordus et mêlés à des rêves naissants.
Sans doute sommes-nous quelques-uns à porter en nous le souvenir de ces petits films, semblables aux fantasmagories que suscitaient au XIXe siècle les lanternes magiques et qu’évoque encore Proust dans sa chambre de Combray par les « impalpables irisations » et les « surnatuelles apparitions » que celle que l’on place sur sa lampe pour l’endormir substituent à l’opacité des murs.

JL
Quelque chose de pourpre


26 pages, Édition Telmah, art contemporain, 2021.
Dialogue avec Alexandre Mare

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Quelque chose de pourpre
Quelque chose de pourpre


26 pages, Édition Telmah, art contemporain, 2021.
Dialogue avec Alexandre Mare

Quelque chose de pourpre
Je dois avouer n’être pas un fin connaisseur de Flaubert qui a subi chez moi le sort de beaucoup de classiques étudiés dans le cadre scolaire et teintés alors par contamination du gris de l’ennui. Mais il y a cette façon de concevoir l’œuvre à laquelle tu fais référence qui m’a toujours fasciné et que rapportent, je crois, les Goncourt. Lorsqu’il dit : « l’histoire, l’aventure d’un roman, ça m’est égal. J’ai la pensée, quand je fais un roman, de rendre une coloration, une nuance », j’y retrouve une approche similaire à celle que j’ai. Je répète régulièrement que la figuration ou disons la ressemblance mimétique ou photographique m’intéresse peu. Qu’elle n’est pas mon horizon. Mais que derrière cette apparence indicielle je cherche à donner corps à des sensations et impressions mêlées. Quelque chose qui traverse, qui insiste et demande justement, à travers quelque chose d’aussi banal qu’un bout de mur, qu’un arbre, à se manifester. Et quand Flaubert dit vouloir faire à travers ce roman qui deviendra Salammbo « quelque chose de pourpre », je retrouve ce désir mal défini qui préside à toute œuvre, cette direction un peu vague et pourtant déjà soumise à une très forte exigence que l’œuvre travaille à dégauchir, et à mettre à jour.
JL
Edouard


Editions Strandflat, 2019
Dialogue avec des monotypes de Peggy Viallat-Langloy

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Edouard
Edouard


Editions Strandflat, 2019
Dialogue avec des monotypes de Peggy Viallat-Langloy

Edouard
A l'insaisissable sa part
Marine Joatton
68 pages, éditions Galerie Françoise Besson, 2019.
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A l'insaisissable sa part
A l'insaisissable sa part
Marine Joatton
68 pages, éditions Galerie Françoise Besson, 2019.
A l'insaisissable sa part
Tout à l’heure vous teniez le bol dans les mains,
goûtant la chaleur et les rugosités glacées de son vernis.
La boisson venait réconforter un peu la confusion dans
laquelle vous plongeaient des pensées mêlées rayant la
surface de votre conscience comme le vol d’une nuée de
chauve-souris. Vous l’aviez posé de côté entre deux piles
de livres et de carnets; et puis des mouvements pour
d’autres bricolages, aller éclairer ou éteindre, prendre
une veste : le paysage du bureau vu de loin. Il vous
semble que celui qui n’était tout à l’heure qu’au service
de vous-même, à peu près invisible dans son usage,
maintenant vous regarde dans un mélange de distance
et de proximité. Autour de lui s’enrobe tout l’espace et le
temps qu’un être peut convoquer ou affronter. C’est la
loi de ce qui est vu de s’installer ainsi dans l’horizon du
regard.

JL
Gênes
42 pages. Images de Frédéric Khodja, Projet partir à deux, 2017..
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Gênes
Gênes
42 pages. Images de Frédéric Khodja, Projet partir à deux, 2017..
Gênes
On avait tellement discuté à savoir
ce que c'était de placer la poésie
l'horizon
qu'on abordait la route
un peu vides parfaitement silencieux
le crâne une chambre d'écho. On avait dit comme ça et
avec peu de mots. La route
porte et on s'estompe dedans tandis que quelque chose dans le
paysage
s'écoule ou s'étend. On se perd dans
à l'aveuglement d'un miroir l'oeil rendu parfaitement détaché
stupéfait vaguement.

JL
Autoportrait en visiteur
Préface de Pierre Bergounioux. Editions L'Atelier contemporain.
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Autoportrait en visiteur
Autoportrait en visiteur
Préface de Pierre Bergounioux. Editions L'Atelier contemporain.
Autoportrait en visiteur
Bruissements
Editions Derrière la salle de bain, 2015.
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Bruissements
Bruissements
Editions Derrière la salle de bain, 2015.
Bruissements
Nous sommes traversés par plus d'histoire que l'on n'en peut assimiler. En réalité c'est cela : un empilement de récits possibles qui se touchent et se superposent partiellement, avec liens et lacunes. Des appels.
JL
La mer en contrebas, tape contre la digue.
110 pages. Postface de Marc Besse. Coéditions La Nerthe/Eclats, 2014.
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La mer en contrebas, tape contre la digue.
La mer en contrebas, tape contre la digue.
110 pages. Postface de Marc Besse. Coéditions La Nerthe/Eclats, 2014.
La mer en contrebas, tape contre la digue.
ça commence comme ça, sans savoir, juste des idées vagues, des intentions et à demander au lieu, aux histoires et aux gens. 
Des gestes entraperçus - ou fabriqués en rêve - et qui déterminent le sentiment. Le bras dans un mouvement qui s'enroule, des mots anglais et derrière près de l'être le rougeoiment apaisé, le profil calme d'un visage qui respire sa respiration, s'absorbe en elle. 
Et puis l'image se penche. 

JL
J'ai parfois l'impression d'avancer dans un monde en ruine. Les gens passent, je vois les murs derrière
Editions Derrière la salle de bain, 2014.
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J'ai parfois l'impression d'avancer dans un monde en ruine. Les gens passent, je vois les murs derrière
J'ai parfois l'impression d'avancer dans un monde en ruine. Les gens passent, je vois les murs derrière
Editions Derrière la salle de bain, 2014.
J'ai parfois l'impression d'avancer dans un monde en ruine. Les gens passent, je vois les murs derrière
Et regarde. Regarde comme on se retourne sur un être qui passe - à mesurer la distance qui se creuse. 
JL
L'être & le passage
24 pages, éditions La Termitière, 2012.
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L'être & le passage
L'être & le passage
24 pages, éditions La Termitière, 2012.
L'être & le passage
Chaque chose est prise dans une double temporalité. L'une à part nous, ralliée à l'immensité dans laquelle naviguent les astres, nous échappe. L'autre se mesure à l'expérience que nous en avons, à notre échelle humaine, en regard de notre durée propre. 
JL
La traversée
éditions Publie.net, 2012.
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La traversée
La traversée
éditions Publie.net, 2012.
La traversée

Un récit en caméra subjective. "Sans dialogue, aux contours flous", dit Jérémy Liron. Un condensé d'impressions, mais que peu à peu les haltes, les paysages structurent, et qui laisse affleurer avec d'autant plus de présence les trois personnages, l'histoire d'amour qui surgit prégnante, avec les trajets et voyages, avec les messages qu'on efface du portable, et la mémoire de tous les films qu'on a vus.

Artiste plasticien, Jérémy Liron travaille souvent au plus près du réel urbain, via un matériau photographique repris ensuite dans des peintures à l'huile où cette notion de présence, dans la ville ordinaire, passe avant tout le reste – voir son site lironjeremy.com et son blog les pasperdus.blogspot.fr – c'est un peu de cette façon qu'il nous embarque dans ce récit, roman dense et bref où le décalage d'un prénom suffit à faire basculer tous les repères.

En l'image le monde
Maude Maris
68 pages. Editions La Termitière, 2011.
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En l'image le monde
En l'image le monde
Maude Maris
68 pages. Editions La Termitière, 2011.
En l'image le monde
On prend des photos pour se souvenir, c'est-à-dire avec l'illusion d'arrêter le temps ou de le capturer, d'interrompre les mouvemenst du monde. On prend des photos comme des notes. D'autres, on les prend avec une façon de répondre à l'invitation du monde, parce qu'un arrangement particulier des choses sous le regard, parce que des couleurs, une lumière - pour faire une belle image. Je ne sais pas ce qu eje cerchais, moi, à parcourir une petite vilel du Nord, à marcher des rues vides. Je prenais toutes sortes de photos. 
JL
L'humble usage des objets
88 pages. Editions Nuit Myrtide, 2010.
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L'humble usage des objets
L'humble usage des objets
88 pages. Editions Nuit Myrtide, 2010.
L'humble usage des objets
Chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde
Sur le travail de Philippe Agostini. Editions Publie.net, 2010.
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Chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde
Chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde
Sur le travail de Philippe Agostini. Editions Publie.net, 2010.
Chaque oeuvre cherche après ce qui la fonde
Le livre l'immeuble le tableau
éditions Publie.net, 2009.
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Le livre l'immeuble le tableau
Le livre l'immeuble le tableau
éditions Publie.net, 2009.
Le livre l'immeuble le tableau
D’expo en expo, il grimpe, Jérémy Liron, même si c’est aussi rude que les hivers à Montluçon. Mais, d’une expo à l’autre, c’est par le blog qu’on le suit au travers des jours. Le blog, c’est de l’écriture : et, le langage mis en réflexion du monde, ça s’appelle littérature. Qu’est-ce que la littérature version Jérémy Liron ? On ne sait pas. Ce qu'on y vois, c’est le combat d’un regard et du réel. Et que là, dans cette tension, viennent les livres, viennent les mots. Et si c’était là, chez les peintres, que la littérature se réinventait ?
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Jérémy Liron hors cadre
par Sophie Humann, La Gazette Drouot 28, Juillet 26
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Jérémy Liron hors cadre
par Sophie Humann, La Gazette Drouot 28, Juillet 26
Voilà déjà plus d’un quart de siècle que le Lyonnais Jérémy Liron pose son regard de peintre sur les paysages méditerranéens de son enfance, dont il donne à voir les odeurs, la chaleur, les bruissements. Sous son pinceau, les jardins deviennent des fragments d’histoires vues à travers des cadres, des fenêtres, par-dessus des murs. Pour son exposition personnelle à Yvetot, organisée dans le cadre de la manifestation « Normandie impressionniste », une quarantaine de ses œuvres illustrent le thème de la clôture au jardin. L’artiste a souhaité tendre un grand mur au travers des deux étages de la galerie Duchamp, le centre d’art contemporain d’intérêt national dirigé par Alexandre Mare. Toutes les œuvres y sont accrochées, laissant les cimaises habituelles tout autour, blanches et nues. D’un côté du mur dont le rouge rappelle la brique normande, les peintures de Jérémy Liron, saturées de lumière, jouent avec la perspective, les ombres et les sens. La nature s’y invite. « Les différentes essences me rappellent des géographies affectives, précise l’artiste, mais je ne vais pas les détailler. En revanche, je rentre dans la sensation unique de ce type de végétation et je veux la traduire en peinture. Ce qui est important pour moi, ce n’est pas l’image, c’est la texture, la matière, le geste. » Au verso du mur, Jérémy Liron propose au visiteur un choix éclectique et vagabond d’œuvres qui, grâce à un jeu subtil de correspondances, chemine à travers les notions de jardin. On y retrouve aussi bien une gravure de John Constable, The Cottage, qu’une planche d’herbier ou une serpe à riz cambodgienne. Garçons à la fontaine, une huile et acrylique onirique de Guillaume Decock, rejoint une lithographie nommée Les Cardelles, du peintre toulonnais Eugène Baboulène. Un catalogue sous forme de dialogue littéraire entre Jérémy Liron et Alexandre Mare prolonge encore cette promenade sensible.
Jérémy Liron
par Guillaume Lasserre, Zérodeux, juillet 2026
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Jérémy Liron
par Guillaume Lasserre, Zérodeux, juillet 2026

Sous un titre emprunté à l’iconographie mariale, la galerie Duchamp à Yvetot présente, de Paysage 67 (2009) à Paysage 284 (2025), une quarantaine de toiles de Jérémy Liron, peintre du motif du jardin clos depuis vingt-cinq ans. L’exposition a ceci de singulier qu’elle est en partie signée par l’artiste lui-même, invité à choisir ses propres compagnons de cimaise.

À l’origine, l’hortus conclusus est une affaire mariale. C’est le jardin clos du Cantique des cantiques, cette « source scellée » que la tradition mystique a fait glisser vers la pureté virginale, puis vers l’image d’un paradis retrouvé, espace protégé du tumulte du monde, régulièrement associé à l’iconographie de l’Annonciation. Jérémy Liron reprend aujourd’hui ce vocable pour coiffer vingt-cinq ans de peinture de paysage, le terme portant en lui une promesse de sanctuaire, de refuge soustrait à l’histoire, que la peinture de l’artiste, faite de perspectives déréglées et de lumières contrastées, ne cherche pourtant pas frontalement à honorer. Le trouble que ressent le public devant ces jardins si peu naturels tient peut-être moins à leur étrangeté propre qu’à cet écart entre un titre qui promet une théologie du regard et des toiles qui, de l’aveu même du peintre, jouent surtout des lignes, des formats et des couleurs. Le texte qui accompagne l’exposition tranche d’ailleurs lui-même la question en des termes plus modestes, évoquant une interrogation sur la frontière entre ce qu’est une peinture d’histoire et une peinture de paysage, formule prudente qui laisse ouverte une question que le titre, lui, referme déjà sur une réponse.

Formé auprès de Jean-Marc Bustamante, l’artiste a fait du monde urbain et périurbain, celui qui l’entoure, la matière d’une peinture qui suspend plus qu’elle ne raconte. Dans le texte du catalogue qui accompagnait l’exposition monographique de l’Hôtel des Arts de Toulon, Pierre Wat notait que les « fabriques », ces bâtiments imaginaires qui peuplaient l’arrière-plan des paysages historiques de Poussin, sont venues chez Liron se substituer aux héros tragiques de la peinture d’histoire, comme si peindre l’histoire n’était plus possible mais restait, du fait même de cette impossibilité, nécessaire[1]. Peindre non par nostalgie mais par inquiétude, « pour ne pas céder au besoin de consolation[2] » est une position claire, presque une éthique picturale.

L’exposition revendique un « accrochage constellaire », pensé sous la bannière du rhizome deleuzo-guattarien, dans lequel les œuvres de Liron dialoguent avec un ensemble disparate de pièces empruntées. Les deux salles de la galerie sont coupées en diagonale par une longue cimaise. D’un côté les toiles de Liron, de l’autre une collection hétéroclite d’affiches, dessins, photographies, cartes postales, tapisserie et même assiette, réunie autour du motif du jardin. Rien d’inhabituel, jusqu’à ce qu’on précise que c’est l’artiste lui-même qui a constitué cette seconde collection, invité par la galerie à sélectionner les œuvres avec lesquelles il voit des dialogues possibles. Pierre Buraglio, Louis Hayet, Camille Corot, Valérie Sonnier, Marc Desgrandchamps, Fernand Léger, des miniatures persanes, un tapis ancien, les « lignes d’erre » de Fernand Deligny…, la liste compose une généalogie que le peintre s’octroie à lui-même, dans l’exacte mesure où c’est lui qui décide de ses pairs, de ses maîtres anciens et de ses contemporains d’élection. Si le procédé est assez courant dans l’exercice de la carte blanche, il change la nature de ce que l’on regarde. Ce n’est plus une histoire de l’art proposée depuis l’extérieur, mais un autoportrait en creux, dans lequel le choix des absents en dit autant que celui des présents.

Au Musée des Ivoires voisin se tient l’exposition d’un ensemble de pastels de Charles Angrand (1854-1926), peintre né près d’Yvetot, ami de Seurat et de Signac, revenu vivre en quasi-reclus dans son Pays de Caux natal pour y peindre fermes et clos-masures[3]. Le rapprochement institutionnel est habile : deux jardins clos, deux enclosures normandes et méditerranéennes en miroir, mais il expose aussi, par contraste, ce que la peinture de Liron n’est pas. Angrand peint un lieu réel, arpenté, habité d’une biographie de retrait volontaire. Liron peint un Sud de mémoire et de citation, figurant pins, figuiers, aloès et architecture provençale, dont rien n’indique qu’il s’agisse d’un territoire vécu plutôt que d’un répertoire de signes. Le jardin clos d’Angrand a une adresse, celui de Liron a une iconographie. Si la peinture n’a pas à être documentaire, la juxtaposition des deux artistes met au jour, sans doute involontairement, deux régimes de vérité picturale.

Les jardins de Jérémy Liron sont vides. Aucune présence humaine n’y circule; les murs y dessinent l’espace autant que les arbres. Vingt-cinq années passées à peindre un monde clos et inhabité constituent, à ce stade d’une carrière, moins une thématique qu’une discipline, au sens presque monastique du terme, ce que le titre emprunté au vocabulaire marial rend, malgré tout, assez juste. Reste à savoir si cette clôture prolongée est encore une question que la peinture se pose, ou si elle est devenue la réponse qu’elle se contente de répéter. L’exposition d’Yvetot, en multipliant les miroirs, avec Buraglio, avec les miniatures persanes, ou avec Angrand au hasard d’une programmation voisine, donne à cette interrogation un cadre stimulant.

Pourtant, les meilleures toiles de Liron tiennent leur inquiétude sans avoir besoin des œuvres empruntées pour s’autoriser. C’est peut-être là que le jardin se referme vraiment, non pas sur un paradis retrouvé, mais sur la solitude d’une peinture qui, à force de vouloir peupler ses murs de compagnons choisis, finit par révéler combien elle se suffisait déjà à elle-même.

un regard contemporain sur les jardins à la galerie Duchamp
par Mireille Loubet-Anquetil, Paris Normandie
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un regard contemporain sur les jardins à la galerie Duchamp
par Mireille Loubet-Anquetil, Paris Normandie
La galerie Duchamp présente jusqu’à fin août 2026, une quarantaine de toiles de Jérémy Liron. Elles répondent à d’autres œuvres, sur les jardins de Charles Angrand, exposées au musée des Ivoires.
Deux salles, deux ambiances mais un lien évident entre les deux. Dans le dialogue continu de l’art, la galerie Duchamp (centre d’art contemporain d’intérêt national) et le musée municipal des ivoires, s’inscrivent pour l’été dans la thématique des jardins du festival Normandie Impressionniste 2026.
À la quarantaine de toiles de Jérémy Liron installées à la galerie Duchamp, dans une scénographie originale intitulée Hortus Conclusus répondent une quinzaine de grands pastels signés Charles Angrand. Cette exposition temporaire Paysages célèbre le centenaire de la mort de cet artiste impressionniste, né dans le pays de Caux, ami de Seurat et de Monet.
Jérémy Liron, lui est né à Marseille, diplômé des Beaux-Arts de Paris et installé à Lyon, il réalise depuis 25 ans des tableaux de paysages. Où les jardins, les terrasses et les murs dessinent des décors très inspirés du réel mais envisagés sous d’autres angles, d’autres perspectives. Une fiction reconstituée.
 « Quand je travaille, j’ai des pistes. Je pars d’une réalité, d’un point de vue, mais avec la matière, ça évolue et ça devient une construction différente. J’aime jouer avec le hors-champ, avec des éléments arrivent de l’extérieur. Dans la peinture, ce n’est pas l’image qui m’importe mais la texture, le geste, les rapports de force ».
À première vue, Hortus Conclusus fait la part belle aux jardins méditerranéens, mais les détails révèlent d’autres inspirations exposées de part et d’autre d’un mur érigé au centre de la galerie. « L’artiste contemporain a une longue généalogie avant lui et puise dans ces références. Le travail de Jérémy Liron est hyper référencé et c’est toute cette inspiration que l’on découvre de l’autre côté du mur. Avec une gravure du XVIe siècle, une eau-forte du peintre anglais Constable, une reproduction de Fernand Léger », conclut Alexandre Mare le directeur de la galerie Duchamp.
 
Espace clos, jardin et mur, avec Jérémy Liron
Le Courrier Cauchois
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Espace clos, jardin et mur, avec Jérémy Liron
Le Courrier Cauchois
La Galerie Duchamp accueille une nouvelle exposition. Jérémy Liron y propose son exposition personnelle. Rencontre.
Jérémy Liron est né à Marseille, il est diplômé des Beaux-Arts de Paris et vit et travaille désormais à Lyon. Artiste et écrivain, Jérémy Liron a récemment exposé au centre d'art ACMCM de Perpignan, au Cloître Art Contemporain de Lyon ou encore à la galerie Isabelle Gounod à Paris. 
A partir du samedi 6 juin, il propose une exposition intitulée Hortus conclusus au centre d'art contemporain d'intérêt national. "Yvetot j'en avais entendu parler pour deux choses : Annie Ernaux, et la programmation de la Galerie Duchamp!" Dans le cadre d eNormandie Impressionniste, il expose une quarantaine de tableaux "où les jardins cotoient les enclos, ouvrant ainsi à d'autres perspectives - où comment le mur s'envisage comme un jardin et où l'enclos ceint le monde". L'artiste quadragénaire a sélectionné des oeuvres d'autres artistes, anciennes, récentes, qui font partie intégrante de son exposition et qui font "ricochet". "Quand j'ai été invité par Alexandre Mare (directeur de la Galerie Duchamp, commissaire d'expositions (NDLR), j'ai voulu articuler l'exposition autour de deux notions : le motif du mur dans mon travail et le thème de Normandie Impressionniste qui ets le jardin". C'est de cette réflexion qu'est né le nom de l'exposition Hortus conlusus : "l'espace clos". 
"Dans cette exposition, nous allons dérouler, mettre en lien, faire des ricochets, proposer une cartographie du jardin". Si l'artiste est peintre, il est aussi scénographe. "Nous avons imaginé ce grand mur qui traverse la galerie du rez-de-chaussée à l'étage."
Tout y est travaillé, les faces, les tranches. "C'est comme une carte postale avec d'un côté l'image, de l'autre le texte." Le visiteur y trouvera une sélection de tabvleaux qui mettent en scène l ajardin et le mur. Un mur à la couleu brique, sur lequel tout va s'accrocher. erbier, tapis persan, manotypes, tableau de Fernand Léger, corte postale, gravures anciennes botaniques, photographies sur verre... la découverte va de surprise en surprises. Une visite incontournable cet été, à découvrir jusqu'au 30 août.
Normandie Impressionniste : 14 expositions incontournables pour célébrer le centenaire de Monet
À Yvetot, Jérémy Liron enferme la nature dans ses jardins de lumière, par Eric Tariant, Guillaume Morel, Connaissance des arts
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Normandie Impressionniste : 14 expositions incontournables pour célébrer le centenaire de Monet
À Yvetot, Jérémy Liron enferme la nature dans ses jardins de lumière, par Eric Tariant, Guillaume Morel, Connaissance des arts

Ses paysages épurés aux couleurs franches séduisent d’emblée. Jérémy Liron (né en 1980) est sans doute l’un des meilleurs peintres figuratifs de sa génération. Les jardins et les enclos – qui ouvrent ou ferment l’espace – sont le fil rouge de cet accrochage d’une quarantaine d’œuvres.

« Jérémy Liron. Hortus Conclusus », galerie Duchamp du 6 juin au 31 août 2026.

Lumière Noir
par Justine Dorier, TV Sud Magazine.
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Lumière Noir
par Justine Dorier, TV Sud Magazine.

Jean-Lucien Guillaume, artiste lyonnais, installé à Bruxelles depuis plus de 30 ans, est de retour en France, à Pont Saint-Esprit précisément, dans un nouvel espace niché dans un ancien couvent situé au centre historique et à quelques pas du Musée d’Art Sacré. Avec sa sœur Agnès Guillaume, ex-journaliste lyonnaise spécialisé dans la danse contemporaine, ils ont fondé l’Association CAPSE (Contemporary Art Pont-Saint-Esprit). Au cœur de 4 départements, en Occitanie Provençale, CAPSE rejoint un réseau dédié à l’Art Contemporain au Sud de France. Du 13 juin au 1er août prochain, CAPSE présente LUMIÈRE NOIR. Une exposition collective qui réunit, autour du NOIR, quinze artistes de différentes générations (français, belge, allemand et néerlandais) avec des œuvres inédites ou historiques. Partant du constat que de nombreux artistes ont exploré le noir pour sa puissance graphique, sa capacité d’absorption, son aspect radical. Certains d’entre eux ont pu lui consacrer des séries entières, d’autres seulement quelques œuvres d’exception. Avec parfois un soupçon de couleur voire une image quasi fantomatique. Ces artistes Blaise Adilon, Tom Andries, Marie-Agnès Charpin, Noël Dolla, Frédérique Fleury, Jean- Lucien Guillaume, Axel Lieber, Jérémy Liron, Laurent Masoero, Patricia Meffre, Floor Merjenburgh, Michel Mouffe, Paul Raguenes, Bart Vermeulen et Georges Adilon. 

Vous pourrez découvrir, d’une part, dans la petite maison et le showroom : « Beyrouth, 8 avril 2026 », un nouveau sniper de Noël Dolla; « Cross the Border » de Blaise Adilon; « Toutes les nuits du Monde » de Michel Mouffe; « Images inquiètes » (Figuier, 2012 et Palmier, 2013) de Jérémy Liron; « Nero 1 et Nero 2 », 2026,  de Tom Andries; « POOKIE » de Bart Vermeulen / inside-insigt, 2026, ‘’Toutes les nuits du monde ‘’ de Michel Mouffe (…) d’autre part, dans le parc une nouvelle pièce en céramique de Frédérique Fleury; une installation de Paul Raguenes et, çà et là d’autres petits trésors.

L'eau qui dort nous réveille
par Francesca Caruana, Arts Hebdo Medias, juin 2026
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L'eau qui dort nous réveille
par Francesca Caruana, Arts Hebdo Medias, juin 2026
Avec L’eau qui dort, présentée au centre d’art contemporain perpignanais ACMCM, Juliette Belleret propose moins une exposition sur la nature qu’une exploration de nos façons de la percevoir. Réunissant les œuvres d’Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Safia Hijos et Jérémy Liron, le parcours privilégie les circulations sensibles, les échos visuels et les états d’attention. Francesca Caruana revient sur cette proposition curatoriale où les œuvres ne se contentent pas d’être montrées mais participent à la construction d’un regard.

Le centre d’art contemporain de Perpignan ACMCM nous a habitués à des modes d’exposition aux changements d’échelle divers, qu’il s’agisse de la relation à ses espaces, aux contenus, ou encore aux engagements artistiques. Installée dans cette ancienne structure maraîchère, l’exposition actuelle privilégie le thème de la nature, en occupant le vaste rez-de-chaussée et une mezzanine latérale. Il s’agit de L’eau qui dort, conçue par une jeune commissaire d’exposition indépendante, Juliette Belleret, qui réunit cinq artistes dont les pratiques dessinent une géographie sensible du vivant : Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Safia Hijos et Jérémy Liron. À travers le dessin, la peinture, la céramique, l’installation, l’exposition compose moins un paysage qu’un état d’attention. Les œuvres dialoguent avec les volumes tout en construisant un parcours où alternent immersion et découverte.
Comme l’indique la commissaire dans sa présentation : « Il faut l’imaginer, l’eau qui dort ». Le titre agit comme une métaphore inaugurale. L’eau qui dort évoque une surface calme sous laquelle se cachent des mouvements invisibles. « Il suffit de dire son nom : L’eau qui dort, pour que ce silence devienne une ombre. On se tient autrement tranquille face à l’eau qui dort. On se tient sur ses gardes. On s’attend à ce que quelque chose arrive. ». Ce n’est pas l’eau spectaculaire des tempêtes ou des cataractes, mais celle qui oblige à ralentir le regard, à accepter l’incertitude et la profondeur du temps. L’exposition se construit précisément dans cet espace intermédiaire où la nécessité impose de troquer la contemplation pour la vigilance, lorsque le paysage cesse d’être décor pour devenir expérience.
L’ensemble de l’exposition construit par Juliette Belleret est étonnant en ce sens que sa scénographie suit les sensations qui lui sont propres, visuelles, sonores… Au centre, où sont installées les pièces conséquentes en céramique de Safia Hijos, elle y voit une « ligne de fuite obligée », en périphérie, quelques remous et clapotis. « On parle du murmure de l’eau. C’est comme un petit bruit là où la vision s’assourdit. » et le parcours va se poursuivre ainsi selon les mouvements sonores, visuels ressentis par la commissaire qui va faire de cette disposition sa propre exposition. Ainsi textes et sensations vont s’entrecroiser en trois chapitres : Cependant le jour se lève, Sur le bord de la route, Réminiscences. Les cinq artistes présentés chacun à leur tour partagent une de ces lignes où le dessin et la peinture sont prépondérants.
Nous retiendrons deux d’entre eux pour leur parfaite résonance avec le thème, particulièrement les œuvres de Marie Havel. Elle montre un travail original à double entrée. Deux séries se superposent dans l’espace (sur et sous la mezzanine) En attendant la mer et Jumanji. L’une est composée de petits formats réalisés à partir de matériaux (bois, pierres ?) par transfert d’encre d’une grande délicatesse mais pas que. Décrites comme des empreintes, la légèreté du résultat contraste avec la dureté de la pierre ou du bois et fait apparaître les traces d’une matière équivoque, voire inconnue, restituant à petite échelle une sorte de cartographie d’un paysage gigantesque qui aurait été saisi de haut. L’œil se promène de précision en gros plans, avec l’impossibilité de se situer à notre échelle corporelle. Est-ce alors l’écho d’une vague ou ce que la mer laisse traîner au reflux ? Ce n’est pas la question car la réponse nous est donnée dans l’errance poétique que veut nous faire partager Juliette Belleret, en nous conduisant d’ailleurs avec autant de bruissement sensible, à la série Jumanji, à l’opposé graphique de la première.
En effet, cette série de dessins au graphite ne souffre aucun aléatoire comme le transfert ; elle est appuyée, précise, « imitant » une technique classique plus que le sujet. Mais cette opposition n’est peut-être aussi qu’une illusion pour le spectateur. Car la précision des dessins est impressionnante sans pour autant imiter quelque paysage que ce soit, les motifs rappellent plutôt des pièces d’un univers de contes qui aurait été commenté par un illustrateur du XVIIIe siècle. Quels que soient les éléments qui nous ramènent à l’idée de paysage, une matière délicate ou précise vient nous faire perdre l’équilibre de la rationalité et l’impossibilité d’une reconstitution quelconque des attendus visuels ordinaires. Il semble qu’une forme de transversalité s’installe entre les intentions poétiques de la commissaire et les états plastiques de l’artiste. Même les constructions représentées et tracées à l’encre végétale semblent contribuer à la fragilité de scènes présentes, en suspens dans nos imaginaires, mais aussi vulnérables que peuvent l’être les évocations.
La disparité de traitement de ces images a interrogé le public, qui s’est demandé s’il n’y avait pas deux artistes différents, et la surprise vient de cette approche diffractée pour invoquer finalement une même chose : la forme comme possible, comme éphémère, celle que l’esprit formule et que fixe la main. Tout se passe dans ces réalisations comme si quelque chose de l’évanescence prenait l’aspect d’un argument. D’une part, la matière quelle qu’elle soit plus dure ou consistante d’En attendant la mer s’évapore dans un transfert d’encre qui les dépouille de leur matérialité originelle, de même, les constructions végétales ou représentées sous forme de cartes à jouer ou de pièces de jeu en suspension dans l’air prennent une assise, un poids visuel qui échappe à leur spatialisation. Cette brillante contradiction finit d’achever nos préjugés sur la question d’un style unique, et sur celle de toute orthodoxie de restitution d’un modèle.
Dans les chapitres imaginés par la commissaire, se côtoient avec plus ou moins de fluidité les prélèvements de bois (Relèvements, Eau sombre, ou les installations Château Borély et Conseil de discipline, assortis de tirages numériques sur bois) de Philippe Domergue, les tapis de céramique de Safia Hijos, dont les brins d’herbe s’hérissent dans une abstraction aquatique inspirée des marais, ou encore les pièces d’Anna Coulet qui a recouvert en deux endroits des portions de murs d’impressions numériques, sorte de grands « dos bleu » intitulés A corps jauni la terre attend la pluie. Ces tirages représentent des frondaisons vertes, vues du ciel, qui vont se confronter entre le plus grand et le plus petit, soit un ensemble végétal et son unité, la plus petite, la feuille, réalisée par gaufrage, et accrochée isolément en exergue.
La deuxième artiste dont il est question est Jérémy Liron dont les séries de peintures cadrées comme des plans filmographiques en plan américain, se succèdent sur deux longs murs dont celui de l’allée centrale. Le regard passe d’un fragment de paysage à un autre, ce qui fait dire à la commissaire : « C’est un peu comme regarder par la fenêtre d’une voiture en mouvement : un paysage en séquences – des arbres, des paysages de bord de mer, des plantes, des bâtiments. ». En effet, les toiles sont de format quasi identique, posées à hauteur des yeux, qui cherchent une complémentarité de la précédente dans la suivante. On peut imaginer que c’est ce processus de répétition des séquences qui a peut-être incité la galerie Eric Linard à présenter récemment une exposition de Liron dans le même espace que celui où étaient accrochées des toiles de Claude Viallat. Ses portions de paysages sont traitées avec une pâte épaisse, et des contrastes de couleurs qui évoquent la densité lumineuse d’un David Hockney ; les bleus, les roses, les verts intenses découpent l’air et les surfaces faisant des trouées géométriques dans lesquelles l’œil s’engouffre. Plus classique certes est cette manière de peindre, plus rassurante sans aucun doute dans le monde actuel, mais l’effet est un réflexe optique où le spectateur est contraint de reconstituer un paysage, pour lui-même, telle une narration anonyme à déchiffrer. De tous ces fragments, l’œil humain en fait une réserve de données, là aussi à la manière des joiners d’Hockney, sans privilégier le tout. En ce sens un certain continuum filmique est à l’œuvre.
Au terme de la visite, le titre apparaît comme une clé de lecture rétrospective. Sans cartel, sans auteur, avec pour seul renvoi de localisation et d’authentification, le catalogue. L’eau qui dort est une approche contemporaine pour comprendre le vivant, l’accumulation des savoirs ne suffisant pas, il faut aussi transformer nos modes de perception. En ce sens, même les reproductions ne sont pas légendées, il faut aller en toute fin du catalogue pour les trouver. L’option est originale, inconfortable, et contraint le visiteur à sortir de la relation duelle œuvre/regardeur. Comme l’affirmait Yves Michaud*, il y a fort longtemps déjà, l’actualité de l’art serait le fait de ceux qui le montrent plutôt que de ceux qui le font. L’exposition L’eau qui dort en fait la preuve en contrevenant aux habitudes antérieures qui consacraient ou confirmaient des artistes, qu’un thème ou une originalité personnelle singularisait. Plus concrètement, les principes de monstration habituels (formés par un tableau + son cartel, ou bien par l’œuvre, son cartel + un sujet de série, ou bien encore par des tableaux – y compris sans titre – pris dans une thématique globale) sont eux-mêmes pris ici dans un mode plus couvrant. Les œuvres attestent de l’imaginaire du commissaire, de son récit, et de leur propension à concorder avec une sensation, un propos politique, ou encore avec l’élaboration d’un écosystème artistique (l’exposition La vie climatique, actuellement proposée par le MAC Marseille est de cet ordre). Il ne s’agit pas pour autant d’une simple substitution de ce dispositif classique à un autre mais d’une globalité plus enveloppante au sein de laquelle, les œuvres entrent dans le processus créatif des commissaires, le spectateur doit rebrousser le chemin de sa nonchalance pour comprendre que ce qui est donné à voir appartient à un signe plus large relatif à l’objectif curatorial. Dans les chemins que trace la modernité, Juliette Belleret fait en sorte que les œuvres intègrent un parcours poïétique, où le temps et la lenteur sont requis pour évoquer une nature singulière, co-construite par son langage. Son paysage est celui d’une nature fictive et d’un acte critique dans un contexte saturé d’images rapides et de sollicitations permanentes.

Des têtes qu'on tombe
par Michel Ménaché, Revue Europe 1165, mai 2026
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Des têtes qu'on tombe
par Michel Ménaché, Revue Europe 1165, mai 2026
La céphalophorie n’est pas mon fort et pourtant le livre-poème de Jérémy Liron, Les têtes qu’on tombe, discrètement dédié -avec délicatesse, en fin d’ouvrage-, à la mémoire de Samuel Paty, suscite autant d’effroi, quant à la pratique barbare des coupeurs de têtes, ancrée dans l’Art, dans l’Histoire des religions, -sous la hache des tyrans et des bourreaux-, qu’il procure de jubilation, grâce à son art de poète conteur, à la distanciation subtile des mythes entretenus par l’Eglise, variables selon les époques et l’approximation fantaisiste des collecteurs de récits et légendes. Cet art éprouvé, l’auteur le doit à sa double formation à l’École des Beaux-Arts de Toulon, à sa pratique d’agrégé enseignant en Arts plastiques et d’abord à sa qualité d’écrivain prolifique. Les premiers vers définissent clairement le thème retenu, par souci de n’exclure aucun lecteur : « Les Saints céphalophores, / après avoir eu la tête / tranchée, se relèvent, / se la glissent sous le bras / ou la tendent à un proche, / continuent de parler, se mettent en marche. » Place aux miracles avérés sans preuve (!) de ces « ni vivants, ni morts » et à leur représentation, place aux statues des églises, aux peintures des musées et lieux de culte, mais aussi place aux fantasmes qu’elles induisent, chez les artistes, écrivains, prédicateurs et conteurs populaires. Mais d’abord, place au poème !

Dans Les rois thaumaturges, l’historien Marc Bloch cible « la faculté d’imposture des pouvoirs temporels », à propos de tout ce qui se met en branle à partir d’un mythe « volatile » et d’un lieu plus ou moins originel : village, bourg, calvaire, chapelle, où « aller se recueillir, / demander des miracles, / imaginer des processions… », depuis la nuit des temps, la nuit des sorciers et sorcières, des héros épiques, de l’immortel Gilgamesh à Ste Barbe, décapitée sur ordre de son père ! Certains trouvent place dans L’enfer de Dante, Saint Jean-Baptiste dans Hérodiade de Stéphane Mallarmé, etc. Jérémy Liron se penche évidemment sur les martyrs et céphalophores de L’Histoire sainte, laquelle « recense plus d’une centaine [de décapité(e)s] qui portent ainsi leur chef au côté, / comme Sainte Lucie tient dans la main, / ou dans une boîte, sur un plat, / les yeux qui lui ont été arrachés… » Le poète les rassemble, avec un brin d’ironie, telle une « petite armée calme de corps / rectifiés par la lame / portant tout le poids de leur tête / comme font les mélancoliques, / le poing contre la tempe, accablés / par leur empêchement. »

Jérémy Liron ne travaille pas seulement sur documentation livresque : La Légende dorée de Jacques de Voragine, La Divine Comédie, Montaigne, les études de Pierre Saint-Yves, Claire Boisseau, Maurice Coens, Michel Leiris, Béatrix Beck (« Cou coupé court toujours »), etc. ; il se rend sur les sites, hante les cryptes, les chapelles, photographie les têtes des statues du musée de Cluny, les tableaux représentant les saints céphalophores qui, tel « Saint-Denis, évêque de Paris, / au IIIème siècle, martyrisé à Montmartre, / qu’on disait alors encore / Mont de Mars, / et bientôt Mont des martyrs, / aura marché, son chef / entre les mains, / comme on tient / contre son ventre une cruche […] pour s’affaisser / là même / où on a bâti ensuite la basilique qui porte son nom… »  etc. ; il ne se limite pas à l’ère chrétienne, remontant à la Gorgone, et jusqu’aux peintures et sculptures rupestres, représentant parfois les corps de femmes à la découpe… Il jette des ponts entre jeux et supplices qui les ont inspirés. Ainsi, renvoie-t-il à l’origine du jeu de la soule, « ancêtre présumé du rugby », dans lequel se distinguait « Saint Trémeur », la balle bloquée sous le bras, appelé communément : « l’homme sans tête » !

Jérémy Liron qui ne lasse jamais son lecteur tant les sources sont diverses, les anecdotes piquantes, narrées avec concision, achève ce poème fresque sur une citation de Julia Kristeva, transcrite en vers : « L’image est peut-être le seul lien / qui nous reste / avec le sacré, / avec l’épouvante / que provoquent la mort / et le sacrifice, avec la sérénité / qui découle du pacte d’identification / entre sacrifices et sacrifiants. » (Visions capitales) Et de conclure lui-même : « L’image, ce bouclier poli / par lequel on regarde / le trou béant de l’invisible. / Ces têtes qui tombées / vous regardent encore. // Continuent de vous regarder. »

Chapeau l’artiste ! – Des Lumières à la Laïcité, du chevalier de la Barre à Samuel Paty, il y a toujours des têtes à préserver des mauvais vents de l’obscurantisme sectaire et de tous les fanatismes. Jérémy Liron, en historien des Arts et en anthropologue des mythes ancestraux, cultive en poète, avec humour et empathie, la mémoire des têtes qu’on tombe...   
 
Suite Panéry
Le Républicain
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Suite Panéry
Le Républicain
Jusqu'au 30 mai, le domaine de Panery à Pouzilhac accueille les oeuvres de Jérémy Liron. Une exposition presque introspective pour la galerie Ceysson&B&én&tière, puisque, après une visite et plusieurs croquis, l'artiste passé aux Beaux-Arts de Toulon et de Paris, spécialisé dans la peinture à l'huile, s'est inspiré des lieux pour composer une première salle dédiée aux paysages et points de vue du domaine. 
"Je travaille à cet ensemble depuis aout-septembre dernier, en l'envisageant comme une Suite Panéry. C'est le titre générique que je donne à ce sous-ensemble d'une série que je poursuis depuis vingt ans, intitulée "Paysage(s)", explique le créateur.
Le moulin, les vignes et les pierres de Panery s'y racontent à travers treize tableaux, toujours avec cette aura sincère du sud, indissiciable de l'artiste. 
Une seconde salle, comme une expansion naturelle, est quant à elle consacrée à une série fournmillante de petits formats. On y arpente plus largement la Mediterrannée, ses pins, ses eaux, son architecture, entre deux souvenirs d'enfance du peintre.
"Son travail sur la lumière est assez fou. Jérémy Liron excelle dans son approche de la nature et des détails. Il y a quelque chose d'apaisant et de direct dans ses tableaux. On observe un retour en force du figuratif. De plus en plus d emonde apprécie cette approche directe. Le vernissage l'a prouvé, les retours étaient unanimes", confie avec le sourire la galerie. Celle-ci évoque une collaboration aussi naturelle qu'intruitive avec l'artiste.
Un rendu récolument printanier, à découvrir sans plus tarder.
Jérémy Liron, Retourner le regard
par André Hirt, Opus 132, mai 2026.
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Jérémy Liron, Retourner le regard
par André Hirt, Opus 132, mai 2026.

I

Quelles œuvres d’artistes contemporains, connus de lui ou non, reconnus tout court, inconnus ou plus anciens (Cézanne, Delacroix…), Jérémy Liron n’a-t-il pas visitées, fréquentées, longuement et avec insistance, celle du regard et de la pensée ? Au point de déclencher l’écriture, de se retourner sur ses propres créations, avec pudeur, sans le dire jamais vraiment, de se retourner en lui-même, au point de s’éblouir ou, précisément, de ne pas l’être avec le soulagement de s’inscrire dans la lignée ou les stations d’une existence marquée par autant de couleurs, de formes et d’horizons.

 

Et la qualité d’écriture de Jérémy Liron n’est de loin pas la moindre des choses. L’écriture ne se fait pas sur les œuvres, mais d’emblée en elles et avec elles. Son regard les refait. Écrire, c’est pour Jérémy Liron regarder, mais autrement. Non pas se détourner et vaquer à ses affaires, mais se laisser interpeller. Pas exclusivement afin de voir mieux, comme on pourrait le croire d’emblée en lisant le titre donné à l’ouvrage, mais pour quelques raisons dont on aimerait faire l’hypothèse.

 

Et tout d’abord, le regard possède non seulement une histoire, il a découvert les œuvres de Simon Martin ou de Franscesca Woodman, et de tant d’autres, dans une période, la nôtre, dont on ne veut décidément pas voir la puissance créatrice, puis il s’agit pour lui, après ces promenades le long des murs et des cimaises, comme au long de la rivière de l’existence avec ses poteaux de halages, d’en épeler le parcours, d’en écrire le journal, en effet. Il y a déjà cela, qui n’est pas un mince travail, redoublant celui du premier regard. Et ce dernier exige, c’est au demeurant cela un regard, ce qui demande qu’on s’attarde sur lui, qu’on y revienne, qu’on s’en souvienne. Un regard est une mémoire à portée d’yeux. Et bien sûr, il suffit dans ce contexte-ci de remplacer (mais il n’y a même rien de semblable) le regard par les toiles ou les œuvres, puisqu’elles regardent et nous interpellent (elles possèdent le langage secret de leur réalité, celle de leur essence spirituelle qu’on va s’efforcer non pas de mettre en phrase, mais de débusquer là et de comprendre comment elles se forment en une phrase. Autrement dit, une manière de s’articuler.

 

D’autres phrases, celles que lit Jérémy Liron, aident à accéder aux phrases dont les œuvres sont les extensions autant que l’expression. On est impressionné par les lectures de l’auteur et de l’artiste, par leur qualité surtout, et enfin par leur pertinence qui n’est jamais d’illustration, de décors, mais en raison de leur capacité à forer dans le « propos » afin d’extraire son objet qu’est toujours une œuvre. Pour autant, cela va de soi, ici, à la lecture, les œuvres peintes en particulier ne se ramènent pas (ne se réduisent pas, pour finir, comme pour dire ce qu’elles sont, ce que par nature elles ne peuvent non par impuissance mais par excès de sens formuler) à des mots ou des phrases. Celles-ci les font juste parler, leurs paroles les ramènent à elle. Chercher la phrase est une méthode.

 

II

On ne salue pas suffisamment les artistes pour leur capacité à parler de leur art. D’habitude, en vertu d’on ne sait trop quel mérite que l’on tire d’une incapacité, on célèbre le contraire (moins l’artiste sait en parler, plus son œuvre doit être puissante…). Certes, on comprend que certains artistes se déclarent incapables de parler de leur travail. Il n’y a là rien à critiquer. Mais ceux qui parviennent à en parler, et mine de rien, ils sont nombreux, pensons seulement à Bacon, Bram van Velde, Giacometti, le font souvent de manière remarquable. Le mieux, il est vrai, est pour un artiste de s’instruire auprès de la parole des autres. Comme Baudelaire avec Delacroix et Wagner. Les taiseux ont leurs raisons. Mais un artiste ne doit-il pas dire un peu, afin qu’on puisse s’intéresser à ce que justement il ne dit pas ! Ou qu’il lui est impossible de dire. Pas nécessairement par interdit, mais justement parce que l’art en son ressort se tient dans (et comme) cette impossibilité même. Et, parfois, cet impossible se fait si dense et abondant, on le devine à l’enflure emphatique de la rétention, que la tentative de la moindre esquisse de phrase aboutit à un bégaiement. Et l’histoire de l’art, de la littérature en particulier, a connu bon nombre de bègues. Néanmoins, dans l’absolu, l’artiste crée l’image et il se met éventuellement à parler ensuite et à sa suite, là où elle se défile. De sorte que, par quelque bout qu’on prenne les choses, parler, ou ne pas pouvoir le faire, peu importe donc, de ses œuvres, c’est faire se rejoindre en soi le silence de l’œuvre. En elle, un type de silence, dense avons-nous suggéré, une essence spirituelle, un dire retenu, retourné, fait un avec le bout de phrase qui parvient à s’échapper de l’œuvre.

 

Et pour à la fois participer au déploiement et à l’exposition des œuvres, il est requis d’en passer par celles des autres, dont il est sans le moindre doute plus facile de parler.

 

Jérémy Liron est un artiste, pleinement, qui regarde les œuvres des autres, assidûment, et surtout un artiste qui lit (combien d’artistes lisent, combien de musiciens, puissants techniquement, n’avons-nous pas rencontrés et avec lesquels on a conversé en constatant que très souvent ils ne savaient pas ce qu’ils jouaient, ainsi, par exemple, interpréter les Kreisleriana de Schumann en ignorant le nom de Hoffmann et plus largement des problématiques romantiques ? – de quoi alors la musique « parle-t-elle » ou pourrait-elle parler, et n’en est-il pas de même des autres arts ?). Jérémy Liron n’est heureusement guère dans ce cas, hélas très général.

 

Pourquoi ? Parce que la pratique de l’art ne fait qu’un avec celle de l’existence, sans cesse fouillée, interrogée, alors même que ses visages et ses figures se dérobent. La multiplicité des visites, qui sont de visitations, qu’effectue Jérémy Liron auprès des œuvres des artistes actuels comme ceux du passé donnent un effet de points de vue multiples, de travelling le long de moments d’existence, ces images dérobées, mises en boîte, se dit-on, afin qu’il soit possible de les étudier. Une œuvre, les musées ne le permettent plus actuellement en raison de leur fréquentation, doit être regardée longtemps, et elle seule. Pour une autre, on reviendra le lendemain. Tout va trop vite au musée, comme d’ailleurs au concert En revanche, la magie, pour une fois le mot n’est pas trop fort, du livre, du disque, permet de s’attarder, de se coucher devant une comme après un réveil confus en en rejoutant sur l’impossibilité de se lever. À cet égard, il faut renverser (retourner !) la thèse de Walter Benjamin concernant la reproductibilité des œuvres d’art. Car l’unicité de l’œuvre au musée est contrariée par la vitesse qu’elle exige actuellement du regard que l’on peut porter sur elle.

 

Certes, tout dans la création artistique est fragmenté, et au fond, c’est une impression, les liens sont faits. Le livre de Jérémy Liron est un livre de liens, avec les autres artistes comme en lui-même, cette façon de s’articuler ou de s’assurer de la justesse d’une articulation, celle d’un geste, d’un mouvement, d’un regard sous le bon angle, etc. Certes, il n’y a jamais que des traces (Le Goût des traces, après une exposition de Kattinka Boch), mais elles sont la preuve du réel. La réalité ne les voit plus, elle passe. Le réel supporte en revanche leur inscription (le souvenir des Femmes d’Alger de Delacroix, par exemple). Voir est temporel, c’est certain, mais aussi réflexif (la dimension du retour dans la pensée, grâce à elle).  Néanmoins, tout se joue dans une image, à l’instant, im Augenblick, comme dans À une Passante. Il faut guetter, que le regard soit disponible dans sa passivité active. De même, tout se joue non pas sur mais dans une note en musique (il faut la soulever, la retourner).  L’expérience négative est celle de croiser un regard sans y rien comprendre, de ne pas voir le paysage, de ne pas assister (être présent à…), en vérité de ne pas entrer dans ce qu’on voit afin de le considérer de l’intérieur.

Si le regard, quel qu’il soit, n’effectue pas ce tour sur lui-même, alors il portera toujours sur ce qu’il voit ou croit seulement voir, il n’entrera donc pas dans l’image, ne pourra rien y voir et ne saura pas en tirer les phrases, pas davantage en faire le récit comme Ulysse revenant des Enfers, cette source réelle de l’art (les figures) et de la littérature (le fictionnement qu’est la pensée).

Perpignan : l’eau qui dort trouble le regard
par Sébastien Vilanou, La Semaine du Roussillon
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Perpignan : l’eau qui dort trouble le regard
par Sébastien Vilanou, La Semaine du Roussillon
Perpignan : l’eau qui dort trouble le regard
Au centre d’art Acentmètresducentredumonde, une exposition collective explore la part invisible du paysage. Entre poésie et inquiétude, “L’eau qui dort” invite à une expérience sensible où l’art devient un terrain d’écoute du vivant et de ses fragilités.
Les toiles de Jérémy Liron captent l’entre-deux des lieux.

À Perpignan, certaines expositions ne se regardent pas seulement : elles se ressentent. Avec “L’eau qui dort”, présentée du 14 mai au 31 juillet 2026, le centre d’art Acentmètresducentredumonde propose une traversée immersive dans des paysages qui murmurent autant qu’ils alertent. Le titre intrigue, presque menace. Il évoque un calme trompeur, un silence chargé de tension. Et c’est précisément dans cet entre-deux que se déploie le parcours imaginé par la commissaire Juliette Belleret.

« Il faut l’imaginer, l’eau qui dort. Il faut la regarder », confie-t-elle. « Ce silence n’est jamais vide, il contient déjà une transformation, peut-être une rupture. » L’exposition s’inscrit dans cette idée : derrière l’apparente immobilité du paysage, quelque chose travaille, évolue, parfois se fissure.
Une immersion entre rêve et alerte

Dessins, peintures et installations composent une scénographie qui engage le corps autant que le regard. Le visiteur avance avec précaution, comme sur un fil fragile. Juliette Belleret parle d’« une mise en présence corporelle et sensible du paysage ». Chaque œuvre devient un seuil, une invitation à ralentir et à observer autrement.

Les artistes réunis partagent un lien fort avec la nature, souvent nourri d’histoires personnelles. Anna Coulet, issue du monde agricole, explore les relations invisibles entre humains et plantes. Philippe Domergue, qu’il qualifie lui-même de « paysan de l’image », travaille la matière comme on cultive une terre. Leurs œuvres interrogent une cohabitation fragile, parfois mise à mal.

D’autres propositions ouvrent des refuges inattendus. Les micro-paysages de Marie Havel, nichés dans des boîtes, offrent des respirations poétiques. À l’inverse, l’installation de Safia Hijos convoque une nature plus brute, presque sacrée, où la matière évoque les cycles d’effondrement et de renaissance. Quant aux toiles de Jérémy Liron, elles suspendent le temps, entre mémoire et perception.

Pour Juliette Belleret, l’enjeu dépasse la simple contemplation : « Je pense chaque exposition comme un récit sensible. Ici, l’espace devient une page où se croisent émotions, inquiétudes et formes de réparation. » Une écriture vivante, qui fait dialoguer les œuvres entre elles, mais aussi avec le visiteur.

Malgré un thème exigeant, l’exposition ne sombre jamais dans le pessimisme. Elle propose au contraire une attention renouvelée au monde. Elle rappelle que regarder un paysage, c’est déjà prendre position. Et peut-être, commencer à agir.

Le vernissage a eu lieu le mercredi 13 mai à 18h30. Une occasion idéale pour plonger dans cette expérience singulière, où l’art révèle ce que l’on ne voit plus.

"L’eau qui dort" et le paysage dans toutes ses dimensions : une exposition à cinq mains à Perpignan
par Laure Morales, L'indépendant
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"L’eau qui dort" et le paysage dans toutes ses dimensions : une exposition à cinq mains à Perpignan
par Laure Morales, L'indépendant
Le centre d’art contemporain àcentmètresducentredumonde (ACMCM) à Perpignan présente une exposition collective jusqu’au 31 juillet 2026 intitulée "L’eau qui dort". Cinq artistes exposent leur travail autour de la nature dispersé dans trois espaces du lieu.
Il faut se méfier de l’eau qui dort. Mais pas de celle qui prend place au cœur du centre d’art contemporain àcentmètresducentredumonde de Perpignan jusqu’au 31 juillet. L’exposition, réunissant cinq artistes, Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Safia Hijos, Jérémy Liron, dévoile une mise en présence corporelle et sensible du paysage dans toutes ses dimensions.
Imaginée par la commissaire Juliette Belleret et l’association ACMCM, l’exposition montre, à travers le dessin, la peinture, la photographie, la céramique ou encore l’installation, que chacun explore à sa manière les vibrations discrètes du vivant et les tensions silencieuses qui traversent les paysages contemporains. Elle invite ainsi le visiteur à observer autrement : prendre le temps, ralentir le regard, ressentir les équilibres fragiles entre nature, mémoire et présence humaine.
Parmi les artistes invités, Anna Coulet, plasticienne, a développé une œuvre, une pièce en céramique. Une installation qui dévoile un travail profondément ancré dans le lien entre humain et environnement. Philippe Domergue, se décrit comme un "paysan de l’image", poursuit quant à lui une recherche ancrée dans la terre, le végétal et les matériaux. Avec ces planches en bois issues du Mémorial du camp de Rivesaltes et ses images directement collées dessus. En signe de mémoire.
Le centre accueille également Marie Havel et son univers plastique, traversé par les notions de ruine et de reconstruction, avec des changements d’échelle et des équilibres fragiles entre enfance, architecture et nature. L’artiste Safia Hijos, céramiste, compose des paysages en mutation permanente. Comme cette pièce pour extérieur avec des surgissements tubulaires, l’herbe qui danse. Enfin, le peintre Jérémy Liron propose une réflexion picturale sur le paysage comme expérience mentale et émotionnelle. Une peinture contemplative qui décrit une sorte d’errance et une découpe à travers un film cinématographique.
Quand la beauté abonde, par Jérémy Liron, critique d’art
Par Fabien Ribery, L’intervalle, avril 2026
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Quand la beauté abonde, par Jérémy Liron, critique d’art
Par Fabien Ribery, L’intervalle, avril 2026
« Pourquoi es-tu séparé / Séparé des fleurs et du bleu / D’une mer pourquoi / Es-tu séparé de toi-même / Quand la beauté abonde » (Mathieu Bénézet)
J’ouvre au hasard le volumineux recueil d’articles du peintre, écrivain et critique d’art Jérémy Liron publié à L’Atelier contemporain, Retourner le regard, et tombe immédiatement sur la reproduction d’une peinture de Marion Bataillard, de la série Jeux impudiques.
C’est un autoportrait en pied, bas du corps nu exhibé, corps en légère torsion, joie des couleurs, plans superposés.
« Marion Bataillard, analyse son commentateur, ne peint pas sur, mais depuis. »
Depuis l’histoire de l’art, depuis le contemporain, depuis la multiplicité de ses désirs conduisant à des agencements et structures formelles souvent étonnantes.
« Dans une série de travaux au pastel gras, poursuit-il, réalisés pendant la période particulière du confinement, alors que la situation redoublait encore la dimension domestique de l’œuvre, Marion Bataillard peint ainsi alternativement des vulves et des autoportraits, comme une façon de sonder dans le visage du haut, public, comme dans celui du bas, privé, ce qu’il pouvait se laisser entrevoir et peut-être même saisir de ce que l’on vit, de ce qui se manifeste de la vie en cette mise en pied par laquelle toute présence se fait. »
Par la multiplicité de ses intérêts, le recueil de Jérémy Liron est précieux, qui mêle constamment la présentation d’œuvres se faisant pour la plupart aujourd’hui, parfois relativement confidentielles, et la culture picturale – il s’agit quelquefois de photographies – de laquelle elles participent.
On retourne le regard, comme lorsque l’on pratique l’aïkido, c’est-à-dire sans vraiment regarder mais en se laissant atteindre, en quittant la dualité pour l’unité retrouvée.
Il s’agit ainsi de se laisser contempler, plutôt que d’épuiser l’œil, se laisser bouger par l’objet qui nous a un instant un ému, et prolonger par le texte la sensation première.
Changer de paradigme (lire les derniers écrits de Jean-François Billeter chez Allia), pratiquer l’ascèse du regard, voir en fermant les yeux.
Être vu, et comprendre en écrivant ce qui nous vise.   
Dans sa belle préface, Léa Bismuth parle à son propos de somme d’intensité, de machine énonciative, journal du regard, obsession devenue texte.
Les noms d’artistes défilent (Simon Martin, Thomas Lévy-Lasne, Aurore Pallet, Shirley Jaffre, Laurence Gossart, Lee Bontecou, Amel Zmerlin Claire Georgina Daudin, Leonardo Cremonini, Francesca Woodman, Paul Rebeyrolle, Marie-Claire Mitout, Helen El-Kahl, Mireille Blanc, Marion Harduoin, Laure Tiberghien, Claire Chesnier, Saul Leiter, Marc Léonard, Frédéric Khodja, Mengzhi Zheng, Gilles Elie, Iris Gallarotti…), puis l’analyse de leur œuvre, presque toujours précédée de citations très bien choisies (Jean Giono, Agnes Martin, Vassily Kandinsky, Chris Marker, William Shakespeare, Gustave Flaubert, Henri Michauxn Charles Baudelaire, Francis Ponge…).
Rilke est souvent cité dans le corps des textes, parce que poésie est cœur de toute chose.   
L’impression est quelquefois d’une critique d’art en passant, légère, sans manquer pour autant de précision.    
Kiarostami est convoqué : « J’ai souvent remarqué que nous sommes incapables de regarder ce que nous avons devant nous, à moins que ce ne soit dans un cadre. »
Jérémy Liron écrit en automne 2022 : « Oui, au début il est une image qui manque. Et puis l’image de cette image manquante. Et à chaque chapitre de notre vie se font des albums, les officiels, ceux que l’on garde pour soi et ceux qui se font sans qu’on sache ni décide. »
Voilà, tout est dit, non ?
Partir à la recherche de l’image manquante, inlassablement, continuer à voir, écrire, peindre.
On ne fait jamais qu’entrapercevoir.
Cela s’appelle Retourner le regard.
Les distractions de Jérémy Liron
par Maxime Guillot, L'Oeil #794 avril 2026
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Les distractions de Jérémy Liron
par Maxime Guillot, L'Oeil #794 avril 2026
Si les oeuvres de Jérémy Liron (né en 1980) sont souvent imprégnées d'absences et de silences, l'artiste développe par ailleurs une intense et régulière activité d'écriture. Pour mieux voir, il écrit sur ses contemporains, comme les artistes Marc Desgrandchamps ou Gilles Elie, comme sur les soubresauts du monde ou les imrptessions fugaces laissées par une attente sur un quai de gare. Des notes volontairement éparses, qui traduisent l'urgence de saisir tout ce qui arrive et disparaît aussitôt. Autant de "gestes de reconnaissance" qui appellent des oeuvres à venir.
Jérémy Liron s’expose au domaine de Panéry
MidiLibre du 22.04.26
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Jérémy Liron s’expose au domaine de Panéry
MidiLibre du 22.04.26
Jusqu’au 30 mais, dans les espaces de Ceysson et Bénétière au domaine de Panéry, les visiteurs peuvent découvrir une exposition monographique de l’artiste Jérémy Liron. Intitulée « Suite Panéry », l’exposition est pensée comme une déambulation visuelle rassemblant des morceaux de peinture et des fragments de paysages qui, ensemble, forment un théâtre de gestes et de couleurs. « Dans le premier espace, que j’ai intitulé Suite Panéry, quatorze grands formats dessinent une phrase musicale. J’ai vraiment travaillé la lumière dans cette série », explique l’artiste.
Il présente, dans un second espace de la galerie, un ensemble de petits formats. Si l’on retrouve naturellement des petites vues méditatives et des…
Peinture et photographie, des liens indéfectibles
par Christine Coste, L'oeil février 2026.
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Peinture et photographie, des liens indéfectibles
par Christine Coste, L'oeil février 2026.
L’intérêt porté à la photographie par les peintres ne se tarit pas depuis l’invention du médium. Et inversement, la création photographique continue à faire régulièrement appel à des œuvres de peintres et/ou à des mouvements picturaux. Si l’exploration de leurs dialogues est un vaste sujet, elle est souvent circonscrite à une période précise et à quelques grands noms de l’histoire de l’art.
Au Musée municipal Paul-Dini, l’exploration de leurs relations sort des sentiers battus par le choix des artistes – tous en lien avec la région Auvergne-Rhône-Alpes et le territoire lyonnais -, et la belle part donnée à la création contemporaine. La présence régulière tout au long du parcours d’un certain nombre d’artistes comme Jean-Marc Cerino, Jérémy Liron et Patrice Mortier pour la peinture, et Delphine Balley, Yveline Loiseur, Véronique Ellena et Jacqueline Salmon pour la photographie, permet d’appréhender ce que cette interaction génère dans leurs œuvres respectives, que ce soit lié au cadrage, au mouvement ou à la représentation (portrait, paysage, ou en lien avec l’actualité).
La pratique de la photographie et de la peinture chez Gabriel Loppé, Jean Batail et Carole Benzaken, ou les références picturales de la dernière série « Contraposto » de Blandine Soulage (collecte de postures issues de la peinture classique et de la statuaire rejouées) rappellent la variété des approches.
 
Dialogues entre peinture et photographie
Connaissance des arts, janvier 2026
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Dialogues entre peinture et photographie
Connaissance des arts, janvier 2026
Plutôt rivales au XIXe siècle, la peinture et la photographie évoluent jusqu’à s’enrichir l’une l’autre tout au long du XXe, le cadrage, entre autres, leur permettant de dialoguer. La photographie pousse souvent les mouvements picturaux à se réinventer : impressionnisme, fauvisme, cubisme, etc. Jusqu’à l’avènement de l’IA, qui puise aujourd’hui aux sources picturales et photographiques pour créer de nouvelles images. Parmi les artistes de la région Auvergne-Rhône-Alpes exposés, citions Jérémy Liron, Jacqueline Salmon, Carole Benzaken, Blandine Soulage…
2025
Trois questions à Jérémy Liron
par Adrien Raymond, La Tribune de Lyon
"L’artiste Jérémy Liron nous présente sa résidence Vue(s), Vigie, Voisinages, conçue comme un dialogue entre architecture, regard et mémoire."
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Trois questions à Jérémy Liron
par Adrien Raymond, La Tribune de Lyon
"L’artiste Jérémy Liron nous présente sa résidence Vue(s), Vigie, Voisinages, conçue comme un dialogue entre architecture, regard et mémoire."
L’artiste Jérémy Liron nous présente sa résidence Vue(s), Vigie, Voisinages, conçue comme un dialogue entre architecture, regard et mémoire. A retrouver à la Fondation Renaud – Fort de Vaise.
Que vous évoque le fort de Vaise en tant qu’artiste ?
-Le mot « fort » a d’abord été une clé pour moi, puisque je me suis immédiatement rappelé les balades que je faisais enfant sur les rivages méditerranéens du sud de la France. J’allais explorer les forts abandonnés et j’imaginais tout un tas d’histoires. Ces forts, je les voyais de loin – comme des maisons abandonnées qui me regardaient - , mais je n’avais jamais pu travailler à l’intérieur de l’un d’entre eux. J’ai donc saisi cette opportunité qui m’offre aussi la chance de glaner des vues, car le fort, c’est une machine défensive à observer tout autour de soi.
Vous nourrissez effectivement une certaine obsession pour le regard.
-Je crois que l’art en général est lié à la question du regard, et la peinture plus particulièrement encore. Dans mon travail, cela m’intéresse assez peu de représenter les choses de manière fidèle, et que l’on puisse reconnaître parfaitement. Je ne suis pas « photoréaliste ». Par contre, c’est la dynamique du regard, attraper une vue, entrapercevoir, et tout ce que l’on appelle la « pulsion scopique » qui m’intéresse. Le vis à vis, le face à face…
Les végétaux ont aussi une place de choix dans vos travaux.
-Ma compagne est paysagiste, cela fait des années que je m’intéresse aux questions d’environnement et d’aménagement du paysage. Le paysage naturel m’intéresse notamment quand il vient dialoguer avec le bâtiment. C’est intéressant d’observer ce décalage entre monument et végétaux. Cela crée des frictions sensibles et même un répertoire de gestes plastiques différents entre la géométrie et la profusion de formes du végétal.

 
Ce lieu est une vigie qui permet de découvrir le paysage
Le Progrès
"Voir et être vu. C’est cette idée que Jérémy Liron a décidé d’explorer dans son exposition Vue(s), vigie, voisinages."
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Ce lieu est une vigie qui permet de découvrir le paysage
Le Progrès
"Voir et être vu. C’est cette idée que Jérémy Liron a décidé d’explorer dans son exposition Vue(s), vigie, voisinages."
Depuis 2019, la fondation Renaud organise, chaque année, des résidences artistiques dans le fort de Vaise à Lyon. L’occasion pour la bâtisse, à l’origine militaire, de devenir un lieu de rencontres, d’expositions et de transmission de l’art. Cette année, c’est le peintre lyonnais Jérémy Liron qui a posé ses valises pleines de pinceaux et de peintures dans l’enceinte du fort.
Voir et être vu. C’est cette idée que Jérémy Liron a décidé d’explorer dans son exposition Vue(s), vigie, voisinages. Le pas de la porte tout juste passé qu’une maquette rouge brique attire notre œil. En la regardant de plus près, on se rend compte que nous sommes nous-même observés : un petit bonhomme, jumelles sur le bout du nez, semble observer les visiteurs curieux de découvrir le travail de l’artiste.
"Le personnage que l'on voit là se tient sur un fort imaginaire, détaille Lilou Desmé, assistante d eprojet culturel au sein de la fondation Renaud. Il s'agit en fait d'une fusion du fort de Vaise et du fort Saint-Jean, créée par Jérémy Liron." L'artiste lyonnais a préparé son exposition pendant plusieurs mois dans l'enceinte même du fort de Vaise et expose une trentaine de toiles. 
L'histoire de cette exposition commence à la suite d'un appel à projet lancé par la fondation. Après une soixantaine de candidatures et une sélection de trois finalistes, c'est finalement l'artiste lyonnais Jérémy Liron qui a été retenu. "Le fort est une image qui me fait rêver depuis que je suis enfant. Pour moi, il fait écho à de nombreuses choses, que ce soit l'exploration, l'aventure, la vue. Le fort de Vaise est une vigie qui permet de découvrir de nouveau le paysage", explique-t-il. Stéphanie Rojas-Perrin, responsable collections et activités culturelles, a été totalement conquise par le travail de l'artiste : "Il y a une vraie valorisatioon architecturale dans le projet. Il a réussi à rendre poétique et cohérent un ensemble d'oeuvres qui, à l'origine, n'ont pas été pensées pour être exposées ensemble."
Le visiteur est invité à déambuler dans les cinq salles composant l'exposition dans un itinéraire rythmé par des dispositifs en bois rouge, fils conducteurs essentiels à la lecture de l'espace. "L'artiste avait cette volonté de voir ses oeuvres comme accrochées à la structure d'un fort", précise Lilou Desmé. En plus d el'architecture, les tableaux d el'artiste dialoguent avec les oeuvres de Tony Garnier et de Pierre Renaud exposées à leurs côtés, tout droit sorties des réserves de la fondation. 
 
Jérémy Liron
Le Petit Bulletin
"Entre présence concrète et projection mentale, elle invite à penser ce que signifie voir, observer et habiter un espace."
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Jérémy Liron
Le Petit Bulletin
"Entre présence concrète et projection mentale, elle invite à penser ce que signifie voir, observer et habiter un espace."
Construite comme une déambulation dynamique, cette exposition regroupe des tableaux où se retrouvent les motifs récurrents de l’œuvre de Jérémy Liron : de l'architecture, des vues frontales et de l’image dans l’image. Entre présence concrète et projection mentale, elle invite à penser ce que signifie voir, observer et habiter un espace.
Entre les pierres épaisses du Fort de Vaise, les peintures de Jérémy Liron s'installent, s'accordent et se déploient selon la mesure du lieu, comme une série de résonances et comme si l'architecture elle-même appelait des images capables d'en relayer les seuils, les rythmes, les absences. Ici, chaque arcade semble frapper le temps pour lui imprimer une pulsation lente, répétitive, presque sourde : une vibration silencieuse. Les références picturales, les archives visibles ou suggérées dans les œuvres et la présence d'autres artistes de la collection de la Fondation habite les tableaux.
 
Vue(s), vigie, voisinages
par Philippe Hugot, Baz-art
"Un artiste plasticien qui mêle regard photographique et peinture pour créer des contre-espaces, où l’ordinaire se transforme en fragments d’imaginaire."
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Vue(s), vigie, voisinages
par Philippe Hugot, Baz-art
"Un artiste plasticien qui mêle regard photographique et peinture pour créer des contre-espaces, où l’ordinaire se transforme en fragments d’imaginaire."
Un artiste plasticien qui mêle regard photographique et peinture pour créer des contre-espaces, où l’ordinaire se transforme en fragments d’imaginaire.
À l’issue de sa résidence artistique au Fort de Vaise, Jérémy Liron livre une exposition sensible et engagée qui interroge notre manière d’habiter le monde. Intitulée vue(s), vigie, voisinages, elle tisse un dialogue inédit entre peinture, architecture et mémoire du paysage.
Loin d’un simple panorama, l’artiste joue des cadres et des perspectives pour réactiver le regard : image dans l’image, fenêtre dans la fenêtre, ses œuvres mettent en lumière ce que le quotidien tend à rendre invisible. Le Fort devient ici territoire d’observation, point de bascule entre le dedans et le dehors, l’intime et le collectif.
Le parcours, rythmé par des dispositifs scénographiques en bois rouge, mène le visiteur d’un belvédère imaginaire à une succession de toiles où le Fort Saint-Jean, les paysages voisins et les œuvres de la collection de la Fondation Renaud entrent en résonance. En filigrane, l’ombre bienveillante de figures lyonnaises telles que Tony Garnier ou Pierre Combet-Descombes. 
Pour cette exposition présentée au Fort de Vaise, Jérémy Liron propose un parcours pensé comme un dialogue entre architecture, regard et mémoire.
Créée à l’issue de sa résidence artistique à la Fondation Renaud, vue(s), vigie, voisinages interroge les points de vue qu’offre le Fort de Vaise sur son environnement et notamment sur le Fort Saint-Jean, situé en vis-à-vis de l’autre côté de la Saône. Le visiteur est invité à déambuler entre œuvres et architectures, dans un itinéraire rythmé par des dispositifs en bois rouge, fils conducteurs discrets mais essentiels à la lecture de l’espace.
L’exposition s’ouvre sur une maquette rouge brique, fusion imaginaire des deux forts, reliquaire de pensée et poste d’observation, habitée par un personnage aux jumelles qui accueille les visiteurs.
Elle se poursuit par une succession de peintures qui prennent appui sur l’architecture du fort, tout en dialoguant avec les œuvres de Tony Garnier et de Pierre Renaud exposées à leurs côtés.
L’exposition se construit comme une déambulation dynamique, où se retrouvent les motifs récurrents de l’œuvre de l’artiste : architecture, vues frontales, l’image dans l’image. Entre présence concrète et projection mentale, l'exposition invite à penser ce que signifie voir, observer, habiter un espace.
Avec cette exposition, la Fondation Renaud poursuit sa mission : faire dialoguer patrimoine et création contemporaine. Elle s’inscrit aussi dans une filiation artistique profondément ancrée à Lyon, où l’architecture devient un langage du regard.
Depuis 2019, la Fondation accueille chaque année un artiste en résidence au Fort de Vaise. Véritable laboratoire de création, ce dispositif offre aux artistes un temps de recherche et un espace de production en lien direct avec les collections et l’histoire du lieu. Ces résidences permettent l’émergence de projets inédits, tout en réaffirmant l’engagement de la Fondation en faveur du soutien à la scène artistique contemporaine.

 
Jeux de regards et de points en vue au Fort de Vaise
par Clarisse Bioud, Grain de sel
"Lumineuse et graphique, cette exposition explore la notion de point de vue, dans un dialogue avec le paysage environnant et les œuvres de la fondation."
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Jeux de regards et de points en vue au Fort de Vaise
par Clarisse Bioud, Grain de sel
"Lumineuse et graphique, cette exposition explore la notion de point de vue, dans un dialogue avec le paysage environnant et les œuvres de la fondation."
A la Fondation Renaud logée dans le Fort de Vaise, l'artiste plasticien Jérémy Liron présente Vue(s), vigie, voisinages, du 27 juin au 27 juillet 2025. Lumineuse et graphique, cette exposition explore la notion de point de vue, dans un dialogue avec le paysage environnant et les œuvres de la fondation. Des visites contées hebdomadaires, un atelier de peinture animé par l'artiste lui-même, ainsi qu'un jeu de geocaching dans le jardin de la fondation ont été prévus pour les enfants (dès 4 ans).
Rejoindre la Fondation Renaud, logée au Fort de Vaise, se mérite – privilégiez l’accès en bus 90, au départ de Valmy, car la grimpe est ardue ! Mais une fois là-haut, la vue si belle, enchantée par les vocalises des oiseaux dans le jardin, agit comme une récompense.
Jérémy Liron nous invite à voir et à être vu à la Fondation Renaud
C’est là, parmi les cyprès, qu’émerge la première œuvre de Jérémy Liron : un « Vu » sculpté, à lire comme une indication à double sens: le visiteur se sait repéré, mais il a aussi « vu » le paysage de ce panorama grandiose.
Une idée reprise dans la maquette qui nous accueille dans la première salle de la Fondation. A première vue, il s’agit du Fort de Vaise, mais Jérémy, s’inspirant de son vis-à-vis avec le Fort Saint-Jean de la Croix-Rousse, a fusionné les deux édifices. Devant l’entrée de ce Fort réinventé, il a représenté un personnage d’observateur : « Quand on arrive et qu’on le voit, il nous voit en même temps« , s’amuse-t-il.
Dialogue en ricochet entre les œuvres et le paysage du Fort de Vaise
Et c’est bien cette question du regard et du point de vue qu’explore l’artiste plasticien, dans l’exposition Vue(s), vigie, voisinages, dans un dialogue avec des œuvres de la Fondation et le paysage environnant. Fruits d’une longue résidence in situ, ses peintures à l’huile, à la composition très structurée et baignées d’une belle lumière méditerranéenne, mettent en scène des vues intérieures et extérieures du Fort.
L’accent est mis sur des points de détails architecturaux, comme les arcades et les voûtes omniprésentes dans le bastion. Jérémy joue aussi des reflets de la végétation dans les fenêtres, qu’il représente dans des tableaux deux en un. Pour les distinguer des œuvres piochées dans les archives de la Fondation, Jérémy a inscrit les siennes dans des modules en bois peint, qui agissent comme des repères pour le visiteur.
Visite contée, atelier artistique et geocaching pour les enfants
Pour les enfants, la Fondation a prévu tous les vendredis une balade contée de l’exposition, qui abordera la notion de point de vue à travers le personnage d’un oiseau niché dans le Fort. Le 14 juillet, Jérémy Liron animera pour les familles un atelier de peinture en plein air. Enfin, pour profiter pleinement du jardin de la Fondation, un jeu de geocaching fera encore dialoguer les peintures de Jérémy avec l’environnement du Fort.
 
Le paysage revisité par quatre artistes contemporains
par Jean-Emmanuel Denave
"L'artiste présente notamment de forts beaux paysages méditerranéens, jouant avec les bleus du ciel, de la mer, des rideaux, des murs, ainsi qu'avec l'entrecroisement franc et massif des verticales et des horizontales."
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Le paysage revisité par quatre artistes contemporains
par Jean-Emmanuel Denave
"L'artiste présente notamment de forts beaux paysages méditerranéens, jouant avec les bleus du ciel, de la mer, des rideaux, des murs, ainsi qu'avec l'entrecroisement franc et massif des verticales et des horizontales."
Le paysage revisité par quatre artistes contemporains par Jean-Emmanuel Denave in Le petit bulletin février 2025.
Genre atemporel, le paysage est revisité à la galerie Ceysson & Bénétière par quatre artistes contemporains, avec une présence forte des œuvres du peintre Jérémy Liron. Ce sont des paysages et ce ne sont pas des paysages... Rassemblées à la galerie Ceysson & Bénétière par la commissaire Anne Favier, « les œuvres de Pierre Buraglio, Claire Chesnier, Jérémy Liron et Tania Mouraud, mises en regard dans cette exposition, réinvestissent les lieux communs du paysage, en redéfinissent les points de vue et en dévoilent les hors champ. » La fenêtre ouverte sur la nature (la "veduta"), chère à la peinture classique de paysage, est ici rouverte autrement, ou bien fermée, dédoublée en polyptyques ou chamboulée en tous sens, jusqu'à parfois sortir carrément de ses gonds comme dans certaines œuvres de Pierre Buraglio qui utilise et expose des fragments de fenêtre réelle, voire une portière de deux chevaux à la vitre repeinte ! À partir d'objets de récupération, lui qu'on surnomme "le peintre sans pinceau", Buraglio joue de la suggestion paysagère, confronte la matérialité pauvre et concrète de ses surfaces à la composition picturale en perspective. Surfaces matérielles et profondeurs imaginées, non sans humour, échangent leurs dimensions et se frottent les unes aux autres. Inquiéter le paysage Les œuvres de Buraglio avec leur "profondeur plate", dialoguent particulièrement bien avec les grandes toiles verticales de Jérémy Liron. Tout porte à croire dans un premier temps que ces paysages maritimes, périurbains ou forestiers, sont on ne peut plus classiques. En réalité, à partir de photographies prises lors de déambulations, l'artiste, dans son atelier, recompose complètement les éléments enregistrés dans la réalité et réagence les motifs de manière subjective. « En Occident, dit Jérémy Liron, le paysage est une vue, un fragment prélevé à l'étendue, et le paysage que je travaille participe de cette définition. J'aime aussi l'inquiéter avec une approche plus orientale, une mise en rapport d'éléments qui parle de peinture. En fait, le sujet principal de mon travail, c'est le regard. » L'artiste présente notamment de forts beaux paysages méditerranéens, jouant avec les bleus du ciel, de la mer, des rideaux, des murs, ainsi qu'avec l'entrecroisement franc et massif des verticales et des horizontales. Tel un Matisse qu'on pourrait qualifier ici de dur et de rigoureux ! On pourra aussi voir dans l'exposition quelques photographies de Tania Mouraud où l'on devine un paysage strié et gondolé se reflétant sur le plastique brillant qui enveloppe des bottes de paille. On observe encore deux très belles et très grandes œuvres de Claire Chesnier, deux paysages quasi abstraits faits d'encres sur papier, composés de nappes et de halos de couleurs atmosphériques qui évoquent ciels, horizons et sols, en une sorte de relecture du travail de Mark Rothko.
2024
Terrain vague - Résistances
par Christian Rosset, DiacritiK
"Il y en aurait aujourd’hui environ 400 rassemblés sous ce titre Les Archives du désastre."
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Terrain vague - Résistances
par Christian Rosset, DiacritiK
"Il y en aurait aujourd’hui environ 400 rassemblés sous ce titre Les Archives du désastre."
Terrain vague 30 - Résistances, par Christian Rosset, in DiacritiK, décembre 2024.
Pour finir, un beau livre, de ceux dont les éditions de L’Atelier contemporain ont le secret : Les Archives du désastre de Jérémy Liron. Ici encore, les cahiers de huit pages sont cousus, mais cette fois avec un fil vert, couleur dominante de cette suite de dessins de petit format à la craie noire, recouverts d’un voile de peinture verte qui leur apporte un aspect spectral. Il y en aurait aujourd’hui environ 400 rassemblés sous ce titre Les Archives du désastre. Ce livre en montre un peu plus de 60, accompagnés par une préface de Lionel Bourg et un entretien de l’artiste avec Anne Favier. Jérémy Liron : « Ce travail est une réaction à des événements successifs et aux débats, discours qu’ils ont suscités. Pour reprendre le titre d’un petit livre de Marielle Macé, nous étions sidérés et il me fallait, pour sortir de l’incompréhension, pour me dégager de ce mur, considérer comment nous en étions arrivés à ces attentats de 2015. Comment les Talibans dynamitaient les vestiges magistraux et très émouvants de civilisations passées. Comment Boko Haram décapitait, abattait de sang-froid des civils, saccageait un musée, un site archéologique. Il me fallait au moins, comme l’écrit Patrick Boucheron, prendre date, enregistrer la secousse. » « C’est peut-être », ajoute-t-il, « un récit que je me fais. Mais j’analyse ainsi ce geste qui m’a fait vouloir repartir de zéro, remonter le temps, récapituler, glaner des indices, demander aux traces, aux vestiges ce que l’humanité depuis loin portait de pulsions, d’élans, de violences. Intuitivement, naïvement aussi, je m’engageais dans une sorte de généalogie par la trace. Ou peut-être le présent m’était-il devenu invivable, étranger, pour que j’en vienne à me plonger dans les archives, dans les épaisseurs, dans la grande Histoire ? » (je reprends cette première réponse de l’entretien, car elle introduit parfaitement le projet de ces Archives : l’éclaire sans pour autant dévoiler sa part obscure ; ou plutôt indéchiffrable).
Les Désastres de la guerre (Goya), L’écriture du désastre (Blanchot), je ne peux m’empêcher de faire resurgir ces titres qui m’ont tant marqué. Et ces mots : « reliques », « archives »… Une indication supplémentaire (gardons en mémoire l’image qui vient d’être montrée en contrepoint), prélevée dans la préface de Lionel Bourg : « Classer, ranger, énumérer une multitude d’empreintes tandis que tout flambe, sauver, cataloguer coûte que coûte des collections d’objets ou d’estampes, de tableaux, de gravures et de manuscrits à l’intérieur d’un vaste musée dont le labyrinthe emprunterait son architecture à l’imaginaire, il y aurait de quoi désarmer quiconque, un peintre par exemple, ou un poète, s’échine à maintenir l’excès de leur présence par-delà catacombes et mausolées, de quoi le désespérer sans doute, ou le contraindre à renoncer, si l’insane généalogie des crimes et des ravages perpétrés d’orient en occident réussissait à occulter le déni que la création lui oppose. Jérémy Liron en a pleinement conscience et, puisque ses archives assument un héritage transmis des millénaires durant, ses dessins à la pierre noire, pelliculés du vert-de-gris qui les estompe, se chargent à leur tour de l’âme dont j’ai parlé. Je sais, cette âme n’est qu’une chimère. Une maigre flammèche. Un souffle éteint, asphyxié. N’empêche. » Je reste muet face à ces Archives du désastre, d’où ces longues citations, bien préférables à quelques notations inévitablement humorales (mélancolie étant un des leitmotive du Terrain vague, comme sidération et mutisme) : il faudra du temps pour retrouver la parole, comme il nous en a fallu avant de commencer à griffonner quelques notes sur Val Abraham. « Je dois confesser certaines affinités avec ce terme d’inquiétude ou, pour reprendre le terme de Pessoa, d’“intranquillité”. Mais je parle aussi souvent à ce propos d’une inquiétude positive, une forme de vigilance, d’inconfort consubstantiel au monde vivant » dit-encore Jérémy Liron au cours de son entretien. Même si j’ai un léger regret d’avoir dû mettre de côté le livre prévu pour conclure ce trentième et avant-dernier épisode de Terrain vague (ce sera pour une autre fois), ces mots me paraissent être une belle manière de prendre congé (à suivre)
Entrez dans la Valse de Jérémy Liron
par Marie-Pierre Joachy, Le Dauphiné libéré
"L’exposition Valse est pensée comme une déambulation, un parcours valsé d’une image à une autre dans lequel apparaîtront les jeux d’échos entre les motifs, la statuaire antique et des œuvres du musée, des espaces de la ville que nous reconnaîtrons ou pas."
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Entrez dans la Valse de Jérémy Liron
par Marie-Pierre Joachy, Le Dauphiné libéré
"L’exposition Valse est pensée comme une déambulation, un parcours valsé d’une image à une autre dans lequel apparaîtront les jeux d’échos entre les motifs, la statuaire antique et des œuvres du musée, des espaces de la ville que nous reconnaîtrons ou pas."
Exposition : Entrez dans la Valse de Jérémy Liron, par Marie-Pierre Joachy in Le Dauphiné libéré 27 septembre 2024.

L’artiste Jérémy Liron a conçu une exposition pour La Halle des bouchers, intitulée Valse, et pensée comme une déambulation.

Jusqu’au 17 novembre 2024, le Centre d’art contemporain La Halle des bouchers de Vienne propose Valse, une exposition de Jérémy Liron conçue pour ce lieu. « Dans ce lieu j’ai décidé d’installer ou d’inscrire un autre lieu pensé comme un palais de la mémoire. »
La scénographie pensée par l’artiste « produit des circonvolutions, des parcours multiples invitant à la déambulation et à ce plaisir enfantin des labyrinthes et des cabanes », explique-t-il. Le projet de Jérémy Liron est de se laisser « travailler » par les points de vue, les paysages et les architectures de la ville. Lors de séances avec Anne Favier, docteur en esthétique et sciences de l’art, il a parcouru les monuments de la ville de Vienne, du Temple d’Auguste et de Livie au Théâtre antique, de la cathédrale Saint-Maurice au musée des Beaux Art, des berges du Rhône au musée gallo-romain de Saint-Romain en Gal. Son exposition intègre des peintures réalisées d’après des vues de la ville de Vienne.
« L’exposition Valse est pensée comme une déambulation, un parcours valsé d’une image à une autre dans lequel apparaîtront les jeux d’échos entre les motifs, la statuaire antique et des œuvres du musée, des espaces de la ville que nous reconnaîtrons ou pas, l’architecture de notre Centre d’art et son ancienne affectation liée à la boucherie, autant de correspondances et de chevauchements d’images comme dans les dérives d’un songe », souligne Bernard Collet, commissaire de l’exposition.
Un « palais de la mémoire » comme l’évoque l’artiste avec la quarantaine de dessins « verts » de sa série « Archives du désastre ». Il reprend des fragments antiques glanés pour certains d’entre eux au Cloître de Saint-André-le-Bas, à la cathédrale ou au musée des Beaux-arts : « Ombres sur un mur, escalier, allées, silhouette d’un temple. » Une Valse émaillée des interventions d’Anne Favier en regard de chacun des panneaux d’une exposition truffée d’indices, des pièges et de références, tant à Freud qu’à la Vienne autrichienne.

Peintre et écrivain, Jérémy Liron est né en 1980, il vit et travaille à Lyon. L’artiste peint des paysages préalablement photographiés où l’architecture et les végétaux ont toute leur place et dans lesquels on retrouve une esthétique de l’ébauche et de l’indétermination, avec des surfaces peintes avec une faible densité de matière. De cette fluidité, il installe dans le regard un dialogue entre abstraction et figuration où se perçoit l’épaisseur du réel.
Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections privées et publiques parmi lesquelles le Frac Auvergne, le Musée Paul Dini, l’Hôtel des arts de Toulon, la Fondation Colas, la fondation Salomon, la collection de la Société Générale, les collections des villes de Lyon et Vénissieux, ainsi que plusieurs artothèques en France. Jérémy Liron est également l’auteur de nombreux ouvrages littéraires et poétiques.
Paysage 251
Beaux Arts Magazine, n°481-482, été 2024
"Avec ce fragment de réalité, Jérémy Liron traduit les sensations d’une journée lumineuse, entre étrangeté, éblouissement et langueur."
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Paysage 251
Beaux Arts Magazine, n°481-482, été 2024
"Avec ce fragment de réalité, Jérémy Liron traduit les sensations d’une journée lumineuse, entre étrangeté, éblouissement et langueur."
Des arbres aux silhouettes dansantes, dont les ombres dessinent des lignes au sol, se détachent sur un ciel lumineux et un paysage dont ils sont séparés par un pan de mur qui se poursuit hors cadre. Avec ce fragment de réalité, Jérémy Liron traduit les sensations d'une journée lumineuse, entre étrangeté, éblouissement et langueur. Et annonce la couleur de ce numéro double consacré aux immanquables de l'été. 
2023
Regarder l’image qui regarde
par Éric Barbier, revue Diérèse
"Jérémy Liron, peintre, auteur, enseigne ici une histoire du regard, une image de l’histoire, image qui ne pourrait rester neutre ou innocente, dans ce calme où nait ce que l’on choisit de voir".
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Regarder l’image qui regarde
par Éric Barbier, revue Diérèse
"Jérémy Liron, peintre, auteur, enseigne ici une histoire du regard, une image de l’histoire, image qui ne pourrait rester neutre ou innocente, dans ce calme où nait ce que l’on choisit de voir".

Regarder l’image qui regarde, par Éric Barbier in revue Diérèse, automne 2023

Jérémy Liron, peintre, auteur, enseigne ici une histoire du regard, une image de l’histoire, image qui ne pourrait rester neutre ou innocente, dans ce calme où nait ce que l’on choisit de voir, quiétude où « s’entend encore quelque chose de l’espace et du temps ». L’essai s’expose dans une prose que les vers dérangent.
Que voit-on sur une photographie témoignant d’un passé, cette image venue d’avant ? « ou la matière du temps lui-même que la photographie révèle », cette matière que le présent constitue si difficilement, comme une hypothèse peu partagée. Un témoignage ? « S’approcher de celle qui a vu », de Marie-Madeleine, par un lieu photographié dans un autre siècle, à la naissance de l’image, sinon, pour ce qui ne pourra que rester incomplet. « Toute image nomme une distance ». Regarder, nommer, croire ainsi désigner, exister, mais qui être lorsqu’on est soi-même l’objet du regard ? Nomination : un privilège qu’ignorent ceux (et ce qui) sans répit échappent à l’image, n’en restent prisonniers. « Y a-t-il dans le geste du regard l’idée qu’il n’y a d’alternative que tuer ou être tué ? ».
« Il faut que le regard se charge de ce qu’il ne pourrait dire », celui qui porte le regard ne sait pas encore ce qu’il recherchait, ni ce qu’il découvre, dépourvu des secours de ce qui pourrait fixer une vérité, pour compléter « le récit qui nous tient lieu de mémoire ».
« Car l’image saisit un geste ». Et la réflexion, ainsi ouverte aux dimensions du poème, de cet immobile retrouve le mouvement, en des temps qui se succèdent.

« La méditerranée est au cœur de mes œuvres »
par Caroline Gonzales, Var Matin
"Si la géométrie est une ligne conductrice dans son travail, les paysages de la Méditerranée le sont tout autant."
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« La méditerranée est au cœur de mes œuvres »
par Caroline Gonzales, Var Matin
"Si la géométrie est une ligne conductrice dans son travail, les paysages de la Méditerranée le sont tout autant."
« La méditerranée est au cœur de mes œuvres », par Caroline Gonzales, in Var Matin 17 juillet 2023

Jérémy Liron propose jusqu’au 17 septembre prochain à la Maison du Cygne son exposition La géométrie dans tous ses états. Diplômé de l’école des Beaux-Arts de Toulon, puis de celle de Paris, l’artiste mène de front plusieurs carrières : il est peintre, auteur de fictions et d’essais ainsi qu’enseignant.
Au cœur des œuvres qu’il offre au regard du visiteur à Six-Fours, deux univers se mêlent en s’entrechoquent : l’urbain et le végétal. Ce que Jérémy Liron aime, « c’est mettre en relation deux éléments de vocabulaire qui sont par destination opposés ».
Pour composer toute œuvre, qui finira par « être composée d’une structure géométrique » car « le tableau possède ses propres nécessités », l’homme déambule dans les rues avec un appareil photographique. « Lorsque je prends des photos, je ne sais pas vraiment ce que je retiens et ce qu’il adviendra de ces clichés. » Car malgré le reportage en amont, les œuvres que l’artiste propose possèdent également des éléments sortis de son imagination.
La liberté qu’il prend avec la réalité est, chez lui, le moyen d’accéder à une vérité picturale. Si la géométrie est une ligne conductrice dans son travail, les paysages de la Méditerranée le sont tout autant.
Jérémy Liron s’explique de cela par ses origines. S’il est né à Marseille, il revendique également ses racines corses. « J’ai toujours baigné dans la mythologie méditerranéenne. C’est quelque chose d’important et de présent dans mon travail même si je vis aujourd’hui du côté de Lyon. Je garde en tête cette lumière, la végétation. Tout reste dans mes souvenirs. » Au rez-de-chaussée de la maison du Cygne, le visiteur pourra s’étonner de voir des pièces métalliques, à la géométrie simple, accrochées au mur. Ces volumes sont le dernier avatar du questionnement que livre Jérémy Liron sur les structures qui nous gouvernent. L’artiste peintre qui se fait cette-fois-ci ouvrier de la matière brute propose une fois encore une géométrie « dans tous ses états ».
Jérémy Liron, la puissance de l’art
par Solange Alziari de Malaussene, Le var et vous
"Cet artiste-peintre, agrégé d’arts plastiques, nous ouvre un univers où se conjuguent bâti et végétal, des images géométriques aux lignes intemporelles."
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Jérémy Liron, la puissance de l’art
par Solange Alziari de Malaussene, Le var et vous
"Cet artiste-peintre, agrégé d’arts plastiques, nous ouvre un univers où se conjuguent bâti et végétal, des images géométriques aux lignes intemporelles."
Jérémy Liron, la puissance de l’art, par Solange Alziari de Malaussene in Le var et vous, juillet 2023

La Maison du Cygne de Six-Fours accueille l’exposition de Jérémy Liron : « La géométrie dans tous ses états », des peintures à découvrir jusqu’au 17 septembre, qui vont entraîner le visiteur dans des paysages architecturaux et énigmatiques. Fabiola Casagrande, adjointe à la Culture, a lancé l’événement ce vendredi 7 juillet.
Puissance est un faible mot, quand on contemple les œuvres de Jérémy Liron. Cet artiste-peintre, agrégé d’arts plastiques, nous ouvre un univers où se conjuguent bâti et végétal, des images géométriques aux lignes intemporelles. Un travail à l’huile, un langage personnel, un dédale de formes et de couleurs. Une peinture figurative où le mystère règne en maître.

DES ŒUVRES PARADOXALES
Jérémy Liron aime mélanger le paysage urbain et la végétation. La lumière et la chaleur se heurtent à la rigidité et à la froideur du bâti. « Ce qui m’intéresse parfois, est impalpable et a trait à quelque chose que l’on pourrait nommer « sentiment de présence », explique l’artiste. Tout est surprenant, voir énigmatique. Une atmosphère souveraine règne dans les galeries de la Maison du Cygne et voilà le mystère qui tisse les toiles.

UNE MÉLANCOLIE ARCHITECTURALE
Des œuvres grandioses, des peintures qui semblent dire : « Viens » et l’envie folle d’aller chercher au-delà de l’image, derrière les troncs zigzagants ou bien tout à côté. Se perdre dans la forêt de pins parasols sans jamais vouloir revenir, y entrer sans heurt ni fracas, se confronter au silence. La peinture de Jérémy Liron parle de tout ça. L’artiste nous offre aussi ses jeux de transformation qui vont vers l’abstraction : « c’est suspendu, j’aime laisser un peu d’équivoque, des possibilités de scénario », avoue Jérémie. Le décor en place chacun peut s’y projeter : « Il y a une dimension cinématographique ».

L’IMPULSION DU PEINTRE
Chaque détail est mûrement pesé, il y a une volonté de synthétiser : « Je peux revenir dix fois sur un détail, ça peut prendre des semaines », explique l’artiste qui aime aussi jouer avec les interstices et puis, par un mouvement d’âme, la main accomplie son œuvre. Son travail dans la figuration peut rappeler Bonnard, l’atmosphère Hopper. Il y a quelque chose d’obsessionnel dans sa peinture, en s’y attardant le spectateur va en saisir le paradoxe, les lieux vont lui sembler presque familiers, tout est lourd de sens et de souvenirs. La mélancolie amante du silence, va plonger les visiteurs dans cet univers propre aux grands peintres, où le talent est roi.
Rivé au vague
par Thibault Bissirier, Revue Point Contemporain #29
"Le cadre est là pour circonscrire, la vitre pour éloigner encore. De loin, on n’y voit rien, sinon quelques percées obscures, des images comme des seuils, dont on s’approche, des trous de serrures par où l’on scrute pour voir ce qui se cache derrière."
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Rivé au vague
par Thibault Bissirier, Revue Point Contemporain #29
"Le cadre est là pour circonscrire, la vitre pour éloigner encore. De loin, on n’y voit rien, sinon quelques percées obscures, des images comme des seuils, dont on s’approche, des trous de serrures par où l’on scrute pour voir ce qui se cache derrière."
Jérémy Liron, inspiration Var
par Jessica Chaine, Le var n°15
"Il s’agit presque exclusivement de paysages, inspirés par des souvenirs ou des photographies prises par le peintre lui-même, dans lesquelles l’architecture a toute sa place."
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Jérémy Liron, inspiration Var
par Jessica Chaine, Le var n°15
"Il s’agit presque exclusivement de paysages, inspirés par des souvenirs ou des photographies prises par le peintre lui-même, dans lesquelles l’architecture a toute sa place."
Jérémy Liron, inspiration Var, par Jessica Chaine, in Le var n°15, été 2023

La Maison du cygne à Six-Fours-les-Plages, accueille, du 8 juillet au 17 septembre 2023, une exposition consacrée aux œuvres de Jérémy Liron. Une invitation au voyage, à l’escapade, qui attise aussi les souvenirs de l’artiste peintre, originaire du Var. « J’ai longuement arpenté les paysages, du littoral à l’arrière-pays », raconte-t-il. « Le ciel dégagé par le Mistral, la mer, la végétation… C’est une terre d’inspiration. » Une terre où Jérémy Liron, né à Marseille en 1980, grandit et commence ses études artistiques, aux Beaux-Arts de Toulon. Cet admirateur de Cézanne en retient « un enseignement fondé sur les concepts et la théorie » qu’il complète aux Beaux-Arts de Paris avec un apprentissage « basé sur une approche davantage formaliste ». Puis direction Lyon où il réside depuis.
Agrégé en arts plastiques, il enseigne durant une dizaine d’années avant de se consacrer à son œuvre. « Une peinture qui, de prime abord, est tout à fait réaliste mais qui, en réalité, s’attache moins à représenter fidèlement les choses que des sensations, des souvenirs, des impressions », explique-t-il. « Une peinture extrêmement composée. Avec une attention particulière au cadrage, à la structure… A la façon d’architecturer l’image ».
Il s’agit presque exclusivement de paysages, inspirés par des souvenirs ou des photographies prises par le peintre lui-même, dans lesquelles l’architecture a toute sa place. « Mais en réalité, je suis peu fidèle au modèle », avoue-t-il. « Je préfère l’évocation plutôt que la description ». Et ce n’est donc pas par péché de paresse, mais plutôt par envie de laisser à chacun la possibilité d’interpréter la peinture qu’il a devant ses yeux, que les œuvres ne sont que très rarement nommées. C’est une forme de liberté, aussi, chère au peintre qui travaille « sans projection ni mise au carreau ».
« Je me lance directement sur la toile », précise-t-il. « Principalement avec de la peinture à l’huile, de gros pinceaux et sur des grands formats. Ce qui m’intéresse aussi c’est la sensualité de la matière, la touche, les différentes couches… » Ce goût pour la peinture, cette envie d’aller vers cet art à une période, « dans les années 2000, où, aux Beaux-Arts, il était assez mal vu d’utiliser des médiums traditionnels », ne s’est jamais démenti. Et Jérémy Liron – qui écrit aussi, des essais et des récits – a su en tirer parti. « Aujourd’hui les choses ont beaucoup changé et la peinture revient en grâce dans tous les lieux d’art », sourit-il. La sienne particulièrement, exposée cette année à Paris, Saint-Rémy-de-Provence, Montpellier… Et à Six-Fours-les-Plages.
Par les temps qui courent
par Mathilde Wagman, France Culture
"Si l’on essayait de décrire l’émotion qu’ils suscitent, on pourrait dire qu’il y a d’abord comme une sensation très forte de l’été. L’odeur du maquis, l’aveuglante lumière d’un soleil qui percute un mur blanc, les arbres et les cactus aux verts chatoyants, dont les masses contrastent avec l’architecture moderne de belvédères aux lignes droites."
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Par les temps qui courent
par Mathilde Wagman, France Culture
"Si l’on essayait de décrire l’émotion qu’ils suscitent, on pourrait dire qu’il y a d’abord comme une sensation très forte de l’été. L’odeur du maquis, l’aveuglante lumière d’un soleil qui percute un mur blanc, les arbres et les cactus aux verts chatoyants, dont les masses contrastent avec l’architecture moderne de belvédères aux lignes droites."

« Le sujet principal de mes peintures, c’est le regard »
Par les temps qui courent, par Mathilde Wagman, France Culture, 9 juin 2023

La peinture de Jérémy Liron est presque entièrement centrée sur le paysage. A partir d’une documentation photographique, le peintre détruit puis recrée le paysage par la peinture, ce paysage réel qui a déjà été mis à distance par la photographie. Ses tableaux sont pareils à des arrêts sur image, fragments d’un réel transformé, improbable et pourtant familier.

Jérémy Liron vous êtes peintre et vous exposez ces jours-ci une série de tableaux à la galerie Isabelle Gounod à Paris.
Si l’on essayait de décrire l’émotion qu’ils suscitent, on pourrait dire qu’il y a d’abord comme une sensation très forte de l’été. L’odeur du maquis, l’aveuglante lumière d’un soleil qui percute un mur blanc, les arbres et les cactus aux verts chatoyants, dont les masses contrastent avec l’architecture moderne de belvédères aux lignes droites. Ici, la grande terrasse angulaire d’une bâtisse dont l’un des murs se détache dans l’ombre sur la droite du tableau, là le regard d’un balcon et notre regard aimanté par une trouée de mer au second plan.
Plus loin encore, cet immense mur d’un bleu éclatant sur lequel vient se porter l’ombre noire d’un feuillage. Mais à trop vouloir décrire vos tableaux, on risquerait, piège bien connu, de les réduire à ce qu’ils représentent. Hors l’émotion qu’ils suscitent nait tout autant de leur matière, des rapports de contrastes, des traits de pinceaux, des aplats, ou encore du jeu sur les formats, petits ou grands. En somme, de la grammaire spécifique et singulière de votre art.

Cette exposition elle a un titre, qui est une citation d’André Breton. Je cite, donc : « Et c’est assez pour l’instant qu’une si jolie ombre danse au bord de la fenêtre… » Citation suffisamment singulière, évocatrice, pour que je ne résiste pas au plaisir de vous demander ce qu’elle évoque pour vous. Pourquoi vous l’avez choisie pour cette exposition-là ?

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Jérémy Liron - Un sentiment d’étrangeté
par V.N., Miroir de l’art n°124
"La peinture de Jérémy Liron ne décrit pas le monde mais en approche les rouages intimes."
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Jérémy Liron - Un sentiment d’étrangeté
par V.N., Miroir de l’art n°124
"La peinture de Jérémy Liron ne décrit pas le monde mais en approche les rouages intimes."
Jérémy Liron - Un sentiment d’étrangeté, par V.N. in Miroir de l’art n°124, juin 2023

La peinture de Jérémy Liron ne décrit pas le monde mais en approche les rouages intimes. Ses tableaux sont des fragments du monde qui sont des re-créations élaborées à partir de photographies. Ils isolent un bout de paysage, souvent « empêché » par un premier plan hypnotique (le tronc tordu d’un pin par exemple), et qui apparait dans toute sa singularité. Pas tout à fait réel.
Pour le regardeur, l’image, faussement anodine, convoque un sentiment d’étrangeté.
Un « sentiment de présence », ainsi que le définit l’artiste : « En réalité, explique le peintre, derrière l’apparence première un peu anecdotique parfois, ce qui m’intéresse est plus impalpable et a trait à quelque chose que l’on pourrait nommer « sentiment de présence » et qui investit le travail du regard. Qu’est-ce que regarder, qu’est-ce que surprendre une image à l’intérieur de l’espace du regard, qu’est-ce qui traverse le regard ou le met en perspective ? ». Le paysage couché sur la toile est moins ici un aperçu du visible qu’une proposition de celui-ci. Une démarche presque conceptuelle qui vise à envoûter le regardeur mieux que ne l’aurait fait une description froide et objective du réel.
Né en 1980 à Marseille, Jérémy Liron vit et travaille à Lyon. Ses œuvres sont aujourd’hui présentes dans de nombreuses collections privées et publiques, parmi lesquelles le Musée Paul Dini, l’Hôtel des Arts de Toulon, la Fondation Colas, la Fondation Salomon, la collection de la société Générale, les collections des villes de Lyon et Vénissieux, ainsi que plusieurs arothèques en France.
Abolir la ligne finie, ouvrir la figure
par Noémie Cursoux, Pratiques Picturales
"Ainsi, bien que le spectateur ait suffisamment d’indices pour qu’un espace figuratif se construise sur sa rétine, les peintures de Jérémy Liron ne sont pas des images figées, arrêtées, closes et déterminées, comme peut l’être en revanche la source photographique."
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Abolir la ligne finie, ouvrir la figure
par Noémie Cursoux, Pratiques Picturales
"Ainsi, bien que le spectateur ait suffisamment d’indices pour qu’un espace figuratif se construise sur sa rétine, les peintures de Jérémy Liron ne sont pas des images figées, arrêtées, closes et déterminées, comme peut l’être en revanche la source photographique."
Abolir la ligne finie, ouvrir la figure, par Noémie Cursoux, in Pratiques Picturales, mai 2023

Détruire l’image, ouvrir l’image
Jérémy Liron peint des paysages en prenant comme points de départ des photographies. Dans ses peintures, certaines caractéristiques tendent à rappeler l’esthétique de l’ébauche – parfois aussi visibles dans l’esquisse – telles que l’indétermination des éléments, les tracés irréguliers, les interstices vacants entre les éléments peints ou encore des surfaces traitées avec une faible densité de matière. Ces surfaces-ci, peintes d’une seule couche, rappellent à la fois l’ébauche – les premières couches de peinture déposées en glacis – et l’esquisse – les études préparatoires réalisées en lavis. On constate que plusieurs surfaces et aplats sont constitués de coulures dans la mesure où la peinture est extrêmement fluide, comme dans le diptyque Paysage n°97. La fluidité de la matière donne au paysage une présence évasive, voire fantomatique.
Dans Paysage n°83, Jérémy Liron peint les deux arbres du premier plan sans en donner ni les détails, ni la densité du feuillage. Il limite son intervention au choix de la forme et au positionnement de cet élément dans l’espace pictural. Ici, la représentation de l’arbre semble « inachevée », interrompue à l’état d’ébauche. L’artiste se refuse à ajouter davantage de couches de peinture dans la mesure où son œuvre n’a pas une finalité topographique et réaliste. Elle ne tend pas à donner tous les éléments du réel de manière exhaustive, au contraire, il dit : « La photographie réalisée en amont du processus de peinture est indicielle. […] Je n’ai pas une volonté documentaire, donc tout peut se retravailler et s’inventer sur la toile : des parties peuvent être enlevées, d’autres rajoutées, et chaque couche de peinture peut faire bifurquer à chaque fois. [8] » Ainsi, il laisse une place privilégiée à l’intuition et à l’accident. Dans l’une de ses nombreuses notes publiées sur son site Internet, il écrit :

« Tous les accidents, toutes les approximations, surfaces qui se joignent à peu près, lignes qui s’infléchissent, coulures, toutes les aspérités de l’image contribuent à ces mouvements dont on ne sait jamais bien s’ils s’originent dans la vue, le regard que l’on déplace ou dans les rapports internes de la peinture. Le tableau semble à chaque instant se construire et se déconstruire en un seul mouvement. Chaque détail, trace, bizarrerie qui relève du peint relance l’interprétation, si on veut bien entendre le terme au-delà de sa pauvreté habituelle, l’élaboration par laquelle le tableau se fait en soi. Rien de normal sur toute la surface, rien que des accidents, des aventures qui tentent d’équilibrer quelque chose qui les rassemble et les dépasse, les réalise et qui est le tableau. Avec mes manières d’aller à l’envers, recouvrir et faire remonter, recouvrir à nouveau, tordre, je construis le tableau en détruisant l’image. [9] »

Ainsi, bien que le spectateur ait suffisamment d’indices pour qu’un espace figuratif se construise sur sa rétine, les peintures de Jérémy Liron ne sont pas des images figées, arrêtées, closes et déterminées, comme peut l’être en revanche la source photographique. Au contraire, la volonté de l’artiste est de réussir à trouver le juste équilibre afin de laisser l’espace pictural ouvert pour que le spectateur puisse prolonger la construction du tableau. Picasso disait : « Terminer une œuvre ? Achever un tableau ? Quelle bêtise ! Terminer veut dire en finir avec un objet, le tuer, lui enlever son âme, lui donner la puntilla, l’achever comme on dit ici, c’est-à-dire lui donner ce qui est le plus fâcheux pour le peintre et pour le tableau : le coup de grâce. [10] »

Nous pourrions alors admettre que l’idée de représentation est relayée par l’idée de signe ou d’indice. La représentation cède le pas au signe. Paysage n°83 nous montre moins la représentation d’un lieu que le signe d’un lieu, le signe ou l’indice d’un arbre. D’autant plus, la matérialité translucide et fantomatique accroit son statut indiciel. Dans Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne et contemporain, Florence de Mèredieu évoque justement ce type de surface dont elle souligne le caractère évanescent :

« La couleur se perçoit, elle, comme opacité, substance ou surface qui arrête le regard. Il est cependant possible à la lumière - sous une forme plus ou moins métaphorique (fonds, glacis) ou très réelle (ampoules électriques, néons, écrans vidéo, supports laissant passer la lumière comme le Rhodoid, les feuilles de plastique, etc.) - de rendre cette couleur translucide. […] la matière semble ne pas vouloir peser, faire bloc ou volume. Elle ne se donne que comme apparence, apprêt. Ses propriétés peuvent y sembler fantomales, distraites. [11] »

Oscillant entre apparition et disparition, présence et absence, un élément fantomal peut ainsi être envisagé comme un indice, d’après les recherches que consacre Véronique Mauron à l’indice dans Le Signe incarné : ombres et reflets dans l’art contemporain. Selon elle, un indice est un signe qui possède une relation ambiguë avec son référent, articulant à la fois son apparition et sa disparition, sa présence et simultanément son absence matérielle. L’auteure désigne les ombres et des reflets de signes indiciels. « L’ombre est un indice qui fait corps avec son référent. Il s’agit d’une relation contiguë entre le réel et la représentation. […] Elle est un signe qui surgit dans l’espace et dans le temps de son référent. [12] » Les arbres de Paysage n°83 – sans être la représentation d’une ombre à proprement parlé – possèdent certaines caractéristiques d’une forme indicielle puisque l’artiste donne à voir la forme et la position approximatives du référent sans en donner son contenu et sa consistance, telle une ombre. Aussi, son apparition provoque la semi-disparition du bâtiment qui cependant continue à transparaitre à travers certaines lignes claires qui se prolongent à la surface du feuillage. Également translucide, le bâtiment peut lui aussi être envisagé comme un élément fantomatique et indiciel, oscillant entre apparition et disparition. Dans la mesure où « [l]’oscillation provoque autant l’altération, la défiguration, la destruction que la révélation, la formation et la récupération [13] », les artistes engagés dans un processus indiciel détruisent l’image au moment où ils construisent la peinture.
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> Texte intégral
À sa fenêtre
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire
"Attracteur et agrandisseur de jeux de couleurs et d’ombres, Jérémy Liron prouve qu’en lui-même le paysage n’existe pas."
Détail
À sa fenêtre
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire
"Attracteur et agrandisseur de jeux de couleurs et d’ombres, Jérémy Liron prouve qu’en lui-même le paysage n’existe pas."
À sa fenêtre, par Jean-Paul Gavard-Perret, in Le littéraire, mai 2023

Attracteur et agrandisseur de jeux de couleurs et d’ombres, Jérémy Liron prouve qu’en lui-même le paysage n’existe pas. Et chaque regard ne suffit pas à l’inventer.
Son aspect extérieur est donc le fruit d’une intériorité qu’instille la création en tant qu’ouvroir de potentialités matérielles plus qu’abstractrices de quintessence — quoique…
Le peintre dresse ainsi une quête d’un possible et d’un sentier vierge dans le regard de visiteur. D’où la une sidération particulière de toiles ou les carcasses plantureuses et colorées du réel s’ouvrent en diverses brèches pour se détacher de ce que le regard peut saisir.
Le compact, l’artiste l’éparpille en un rêve de paysage (qui, s’il n’est pas forcément un paysage de rêve, tend souvent vers ce point).
Il se met à légender ce qui est et ce, loin des fantasmes ou d’une sphère privée. Tout ce qui arrive tient de l’apparition de systèmes dynamiques là où tout reste généralement “assis”.
Le toucher du monde
par Patrick Royannais, Art, Culture & Foi
"Une œuvre d’art nous « touche », et, normalement, on ne la touche pas. Noli me tangere, dit Jésus à Madeleine. L’épiphanie du monde comme celle du corps du Ressuscité ne sont pas à retenir."
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Le toucher du monde
par Patrick Royannais, Art, Culture & Foi
"Une œuvre d’art nous « touche », et, normalement, on ne la touche pas. Noli me tangere, dit Jésus à Madeleine. L’épiphanie du monde comme celle du corps du Ressuscité ne sont pas à retenir."
2023 : Le toucher du monde, par Patrick Royannais, in Art, Culture & Foi, avril 2023

Une œuvre d’art nous « touche », et, normalement, on ne la touche pas. Noli me tangere, dit Jésus à Madeleine. L’épiphanie du monde comme celle du corps du Ressuscité ne sont pas à retenir. Ce sont elles qui nous rencontrent. Fenêtres ouvertes sur le monde, les toiles parfois nous happent, pour peu du moins que l’on s’y livre, s’y abandonne.

Le musée de Villefranche propose une exposition de tableaux contemporains faisant dialoguer des productions d’une trentaine d’artistes Le dialogue est d’autant plus au cœur de l’exposition que celle-ci met en relation la collection du musée caladois et celle du Fond d’art contemporain d’Auvergne.

Ainsi commence-t-on : un visage d’enfant, un torse d’enfant, un enfant en pied, quatre personnages, puis deux silhouettes dans un décor qui brouille les formes, puis l’abstraction prend le dessus. Ce fil tendu d’une œuvre à l’autre ne dit évidemment pas tout, parce que chaque œuvre est bien plus que ce qu’il retient. Mais il aide à saisir ce que chacune apporte dans un dialogue avec celles qui l’entourent, et par-là donne à entendre ce que chacune dit, ou plutôt, comment chacune nous touche.

Chacun s’attardera sur le travail photographique, les compositions à l’encre ou les nombreuses peintures sur toile. Qu’est-ce qui est exposé dans le Toucher du monde, les œuvres ou les spectateurs ? Miroirs tendus, non pour que l’on s’y mire, mais pour dévoiler ce que chacun perçoit, comment chacun perçoit, ce que regarder signifie.

On se laissera émouvoir, à condition précisément de s’exposer, par les petites surfaces de Jean-Charles Eustache, comme des ouvertures, parapet sur le monde. Ou bien l’espèce de métamorphose de Djamel Tatah, quatre personnes en pied disposées dans, sur la toile, en taille réelle, chacune sans sa solitude ; de l’une à l’autre, le visage est le même et différent, menant du masculin au féminin ou inversement, selon le mouvement du regard. Ou bien, les grandes surfaces de Jérémy Liron quasi sans rien de représenté, mais ouvrant des espaces tellement grands que même le cadre doit diviser la composition.
La beauté du monde
par Armelle Fémelat, La Gazette Drouot
"Qu’est-ce qui nous touche dans une œuvre d’art ? Telle est la question posée par l’exposition du musée Paul Dini présentée en collaboration avec le FRAC Auvergne."
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La beauté du monde
par Armelle Fémelat, La Gazette Drouot
"Qu’est-ce qui nous touche dans une œuvre d’art ? Telle est la question posée par l’exposition du musée Paul Dini présentée en collaboration avec le FRAC Auvergne."
La beauté du monde, par Armelle Fémelat in La Gazette Drouot, avril 2023

Rebonds formels, connexions de sens et affinités électives entre artistes ont présidé au dialogue d’œuvres contemporaines de deux institutions aurhalpines. Une odyssée sensible sur la magie de l’art et son rapport à l’univers.

Qu’est-ce qui nous touche dans une œuvre d’art ? Telle est la question posée par l’exposition du musée Paul Dini présentée en collaboration avec le FRAC Auvergne. Les deux institutions partageant « une vision commune de la peinture et de l’importance de celle-ci dans la création contemporaine », souligne Jean-Charles Vergne. Le directeur du fonds régional explique que l’accrochage a été pensé « comme un enfant construit une cabane au fond du jardin ou dans les bois », avec une dimension ludique assumée et sur le principe de la comptine « Trois p’tits chats » (« Chapeau d’paille, paillasson »…).
Calembours, jeux d’esprits et cadavres exquis visuels nous invitent à pénétrer le merveilleux de l’art sous les auspices de l’anagramme « image-magie ». « La rencontre avec une œuvre peut être bouleversante, confie Jean-Charles Vergne. On peut ne pas s’en remettre et ne plus pouvoir regarder le monde comme avant. Être touché est un mot important car lorsque l’œuvre me touche, qu’elle me point, qu’elle m’émeut, déplace en moi les réglages fins de ma perception et de mes sensations, s’interpose comme un nouveau filtre entre le monde et ce que je suis ». Avec Laure Forlay, responsable du service des publics du FRAC et Sylvie Carlier, l’ancienne directrice du musée – partie depuis au musée Marmottan Monet - , il sont souhaité exprimer leur relation sensible à l’art en sélectionnant une soixantaine de peintures, sculptures, dessins, gravures et photographies. « Les œuvres s’enchainent par rebond de formes, par connexion de sens ou parce que les artistes sont présents dans les deux collections », précise encore le directeur.
La proposition débute avec les têtes d’enfants peintes par Claire Tabouret et James Rielly, voisinant avec le Jeune garçon de Martial Raysse, mis en regard de quatre silhouettes silencieuses sur fond bleu de Djamel Tatah. Suit une réflexion sur la représentation et la perception avec les œuvres de Franck Chalendard, de Rémy Hysbergue et de Bernard Piffaretti, s’ouvrant sur une série de paysages. Ceux abstraits de Claire Chesnier et figuratifs de Jérémy Liron et Jean-Charles Eustache – ayant le sentiment d’appartenir à « une même famille sensible et intellectuelle au-delà des liens de formes et de sens. » - dialoguent avec pertinence. De part et d’autre se trouvent une fenêtre ouverte par Jacques Truphémus, une photo de mars de la Nasa et les huiles abstraites hautes en pâte et en couleur de Denis Laget, André Cottavoz et MarionBreedveld. Enfin, les constructions géométriques et colorées de David Wolle et Maude Maris entrent en collision avec les personnages chimériques de Michel Gouéry et Daniel Firman.
La deuxième partie du parcours interroge le rapport entretenu par l’art avec la réalité. L’évocation d’éléments naturels par Rémy Jacquier, Anne-Marie Filaire et Carole Benzaken, les oiseaux de Jean-Luc Mylayne, Sylvain Roche et Ernst Kapatz, font face aux réactions de Christiane Baumgartner, Eric Manigaud, Dove Allouche et Daren Allmond vis-à-vis d’événements tragiques du XXe siècle. Empreinte de gravité, cette odyssée onirique et sensible se clôt sur une méditation sur la nature, les propositions de Marc Desgrandchamps, Anne-Marie Filaire, Delphine Gigout-Martin et Eric Roux-Fontainesur ses mutations à l’ère de l’anthropocène attestent la fragilité du monde.
Face à l'intouchable
par Arnaud Maïsetti, Carnets
"la peinture quand elle écrit, par la lumière liquide répandue, dans ses propres larmes qui donnent forme du monde qui s’efface quand on le donne à voir".
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Face à l'intouchable
par Arnaud Maïsetti, Carnets
"la peinture quand elle écrit, par la lumière liquide répandue, dans ses propres larmes qui donnent forme du monde qui s’efface quand on le donne à voir".
2023 : Face à l'intouchable, par Arnaud Maïsetti in Carnets, 5 mars 2023.

Il faut que le regard se charge de ce qu’il ne pourrait dire.

Ce qui nous fait face : nous fait visage devant quoi on se tient, soi-même visage, face : regard. Et dans le face-à-face de soi au monde fraient ces regards par quoi le monde est saisi comme regard, et notre regard dévisagé se retourne vers nous et nous interroge : ce que nous voyons pourra seulement être ce qui, à distance, nous regarde — et de part et d’autre, la distance jamais comblée dirait aussi bien la déchirure des choses d’avec nous-mêmes que celle qui lie le regard et les mots pour le dire.

De cette image, ou d’un dispositif par quoi on est au monde — face à lui, ou qu’on soit ; et qu’on s’éloigne même, qu’on tourne le dos au monde, on se trouvera toujours face à lui : fatalité à laquelle peut-être s’est heurté Rimbaud dans sa fuite où le silence ne pouvait pas être d’un grand secours, surtout quand on voudrait négocier le prix de l’or, des épices et des armes : resterait à prendre des photographies pour taire le silence, et se poser entre l’appareil et le monde, vérifier la présence des choses muettes en soi —, de cette énigme par quoi on est fondé, chaque instant, et qui fonde le monde, Jérémy Liron en a fait un livre.

C’est un mince ouvrage, délicat et sensible, fragile entre les mains et d’une grande fermeté pourtant de composition : des blocs de phrases comme autant d’essais de langue pour approcher l’hypothèse du regard, blocs comme autant de façon de jeter sur le monde de brefs éclats pour mieux le voir, ou ces coups de sonde qui pourraient en retour dessiner ces contours, autant d’essais capable d’éprouver la résistance du dehors et de la langue, touchant-touché modelés l’un et l’autre par l’un et par l’autre — et sur la page, ces îlots de phrases laissent voir aussi entre eux ces blancheurs de silence dans quoi tout à la fois elles disparaissent et qui sont l’appui des suivantes. Livres par cernes, puisqu’il s’agirait moins de nommer que tenter d’approcher, peu à peu, l’objet du texte qui est celui du regard : ce monde face à quoi donc on se tient, et dont il faut préserver la distance sans quoi il s’abolirait.

Ne me touche pas : ce n’est pas seulement la loin morale énoncée par le Christ à Marie-Madeleine de l’autre côté de la mort, préservant le corps du mystère de sa résurrection, non : c’est aussi la loi intangible qui dresse le monde hors de soi.

L’horizon, comme un autre nom de l’image. Un des modes d’existence.

Ce qu’un paysagiste, Michel Corajoud désignera comme la définition du paysage : la rencontre du ciel et de la terre.

Autrement dit : ce qu’on ne touche pas. Ce n’est pas seulement que l’horizon — l’image —, est ce qu’on ne touche pas : cela devient, immédiatement, inversement : que tout ce qu’on ne touche pas est image, horizon.

Un livre tramé dans le désir de définir ce qui par nature est intouchable, et d’abord par le langage. Envers du travail du peintre ou dedans de sa tâche : ce labeur des mots à l’épreuve du regard. C’est qu’entre le regard et le paysage se dresse ce silence terrible des mots qu’on appelle le langage et qui n’est capable de dire que ce que le monde ne sera jamais — et par là maintiendra la distance. Entre les mots et les choses, l’écriture : écriture qui serait cet espace étendu qui irait des mots aux choses, sans jamais être les mots eux-mêmes, ni les choses. Et la peinture : cet envers du langage, qui serait aussi écriture.

Un livre qui tiendrait pour autant à distance la forme de l’essai, comme celle du récit, qui serait plutôt l’exercice même du langage en prise directe avec sa propre tâche de nommer, et le vertige prend : on ne sait plus si le livre peint un tableau de la pensée, ou s’il se tient en amont du tableau, de la pensée : plutôt est-il ce moment de vérité quand le langage se confond avec son propre travail d’élaboration de la pensée en acte.

Ainsi faire feu de tous bois pour tenter d’opérer ce travail par cernes : à la source, la parole du Christ qui fonde cette éthique qui lierait regard et toucher, par la distance qui séparant le monde du corps dresse le monde comme objet face à quoi désormais nous ne sommes plus que face — et non pas cette part du monde, ce dedans des choses auxquels peut-être nous étions jadis voués, confondus : mains posées sur la parois qui déposent l’image : pour la voir, il nous a fallu retirer la main, nous retirer de l’image, et constater que voir l’image suppose ce retrait —, sont appelés ainsi Antonioni, Marker, Apollinaire, De Chirico, Bailly, Nietzsche, Char, Jaccottet… Autant d’alliés, de regards pour penser ensemble le regard de la Méduse, celui d’Orphée, de Marie-Madeleine sur le corps mort d’une vie neuve.

Ce n’est pas vrai que multipliant les objets offerts au regard, on parvient à le dominer et s’en faire le maître : non, au contraire. Toujours ce qui se tient face à nous se dérobe, et chaque regard qui voudrait saisir les choses pour les redonner — en image, en mots ou en signes — en fait l’amer constat : l’expérience d’écrire et de peindre est celle de la déliaison, saisie de ce qui échappe. Thomas qui voudrait toucher la plaie du Christ, enfreint l’interdit : touche l’image, l’horizon d’espérance : le geste de Thomas, plongeant ses doigts dans le trou béant du sens, du sang séché, des entrailles de la mort vaincue, est-il geste du peintre, ou désir seulement d’écrire et de peindre ? Ce geste iconoclaste, qui oserait le faire sans détruire le fait même d’écrire ? Et quand on a retiré la main, que reste-t-il de l’image ainsi agrandie d’avoir été fouillée au-dedans d’elle ?

Regarder ce qui nous regarde : nommer ce qui est tu. Dans l’équation, du regard adamique — l’Adam n’est définitivement créé que lorsqu’il accomplit cette tâche de nommer chaque bête, livrée non seulement à son regard, à sa domination, mais à son langage — au geste de conquête supposant que tout n’a pas été nommé, s’engouffre le geste d’écrire qui ne peut que mesurer l’écart entre le dit et l’objet qu’il dit. Ce qu’on écrit avec les mots outrepasse les mots pour nommer aussi la distance qui sépare les mots des choses.
Écrire donc, par essais successifs de la langue sur le grand dehors est aussi un geste de peintre : en amont de la peinture, ou au-dedans d’elle : l’écriture comme la condition de la peinture ? Oui, au sens où l’on parle de condition humaine. Et ce qu’on peint : « Le monde sur soi (et non soi sur le monde) », dirait Deleuze : et nous en retour, lisant autant l’effort de regarder et d’écrire que des mots travaillant en nous ce regard.

C’est un court livre tissé de tant d’autres : c’est qu’entre chaque page — entre chaque blocs de phrases, denses et brefs, que la page laisse librement flotter, de sorte que chacun de ses blocs pourrait porter en lui-même tout un désir de livre, qu’il dépose (« Par effets du temps, le paysage se dépose et nous dépose avec lui, hors du devenir qui pourtant l’a formé. Il déplie ou dépose le temps dans l’étendue », écrit Bailly cité vers la fin du livre : et de même ces blocs de textes qui forment paysages) — entre chaque blocs donc s’ouvre en grand le corps de ce qui est par le regard déchiré et où fraient tant de paroles : livres tramés de rêves de livres non écrits, ou comme on jette sur la table de travail des hypothèses auquel on laisse le blanc de la page répondre, où la blancheur de la page est l’espace des livres à venir.

Paysage, comme un autre nom de l’image.

En couverture, une photographie de Magdala, vers 1900, lieu où serait née Marie-Magdaleine, mille neuf cent ans plus tôt : l’image porte trace d’un village palestinien détruit en 1948, sur lequel la ville de Migda a été reconstruite. Que porte l’image de sa destruction ? Quelle image n’est pas son propre fantôme, hantée par les fantômes à venir ? Aura surgi du lointain pour maintenir le proche à distance, visible, inatteignable : intouchable.

« Ce que nous voyons ne vaut – ne vit – que par ce qui nous regarde. » écrivait Didi-Huberman, hanté lui aussi par l’aura, et qui ne cesse d’essayer de comprendre pourquoi ce que nous voyons « devant » nous regarde toujours « dedans » ce qui le ronge.

Que faire ?

Écrire. Mais sous quelles formes ? Jérémy Liron propose, sous ces blocs lancés comme autant de propositions, de puissances évanouies sitôt surgies, de coups de sonde, des phrases qui tentent au plus près d’envelopper l’impossible. Vient soudain au détour d’un bloc cette image des larmes : celles de Marie-Madeleine, comme devant la destruction des villes, des images, du monde — du sacrifice qu’est l’offrande de toutes les images quand elles témoignent de ce qui disparaît : « Pour faire venir les larmes », c’était pour Antonioni la fonction du sacrifice. Larmes comme expression qui prend relais de ce qui fait défaut dans le langage, ou quand les mots manquent, ce qui va les déborder. Gestes du deuil, ou du ravage, de ce qui s’empare de nous, débord qui rejoue le monde du point de vue des fleuves quand il s’étend, étale, s’écoule incessamment vers sa fin. Sacrifice qui répand le sang comme les larmes.

Il faut que le regard se charge de ce qu’il ne pourrait dire.

Et que ce regard en pleure.

Une façon de désigner ce qui lie terriblement l’écriture et la peinture et le deuil — la peinture quand elle écrit, par la lumière liquide répandue, dans ses propres larmes qui donnent forme du monde qui s’efface quand on le donne à voir.
L’empreinte du paysage méditerranéen
par Emmanuel Ruben
"On pense à Hopper, bien sûr, dont il connait la science des contrastes et l’art de saisir l’étrangeté de l’instant. On pense à Kirbeby pour l’alchimie des couleurs et l’implacable géométrie."
Détail
L’empreinte du paysage méditerranéen
par Emmanuel Ruben
"On pense à Hopper, bien sûr, dont il connait la science des contrastes et l’art de saisir l’étrangeté de l’instant. On pense à Kirbeby pour l’alchimie des couleurs et l’implacable géométrie."
Plus que quelques jours pour aller voir cette exposition de Jeremy Liron qui nous apprendra à lever les yeux vers ces grands pins qui sont partout l’empreinte du paysage méditerranéen. Ce qui me frappe à chaque fois dans ses paysages, c’est cette impression que le bleu du ciel, en apparence inerte, n’est pas un simple arrière-plan ou un simple à-plat sur lequel viendraient se découper la dure géométrie des troncs et des canopés. Non, le bleu du ciel transperce partout les branches ; la lumière blanche, méditerranéenne, aveuglante, irradie l’écorce rouge, une écorce dont il est peut-être le seul peintre à savoir saisir la palette et la matérialité, ce puzzle aux mille reflets, et partout les ombres jouent, bleues, vives, encore tremblantes, à peine figées dans la torpeur de l’été éternel. On pense à Hopper, bien sûr, dont il connait la science des contrastes et l’art de saisir l’étrangeté de l’instant. On pense à Kirbeby pour l’alchimie des couleurs et l’implacable géométrie. On pense aux grands maîtres japonais pour la grâce et l’élégance du dessin. Quant à ses agaves, elles ont quelque chose de l’animal, on croirait que leur écorce est une peau d’iguane, toute tendues qu’elles sont dans leur effort de capter cette lumière zénithale, on les entendrait presque pousser, repousser comme ce pin à la cambrure étudiée ce cadre trop serré qui les contraint.

Emmanuel Ruben
« Et c’est assez, pour l’instant, qu’une si jolie ombre danse au bord de la fenêtre »
par Eric Suchère
"Ainsi, la peinture de Jérémy Liron est la destruction-recréation du paysage par la peinture."
Détail
« Et c’est assez, pour l’instant, qu’une si jolie ombre danse au bord de la fenêtre »
par Eric Suchère
"Ainsi, la peinture de Jérémy Liron est la destruction-recréation du paysage par la peinture."
La peinture de Jérémy Liron est presque entièrement centrée sur le paysage, sur le thème du paysage, sur le genre paysage, sur l’image du paysage. Thème, genre, image… ces trois termes ne définissent pas la même chose.
On pourrait entendre le thème comme une idée sous-jacente, le sujet même qui serait à l’œuvre et qui serait soumis à maintes variations — au sens musical du terme. Le genre renvoie, bien sûr, à l’histoire de ses représentations dans la peinture — toute peinture se construisant dans la mémoire que l’on a de celles qui nous précèdent. L’image suppose un double qu’elle reconduirait ou transmettrait et la peinture de Jérémy Liron semble la produire — une image en peinture —, d’autant plus qu’elle s’établit chez lui à partir de photographies et non des paysages peints sur le motif. Ces trois éléments se trament, se mélangent, s’hybrident, s’interpénètrent dans ses peintures.
Le paysage n’est parfois qu’un thème, qui fait écho, puis qui devient une image, puis perd cette qualité dans les gestes picturaux qui prennent le dessus sur elle, l’abstractisent, la rendent étrange. Ainsi, une cactée devient un motif ornemental. Le bleu du ciel s’impose dans sa planéité. Un mur vient rompre avec la profondeur de l’espace. Des troncs d’arbres fournissent un motif décoratif aberrant. Les architectures se transforment en découpes géométriques… Les paysages bien que tirés du réel à partir d’une documentation photographique, rappellent immédiatement celui-ci puis le font s’évanouir, le mettent à distance, le rendent factice — mais avons-nous jamais cru, devant une peinture de paysage, être devant le réel ?
Ainsi, la peinture de Jérémy Liron est la destruction-recréation du paysage par la peinture. Par paysage, j’entends le paysage réel qui a déjà été mis à distance par la photographie qui en a été prise, mais qui évoque, biographiquement pour l’artiste, le paysage — les paysages — qu’il a pu voir, le paysage-souvenir qui est, également, un paysage-affect. Ce paysage-affect, jamais Jérémy Liron ne pourra le transmettre — car il n’appartient qu’à lui —, mais il est le moteur, l’élément déclencheur, celui qu’il tente, à l’instar du narrateur d’À la recherche du temps perdu, « de faire entrer dans sa lumière ». La peinture réalise cette recréation, combinant, à la fois, le paysage et l’affect qu’il déclenche, dans un être autre qui n’existe que dans la peinture. Il ne s’agit pas de mémoire involontaire mais d’une entreprise conceptuelle qui vise à affecter le réel par son affect, l’image par la peinture.
Le tableau est un arrêt sur image par la peinture ou un arrêt de l’image par la peinture où celle-ci provoque l’arrêt, une stupeur possible par ce qui est en son cadre : ces fragments subtilisés et transformés d’un réel improbable mais qui nous paraît, cependant, familier. À l’instar des cadrages de Michelangelo Antonioni dans sa trilogie (L’Avventura, La Notte, L’Éclipse) où la narration se délite dans ce que Jérémy Liron nomme des « stances », les tableaux de Jérémy Liron font apparaître ces fragments hors de l’habitude que nous avons de leur apparence, dans leur caractère singulier, dans l’idiotie — du grec ἴδιος — qui, selon Clément Rosset, n’a « ni reflet ni double », n’existe qu’en lui-même.

*le titre de l'exposition est emprunté à André Breton : « Et c’est assez, pour l’instant, qu’une si jolie ombre danse au bord de la fenêtre par laquelle je vais recommencer chaque jour à me jeter. » (Une confession dédaigneuse in Les pas perdus)
2022
Meymac s'offre un calendrier de l'Avent monumental et participatif
par Chrystel Chabert, France télévision / franceinfo
"L'artiste nous plonge dans des paysages du Sud, peuplés de pins et de villas aux lignes "Le Corbusier". On retrouve ce même sentiment de vide étrange et de mélancolie dégagés par les dessins éclairés du calendrier."
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Meymac s'offre un calendrier de l'Avent monumental et participatif
par Chrystel Chabert, France télévision / franceinfo
"L'artiste nous plonge dans des paysages du Sud, peuplés de pins et de villas aux lignes "Le Corbusier". On retrouve ce même sentiment de vide étrange et de mélancolie dégagés par les dessins éclairés du calendrier."
En Corrèze, Meymac s'offre un calendrier de l'Avent monumental et participatif, par Chrystel Chabert pour France télévision/ franceinfo 24.12.22

Le Centre d’art contemporain de Meymac propose chaque année un calendrier de l’Avent géant sur les façades de l’abbaye. Une tradition renouvelée depuis dix-sept ans. Cette année, c’est l’artiste Jérémy Liron qui a carte blanche.
Depuis 2005, le Centre d’art contemporain de Meymac propose à un artiste d’envergure internationale de transformer l’une des façades de l’abbaye Saint-André en un calendrier de l’Avent monumental. Chaque soir du 1er au 25 décembre, à 17h, une nouvelle fenêtre s’illumine.

Dérive urbaine
Cette année, c’est l’artiste Jérémy Liron qui a été sollicité pour créer une œuvre originale. Cet artiste, né à Marseille et basé à Lyon, a imaginé une forme de "dérive urbaine" en 26 tableaux. Les habitants de Meymac reconnaissent dans ses dessins les rues désertées de la ville dans laquelle déambule un drôle de chien bleu. Difficile de ne pas y voir une référence à un des best-sellers de la littérature jeunesse, l'album intitulé Chien Bleu créé par Nadja et publié à L’Ecole des Loisirs en 1989. Une histoire étrange d'amitié entre un chien au pelage bleu et aux yeux verts brillants et une petite fille nommée Charlotte.

Un calendrier participatif
Outre sa dimension monumentale, ce calendrier de l’Avent a une autre particularité : il est participatif. C’est la souscription du public qui rend possible sa réalisation. Concrètement, un don équivaut à un "morceau de fenêtre". Par exemple, 25 euros correspondent à 1/10e de fenêtre, 50€ correspondent à 1/5e, 125€ à une demi fenêtre et 250€ à une fenêtre complète. Une participation d’un montant libre est également possible.
D’un point de vue technique, les dessins sur papier sont photographiés, adaptés puis imprimés sur bâche à la dimension des fenêtres (1,25 m de large sur 2,30 m de haut) qui sont ensuite rétro-éclairées.
Contrairement au calendrier classique de l’Avent où l’on mange les chocolats au fur et à mesure, l’avantage de celui de Meymac, c’est qu’on peut le savourer une fois le 25 décembre passé ! Les fenêtres s’allumeront en effet jusqu’au 6 janvier prochain de 17h à 23H mais sont tout à fait visibles en journée.

Double exposition
A noter qu’en marge de ce calendrier, une exposition est proposée jusqu’au 15 janvier 2023 dans la salle de la Pointe, au dernier étage de l’Abbaye. Elle permet de découvrir une quinzaine de toiles de Jérémy Liron. L'artiste nous plonge dans des paysages du Sud, peuplés de pins et de villas aux lignes "Le Corbusier". On retrouve ce même sentiment de vide étrange et de mélancolie dégagés par les dessins éclairés du calendrier.
Se cogner au paysage
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit Bulletin n°1024
"Jérémy Liron a tiré non seulement le rideau, mais aussi les leçons du modernisme pictural : un tableau c’est d’abord et avant tout un ensemble de lignes, de couleurs, une surface qui représente moins qu’elle ne se présente elle-même."
Détail
Se cogner au paysage
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit Bulletin n°1024
"Jérémy Liron a tiré non seulement le rideau, mais aussi les leçons du modernisme pictural : un tableau c’est d’abord et avant tout un ensemble de lignes, de couleurs, une surface qui représente moins qu’elle ne se présente elle-même."
Se cogner au paysage, par Jean-Emmanuel Denave in Le petit Bulletin n°1024, octobre/novembre 2022

Rideau ! Dans les toiles de Jérémy Liron, on se cogne aux murs, les grilles se ferment sous notre nez, de grandes parois occupent presque tout l’espace du tableau (ah si, là, en haut à droite, un petit pan de ciel !), et mêmes les plantes obstruent tout arrière-plan. Ces vues urbaines issues de déambulations et de nombreuses photographies prises par l’artiste lyonnais cognent, condensent, circonscrivent.
Bien sûr, Jérémy Liron a tiré non seulement le rideau, mais aussi les leçons du modernisme pictural : un tableau c’est d’abord et avant tout un ensemble de lignes, de couleurs, une surface qui représente moins qu’elle ne se présente elle-même. L’abstraction sourd à tous les coins de rue peints par Liron (Mondrian notamment dans l’un de ses paysages les plus récents), mais, en-deçà, c’est à Manet que l’on pense beaucoup… Le Manet des natures mortes ou de la Gare Saint-Lazare, où la frontière entre figuration et abstraction devient infime, réversible. Les toiles de Liron sont des concentrés (de réalité, de picturalité, et aussi de fantaisies personnelles discrètes), des intensités. Il expose dans la galerie-appartement Le Cloître Art Contemporain, en compagnie de Frédéric Khodja qui y présente sa très belle série récente Rose and Blue.
Frédéric Khodja et Jérémy Liron
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin
"Frédéric Khodja et Jérémy Liron se partagent les murs d’une galerie-appartement pour un double regard sur le paysage."
Détail
Frédéric Khodja et Jérémy Liron
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin
"Frédéric Khodja et Jérémy Liron se partagent les murs d’une galerie-appartement pour un double regard sur le paysage."
2022 : Frédéric Khodja et Jérémy Liron, par Jean-Emmanuel Denave in Le petit bulletin, 30 septembre 2022

Mengzhi Zheng
Enfant d’une famille chinoise immigrée en France, Mengzhi Zheng hérite sans doute de son histoire un rapport singulier aux lieux, à l’espace… Depuis 2008, sur papier ou en trois dimensions, il crée des architectures non fonctionnelles, des sculptures qui relèvent tout à la fois de l’abstraction, d’habitats imaginaires, de formes poétiques. Il expose à Lyon une sculpture jouant avec l’espace de l’institut chinois, des maquettes et plusieurs dessins.

Mengzhi Zheng, enf(r)ance
Au Nouvel Institut Franco-Chinois jusqu’au 17 décembre

Frédéric Khodja et Jérémy Liron
Frédéric Khodja et Jérémy Liron se partagent les murs d’une galerie-appartement pour un double regard sur le paysage. Celui de Frédéric Khodja est étonnamment rose et bleu, en petits formats qui pétillent au regard, mais où l’on retrouve les motifs chers à l’artiste : écrans, espaces impossibles, espaces-fictions… Jérémy Liron, quant à lui, condense ses vues urbaines sur des pans de façades, des fragments de bâtiments, des espaces frontaux. On s’y cogne d’abord, avant d’en apprécier les intensités et les multiples dimensions picturales.

Frédéric Khodja et Jérémy Liron, C’est la vie !
Au Cloître Art Contemporain jusqu’au 22 octobre
Pièces d'échos
par J-P Gavard-Perret, Le littéraire
"A côté des grands formats de paysages dans l’atelier de l’artiste et au sein de ses oeuvres en cours, Liron laisse traîner sur son bureau esquisses, recherches, dessins, gouaches sur papier."
Détail
Pièces d'échos
par J-P Gavard-Perret, Le littéraire
"A côté des grands formats de paysages dans l’atelier de l’artiste et au sein de ses oeuvres en cours, Liron laisse traîner sur son bureau esquisses, recherches, dessins, gouaches sur papier."
Pièces d’échos, par Jean-Paul Gavard-Perret in Le littéraire, juin 2022

A côté des grands formats de paysages dans l’atelier de l’artiste et au sein de ses oeuvres en cours, Liron laisse traîner sur son bureau esquisses, recherches, dessins, gouaches sur papier.
L’auteur y travaille et ces marginalia souvent reprises et corrigées ont droit enfin à leur exposition.
Il y a là ce que l’artiste nomme les “Archives du Désastre”, commencés en 2015, dans les vertiges des attentats de Paris et des destructions de Palmyre.
Il existe aussi des travaux sur papier oscillant entre figuration et gestuelle libre, un jeu sur les rapports de masse et le montage à partir de l’œuvre sculptée d’Antony Caro. Sont rassemblées aussi des “Peintures confinées” réalisées sur des emballages alimentaires. Elles constituent un décompte des jours, “un journal malicieux offrant de multiples façons de jouer sur le fond et la forme.” écrit l’artiste.
Se retrouvent aussi des estampes — taille douce, linogravure (dont la série “Les Pinèdes”), lithographie, encres noires de la série des “Images inquiètes” — pour explorer “un autre rapport au trait et à la couleur dictés par les spécificités des techniques d’impression.“
Liron propose ainsi ces “à côté” mais qui, de fait, ne le sont pas. Il s’agit plutôt de pièces d’échos, d’explorations diverses qui complètent les grandes oeuvres du créateur.
Marginalia
par Guillaume Benoît, Slash
"Liron donne vie aux organes de ces sujets et les baigne d’une chaleur impossible, poussant encore sa logique du paradoxe dans ces éléments taciturnes et vibrionnants".
Détail
Marginalia
par Guillaume Benoît, Slash
"Liron donne vie aux organes de ces sujets et les baigne d’une chaleur impossible, poussant encore sa logique du paradoxe dans ces éléments taciturnes et vibrionnants".
Jeremy Liron, Marginalia, par Guillaume Benoît in Slash, juin 2022

La galerie Isabelle Gounod présente jusqu’au 18 juin Marginalia, une exposition sensible et passionnante de Jérémy Liron qui manie avec dextérité les contrastes pour inventer, dans la douleur, une chaleur paradoxale.
La prolifération de cadres et la multitude d’images installent dans le calme éthéré de ses paysages, un sentiment d’urgence, ce délicieux paradoxe du choix de l’artiste en quête de la synthèse de son œuvre bien forcé de reconnaître la nécessité de la multiplication des essais, bien conscient de la nature (per)formatrice des tentatives. Un paradoxe en écho aux mots de Liron qui accompagnent cette présentation, évoquant sa confrontation au support comme le reflet répété d’Elvis fabriqué par Andy Warhol, entre le duel et la pose face au miroir.

À ce jeu de la gravité, Jérémy Liron se plie de tout son corps et les ébauches, les études et les compositions offrent un premier pan de l’exposition peuplé de vues, de mémoires de Palmyre entamées alors que sa destruction méthodique démarrait derrière les ouvertures aveugles de polygones. Réduites à leur seule silhouette, leurs obliques creusent dans les cadres des ouvertures qui, par leur pure invention artificielle, semblent appeler à l’imaginaire dans ce contexte où le réel se fait plus cruel encore que l’imaginaire dégénéré. Le passe-partout qui recouvre la feuille devient la clé pour entrevoir la figure d’un sujet dont l’existence même est un défi à l’idéologie destructrice, un pari lancé à la raison, ce fragment d’histoire tient-il encore debout ou a-t-il été détruit ? Méthodique et appliqué, le geste de l’artiste impose, dans le respect de son sujet autant que la fidélité à son projet, une forme de résistance sourde qui aura résonné jusque-là dans le silence de son atelier pour mieux s’étendre aujourd’hui dans sa brutalité, jusqu’au pied même des cimaises qui lui servent de piliers.
En vis-à-vis, les détails de structures empruntées aux sculptures d’Anthony Caro substituent à l’ambition abstraite apparente, à la raideur moderniste une vivace chaleur organique. Un jeu trouble cette fois qui magnifie, en les amputant, des structures absconses qui voient dans cette découpe une reformation de leurs membres par l’absurde. En les tranchant, Liron donne vie aux organes de ces sujets et les baigne d’une chaleur impossible, poussant encore sa logique du paradoxe dans ces éléments taciturnes et vibrionnants.

Tendre un miroir au monde devant chaque paysage a vite fait de devenir, dans les panoramas qui suivent, tendre tous les miroirs du monde au paysage, d’infuser dans l’image la complexité politique, la charge historique d’espaces géographiques qui ne peuvent plus se lire comme échappatoires à l’imaginaire. Au contraire, ceux-là deviennent les points magnétiques au sein desquels tournoient les flux capables de raccrocher l’imaginaire à ce qui l’engendre, au sein desquels en dernier lieu le rêve trouve toute sa réalité, sa raison d’être, infiniment ancré dans le vrai.
Dans Marginalia, chaque lieu, chaque point de vue devient ainsi sous le pinceau de Jérémy Liron une tentative d’invention de connexion du lieu et du temps, une possibilité d’ancrer le présent et l’imaginaire. Une preuve que jamais, pour finir, comme le corps ne s’est disjoint de l’esprit, le rêve n’a semé l’histoire.
De l’inquiétante étrangeté du paysage
par Catherine David, La Montagne
"De l’architecture moderne d’une villa entraperçue sous la végétation provençale de Jérémy Liron à la piscine désertée, éclairée de l’intérieur dans une nuit d’un calme saturnien d’Adrien Belegrand, il faut suivre les chemins, parfois inquiétants, de ces visions singulières."
Détail
De l’inquiétante étrangeté du paysage
par Catherine David, La Montagne
"De l’architecture moderne d’une villa entraperçue sous la végétation provençale de Jérémy Liron à la piscine désertée, éclairée de l’intérieur dans une nuit d’un calme saturnien d’Adrien Belegrand, il faut suivre les chemins, parfois inquiétants, de ces visions singulières."
De l’inquiétante étrangeté du paysage, par Catherine David in La Montagne

Jusqu’au 31 juillet à l’Espace d’art contemporain de Rognac, sur la commune de Saint-Arcons, lieu créé par l’artiste local Johan Bonnefoy, le public est vivement convié à découvrir une exposition collective baptisée « Paysages ». Un projet soutenu par la Drac AuRA et la chercheuse en arts Noémie Cursoux, commissaire de l’événement.
Neuf jeunes artistes de la peinture contemporaine, à savoir Yann Lacroix, Adrien Belegrand, Jérémy Liron, Julie Susset, Guillaume Montier, Brice Robert, Emmanuel Moralès, Clémentine Chalançon et Johan Bonnefoy lui-même, ont confié à l’Espace de Rognac une ou deux œuvres représentatives de leur conception originale du paysage, genre majeur de la tradition picturale française depuis le XVIIIe siècle.
Le visiteur sera d’emblée ébloui par la virtuosité de ces jeunes talents soucieux d’exactitude jusque dans le détail. De fait ombres et lumières, cadrages, chromatismes et choix des motifs ne manqueront pas de surprendre. De l’architecture moderne d’une villa entraperçue sous la végétation provençale de Jérémy Liron à la piscine désertée, éclairée de l’intérieur dans une nuit d’un calme saturnien d’Adrien Belegrand, il faut suivre les chemins, parfois inquiétants, de ces visions singulières.
Morceau de lotissement sous un buisson de bambous de Brice Robert, feuillages confinant à l’abstraction de Julie Susset, rochers bleus au bord d’une rivière émeraude de Guillaume Montier, fragments de lichens macroscopiques de Clémentine Chalançon, vallée à l’esthétique numérisée d’Emmanuel Moralès, ou encore éléments de nature pris entre trois aplats monochromes de Yann Lacroix… Sans oublier les deux œuvres de Johan Bonnefoy, deux petits bijoux de précision aux atmosphères palpables, où l’incendie d’un côté, l’orage de l’autre, semblent menacer la nature dans son être même.
« Paysages » rend compte de l’infinité des possibilités picturales autour d’un même sujet qui retrouve depuis quelques années ses lettre de noblesse. Les neufs artistes exposés à Rognac, par leurs regards, se réapproprient à leur tour le paysage, source inépuisable d’inspiration.
2021
Jérémy Liron, sans fioritures
par Elisabeth Védrenne, Connaissance des arts
"Ni trop léchée, ni encombrée de signes, sa peinture respire la solidité, une certaine plénitude, et l’évidence paisible qui naît du sentiment de se sentir bien présent sur cette terre."
Détail
Jérémy Liron, sans fioritures
par Elisabeth Védrenne, Connaissance des arts
"Ni trop léchée, ni encombrée de signes, sa peinture respire la solidité, une certaine plénitude, et l’évidence paisible qui naît du sentiment de se sentir bien présent sur cette terre."
Jérémy Liron, sans fioritures, par Elisabeth Védrenne in Connaissance des arts septembre 2021

Jérémy Liron privilégie depuis toujours la figuration, pour offrir la vision cachée et mystérieuse d’une fiction méditative.

« …Les tableaux, comme les vues qui le sont initiés, sont autant de fragments, d’éléments mobiliers susceptibles d’être montés comme l’on dit d’une séquence narrative, organisés, mis en relation ou isolés. » C’est ainsi que Jérémy Liron dépeint sa peinture, lui qui a deux talents, l’écriture et la peinture. Deux chemins parallèles qui dialoguent pour mieux déchiffrer le mystère de la pratique de l’art. intellectuel, certes, mais sans oublier jamais les perceptions ni les sens. Une peinture de réflexion, à feuilleter comme un livre d’images reproduisant une série de paysages ou d’éléments architecturaux présentés frontalement, souvent en gros plan, dans le calme assourdissant d’une lumière métaphysique. Réinventant librement ses architectures à partir de photographies, le peintre introduit ainsi une sorte de fiction somnambulique. Dans l’exposition « Les Parages » à la galerie Isabelle Gounod, les grandes toiles verticales, format « figure » à échelle humaine, étaient une invitation à entrer dans la chair brute de la matière picturale, sans fioriture, avec évidence. Adepte du low-tech, du faire avec peu, il a simplifié encore sa palette, ainsi que son graphisme, réduit à l’essentiel. On pense à Morandi, à Salvo, à toute une tradition de peinture méditerranéenne où les pans de murs en disent long, où les arbres soulignent la violence de cette lumière crue. Mais aussi à Cézanne, Valotton ou Hopper. Ni trop léchée, ni encombrée de signes, sa peinture respire la solidité, une certaine plénitude, et l’évidence paisible qui naît du sentiment de se sentir bien présent sur cette terre. L’exposition à La Garde Adhémar poursuit cette recherche poétique menant à la méditation, au voyage spirituel.
La galerie Eric Linard accueille les œuvres de Jérémy Liron
par Franck Prévôt, Le Dauphiné libéré
"Depuis de nombreuses années, il s’intéresse au paysage et à l’architecture. Et ses derniers travaux trahissent une attention particulière aux paysages de Provence, la côte varoise en particulier."
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La galerie Eric Linard accueille les œuvres de Jérémy Liron
par Franck Prévôt, Le Dauphiné libéré
"Depuis de nombreuses années, il s’intéresse au paysage et à l’architecture. Et ses derniers travaux trahissent une attention particulière aux paysages de Provence, la côte varoise en particulier."
La galerie Eric Linard accueille les œuvres de Jérémy Liron, par Franck Prévôt in Le Dauphiné libéré 11 août 2021

Né à Marseille il y a 41 ans, Jérémy Liron a fait ses études à Toulon puis aux Beaux-arts de Paris. Il vit auourd’hui à Lyon.
Depuis de nombreuses années, il s’intéresse au paysage et à l’architecture. Et ses derniers travaux trahissent une attention particulière aux paysages de Provence, la côte varoise en particulier. « Les pins y ont une place privilégiée. Je suis fasciné par leur grâce, leur manière graphique et sculpturale, leur façon de recevoir la lumière. Et puis ils évoquent mes paysages d’enfance. Il y a un côté un. Peu sentimental. » Jérémy Liron a longtemps aimé mettre en rapport le végétal et le bâti, la nature et l’architecture pour les jeux de contraste.

Jérémy Liron expose depuis le 8 août à la galerie Linard. Certains des tableaux qu’il présente lui ont été inspirés lors d’une précédente exposition de groupe en 2019, avec Frédéric Khodja, Rémy Jacquier, Mengzhi Zheng et Sébastien Faure. « Ce que j’aime dans l’art comme dans la poésie c’est son côté équivoque, inépuisable, jamais tout à fait cernable. Je me méfie des messages, comme des sentences et des dogmes. En revanche je crois qu’il est possible de partager de manière sensible quelque chose d’indicible. D’amener un regard. Ceci permet de partager une attention au monde et aux autres, aux choses ténues et essentielles. A chacun d’en faire l’interprétation ou de la recevoir depuis et avec sa propre sensibilité. »
Splendeurs méditerranéennes
par Pierre Morio, Beaux-Arts Magazine
"En grand format, ses paysages méditerranéens rêvés invitent à une contemplation indolente."
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Splendeurs méditerranéennes
par Pierre Morio, Beaux-Arts Magazine
"En grand format, ses paysages méditerranéens rêvés invitent à une contemplation indolente."
Mélancolie forestière, par Emmanuelle Lequeux in Beaux-Arts Magazine juillet 2021

Une atmosphère estivale s’est emparée de la galerie Isabelle Gounod, avec les nouvelles œuvres du peintre-écrivain d’origine marseillaise Jérémy Liron. En grand format, ses paysages méditerranéens rêvés invitent à une contemplation indolente.

Splendeurs méditerranéennes, par Pierre Morio in Beaux-Arts Magazine juillet 2021

Une frondaison dépassant d’un grand mur ocre, des arbres hiératiques faisant face à la mer, un bâtiment noyé dans une végétation méditerranéenne luxuriante : les paysages de Jérémy Liron incitent à la contemplation. Soigneusement composés, forts de cadrages sensiblement décalés, ils présentent une alternance de touches rapidement brossées et de larges aplats de couleurs franches, captivant le regard. Pour le peintre, « c’est comme dans ces rêves : vous vous surprenez dans une situation, mais rien ne raconte comment vous êtes arrivé là. Il vous reste seulement maintenant à faire face, à explorer ou répondre à ce qui vous sollicite. Un regard, un autre plan de caméra et vous voilà aux prises avec d’autres décors, d’autres personnages selon la logique disruptive d’un plan de coupe ». Le titre de cette nouvelle exposition, « Les parages », rappelle combien, qu’il peigne la Normandie ou le rivage méditerranéen, c’est toujours de sa terre natal, Marseille, qu’il livre la carte mentale.
Jeremy Liron, l’actualité des galeries
par Vincent Delaury, L’œil
"Comme toujours dans les peintures de Liron, aucune figure humaine n’apparaît et, par moments, une menace sourde semble même tapie derrière le bleu azur".
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Jeremy Liron, l’actualité des galeries
par Vincent Delaury, L’œil
"Comme toujours dans les peintures de Liron, aucune figure humaine n’apparaît et, par moments, une menace sourde semble même tapie derrière le bleu azur".
Jeremy Liron, l’actualité des galeries, par Vincent Delaury in L’œil été 2021

Avec sa neuvième présentation solo chez Gounod, Jérémy Liron renouvelle sa pratique en quittant ce qu’on connaît habituellement de lui —des vues urbaines et des bâtiments modernes désertés— pour nous offrir des plages picturales figuratives s’attardant sur les bords de mer, les ombres courant sur les murs et les pins parasols sentant bon le Midi de la France. Comme toujours dans les peintures de Liron, aucune figure humaine n’apparaît et, par moments, une menace sourde semble même tapie derrière le bleu azur. Ces huiles sur toile, interrogeant toutes avec finesse le médium peinture (on pense parfois au Hockney pop), sont vendues entre 2800 et 17 000 €.
Éditorial
par Guy Boyer, Connaissance des arts n°804
"Aller à Lyon pour découvrir « en vrai » dans leurs ateliers les nouveaux paysages peints par Jeremy Liron".
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Éditorial
par Guy Boyer, Connaissance des arts n°804
"Aller à Lyon pour découvrir « en vrai » dans leurs ateliers les nouveaux paysages peints par Jeremy Liron".
Éditorial, par Guy Boyer in Connaissance des arts 804, juin 2021

Voici mes dix bonnes résolutions pour la fin de ce couvre-feu, marquée par la réouverture de certains musées et autres lieux culturels :
1. Aller à Lyon pour découvrir « en vrai » dans leurs ateliers les nouveaux paysages peints par Jeremy Liron, que j’ai découverts sur Instagram pendant le confinement, et à Montmartre les vues de New York de Jean-Baptiste Séchert.
2. Me ruer au Petit Palais pour admirer les gravures et livres illustrés de l’exposition « Edition limitée. Vollard, Petiet et l’estampe de maître », prolongée jusqu’à fin août.
3. (…)
Ce que disent les paysages
par JP Gavard-Perret, Le littéraire
"Mais sa pein­ture pay­sa­gère dépeint moins le monde que le regard qui le sur­prend et le retient contrai­re­ment à ce qui se passe dans le monde où l’oeil virevolte."
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Ce que disent les paysages
par JP Gavard-Perret, Le littéraire
"Mais sa pein­ture pay­sa­gère dépeint moins le monde que le regard qui le sur­prend et le retient contrai­re­ment à ce qui se passe dans le monde où l’oeil virevolte."
Les parages. Ce que disent les paysages, par JP Gavard-Perret in Le littéraire, mai 2021

Jérémy Liron pour­suit ce qu’il défi­nit comme « le sen­ti­ment de pré­sence ». Mais sa pein­ture pay­sa­gère dépeint moins le monde que le regard qui le sur­prend et le retient contrai­re­ment à ce qui se passe dans le monde où l’oeil virevolte.

Sa série des Pay­sages, ini­tiée en 2005, réunit un ensemble de formes et de lieux. Chaque pièce en consti­tue un frag­ment.
L’architecture et la végé­ta­tion occupent une place essen­tielle dans un foi­son­ne­ment des couleurs.

Et l’artiste de pré­ci­ser : “C’est comme dans ces rêves : vous vous sur­pre­nez dans une situa­tion, mais rien ne raconte com­ment vous êtes arri­vés là. Il vous reste seule­ment main­te­nant à faire face, à explo­rer ou répondre à ce qui vous sol­li­cite”.
Liron offre de tels lieux en des plans dont le lan­gage est repé­rable tant sa poé­sie est particulière.
Les Cathédrales de Jérémy Liron à la galerie Telmah
par Maryse Bunel, Relikto
"Le peintre et écrivain s’attache à des motifs comme le paysage et l’architecture. Il en dresse des portraits à travers un travail sur des volumes, des lignes, des rythmes, un temps."
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Les Cathédrales de Jérémy Liron à la galerie Telmah
par Maryse Bunel, Relikto
"Le peintre et écrivain s’attache à des motifs comme le paysage et l’architecture. Il en dresse des portraits à travers un travail sur des volumes, des lignes, des rythmes, un temps."
Les Cathédrales de Jérémy Liron à la galerie Telmah, par Maryse Bunel in Relikto 3 février 2021

La galerie Telmah a donné carte blanche à Jérémy Liron. Le peintre et écrivain a travaillé sur l’architecture des grands ensembles de la métropole rouennaise, des « cathédrales » peintes dans une ambiance apaisante. À voir jusqu’au 11 avril.
Il y a des sujets récurrents dans l’œuvre de Jérémy Liron. Le peintre et écrivain s’attache à des motifs comme le paysage et l’architecture. Il en dresse des portraits à travers un travail sur des volumes, des lignes, des rythmes, un temps. La volonté de Jérémy Liron n’est pas d’être le témoin d’une époque, de raconter une histoire mais d’offrir une émotion, une sensation. Sa peinture projette hors d’un présent, impose un silence et apaise.
D’où ce titre Quelque Chose de pourpre pour cette exposition présentée jusqu’au 11 avril à la galerie Telmah à Rouen. Jérémy Liron emprunte une citation de Gustave Flaubert, « je veux faire quelque chose de pourpre », lors de l’écriture de Salammbô. « C’est une référence à ma manière de concevoir une œuvre. Je ne commence jamais une peinture sur un support vierge. J’applique toujours un fond coloré qui va déterminer une température, une impression. L’anecdote n’est pas importante ».
La sculpture et la peinture aussi
Autre référence : Claude Monet. Jérémy Liron a pu entamer un réel dialogue avec la galerie et réaliser des œuvres pour cette exposition. Il fait ainsi un clin d’œil aux Cathédrales de Monet avec ces grands immeubles bâtis à Grand-Quevilly. « Je détourne cette série avec des variations lumineuses d’un bâtiment ».
Une curieuse exposition à l’aître
par Laurine Bénard, Paris Normandie
"on trouve des peintures sur toile, des sculptures en acier et des travaux sur papier. Des œuvres créées depuis 2009, la dernière série en date ayant été réalisée durant le premier confinement".
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Une curieuse exposition à l’aître
par Laurine Bénard, Paris Normandie
"on trouve des peintures sur toile, des sculptures en acier et des travaux sur papier. Des œuvres créées depuis 2009, la dernière série en date ayant été réalisée durant le premier confinement".
Une curieuse exposition à l’aître, par Laurine Bénard in Paris Normandie du 22 janvier 2021

Le projet n’est pas commun. Jérémy Liron est l’invité, depuis jeudi 21 janvier, de Marie-Andrée Maleville et Alexandre Mare, co-commissaires de son exposition. Ils ont proposé à ce lyonnais de présenter ses séries d’œuvres intitulées « Quelque chose de pourpre ».
Dans la galerie Telmah art contemporain, dès l’entrée de l’aître Saint-Maclou, les tableaux de Jérémy Liron trouvent leur place, de même que ses formats plus modestes de peinture sur emballage de carton. Son projet compte 60 pièces, diverses et atypiques : on trouve des peintures sur toile, des sculptures en acier et des travaux sur papier. Des œuvres créées depuis 2009, la dernière série en date ayant été réalisée durant le premier confinement, qui, dit-il, l’a « inspiré ».
« Je trouve ça intéressant de partager mon travail avec la ville de Rouen », commente sobrement l’artiste. Une évidence quand le titre de son exposition, « Quelque chose de pourpre », fait référence à une citation de Flaubert : « Par exemple, dans mon roman carthaginois, je veux faire quelque chose de pourpre. »
2020
Armand Dupuy "lecteur" de Jérémy Liron
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le salon littéraire
"La fragmentation (qui ne nie pas pour autant l'unité) permet la transgression de la frontière de la peinture mais à l'intérieure du cadre et non en dehors".
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Armand Dupuy "lecteur" de Jérémy Liron
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le salon littéraire
"La fragmentation (qui ne nie pas pour autant l'unité) permet la transgression de la frontière de la peinture mais à l'intérieure du cadre et non en dehors".
Armand Dupuy "lecteur" de Jérémy Liron, par Jean-Paul Gavard-Perret, in le salon littéraire, février 2020

Un tel travail critique permet de revisiter de manière exhaustive l'œuvre de Liron en remontant jusqu'à l'enfance de l'artiste, ses apprentissages, ses goûts artistiques et littéraires (Le Corbusier, Bioy Casares), ses manies de collectionneur, etc.
Pour l'illustrer Dupuy non seulement «met le paquet» mais aussi de la magie dans les motifs qu'il explore chez Liron. Le travail du plasticien se structure dans la prédiction mallarméenne qui donne à l'art tout son sens : rien n'aura lieu que le lieu.
Cassant le chaos par ses "géométries" Liron immobilise ce qui devient une suite de moments à travers des surfaces qui se transforment en corpus d’interrogations. Dans la seconde partie du livre l'artiste s'en explique à travers des entretiens avec l'auteur, avec Philippe Agostini, Gilles Altieri et Léa Bismuth.
Liron précise la manière de «considérer» ses tableaux, d'en pénétrer ses cavités et les quartiers de couleurs. Ce livre est donc autant une venue de lumière que son ruissellement. Le regard s'emplit de ce déversement guidé en un suspens filtré et dirigé par l'auteur et l'artiste comme ce dernier le fait dans les pans de son œuvre.
Face à la compacité et l'opacité du réel l'être, Liron dérobe avec la même ambiguïté qu'une femme le fait en "fuyant" dans sa nudité. Le tout en créant des appels d'air – par effet de grillages par exemple. L'œuvre fait saillir l'entre-deux par où ça passe là où un réel désir n'est plus en sommeil. La fragmentation (qui ne nie pas pour autant l'unité) permet la transgression de la frontière de la peinture mais à l'intérieure du cadre et non en dehors comme le pratique tant de farceurs.
Face à ce creux du regard
par Lionel Bourg, Sitaudis
N’empêche. Le doute règne. On se demande quelle respiration, quelle mort, même, et quelle catastrophe tremblent non pas derrière mais à l’intérieur, sous l’écorce ou l’épiderme des choses dont on ignorait à ce stade la dangereuse banalité.
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Face à ce creux du regard
par Lionel Bourg, Sitaudis
N’empêche. Le doute règne. On se demande quelle respiration, quelle mort, même, et quelle catastrophe tremblent non pas derrière mais à l’intérieur, sous l’écorce ou l’épiderme des choses dont on ignorait à ce stade la dangereuse banalité.
Face à ce creux du regard… par Lionel Bourg, in Sitaudis, février 2020

Fruit d’une fréquentation assidue, le livre qu’Armand Dupuy vient de consacrer à l’œuvre de Jérémy Liron ― à la peinture, en fait, ou à l’approche tourmentée qui fonde son rapport avec l’acte même de peindre comme avec l’écriture, l’un sollicitant l’autre et s’y confrontant non sans alerter l’espérance puis le désarroi caractérisant toute saisie du monde ―, ce livre dense, envoûtant, ne se contente pas d’exposer, chapitre après chapitre, la problématique d’un art dont l’origine se confond avec celle du sens, mais, Récits, pensées, dérives Et chutes, le titre n’en fait pas mystère, ne cesse d’interroger la matière fluente du temps, qu’elle soit sociale ou, matrice, faisceau d’hébétude et de pulsions contradictoires, cette espèce d’oubli de soi très intimement vécu au sein du vaste dehors silencieux où se déploie l’espace.
Je mesure bien que, à peine esquissé, en bute, déjà, à mes propres préoccupations, mon commentaire n’échappe pas aux reflets de miroir d’un ouvrage si pertinent, si fécond que nul ne saurait passer outre, l’exigence qu’il manifeste, l’attraction vite irrésistible qu’il exerce comme à son corps défendant, s’appariant afin de subjuguer le lecteur tout en le délivrant des liens qui l’attachaient, peut-être, à quelque triviale procédure du voir et de l’écrire. On y croise un enfant à la promenade – le père, la mère l’entraînent chaque dimanche dans les parages du couvent de La Tourette, l’architecture de Le Corbusier, que raille son géniteur, imposant aux yeux du gamin l’énigme de volumes qui retiendront longuement l’attention de Jérémy Liron ―, ce même gosse, médusé par la médiocre reproduction d’un tableau de Degas punaisée dans l’appartement familial, se frottant ou se heurtant de plein fouet à l’étrangeté de toute existence, la sienne, d’abord, de l’adolescent bientôt, de l’adulte enfin comme de ces formes qui, face à lui, instaurent un univers dont l’objectivité presque machinale participe à la déshumanisation de lieux qu’aucune présence ne trouble. On le constate alors, ne sachant trop comment l’analyser, l’absence de résidents, de toute vie autre que végétale (et encore, les plantes, les arbres semblent eux aussi statufiés…), souligne dans les toiles de Liron qui montrent des immeubles, des villas ou des façades toujours offerts au tranchant bleu du ciel, l’obsession d’être ― vivre, habiter ― dont la peinture assume et rédime parfois le défaut.
L’ouvrage n’en accrédite que davantage la méditation qui requiert Armand Dupuy, laquelle, plus souple, plus sensuelle au fil des paragraphes, dénonce l’épuisement des critères définissant le paysage, les lacunes et le manque d’acuité dont souffre le regard contraignant l’écrivain, par-delà le geste pictural, à cerner de mots et de phrases l’inexprimable naufrage qui le hante. La vue se consume. La parole brûle. Aplats, touches successives, coulures qui s'épanchent au bas des tableaux et des pages, syntaxe, brosse, plume, crayon, pinceau balafrant la blancheur neigeuse de tel ou tel support, outils et ingrédients renvoient inéluctablement à la littérature, serait-elle en charge des fresques de Lascaux, de l’irréversibilité des heures comme des jours inscrite dans l’éphéméride effeuillé par Roman Opalka, des rêves d’un vieil Aborigène et, la dialectique ici n’est ni feinte ni fallacieuse, des illustrations qu’un bonhomme haut comme trois pommes contemplait dans les manuels de messieurs Lagarde et Michard appartenant à sa mère. C’est que le néant colonise le vide et ses dépendances, qu’une langue s’invente ou, lascive, s’abandonne en dépit de ses hésitations au courant tour à tour nonchalant et rapide du fleuve dont elle accepte, sans restriction désormais, le désir non moins que la caresse. L’huile aura beau l’étreindre, et l’avaler, l’absorber, l’artifice un instant consenti n’offusquera pas la lumière, la « machine de Morel » qu’Armand Dupuy emprunte au célèbre roman de Bioy Casares , s’avouant plus illusoire qu’efficace : « Le naufragé, note-t-il, troque donc un exil pour un autre. Il s’exclut de sa propre vie et perdra définitivement, on peut le supposer, en devenant lui-même une image, ce qui l’avait conduit à s’inclure aux images : la possibilité d’aimer. C’est toute l’incertitude de l’invention. Pour s’unir à Faustine, le naufragé y laisse sa peau. Il renonce à son tableau cutané désirant, parce qu’on sait que c’est la peau qui se désagrège la première, une fois la captation accomplie. »
Or la peinture, Jérémy Liron le sait mieux que personne , loin d’établir un double susceptible de leurrer l’apparence, gauchit, désaxe ou, d’une simple échancrure dans la trame des choses, « défigure » de façon peu ou prou perceptible une réalité à laquelle elle donne ce faisant un visage, icône, portrait ou, profanatrice, effigie de dieux dont les bustes président à l’exposition de leur nudité minérale. Ailleurs, la nuit tombe. La moindre parcelle d’éternité s’effiloche en lisière du songe, les unités d’habitation, qui barrent ou fixent l’horizon de tant d’œuvres, reléguant au statut de déchets oculaires les plates photographies des magazines que l’artiste consulte dans son atelier.
N’empêche. Le doute règne. On se demande ce qui palpite en cette immobilité, quelle respiration, quelle mort, même, et quelle catastrophe tremblent non pas derrière mais à l’intérieur, sous l’écorce ou l’épiderme des murs dont on ignorait à ce stade la dangereuse banalité. Les « Images inquiètes », nimbées, voilées de suie, celles qui se côtoient dans « Les Archives du Désastre », comme couvertes d’un film translucide, vert, couleur d’eau malade ou de corrosion liquéfiée, de cuivre, de bronze, endossent dès lors l’angoisse qui partout s’aiguise. Au reste, puisque la terreur se répand, puisque la dépravation sensible d’une communauté humaine en voie de réification se propage sans rencontrer d’obstacle, l’art n’a plus d’issue que dans la négation des forces qui le nient, l’archive, les monuments les plus anciens et les dépouilles en attente d’inhumation dans les hôpitaux, les morgues, les jeunes femmes du Fayoum, les silhouettes en marche de Giacometti, la Vénus de Lespugue ou la Dame de Brassempouy, la demoiselle que l’on aima quand on avait l’âge des balançoires, Mona Lisa, Marylin Monroe, Francis Bacon, Marcel Proust, Dylan Thomas, John Lee Hooker et Marceline Desbordes-Valmore se portant garants d’un insatiable devenir. Certes, ce qui se décompose ou, livide, s’altère, se dissout, divulgue à l’examen sa nature d’écorché. Le désastre a eu lieu. Nul ne peint, ne dessine ou n’écrit que des leçons d’anatomie, des vanités et, malgré, l’enfer promis, des Jardins des Délices.
Monographie exhaustive, dialogue que complètent les divers entretiens recueillis en annexe, va-et-vient singulier où, en constant équilibre, écriture et peinture s’accordent comme on le vit rarement, le Jérémy Liron d’Armand Dupuy, publié avec un soin extrême par L’Atelier contemporain, s’avère d’ores et déjà indispensable à toute lecture des multiples travaux d’un peintre qui n’en a pas fini d’instruire l’amoureux procès qu’il intente au réel.
Poursuivre ? Conclure ?
Une phrase suffira : « Face à ce creux du regard, aux questions de savoir ce qu’il nous reste quand quelque chose a disparu, qu’est-ce qu’il nous reste comme image, il y a quelque chose que je n’ai pas encore sondé, mais qui travaille et qui fait comme des blocs compacts qui nous accrochent et auxquels on bute. »
Faire surgir la réalité
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire
"Faisant voir à par­tir de la toile ce qu’elle montre et engage elle-même, Jérémy Liron déploie un autre lieu en une sorte d’acte poé­tique construit sur l’exécution d’une répé­ti­tion de divers motifs."
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Faire surgir la réalité
par Jean-Paul Gavard-Perret, Le littéraire
"Faisant voir à par­tir de la toile ce qu’elle montre et engage elle-même, Jérémy Liron déploie un autre lieu en une sorte d’acte poé­tique construit sur l’exécution d’une répé­ti­tion de divers motifs."
Faire surgir la réalité, par Jean-Paul Gavard-Perret in Le littéraire, février 2020

Faisant voir à par­tir de la toile ce qu’elle montre et engage elle-même, Jérémy Liron déploie un autre lieu en une sorte d’acte poé­tique construit sur l’exécution d’une répé­ti­tion de divers motifs.
Traits et cou­leurs s’interrompent et reprennent afin que le souffle des formes ne cesse. Trans­cen­dant les limites du sup­port, le peintre y intro­duit des formes qui s’abîment en lui afin qu’un pas­sage ait lieu.

Une faille est donc intro­duite dans « l’objet - toile », sans inter­rup­tion et afin que l’imaginaire porte à faux.
La toile gagne alors en ouver­ture dans les tra­cés et les cou­leurs comme si la main du peintre les façon­nait « aveu­glé­ment » pour les faire appa­raître autrement.

Face à cette oeuvre, Armand Dupuy crée un essai-somme. Si bien que le terme “mono­gra­phie” ne suf­fit pas à ce qui tient en par­tie d’une étude qui cherche non à décrire l’oeuvre mais à épou­ser le flux de sen­sa­tions qu’elle sus­cite. Un tel tra­vail cri­tique ne repré­sente pas un simple exer­cice de style : c’est une manière de faire sur­gir une réa­lité plus «express».
L’oeuvre dans ce qu’elle pos­sède de sym­bo­lique, de fan­tas­tique appa­raît dans ce qui tient en elle d’un trai­te­ment plus alchi­mique qu’avénementiel du réel.

Pour l’illustrer, Dupuy « met le paquet » pour rap­pe­ler com­ment le tra­vail de Liron se struc­ture dans la pré­dic­tion mal­lar­méenne qui donne à l’art tout son sens : ” rien n’aura lieu que le lieu “. Cas­sant le chaos par ses “géo­mé­tries”, Liron immo­bi­lise ce qui devient une suite de moments à tra­vers des sur­faces . Elles s se méta­mor­phosent en cor­pus d’interrogation.
Au besoin — et dans la seconde par­tie du livre — l’artiste s’en explique à tra­vers des entre­tiens avec Phi­lippe Agos­tini, Gilles Altieri et Léa Bis­muth. Il pré­cise la manières de « consi­dé­rer » ses tableaux, d’en péné­trer cavi­tés et quar­tiers de couleurs.

Ce livre est donc autant une venue de lumière qu’une sorte de ruis­sel­le­ment. Le regard s’emplit de ce déver­se­ment guidé d’un sus­pens fil­tré, dirigé par l’auteur comme l’artiste le crée dans les pans de son oeuvre.
La densité de Jérémy Liron
par FL. GO, Le Monde des livres
"et pourtant la densité du regard est telle qu’elle imprime comme une présence vibrante sur ces toiles figuratives élégantes, d’une simplicité et d’un calme trompeurs".
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La densité de Jérémy Liron
par FL. GO, Le Monde des livres
"et pourtant la densité du regard est telle qu’elle imprime comme une présence vibrante sur ces toiles figuratives élégantes, d’une simplicité et d’un calme trompeurs".
La densité de Jérémy Liron, par FL. GO. in Le Monde des livres, Janvier 2020

« Peintre en bâtiment » : ainsi Gilles Altieri présentait-il Jérémy Liron dans le catalogue d’une exposition à l’Hôtel des arts de Toulon, en 2011. Il y a bien quelques arbres et des buissons, mais, de fait, l’architecture contemporaine de Le Corbusier aux cités en apparence les plus banales, domine la série principale du peintre, Paysages. Pas d’humains en ces lieux – ils feront des apparitions fugitives plus tard, dans une nouvelle série, Archives du désastre – et pourtant la densité du regard est telle qu’elle imprime comme une présence vibrante sur ces toiles figuratives élégantes, d’une simplicité et d’un calme trompeurs. Multipliant les angles et les registres, de l’autobiographie au savant, inventant à mesure la forme de sa rencontre avec cet univers singulier, l’écrivain et critique Armand Dupuy se livre à une passionnante exploration, dans une somme richement illustrée que complète une série d’entretiens avec Jérémy Liron.
2019
Habiter
par Jacques Josse, Remue.net
Habiter un lieu, un espace, y faire halte de façon éphémère ou s’y poser durablement, n’est pas une mince affaire. Celui ou celle qui s’installe ne le fait pas inopinément.
Détail
Habiter
par Jacques Josse, Remue.net
Habiter un lieu, un espace, y faire halte de façon éphémère ou s’y poser durablement, n’est pas une mince affaire. Celui ou celle qui s’installe ne le fait pas inopinément.
Habiter, par Jacques Josse in Remue.net, août 2019

Habiter un lieu, un espace, y faire halte de façon éphémère ou s’y poser durablement, n’est pas une mince affaire. Celui ou celle qui s’installe ne le fait pas inopinément. Auparavant, il a fallu chercher, tourner autour, dénicher le bel endroit. On y porte son corps, son passé, ses envies, ses rêves et des projets d’occupation, de partage et d’équilibre qui ont été longuement pensés et façonnés. C’est autour de cette vaste question – où, comment habiter (une maison, une chambre, une cabane, un appartement, etc.) – que Sereine Berlottier (avec ses textes, poèmes et proses) et Jérémy Liron (avec les reproductions de ses peintures) ont bâti leur livre. Fait de « traces et de trajets », il incite plus au nomadisme qu’à l’ancrage définitif. Et c’est cela qui le rend passionnant.

Son architecture est judicieuse. Aux façades, éléments de paysages, boîtes aux lettres, fenêtres perchées, vitres floues, gouttières, rambardes, portes de garage ou intérieurs presque vides (où dominent une palette de jaune et de belles nuances de vert) peints par Jérémy Liron répondent les cinq textes de Sereine Berlottier.

« S’il m’arrive de rêver à une maison inconnue, n’est-ce pas que je lui délègue des facultés d’accueil, une certaine disposition au bonheur, qui en ferait, sans que je puisse en définir plus longuement les contours, un lieu approprié, non pas tant au sens d’une possession qu’à celui d’une justice, d’une justesse, un lieu pour la paix, la respiration du corps et de la pensée, lieu favorable pour moi et ceux qui me sont proches ? »

Ses 144 fragments pour habiter, où sont assemblés pensées, réflexions, rêveries, extraits de lecture et souvenirs personnels, disent combien la notion d’habiter est délicate. Elle revient sur plusieurs épisodes de sa vie. Revoit les lieux où elle a vécu. Sait que dans certains d’entre eux, où elle ne retournera jamais, se trouve toujours une part d’elle-même. Quelques chambres, maison d’enfance, vieille ferme, appartements et bureaux logent ainsi dans sa mémoire. Et d’autres, rencontrés en rêves, au hasard d’une lecture ou d’un article de presse, lui ouvrent d’autres portes, l’invitant à élargir son champ d’investigation.

« Crise du logement, « mal logement », il me semble que ces mots tiennent étrangement à distance ce dont ils témoignent. Misère, malheur, vie dans l’inhabitable, inhabitable vie, serait-ce plus juste ? »

Son regard s’avère aiguisé, sensible et pertinent. Elle se réfère régulièrement à ceux qui ont beaucoup exploré le sujet. Leurs présences (notamment celles de Perec et de Bachelard mais également de Calvino et de son Baron perché qui se réfugie dans les arbres) sont autant de fenêtres qui éclairent un livre qui devient, lui aussi, à sa manière et au fil des pages, une maison habitée.
Libr-vacances
Fabrice Thumerel
"La maison, bouquet d’impressions : habiter / être habité, passée / pensée / passive / pensive… "
Détail
Libr-vacances
Fabrice Thumerel
"La maison, bouquet d’impressions : habiter / être habité, passée / pensée / passive / pensive… "
Libr-vacances, par Fabrice Thumerel, in Libr-critique, juillet 2019

Franchissons le seuil de la maison (in)solaire créée par Jérémy Liron…
La maison, bouquet d’impressions : habiter / être habité, passée / pensée / passive / pensive… souvenfance !
« Habiter, intransitif ? » (p. 96).
Et si on habitait entre ?
Maison du passé / du passage / maison de paille / maison de l’avenir…
« Maison serait le lieu en moi d’une continuité d’expérience, d’une simple phrase, longue, enracinée, cousue à d’autres plus anciennes, vieillissantes et reprises, le lieu d’un lien éprouvé, d’une mémoire articulée, complexe, où se conserverait l’empreinte des gestes précédents » (116).
Qu’est-ce qu’un « lieu favorable » ? Celui où vous attendent vos pénates ? Dont vous rêvates ? Qui présente « les indices d’un futur possible » (17)… Une « maison où l’on existerait entièrement, où l’écriture pourrait s’accomplir » (51)…
« 144 fragments pour habiter » : sa mémoire, ses rêves, ses lectures…
Un lieu de déambulation poétique et onirique pour le lecteur !
Habiter, par Stephen Dock, Zakarian-Navelet, Arnaud Maïsetti, Sereine Berlottier et Jérémy Liron
par Fabien Ribery, L’intervalle
"De l’autre côté du mur, il y a tout à inventer, réinventer, réagencer dans le neuf et la mélodie des jours, seuls et ensemble."
Détail
Habiter, par Stephen Dock, Zakarian-Navelet, Arnaud Maïsetti, Sereine Berlottier et Jérémy Liron
par Fabien Ribery, L’intervalle
"De l’autre côté du mur, il y a tout à inventer, réinventer, réagencer dans le neuf et la mélodie des jours, seuls et ensemble."
Habiter, par Stephen Dock (photographe), Zakarian-Navelet (architectes-urbanistes), Arnaud Maïseti (universitaire, écrivain), Sereine Berlottier (écrivain) et Jérémy Liron (peintre), par Fabien Ribery, in L’intervalle, juillet 2019

« J’avais dans ma maison trois chaises : une pour la solitude, deux pour l’amitié, trois pour la société. » (H.D. Thoreau, Walden ou la Vie dans les bois)

Pour fêter les dix ans de leur agence d’architecture, Stanislas Zakarian et Olivier Navelet avaient envie d’un livre consacré à une de leurs constructions, une maison, située sur la presqu’île de Giens (Hyères), avec vue sur mer, arbres et espaces pouvant faire fonction d’agora.
Deux artistes ont été invités, Stephen Dock, photographe (lire mon article récent sur son Human Interest Stories) et Arnaud Maïsetti, écrivain, ainsi qu’une éditrice sensible à la cause architecturale, Charlotte Guy (éditions Sometimes).
L’environnement est unique, coincé entre la mer et les collines. Vues d’ensemble, plans, maquettes, coupes, premières approches photographiques.
Les mots se mêlent aux images, ce sont des corps se rencontrant.
Intelligence des dessins, des constructions, des phrases.
Intelligence de la communauté des bâtisseurs, de ceux qui fournissent le béton aux équipes du gros œuvre, des menuisiers aux paysagistes.
Une maison, un lieu, une totalité, des rayons qui fécondent, des ombres auxquelles s’abandonner.
Exposer les pièces d’un puzzle, avec soin, sur le tapis du livre (The Lying Forest).
Laisser respirer les surfaces, tout apprécier, du gravillon, à la qualité remarquable du béton, des oliviers à la sagesse méditerranéenne (pensée de midi camusienne).
Rectangle d’une piscine, forteresse pénétrable des doux murets, larges fenêtres ouvertes sur le bleu et le bois.
« Les fenêtres pourraient aussi être des tableaux, remarque Arnaud Maïsetti, et c’est peut-être le cas.»
On peut ressentir ici de la mélancolie, parce que tout semble en attente d’être habité, réveillé, soulevé par le rire des occupants encore absents.
Nous sommes au seuil d’un paradis possible. Pour le moment, nous sommes hors saison.
De l’autre côté du mur, il y a tout à inventer, réinventer, réagencer dans le neuf et la mélodie des jours, seuls et ensemble.
C’est un pari, l’un des plus beaux qui soient.
Habiter, disent aussi l’écrivain Sereine Berlottier, en un ensemble de cinq textes très différents (poème/prose), et le peintre Jérémy Liron.
Qu’est-ce qu’un Lieu favorable, se demandent-ils (premier texte) ? « de mémoire presque rien », du soin (pour les arbres, le petit chien, le mur de pierre), un poêle (imaginer une bûche pourpre), un champ non loin, la possibilité d’abattre les cloisons, et de ne pas le faire.
« près de cette maison / des arbres poussent seuls / dans leur absence de nom / des choses tombent / et même de petits animaux nourrissants / parfois un bassin étroit / où regarder / des corps / les tiges lourdes d’intention / que le paysage suppose »
Tu lis L’annonce (texte 2), tu rêves, tu scrutes les détails, tu flottes, tu te projettes, tu te montes le bourrichon, tu inventes un récit, tu dérives. Cette maison, c’est une grange, une barque désarrimée, des voix muettes que tu entends pourtant
« parfois c’est juste un meuble, un bureau de bois mat devant une fenêtre, et ce bureau peut suffire pour abriter la maison tout entière, pour la promettre, la dessiner »
144 fragments pour habiter constitue la partie centrale de l’ouvrage. Il y est question – en de courts paragraphes construits comme des propositions de pensées (des parpaings poreux) – de conte, de Bruno Bettelheim, de cabanes (lire le récent Nos Cabanes, de Marielle Macé chez Verdier – entretien avec l’auteure dans L’Intervalle), de Georges Perec (le guide), de ruines, d’anecdotes personnelles ou de faits divers, de chambres de bonne, d’Ulysse, d’enfance, de pays natal, de Virginia Woolf, d’Ivan Illich, d’abri, de fiction, de camps de réfugiés.
« Maison, du latin manere, qui signifiait demeurer, rester, s’est imposé en français, tandis qu’en italien, en espagnol et en portugais casa (que l’on retrouve en français dans case) s’est maintenu. »
Petite-fille de l’architecte de l’Institut Marcel Rivière, « établissement de santé mentale », fondé en 1959 par la Mutuelle générale de l’Education nationale, à La Verrière, dans les Yvelines, Sereine Berlottier connaît la chanson de l’habiter, des chantiers en cours, des interdictions de pénétrer en ces lieux, et des passages secrets.
Fragment 62 : « Il me semble qu’il y a eu une période où les architectes se méfiaient des murs. Comme certaines de ces architectes étaient mes parents, j’avais souvent froid. »
Fragment 74 (citation de Gaston Bachelard) : « L’intimité a besoin du cœur d’un nid. »
Vendre son appartement, puis le racheter, rien de mieux.
Fragment 127 : « L’apparition du mot souplex désignant un appartement disposé sur deux niveaux, dont l’un est en réalité un sous-sol ou une cave, aménagés. Ce qu’un tel néologisme tente d’usurper en souplesse, à défaut de lumière. »
Ailleurs (texte 4) est une maison protégée par les arbres et les écureuils, que prolonge La Cabane, « espace sans prédation supposée ».
Qu’elle soit de béton ou de paille, la cabane est une peau dont nous désirons terriblement, à nous y frotter aux quatre coins de la langue et des rêves, la possibilité d’apaisement.
Habiter, texte de Sereine Berlottier, peintures de Jérémy Liron
par Carole Darricarrère, Sitaudis
"Cela commence piano piano par une petite annonce dans un journal ou sur un écran mais pourrait aussi bien apparaître comme une disparition ; une maison est quelque chose qui fait surface dans le temps".
Détail
Habiter, texte de Sereine Berlottier, peintures de Jérémy Liron
par Carole Darricarrère, Sitaudis
"Cela commence piano piano par une petite annonce dans un journal ou sur un écran mais pourrait aussi bien apparaître comme une disparition ; une maison est quelque chose qui fait surface dans le temps".
Habiter, texte de Sereine Berlottier, peintures de Jérémy Liron par Carole Darricarrère, in Sitaudis, juillet 2019

Comme un jeu de mikado, une maison en kit sur pilotis, ou un postulat d’indices, jaune ce jaune est-il si jaune que cela, ce jaune poivre et sel, cette chevelure hantée de noir ; au soleil il est moutarde et vrombissement de pollens, à l’ombre il est vert, dans la bouche des enfants il est cocu, oui cocu précisément serait selon eux la couleur de ce jaune.
Il n’empêche, pied à pied tout contre le texte, les peintures monochromes de Jérémy Liron – enfin pas si monochromes qu’elles en ont l’air – se déclinent en dix-sept propositions binaires yellow & black et même parfois en double-page avec un quant-à-soi qui n’en flirte pas moins allègrement avec les mots, les mots de Sereine Berlottier, la petite musique insistante de tous ces mots adorables, une sorte de patchwork des délices comme autant d’asanas c’est-à-dire au fond de figures composées à géométrie variable, pour la plupart des fragments ; jaune est alors une obsession en liberté au même titre qu’habiter, cet instinct grégaire, au nom de la poésie peut devenir un tourment délicieux en « un lieu favorable » ; car « Habiter » n’est pas une maison mais un espace-temps en cinq chapitres et 144 fragments de résonances ; « Habiter » est jaune comme s’il en neigeait ; si « Habiter » était une saison elle serait à inventer ; « Habiter » est une odeur entre chien et loup, étoile et coccinelle ; bref habiter prend du temps et exige beaucoup d’imagination et « Habiter » un vrai poème, un poème à la ligne, parfois un rectangle comme une brique avec beaucoup d’air pour respirer autour, ailleurs une toile cirée comme en suggèrent parfois les marées. Certains mots ont une charge poétique insoupçonnée, habiter qui en est un est ici comme réhabilité sous la plume aérienne de Sereine Berlottier, et un mantra insistant qui se lit à la paille et se boit comme du petit lait.
Cela commence piano piano par une petite annonce dans un journal ou sur un écran mais pourrait aussi bien apparaître comme une disparition ; une maison est quelque chose qui fait surface dans le temps, que l’on emporte en voyage avec soi dans son sommeil et qui transpire sa propre haleine sur nos vies.
Quelque chose que l’on ne cherchait pas et qui vous trouve, cela Sereine Berlottier qui porte haut son prénom tel un présage de bon augure, a une manière irrésistible de le dire. Dire et, dire que, dire est une étoile, une écriture comme un enchantement simple, une respiration de madeleine, un jaune proustien, lire est alors contagieux, lire fait nappe dans un rêve éveillé, lire s’attrape, habiter est une fée, fée qui : une fée du logis, trois pages et on avance, une page et on recule, les doigts jaunes de ce drôle de pollen un peu gris si légèrement ourlé de noir, en poésie on avance encore parfois sur les ailes d’un papillon, habiter est être habité, dans la langue de Sereine Berlottier tombe sous le charme de ce qui pourrait être une définition simple de la poésie, un ressac, un jaune dont le bain mobile ne serait pas stable, une maison de guingois qui en cacherait une autre tapie au fond du cœur, de habiter à maison à tablier il y a des trajets fragiles et des traces, des détours et des détails, et aussi, des secrets de famille et des doutes, habiter est ici une attitude et non une habitude, un acte bienveillant et responsable, un jardin et une vue, habiter est un sixième sens qui prend corps doucement à la source d’un projet, un projet de livre, ce livre aurait pu être écrit par un chat, Sereine Berlottier est peut-être d’ailleurs un chat, un chat jaune et noir qui sortirait tout droit d’un conte sans étonnement passant d’une pièce l’autre sans crier gare, ce jaune aussi (j’y repense) aurait pu être inventé par un chat à la faveur de la nuit.
Il est à noter qu’une palette de paradigmes, de discontinuités, de variations de tons et autres menues disjonctions, procurent à la lecture une sensation quasi physiologique de vertige comme un trou d’air ; une décision d’auteur qui fait d’abord un peu grincer nos hémisphères cérébraux tel un parti-pris de fenêtres sur le grand dehors de l’horizon, une envie d’aller vérifier ailleurs ce que habiter signifie vraiment, un bouquet de connivences et de citations, des points de vue sur le motif, des (p)références de lecture, des choix de chemins buissonniers qui ratissent large et auxquels sur la longueur on commence vite à prendre goût car à leur tour ils fondent ce qu’habiter est par-dessus tout, une intimité & au-delà encore, une cabane d’écrivain.

Ainsi ceci (page 6)…

« de l’autre côté de la vitre il
n’y a
qu’un champ qui glisse
vers un autre champ qui
glisse
jusqu’à ce que le soleil
se couche
et que les vaches elles-mêmes
s’estompent
se dispersent – se rassemblent
près de la voix du petit berger
(inaudible si tu ne sors pas)
(…)

Devient-il cela (fragment 1, page 27)…

« Dans les versions les plus anciennes
du conte des 3 petits cochons, les deux
premiers petits cochons meurent, dévorés
par le loup, une fois leur maison détruite.
Dans d’autres versions plus récentes, et
adoucies, les deux petits cochons impré-
voyants (quelle idée de bâtir en bois et
en paille !) se sauvent chez leur frère, le
seul architecte digne de ce nom de la
famille, (…) »

Il en va souvent ainsi de ce qui semble avoir été écrit dans des temporalités différentes avant qu’à son tour l’épars ne constitue un ensemble, un ensemble poétique cohérent singulier de fragments de plus en plus longs qui auraient la main légère et tourneraient subtilement autour de la question à la manière concentrique de ronds dans l’eau au fur et à mesure que l’auteure passe sans prévenir avec un naturel déconcertant de l’évocation à la description et vice versa : « Non décrit, le réel rencontré déborde, dément l’effacement auquel la carte l’assigne. » (en écho à un livre de Philippe Vasset)
C’est dans ces fragments qu’ «Habiter» culmine dans une somme sentimentale d’une finesse incomparable (fragment 90), sorte de suaire de rosée subtile à la croisée de l’événement et de la lecture blanchi jusqu’à évaporation
Et qu’habiter devient l’acmé d’une vie et se conjugue alors comme une déshabitation ou un direct dans le cœur.
Comble de l’occurrence ce n’est pas sans sourire que l’on apprendra que l’auteure est issue (l’issue ?) d’une lignée d’architectes (tant va que la vie est bonne, et drôle, là où l’on ne l’attendait pas), ENJOY ; le reste est à découvrir à la lecture sur un tapis de mosaïques repiquant le motif dont tel ou tel fragment serait parfois le jumeau solaire de la face cachée de la lune d’un autre ( e.g. la suite logique inéluctable des fragments 90, 104 et 135).
Étant entendu qu’habiter est un exercice de mémoire, que « La première demeure n’a(vait)-t-elle pas été de mots ? » et que la clef est sur la porte, « Habiter » est une somme dense que je vous invite d’ores et déjà à relire.
Il y a…
par Sabine Huynh, Terre à ciel
"Enfin, « éclairant » le texte, il y a ce jaune-vert-lichen lumineux des maisons peintes par Jeremy Liron, qui donnent l’impression d’être sous-marines".
Détail
Il y a…
par Sabine Huynh, Terre à ciel
"Enfin, « éclairant » le texte, il y a ce jaune-vert-lichen lumineux des maisons peintes par Jeremy Liron, qui donnent l’impression d’être sous-marines".
Il y a…, note de lecture par Sabine Huynh, in Terre à ciel, juillet 2019

Sereine Berlottier (textes) & Jeremy Liron (peintures), HABITER, traces & trajets, Les Inaperçus, 2019

Il y a... le texte de Sereine Berlottier, bâti sur des souvenirs ténus, de tout ce qu’il y avait, autour de cette maison « sans voisins, sans bruits, sans chaleur », maison endormie depuis cent ans. Il y a des arbres, des fleurs, de la neige, des ombres, des tombes, des reflets, des visages perdus, « une forme [qui] rêve sous une couverture », peut-être de maisons. Il y a tout ce qui divise. Il y a deux petites filles. L’enfance a-t-elle vraiment eu lieu, entre plaisir et réalité ? Il y a leurs histoires, et les contes, ceux d’où nous venons, et les fantômes qui ont vécu là, et des menaces qui continuent à sourdre – n’y a-t-il pas eu cette annonce ? Il y a ces choses, on tourne autour, il y a la mer, on va vers elle, il y a toujours la maison, qui se déplace et tourne, entraînant ce qu’elle contenait : poussière, mystère, vide. Il y a notre ami écrivain mort après avoir envoyé « les bruits de la nuit ». Il y a Perec aussi, bien sûr, toujours, sans épuisement aucun, et Virginia Woolf, Bachelard et d’autres, Thoreau, Césaire, Kafka... Enfin, « éclairant » le texte, il y a ce jaune-vert-lichen lumineux des maisons peintes par Jeremy Liron, qui donnent l’impression d’être sous-marines, de couler, de lutter contre l’ombre qui cherche à les gagner. Où vivre, où écrire ? De quoi sont faits nos rêves, nos maisons, nos rêves de maison et d’écriture ? Pourquoi habiter ? Quelles traces laissera-t-on ? Demande ce livre grave et profond.

« près de cette maison
des arbres poussent seuls
dans leur absence de nom
des choses tombent
et même de petits animaux mourrissants
parfois un bassin étroit
où regarder
des corps
les tiges lourdes d’intentions
que le paysage suppose »
Sereine Berlottier et Jérémy Liron construisent un livre à habiter
Adrien Meignan, Addict Culture
"Ce serait finalement l’objectif de chaque livre, offrir un lieu où notre imaginaire peut vivre, se déployer et continuer à s’élargir."
Détail
Sereine Berlottier et Jérémy Liron construisent un livre à habiter
Adrien Meignan, Addict Culture
"Ce serait finalement l’objectif de chaque livre, offrir un lieu où notre imaginaire peut vivre, se déployer et continuer à s’élargir."
Sereine Berlottier et Jérémy Liron construisent un livre à habiter, par Adrien Meignan, in Addict Culture, juin 2019

Les éditions Les inaperçus nous offrent encore un très beau livre où se rencontrent Sereine Berlottier (écrivaine) et Jérémy Liron (peintre). Habiter traces & trajetsest une variation sensible sur la thématique de l’habitat. Il est composé de 5 textes de Sereine Berlottier et de reproductions de peintures de Jérémy Liron. Chaque page apporte une réflexion sur la question d’habiter. Poésie, récit, fragments et peinture composent un chemin sensible pour prendre conscience d’un acte essentiel. Chaque habitat dit quelque chose de la société que nous formons.
Sereine Berlottier parle autant de la solidité précaire d’une maison que de ceux qui fuient la leur. L’habitant peut perdre son statut et vivre en dehors. Le cœur du livre est composé de 144 fragments. Elle cite des auteur-e-s qui ont participé-e-s à l’édification de l’imaginaire littéraire de l’habitat. L’écrivaine nous raconte aussi son intimité, son lien personnel. Elle doute aussi de la fragilité du texte. Pourtant celui-ci semble nous accueillir autant avec les mots de Sereine Berlottier que la peinture de Jérémy Liron. Nous nous y retrouvons pour mieux saisir ce commun.
« L’intimité a besoin du cœur d’un nid » dit Gaston Bachelard cité par Sereine Berlottier. Ce cœur se retrouve aussi dans le livre qui nous accueille. Mais le livre n’est pas confortable au sens où celui-ci conforterait notre appréciation. Le livre de Sereine Berlottier et Jérémy Liron nous reçoit pour remettre en jeu notre conception de l’habitat. Prendre en « considération », terme cher à Marielle Macé plusieurs fois citée dans le texte, l’acte d’avoir un lieu à soi. Habiter pourrait être un espace commun où chaque lecteur-trice peut venir prendre ou apporter du sens.
Ce livre est le lieu partagé de notre réflexion et de notre imaginaire, outil indispensable pour appréhender le monde. Ce serait finalement l’objectif de chaque livre, offrir un lieu où notre imaginaire peut vivre, se déployer et continuer à s’élargir.
Jérémy Liron : perception d’un vide inévitable
par Marie Zimberlin
Il ne reste plus qu’à contempler, qu’à retenir un extrait de vie, un geste, peut-être celui de la feuille d’un arbre.
Détail
Jérémy Liron : perception d’un vide inévitable
par Marie Zimberlin
Il ne reste plus qu’à contempler, qu’à retenir un extrait de vie, un geste, peut-être celui de la feuille d’un arbre.
Jérémy Liron : perception d’un vide inévitable, par Marie Zimberlin in Virtute, mai 2019

Jérémy Liron, artiste marseillais représenté par la galerie Isabelle Gounod, vit et travaille à Lyon. Il dessine l’idée de présence à travers des paysages déserts. Silence et arrêt dans le temps.

Vision Sculpturale
Suggestives, les images géométriques aux lignes temporelles, évoquent une mémoire lointaine aux tons clairs-obscurs. Langage mélancolique, architecture brute et moderne rappelant Le Corbusier, le paysage semble néanmoins se déformer. Troncs zigzagants, perspective décalée, ces lieux semblent lourds de sens et de souvenirs. Ils évoquent un espace pictural et mental tridimensionnel.
Les toiles de l’artiste rappellent un peu Cézanne, avec ce sud de la France, ses touches étirées de matières, ses coulures. On retrouve un mélange paradoxal entre paysage urbain et végétation, entre lumière, chaleur et rigidité. Jérémy peint comme un auteur. Il utilise le figuratif, mais seulement pour déconstruire la réalité, en offrir une vision, une épiphanie. Et y révéler la forme et non le fond : c’est elle qui raconte quelque chose.
« Depuis un peu plus d’une dizaine d’années maintenant, je poursuis une série de tableaux intitulée Landscape(s) qui est la partie la plus identifiée de mon travail. Série qui se développe en une suite de tableaux de formats souvent similaires s’apparentant à des fragments où l’architecture dans ses relations avec le paysage ou la végétation tient le premier rôle. Mais en réalité, derrière l’apparence première un peu anecdotique parfois, ce qui m’intéresse est plus impalpable et a trait à quelque chose que l’on pourrait nommer «sentiment de présence» et qui investit le travail du regard. Qu’est-ce que regarder, qu’est-ce que surprendre une image à l’intérieur de l’espace du regard, qu’est-ce qui traverse le regard ou le met en perspective ? »

Poésie Du Vide
Poésie de l’espace, poésie du vide, il conçoit l’œuvre comme un langage, face à elle-même, à sa solitude et à son ennui. Espace livré à lui-même et abandonné : l’artiste peint une beauté du vide. Un nouveau Romantisme sculptural. Ses toiles évoquent presque les Vanités par leur silence et leur désespoir. Il ne reste plus qu’à contempler, qu’à retenir un extrait de vie, un geste, peut-être celui de la feuille d’un arbre. Mais seul le langage de l’art pourra vous l’expliquer, vous n’aurez pas les mots pour décrire avec justesse ce bleu, ce mur de béton ou ce tronc.
La poésie noire ou seulement proustienne de Jérémy vous jette dans un vide dont personne ne peut échapper, un vide existentiel qu’on préfère oublier, mais qui, le temps d’une toile, ressurgit, vous rappelle que le temps passe devant nous, immobile.
Ou bien est-ce l’inverse ?
Jérémy Liron, parcours en « pente douce »
La Voix du Nord
"Pas de personnes, d’animaux, de voitures mais des ombres portées, des lumières, des masses qui structurent l’espace : un arbre, une pelouse, un massif de fleurs donnant à ces œuvres un côté énigmatique."
Détail
Jérémy Liron, parcours en « pente douce »
La Voix du Nord
"Pas de personnes, d’animaux, de voitures mais des ombres portées, des lumières, des masses qui structurent l’espace : un arbre, une pelouse, un massif de fleurs donnant à ces œuvres un côté énigmatique."
Jérémy Liron, parcours en « pente douce » in La Voix du Nord, mars 2019

Douze ans après sa résidence artistique Coup de Pouce, Jérémy Liron expose jusqu’au 27 avril à l’H du siège de Valenciennes. « J’ai eu l’opportunité de prendre du recul sur mon parcours et de montrer aussi des œuvres inédites », explique l’artiste, dont les premiers paysages représentent souvent des immeubles aux couleurs ocre ou gris délavé. Ces architectures inspirées par la géométrie du Corbusier, se détachent sur un fond bleu uniforme. « Le fait qu’elles surgissent comme des tableaux abstraits m’intéressait » explique Jérémy Liron. Pas de personnes, d’animaux, de voitures mais des ombres portées, des lumières, des masses qui structurent l’espace : un arbre, une pelouse, un massif de fleurs donnant à ces œuvres un côté énigmatique. Ce jeu d’ombres et les lumières se retrouvent dans ses sculptures.
Vé, ces mocos…
par Daphnée Albert, La Strada
"Photographie, collages, mais aussi peinture avec Jérémy Liron, qui de son côté introduit le végétal dans l’environnement urbain, pour des paysages banals réenchantés."
Détail
Vé, ces mocos…
par Daphnée Albert, La Strada
"Photographie, collages, mais aussi peinture avec Jérémy Liron, qui de son côté introduit le végétal dans l’environnement urbain, pour des paysages banals réenchantés."
Vé, ces mocos…, par Daphnée Albert in La Strada, mars 2019

« Mocos » : mot provençal pour désigner les marins toulonnais. Entendez-vous la sonorité de ce mot teinté d’une touche de nonchalance presque enfantine ? Les mocos de grands enfants malicieux ? Assurément oui ! Voici en filigrane, la ligne et la trame de cette exposition généreuse et inspirée présentée à la Galerie du Canon.

Du plus trivial et au plus ordinaire, Gilles Boudot crée des mondes merveilleux. A partir d’ustensiles ménager, rebuts du quotidien, il crée de petits théâtres, assemblés minutieusement, desquels naîtront images et photographies… L’artiste questionne la perception, et peut-être plus encore le désir de l’observateur. Autant de questions philosophiques émergent à propos de l’illusion, du subterfuge. Que voit-on ? Que croit-on, ou aimerait-on voir ? Ses photographies évoquent des paysages marins, et ce, même après avoir saisi le jubilatoire subterfuge. Véritables calembours visuels, l’esprit et l’imagination nous mènent à ce désir, presque mystique, de n’avoir de cesse de recréer mentalement un ailleurs, un espace comme en équilibre… C’est une poésie teintée d’humour absurde que l’on retrouve chez Jean-Noël Laszlo, une même légèreté profonde. L’essence et les sens, la langue et les lettres prennent corps et matière, Les lettres et l’être (titre de l’une de ses sculptures en bronze exposée à la galerie) provoquent et stimulent la pensée. L’artiste détourne avec brio les notions d’iconologie : là où l’image devient langage, et inversement. L’esprit de Fluxus et de l’Oulipo, des cafés littéraires, habitent ses compositions collages. Photographie, collages, mais aussi peinture avec Jérémy Liron, qui de son côté introduit le végétal dans l’environnement urbain, pour des paysages banals réenchantés. N’est-ce pas là encore, le dévoilement subtil des artifices, et autres utopies contemporaines de la modernité ? Les sculptures de Goulven offrent quant à elles une belle alchimie entre force et puissance. Ses lignes courbes sont infinies, prolongées dans l’espace mental. La connotation figurative, ou encore narrative, appartient au regardeur, toujours lié au désir et à cette persistance d’une mémoire culturelle et collective. De la forme brute naît un navire, une épave, un radeau… Goulven utilise peu d’outils, ses mains pensent. De l’économie de moyens et des contraintes naissent la beauté. Cette exposition, Les Mocos, est portée par une remarquable scénographie créant un dialogue entre les artistes et leurs œuvres, et au-delà, questionne le langage et la notion de signes, visibles en surface…
Peggy Viallat-Langlois et l'adhésion dégagée de l'ombre
par JP Gavard-Perret, Gruyère suisse
"elle confectionne sa propre dentelle de couleur tandis que Liron la modèle de ses phrases".
Détail
Peggy Viallat-Langlois et l'adhésion dégagée de l'ombre
par JP Gavard-Perret, Gruyère suisse
"elle confectionne sa propre dentelle de couleur tandis que Liron la modèle de ses phrases".
Peggy Viallat-Langlois et l'adhésion dégagée de l'ombre, par JP Gavard-Perret in Gruyère suisse

Peggy Viallat-Langlois sait qu'on ne chasse pas le brouillard avec un éventail. C’est pourquoi au lieu de bétonner la vanité dans le sens du gris elle confectionne sa propre dentelle de couleur tandis que Liron la modèle de ses phrases. Cela évite de sacrifier aux suintements nocturnes des pleurs inhérents à ce qu'un tel genre rappelle. Même si bien sûr demeurent ce que de telles images fomentent et que souligne Liron : Les hommes font aussi volontairement parfois de ces images dont ils ignorent eux-mêmes le sens et qui les troublent comme nous trouble ce que l'on entrevoit de nos passions, de nos pulsions, des mécaniques inconscientes qui nous déterminent, de ce que fermente notre mémoire."

Néanmoins l'artiste crée une certaine distance teintée d’humour par rapport à soi-même et au genre. Ce que la vanité généralement ampute, enleve, sectionner retranche est métamrphosé. A l'asthénie généralisée de crâne fait place la gourmandise dans le carnaval des couleurs. Si bien que par la "grâce" roturière de l'artiste, les morts ainsi léchés ne restent plus sourds aux compliments qu'elle leur adresse au sain d'un "puits" et d'un soupir non extrême mais post-exotique dans ce qui est souvent l'objet d'une jouissance morbide aussi prégnante que silencieuse
Peggy Viallat-Langloy & Jeremy Liron, visagéités de la Vanité
par JP Gavard-Perret, Le littéraire
"Il y a là des expériences-sources où le crâne retrouve une forme de vie gra­vi­ta­tion­nelle en de tels prin­cipes créa­teurs."
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Peggy Viallat-Langloy & Jeremy Liron, visagéités de la Vanité
par JP Gavard-Perret, Le littéraire
"Il y a là des expériences-sources où le crâne retrouve une forme de vie gra­vi­ta­tion­nelle en de tels prin­cipes créa­teurs."
Peggy Viallat-Langloy & Jeremy Liron, Visagéités de la Vanité, par JP Gavard-Perret in Le littéraire, 2019

Les “Vanités“de Puggy Viallat-langlois font irrup­tion dans les textes de Jérémy Liron. Et vice-versa. Les deux donnent forment à une éner­gie comme si le genre per­met­tait d’entrer dans l’énigme des langues entre para­dis et cruauté et ce, dans un enthou­siasme spé­cu­la­tif.
Si bien que les deux artistes trompent la mort et l’au-delà en don­nant des ailes à leurs expé­ri­men­ta­tions qui revi­ta­lisent le désir, le rêve. Mais à la matière d’une mytho­lo­gie — d’où sans doute l’effet de nos­tal­gie mais qui glisse du passé vers l’avenir.

Celui qui affir­mait “Ne passe-t-on pas la majeure par­tie de son temps à inven­ter par petites par­celles les sou­ve­nirs exacts de ce qui ne cesse conti­nuel­le­ment de nous échap­per?” déve­loppe ici une autre “phi­lo­so­phie” que les textes de Peggy Viallat-Langlois ouvrent un peu plus. Il y a là des expériences-sources où le crâne retrouve une forme de vie gra­vi­ta­tion­nelle en de tels prin­cipes créa­teurs.
L’ensemble est “scot­chant” par cette sous­trac­tion de la mort par les enchan­te­ments de l’artifice. Et ce, au sein même de ter­ri­toires construits moins, à l’origine, pour l’ostentation que le recueille­ment. Le tout dans d’étranges et pro­vi­soires épiphanies.

La Vanité est donc sou­mise à une étrange éro­sion, érec­tion et résis­tance face à l’angoisse. Il s’agit de retrou­ver une forme de confiance dans l’extase de la vie pour ne pas la quitter.
Habiter. Un livre de Sereine Berlottier et Jérémy Liron aux éditions Les Inaperçus
par Georges Guillain, Les découvreurs, éditions LD
"la reprise quasi obsessionnelle de la même courte gamme chromatique qu’utilise ici Jérémy Liron forment une stimulante combinaison avec la grande mobilité et les incessants déplacements auxquels se livre l’écriture toute en relances et ruptures, en seuils, de Sereine Berlottier"
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Habiter. Un livre de Sereine Berlottier et Jérémy Liron aux éditions Les Inaperçus
par Georges Guillain, Les découvreurs, éditions LD
"la reprise quasi obsessionnelle de la même courte gamme chromatique qu’utilise ici Jérémy Liron forment une stimulante combinaison avec la grande mobilité et les incessants déplacements auxquels se livre l’écriture toute en relances et ruptures, en seuils, de Sereine Berlottier"
HABITER. UN LIVRE DE SEREINE BERLOTTIER ET JÉRÉMY LIRON AUX ÉDITIONS LES INAPERÇUS, par Georges Guillain in Les découvreurs, éditions LD, 2019

Comme on aimerait pouvoir rassembler en une seule et belle phrase, voire en un seul et beau livre profond, brillant, définitif, cette indécidable part d’intime réalité autour de laquelle de textes en textes, de tableaux en tableaux, de tentatives en tentatives, nous tournons en fragments, en images. Dans la sourde mélancolie de ne jamais pouvoir pleinement l’habiter.

Habiter. Oui c’est cela : habiter. Mais que faut-il encore entendre par ce mot ? Tant nos formes et nos objets d’habitation, se montrent à leur tour divers et même pour certains contradictoires. Qu’est-ce qu’habiter pour ces millions de personnes qui chassées de leurs habitations ne connaissent plus, dans le meilleur des cas qu’abris, baraquements, toutes les formes précaires de l’habitat sauvage ou des enfermements étatiques ? Qu’est-ce qu’habiter pour l’enfant bricolant au jardin ses projections d’imaginaire ? Pour celui ou celle qui, surfant sur les sites de ventes immobilières, s’exténue, à partir des indications stéréotypées des annonces et des photos réalisées par les propriétaires, à se trouver un lieu qui « accueillerait [ses] patiences, [ses] souvenirs, [ses] projets, l’affection des herbes, la familiarité des nuages », tout en sachant au fond de soi qu’il cherche en fait à concilier l’inconciliable, ses rêves d’espace ouvert avec ses désirs d’intimité et de repli. Et qu’aux chaleurs et qu’aux lumières imaginées répondront immanquablement le froid perçant des grands murs de pierre et les vieilles peurs cachées dans l’hermétique compacité de la nuit.

C’est de cela et de bien d’autres choses, que me parle et se parle l’ouvrage que les Inaperçus, cette excellente petite maison d’édition dont le nom j’espère deviendra vite une antiphrase, ont récemment publié, sous le titre d’Habiter. Rassemblant comme c’est le principe de la maison, des textes de la jeune poète Sereine Berlottier et d’envoûtantes photographies d’œuvres du peintre lyonnais Jérémy Liron, le livre, sous-titré, traces & trajets multiplie de fait les gestes et les tracés pour tenter comme il peut de faire ensemble tenir, le détail et le tout de ce qui constitue pour nous cette complexe notion d’habitation. Dans ce qui rattache et sépare. Évoque le mobile et l’immobile, le dehors et le dedans. La possession des uns contre la dépossession des autres. Dans une écriture au présent qui s’offrirait le luxe de retenir entre ses mailles, aussi bien l’avenir que ses innombrables passés.

De ce beau livre impossible, voulu par son auteur, poète, comme « une cabane mais en plus confortable », ressort aussi l’idée que l’écriture est pour les hommes une manière d’habiter. Comme l’est, d’une autre façon, mais tout aussi intense et forte, la peinture dont ici l’écriture est accompagnée. Les formes un peu inquiétantes, désertées, simplifiées parfois à l’extrême avec leurs « traversées ouvertes sur l’absence », leur effet magnétique un peu de frontière, ainsi que la reprise quasi obsessionnelle de la même courte gamme chromatique qu’utilise ici Jérémy Liron forment une stimulante combinaison avec la grande mobilité et les incessants déplacements auxquels se livre l’écriture toute en relances et ruptures, en seuils, de Sereine Berlottier. Cela peut-être ne fait pas maison, se dit l’auteur d’Au bord1, qui compare, dans l’un des 144 fragments de la partie centrale du livre, son écriture à « une hutte ventée, bancale », imaginant en leurs lieux et places, un livre qui serait comme « une phrase longue, enracinée, cousue à d’autres plus anciennes, vieillissantes et reprises ». Mais nous appartient-il à nous, pauvres humains séparés, de pouvoir inventer jamais cet « abri sans fissures » ? Et n’est-il pas en définitive plus stimulant, pour l’esprit comme pour la vérité des choses, que de faire dessin de la multitude contrariée de nos tracés ? Le livre que nous donne donc ici les Inaperçus, riche de toutes ses références, multiples, riche aussi de toute sa liberté de formes, s’il ne délivre in fine, sur la notion d’habiter, aucune irrévocable formule, n’en fait pas moins partie de ceux qui illuminent. Explorant nos désirs, nos angoisses à travers l’ensemble des traces et des interrogations que l’existence dans sa double extension temporelle et spatiale, sans oublier culturelle 2, aura déposé au cœur de l’expérience intime de ses auteurs, poète et peintre, il étend large une maison où accueillir, aux bords, nos vies.
Jérémy Liron, Chronique
par Juliette Mantelet, Tafmag
Ce qui fascine le peintre par-dessus tout ce sont les jeux plastiques entre une architecture purement géométrique composée de lignes, d’angles, de cubes et les gestes et matières du végétal.
Détail
Jérémy Liron, Chronique
par Juliette Mantelet, Tafmag
Ce qui fascine le peintre par-dessus tout ce sont les jeux plastiques entre une architecture purement géométrique composée de lignes, d’angles, de cubes et les gestes et matières du végétal.
Jérémy Liron, Chronique, par Juliette Mantelet in Tafmag

Né à Marseille, Jérémy Liron a ensuite étudié aux Beaux-arts de Paris avant de s’installer à Lyon où il vit actuellement. Ce sont justement les paysages de ces différentes régions qu’il peint, entre banlieue parisienne et pins de la côte, entre nature et architecture, photographie et peinture. Jérémy Liron produit une peinture plus réaliste que ce que l’on a l’habitude de montrer dans cette rubrique. Plus réaliste et en même temps moins figurative. Il n’y a plus de femme ou d’humain, simplement la trace de l’homme devinée dans ces quelques maisons ou immeubles présentés.

PHOTOPEINTURE
Lorsque l’on regarde pour la première fois le travail de Jérémy, on pourrait croire à un cliché. Ses traits sont nets, géométriques, comme dans ce tableau par lequel on aperçoit un arbre et une villa futuriste à travers une fenêtre. Chaque élément est à sa place, les couleurs sont précises, sans débordement, presque comme dans une photographie. Ces deux arts dialoguent d’ailleurs souvent ensemble dans notre époque où les mediums se mélangent et s’enrichissent. Une époque où les frontières disparaissent entre genres, entre styles musicaux… La photo est parfois si composée et colorée par des aplats de couleurs qu’elle fait penser à un tableau, comme dans les images survitaminées de TRopico Photo. Parfois c’est l’inverse, la peinture est si nette que la distinction entre photo réelle et invention peinte se fait extrêmement fine. L’art de Jérémy Liron se caractérise par la rigueur de sa ligne, la représentation quasi parfaite de ces architectures modernes… Il prend d’ailleurs quotidiennement des photos pour son inspiration.

ARCHINATURE
Dans sa série « Paysages », commencée il y a presque 15 ans et désormais composée de plus de 180 toiles, Jérémy montre son intérêt pour l’architecture urbaine moderne mais surtout pour la façon dont le paysage naturel entre en dialogue avec l’architecture de l’homme. Il ne peint quasiment jamais simplement un bâtiment, ses peintures sont toujours habitées par la forme naturelle, qu’elle soit libre ou domestiquée. Une façon de montrer que la nature se retrouve partout, même dans un paysage urbain. Elle est là, elle domine, perdure… Les arbres viennent cacher une maison, en recouvrir les murs. Les toiles de Jérémy illustrent le tête à tête entre l’architecture créée par l’homme et la nature éternelle, ce tête à tête au cœur de nombreux débats actuels. Ce qui fascine le peintre par-dessus tout ce sont les jeux plastiques entre une architecture purement géométrique composée de lignes, d’angles, de cubes et les gestes et matières du végétal. « Il me fallait arpenter le paysage urbain, répondre de ces événements que produisaient ces architectures raides, silencieuses, mornes fichées sur l’étendue dont la géométrie grise, le rythme des fenêtres dialoguaient avec les haies, les pelouses, les terrains en friche », écrit-il avec poésie.
Ses toiles, si elles rappellent la photographie, ne sont pas pour autant selon l’artiste de la documentation pure mais plutôt des évocations. Il ne cherche pas la ressemblance à tout prix, il veut montrer dans ces rapports de textures, de formes et de couleurs que « quelque chose avait lieu ». Au-delà de l’architecture et de la nature, Jérémy veut raconter un moment, une ambiance. L’autre trait caractéristique de son travail, c’est la disparition de la présence humaine. L’homme est présent par cette architecture, pensée et façonnée par sa main, mais il n’est pas littéralement représenté dans le cadre. Cette volonté de l’artiste donne à son travail une dimension plus grande, le fait plonger dans « la grande temporalité », loin de l’anecdotique. L’homme n’est qu’éphémère et Jérémy veut aborder l’universel, l’intemporel. « Les choses nous regardent depuis leur temps. Nous passons et elles restent », décrit le peintre. Ce discours rappelle celui d’Eléonore Deshayes et ses poésies flottantes, l’illustration de cette incapacité à figer la nature qui engloutira toujours l’homme, cette intranquilité de l’homme mortel face à la nature immortelle… « Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien manque au monde immense et radieux ! » écrivait déjà Victor Hugo. L’homme n’est pas le maître du monde. Il construit, laisse une trace et disparaît. Et le travail de Jérémy nous fait réfléchir justement à cette trace… Voulons-nous vraiment qu’elle ne soit que dévastatrice, et que même la nature après nous ne soit plus si radieuse ?
Manipulations et interprétations de Mocos à la galerie du Canon
par PA.M., Var Matin
Quant à Jérémy Liron, on retrouve ses paysages urbains et ses plantes méditerranéennes.
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Manipulations et interprétations de Mocos à la galerie du Canon
par PA.M., Var Matin
Quant à Jérémy Liron, on retrouve ses paysages urbains et ses plantes méditerranéennes.
Manipulations et interprétations de Mocos à la galerie du Canon, par PA.M. in Var Matin

Pour sa nouvelle exposition, la Galerie du Canon a fait appel au plasticien photographe Gilles Boudot, au sculpteur Goulven, au jongleur de lettres Jean-Noël Laszlo et au peintre Jérémy Liron. Le commissaire de l’exposition, Gilles Altieri, a appelé l’ensemble « los mocos », « car tous sont Toulonnais et un moco est un marin provençal, en particulier originaire de Toulon, tandis qu’un ponantais est un marin breton ».
Si la plastique des photographies de Gilles Boudot, argentiques et numériques, saute aux yeux, en les regardant plus attentivement, de près ou de loin, on perçoit montages et trucages, et on en sourit. Il précise : « En créant ces illusions, je livre le spectateur a ses propres doutes, et je le laisse choisir ce qu’il a envie d’y voir ».
Depuis longtemps, Goulven manie tôle d’acier, pliage et disqueuse pour réaliser ses sculptures dont les angles et les courbes évoluent. Montrant quelques impacts et rayures, il assure que « ces faiblesses et accidents font partie de l’œuvre, lui donnent un certain cachet dû à l’imprévu ».
Le travail de Jean-Noël Laszlo tourne autour de la lettre et de ses possibles, parfois aussi de la numération, comme le montrent la série de mosaïques réalisées à partir de papiers glanés ici ou là, laissant apparaître des chiffres, et une autre faisant le lien entre lettres et cafés littéraires. Quant à Jérémy Liron, on retrouve ses paysages urbains et ses plantes méditerranéennes. Il présente aussi de petites peintures à l’huile sur papier interprétant des sculptures d’Anthony Caro.
2018
Collage stéréoscopique
par Niko Rodamel, Le petit bulletin
"Peintre d’origine méridionale formé aux Beaux-Arts de Paris puis finalement installé à Lyon, Jérémy Liron répond à l’invitation d’Ella & Pitr pour son tout premier collage one-shot sur le MUR stéphanois, loin du cadre habituel des galeries, musées ou centres d’arts dans lesquels il expose habituellement son travail."
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Collage stéréoscopique
par Niko Rodamel, Le petit bulletin
"Peintre d’origine méridionale formé aux Beaux-Arts de Paris puis finalement installé à Lyon, Jérémy Liron répond à l’invitation d’Ella & Pitr pour son tout premier collage one-shot sur le MUR stéphanois, loin du cadre habituel des galeries, musées ou centres d’arts dans lesquels il expose habituellement son travail."
Collage stéréoscopique, par Niko Rodamel in Le petit bulletin, novembre 2018

Peintre d’origine méridionale formé aux Beaux-Arts de Paris puis finalement installé à Lyon, Jérémy Liron répond à l’invitation d’Ella & Pitr pour son tout premier collage one-shot sur le MUR stéphanois, loin du cadre habituel des galeries, musées ou centres d’arts dans lesquels il expose habituellement son travail. « La singularité de la proposition m’a incité à répondre positivement car le changement de contexte est à la fois intéressant et motivant. » Les dimensions hors normes du support (3m x 8m) et le caractère éphémère de l’œuvre ont conduit l’artiste à préparer une impression papier qui sera ensuite collée sur le M.U.R. « Il s’agit d’un paysage typique de mon univers où la végétation est traitée de manière presque abstraite et où percent des formes blanches évoquant des architectures modernes. » Le peintre a ensuite recadré puis dupliqué la scène à la manière des stéréoscopes, ces appareils de la fin du XIXème siècle qui offraient des vues en relief. Prolongeant ses recherches sur la série Paysages qui l’occupe depuis près de quinze ans, Jérémy a pensé le panneau comme une fenêtre qui en pleine rue s’ouvrirait vers un ailleurs, comme un souffle, un appel du large...
Jacques Truphémus et Jérémy Liron, les silences de la peinture
par Sarah Hugounenq, La gazette Drouot, N° 28
"La radicalité des paysages fragmentés de Liron confronte le regard tantôt à un mur, tantôt à la fuite."
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Jacques Truphémus et Jérémy Liron, les silences de la peinture
par Sarah Hugounenq, La gazette Drouot, N° 28
"La radicalité des paysages fragmentés de Liron confronte le regard tantôt à un mur, tantôt à la fuite."
Jacques Truphémus et Jérémy Liron, les silences de la peinture, par Sarah Hugounenq in La gazette Drouot, N° 28, juillet 2018

Le musée expose cet été le hasard d'une rencontre. D'un côté, un peintre à l'automne de sa vie : Jacques Truphémus, occupé par la représentation chamarrée des paysages, entre réserves et coulures. De l'autre Jérémy Liron, de soixante ans son cadet, qui interroge la perception de l'espace dans des toiles désertes et atemporelles. " Lors d'un vernissage en 2014, je les ai vus converser comme s'ils se connaissaient depuis toujours, se remémore Sylvie Carlier, commissaire de la présente exposition. A demander de quoi ils parlaient, ils m'ont répondu : de peinture et de fenêtre. " Ce fut le point de départ d'un dialogue esthétique où, dans le lointain héritage de Vasari et de Matisse, la surface du tableau est comprise comme une ouverture. La radicalité des paysages fragmentés de Liron confronte le regard tantôt à un mur, tantôt à la fuite. Alors que Truphémus joue sur le motif de la fenêtre ou de la porte pour suggérer la peinture comme un passage. Refusant le rapprochement immédiat entre les deux artistes, l'accrochage se permet une exception, magistrale. Au même moment, sans se concerter, ils achèvent une toile comme une réponse aux recherches de Claude Monet sur la représentation du blanc. L'étude du soleil corse du Paysage n°151, dont le flamboiement blanc annihile presque la vision, répondait, sans que son auteur le sache, aux Rideaux blancs de la verrière de l'atelier de Jacques Truphémus. Cette vibration du blanc dans l'antre de la création fut sa dernière toile, avant de mourir en 2017.
Vies silencieuses
par Luc Hernandez, exit mag
"Jérémy Liron aborde lui aussi, à sa façon, cette dichotomie entre présence et absence, intérieur et extérieur, en dédoublant notamment le cadre dans une construction beaucoup plus cinématographique."
Détail
Vies silencieuses
par Luc Hernandez, exit mag
"Jérémy Liron aborde lui aussi, à sa façon, cette dichotomie entre présence et absence, intérieur et extérieur, en dédoublant notamment le cadre dans une construction beaucoup plus cinématographique."
Vies silencieuses, par Luc Hernandez in exit mag, juin 2018

Le peintre préféré des Lyonnais, Jacques Truphémus, privilégiait l'expression " vie silencieuses " à celle de " natures mortes ". Il a pourtant peint beaucoup de natures mortes, des fruits attablés jusqu'aux intérieurs notamment de son atelier des Cévennes, suggérant un lien avec la nature et l'extérieur à travers le rôle de la lumière, évoquant surtout une présence diffuse, un lien partagé, dans ses pièces apparemment vides de présence humaine mais que la peinture vient habiter. En 2014, il avait largement échangé avec un autre peintre lyonnais, Jérémy Liron, à l'occasion d'une exposition intitulée " Passages " évoquant le thème de la fenêtre. De quarante ans son cadet, avec des moyens autrement plus contemporains et presque photographiques, Jérémy Liron aborde lui aussi, à sa façon, cette dichotomie entre présence et absence, intérieur et extérieur, en dédoublant notamment le cadre dans une construction beaucoup plus cinématographique. Directrice du musée Dini, Sylvie Carlier a eu la bonne idée de les rapprocher tous les deux pour un hommage au présent au peintre lyonnais Truphémus, et un approfondissement des racines picturales de son jeune cadet. Un échange des plus fructueux qui invite à la rêverie et à la contemplation, dans le temps.
Truphémus et Liron à Villefranche
par Stani Chaine, Lyon Capitale
"Deux générations, deux visions, deux ressentis du monde se côtoient ou se confrontent à travers la peinture de Truphémus et de Liron, au musée Paul Dini, via un accrochage très intelligent."
Détail
Truphémus et Liron à Villefranche
par Stani Chaine, Lyon Capitale
"Deux générations, deux visions, deux ressentis du monde se côtoient ou se confrontent à travers la peinture de Truphémus et de Liron, au musée Paul Dini, via un accrochage très intelligent."
Truphémus et Liron à Villefranche, par Stani Chaine in Lyon Capitale juin 2018

Deux générations, deux visions, deux ressentis du monde se côtoient ou se confrontent à travers la peinture de Truphémus et de Liron, au musée Paul Dini, via un accrochage très intelligent. Chez Jérémy Liron, un seul titre, Paysage, suivi d'un matricule. Ce sont des villas de " nouveaux riches ", sous un soleil accablant, des rues et des architectures désertées, presque aseptisées. Ce monde est juste topographie, constaté, peint en aplats, loin des nuances montrées dans l'exposition du Polaris en 2011. Très différemment, dans leur montée vers la couleur, les saynètes lyonnaises, bistrots, vues d'atelier, rues d'Osaka et extérieurs cévenols de Jacques Truphémus offrent une approche émerveillée d'un monde sensuel et généreux. Deux petits " cabinets de curiosité " permettent de découvrir croquis et carnets des deux peintres.
Silencieuses mélancolies
par Léone Metayer, L'œil
"Le regard de Jérémy Liron, parfois placé derrière une baie vitrée, se projette vers les formes géométriques de l'architecture et de la nature du Sud. Chez les deux artistes, un même sentiment de mélancolie émane de ces lieux de passage silencieux, souvent vides de figures."
Détail
Silencieuses mélancolies
par Léone Metayer, L'œil
"Le regard de Jérémy Liron, parfois placé derrière une baie vitrée, se projette vers les formes géométriques de l'architecture et de la nature du Sud. Chez les deux artistes, un même sentiment de mélancolie émane de ces lieux de passage silencieux, souvent vides de figures."
Silencieuses mélancolies, par Léone Metayer in L'œil juin 2018

L'exposition propose un dialogue entre Jacques Truphémus (1922-2017) et Jérémy Liron (né en 1980), qui ont en commun un intérêt pour la perception de l'espace et les liens entre intérieur et extérieur. Les deux peintres français ont discuté, en 2014, de la question de la fenêtre : projection du réel ou ouverture vers un autre monde ? Le style dépouillé de Jacques Truphémus donne à voir des atmosphères évanescentes : bistrots lyonnais, paysages du Japon et lumière des Cévennes. Le regard de Jérémy Liron, parfois placé derrière une baie vitrée, se projette vers les formes géométriques de l'architecture et de la nature du Sud. Chez les deux artistes, un même sentiment de mélancolie émane de ces lieux de passage silencieux, souvent vides de figures, où le temps se suspend. Les œuvres exposées proviennent de la collection du musée, des ateliers des artistes et de collections particulières. En collaboration avec les galeries Isabelle Gounod et Claude Bernard, la. Commissaire de l'exposition, Sylvie Carlier, directrice du Musée Paul Dini, a réuni une soixantaine d'œuvres dont une grande majorité de peintures et quelques dessins et pastels de Truphémus.
Quelques lieux où se perdre
par Fabien Giacomelli, Le Progrès
"Ces œuvres explorent très librement les thématiques du paysage réel ou imaginaire, de l’habitat et de l’abri, des espaces logiques ou fictifs…"
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Quelques lieux où se perdre
par Fabien Giacomelli, Le Progrès
"Ces œuvres explorent très librement les thématiques du paysage réel ou imaginaire, de l’habitat et de l’abri, des espaces logiques ou fictifs…"
Quelques lieux où se perdre, par Fabien Giacomelli in Le Progrès, mai 2018

La galerie Françoise Besson propose l’une des plus belles expositions du moment, rassemblant un écrivain (Sébastien Faure) et quatre plasticiens : le Nantais Rémy Jacquier et les Lyonnais Frédéric Khodja (commissaire de l’exposition), Jérémy Liron et Mengzhi Zheng… Maquettes, dessins, gravures et sculptures sont présentes ici en nombre, dans un accrochage dense et réussi. Ces œuvres explorent très librement les thématiques du paysage réel ou imaginaire, de l’habitat et de l’abri, des espaces logiques ou fictifs… Il est bon parfois de se laisser égarer à travers l’imagination sans borne des artistes !
Les silences de la peinture
par Sylvie Adam, Journal France 3 Rhônes-Alpes
"Des architectures désertées, le temps suspendu, un tableau comme une fenêtre. Les gestes sont intuitifs, sur son pinceau la matière est diluée pour jouer les transparences, les superpositions de couleurs, la lumière, les volumes."
Détail
Les silences de la peinture
par Sylvie Adam, Journal France 3 Rhônes-Alpes
"Des architectures désertées, le temps suspendu, un tableau comme une fenêtre. Les gestes sont intuitifs, sur son pinceau la matière est diluée pour jouer les transparences, les superpositions de couleurs, la lumière, les volumes."
Les silences de la peinture, par Sylvie Adam in Journal France 3 Rhônes Alpes, mai 2018

On termine avec la rencontre séduisante de deux univers picturaux : celui, infiniment sensible de Jacques Truphémus, décédé l'an dernier et celui plus architectural de Jérémy Liron, à découvrir au musée Paul Dini de Villefranche sur Saône. L'expo s'intitule " les silences de la peinture ". Jérémy Liron est un jeune peintre installé à Lyon, Sylvie Adam et Benjamin Métral l'ont regardé travailler :

Des architectures désertées, le temps suspendu, un tableau comme une fenêtre. Les gestes sont intuitifs, sur son pinceau la matière est diluée pour jouer les transparences, les superpositions de couleurs, la lumière, les volumes. " je vois les lignes qui se poursuivent, des cadres qui viennent, qui rentrent, qui sortent… pour que ça atteigne une certaine présence ". Avant de peindre, Jérémy Liron déambule, observe longtemps, photographie des choses ordinaires, loin du pittoresque, s'en inspire pour les transfigurer. " Je ne sais pas trop trop ce que je cherche. A priori, je ne m'intéresse pas à quelque chose de beau à la base, je ne peins pas forcément ce qui pour les gens relève des belles choses. Donc au tout départ il y a peut-être une question de revalorisation, ou amener à regarder des choses que l'on ne regardait pas, regarder différemment ". A 37 ans, ce professeur agrégé d'arts plastiques a déjà une production importante, commence à se faire connaître. Le musée Paul Dini est le premier musée en France à lui avoir acheté une œuvre. Il y a une certaine audace à représenter ces univers bétonnés où une rambarde peut accrocher l'œil.
Les silences de la peinture, Myriam Gadenne
Captation et interview par Hervé Laurent, Radio Pluriel
"Et de là nait finalement une sourde inquiétude. On est posté au milieu de la rue face à cette arête d'immeuble et cette vision de l'espace qui semble se dérober sous notre regard."
Détail
Les silences de la peinture, Myriam Gadenne
Captation et interview par Hervé Laurent, Radio Pluriel
"Et de là nait finalement une sourde inquiétude. On est posté au milieu de la rue face à cette arête d'immeuble et cette vision de l'espace qui semble se dérober sous notre regard."
Les silences de la peinture, Myriam Gadenne, captation et interview par Hervé Laurent pour Radio Pluriel, avril 2018

Dans le cadre des cycles 'Un été contemporain', le Musée Paul Dini, à Villefranche sur Saône, propose pour cette année 2018 une exposition composée d'œuvres de Jacques Truphémus et Jeremy Liron, intitulée 'Les Silences de la peinture'. La confrontation de ces peintres à la touche et aux styles bien différents fait apparaitre des points qui leur sont communs, qui donnent son titre à l'exposition : des représentations qui semblent silencieuses, par la distance et les couleurs ouatées, par l'absence de personnages ou juste la trace récente d'une présence humaine, par des parties énigmatiques dans la toile, par des formes à plusieurs interprétations possibles, par des situations d'entre deux, des mises en abyme….

Jeremy liron est un jeune peintre de 37 ans, agrégé d'arts plastiques (il enseigne par ailleurs les arts plastiques), qui a suivi un enseignement aux beaux-arts de Paris et peint des paysages urbains depuis 2004. Il insiste pour dire que ce ne sont pas uniquement des architectures, des vues d'architectures, mais bien des paysages urbains. Alors quelle est la différence ? La différence c'est qu'il s'intéresse effectivement à un bâtiment -vous verrez au départ souvent ce sont des habitats collectifs qui sont a priori sans charme et sans qualités apparentes - et lui ce qui l'intéresse c'est l'inscription de ce bâtiment dans un environnement. Ce sont donc finalement les jeux de rapports entre l'habitat et l'environnement et ce à quoi ça peut renvoyer chez nous, regardeurs. Il va vraiment essayer d'approfondir cette question des rapports construits. Lui s'évertue finalement à restituer cette présence singulière. Commençons par cette œuvre qui s'intitule Paysage 125. Que montre cette œuvre ? Un immeuble. Un immeuble sans beauté spéciale, vous en conviendrez. Avec un cadrage assez rapproché. Au premier plan vous avez un bout de rue qui est figurée par ce bandeau gris, le trottoir et cet immeuble qui a une architecture assez complexe finalement puisqu'il est composé de retraits et de saillies, d'angles, avec ce groupe d'arbustes qui est flanqué derrière une grille et parement vert. Voyez que JL, et c'est là que nous allons commencer à parler de sa démarche, très souvent il construit l'espace d'une manière spécifique et souvent il va jouer sur les points de vue singuliers. Voyez qu'ici il a choisi un cadrage rapproché. Alors ça crée une certaine sensation ce cadrage puisque non seulement on ne voit pas l'immeuble dans son intégralité mais en plus on ne voit pas le ciel. L'immeuble sature complètement l'espace de la toile si bien que l'on est un petit peu dominé par cette masse volumineuse qui en vient presque à nous écraser. Mais en plus il choisit un point de vue particulier : je ne vous montre pas l'immeuble complètement, et je ne vous le montre pas de face ou de côté, je vous montre l'arrête de l'immeuble - on est vraiment sur l'angle. Et voyez que cet angle il est divisé en deux espaces successifs si bien que le peintre nous présente cet immeuble dans ce que l'on appelle je crois la perspective oblique, mais cette perspective si vous faites attention n'est pas juste, la plupart des lignes sont tordues. Regardez par exemple le trottoir : il procède à une sorte de torsion de l'espace. Et c'est là que l'on entre dans la complexité de JL, c'est que très souvent de loin on a l'impression d'un réalisme presque objectif, alors que lorsque l'on se rapproche de près on voit que la main du peintre est toujours présente et qu'il ne cherche pas du tout à cacher qu'il s'agit de peinture. Voyez que l'on voit aussi des coulures, il n'a pas peint complètement en bas de la toile. C'est comme pour nous rappeler que l'on est là face à une image peinte et non pas devant le réel. Et cette image en plus, elle nous échappe. C'est comme si elle se dérobait en plus à notre regard, comme si elle était en train de se distordre. D'où le fait que ces lignes soient un petit peu courbes. Alors ça ne vous a peut-être pas échappé, mais ces paysages urbains sont toujours vides de toute présence humaine et cette présence singulière est notamment liée à ça puisque finalement il n'y a personne dans ces paysages et JL joue entre le contraste qui nait entre l'horizon d'attente lié à un habitat collectif (on s'attend à voir des gens aux fenêtres ou qui sortent du hall, qui circulent dans la rue) et finalement ce qu'il nous en montre c'est quelque chose de totalement vide et de désert. Et de là nait finalement une sourde inquiétude. On est posté au milieu de la rue face à cette arête d'immeuble et cette vision de l'espace qui semble se dérober sous notre regard.
Ça se confirme avec le polyptyque qui est à côté. JL d'ailleurs dans des écrits plus anciens parlait de ses tableaux : " je voudrais que mes tableaux se réduisent à l'évidence d'un immeuble sur l'étendue ". Parce qu'effectivement nous sommes devant ce polyptyque, c'est-à-dire une œuvre composée de 6 panneaux et ce polyptyque nous montre une simple barre d'immeuble qui semble fuir vers l'arrière-plan avec une autre barre d'immeuble d'ailleurs qui fait un angle et une espèce de masse végétale qui vient obstruer la vue, très sombre. Alors ce que je ne vous ai pas dit sur JL, c'est qu'il travaille aussi beaucoup en aplats, qu'est-ce que c'est : une couche de peinture sans nuances, quasiment uniforme. Vous verrez que souvent ses ciels sont d'un bleu homogène ou qu'il va mettre comme ici des grands blocs uniformes, ce qui fait que la végétation prend un aspect presque inquiétant : elle est à la fois sombre et sans nuances. Il s'agit de regarder ce paysage avec plus d'attention et nous noterons qu'au premier plan il choisit un cadrage et un point de vue particulier. Nous ne sommes pas n'importe où, nous sommes postés sur une autoroute. Il y a un accotement, cette barre métallique qui nous indiquent que nous sommes sur une route. Et puis surtout, en haut à gauche, nous voyons un morceau qui nous interpelle qui indique que nous sommes dans une voiture. C'est l'habitacle de la portière : il a photographié cette vue d'une voiture pour ensuite la peindre. Je ne vous ai pas dit qu'il commençait par photographier ses vues urbaines, ce sont des paysages qui existent pour de vrai, mais il les peint ensuite en atelier. Nous sommes finalement dans le silence d'une voiture et nous regardons ce paysage désertique ou déserté d'une banlieue assez froide et assez grise - parce que vous noterez aussi une palette très froide : du vert foncé, du gris, du blanc avec ce polyptyque qui vient redoubler l'architecture de l'architecture urbaine qu'il nous donne à voir. Vous noterez peut-être qu'on est comme mis à distance de cet immeuble et ça c'est très important dans la démarche de JL : il y a toujours une volonté de mettre à distance le spectateur. Cette mise à distance elle commence avec ces plaques de plexiglas. Pendant très longtemps JL va systématiquement adjoindre à ses toiles une plaque de plexiglas pour maintenir une distance symbolique avec le spectateur, mais c'est là qu'il y a une ambivalence, cette plaque de plexiglas elle fait autre chose, vous l'avez peut-être remarqué, elle renvoi votre reflet. C'est-à-dire qu'à la fois il nous laisse à l'extérieur et en même temps ce reflet nous inclue dans ce paysage pourtant vide de toute présence humaine. 1ere barrière, celle symbolique du plexiglas, 2eme barrière, littérale, celle du bord de l'autoroute, 3eme barrière cette importante masse végétale qui vient encore nous repousser de l'immeuble et on pourrait encore rajouter une 4eme barrière car on a l'impression que par cet effet de perspective, l'immeuble fuie vers l'arrière. Donc finalement tout est fait pour nous maintenir à distance de ce paysage et alors on a cette espèce de dôme bleu qui nous questionne. Je vous avoue que je n'ai pas d'explication de l'artiste sur la présence de ce dôme ; je vais avancer des hypothèses. Il y a plusieurs pistes possibles : JL parfois va avoir un geste qu'il n'a pas contrôlé dans sa peinture et il ne va pas forcément l'effacer. Pour lui c'est important que les accidents apparaissent surtout quand ils peuvent faire sens. La 2eme piste possible c'est que lorsqu'il parlait de cette œuvre il disait qu'il passait tous les jours devant, (je crois que c'est sur l'autoroute vers Dardilly) devant cet immeuble qui apparaissait et qui disparaissait dans son champ de vision très rapidement vu qu'on est sur une autoroute et qu'on n'a pas le temps de s'arrêter et vous savez quand quelque chose apparait dans son champ de vision, comme une tache de couleur on n'a pas le temps vraiment de mettre des mots dessus. 3me hypothèse, c'est peut-être pour nous interpeler sur le fait qu'il s'agit bien de peinture et non pas du réel : on est bien face à une représentation et effectivement des choses vont demeurer des interrogations et des choses mystérieuses. Je vous laisse le libre soin de choisir l'interprétation qui vous convient.
Je vous propose d'aller vers des vues plus méridionales. Dans des œuvres plus récentes, JL a retiré la plaque de plexiglas qui n'est plus systématique maintenant. Mais effectivement il a commencé sa série en 2004, il travaillait sur Paris et flânait beaucoup dans les banlieues parisiennes, dans les zones périphériques, périurbaines et il est descendu (il est originaire de Marseille) à Lyon. Et vous voyez une série beaucoup plus récente qui date de 2017. Ici encore on joue sur un point de vue particulier, un cadrage assez rapproché qui donne sur ce que je pourrais appeler " un bouquet de pins " qui est enserré dans une sorte de terreplein avec un petit muret de pierres. Le cadrage assez rapproché, fait une fois encore que l'on ne voit pas complètement les pins, qu'on ne voit pas le ciel non plus, et surtout vous voyez un agencement assez horizontal puisque finalement les pins sont saisis dans leur horizontalité, ce qui est accentué par ce muret de pierres qui est encore allongé par l'ombre. Et horizontalité aussi de la rambarde à l'arrière-plan. Ce principe de cadrage rapproché fait que JL joue là encore de hors champ comme dans beaucoup d'œuvres. Le hors champ c'est quoi ? C'est quand on ne voit pas tout l'espace : on imagine que cette piste cyclable se poursuit jusqu'à nous et ça permet aussi de nous inclure dans le paysage. Ici pour l'anecdote, même si JL préfère ne pas dire à qui renvoient ces lieux, il ne fait que numéroter les lieux pour ne pas tomber justement dans l'anecdote, il s'agit ici d'une vue du parc de la tête d'or. Probablement vous connaissez cet endroit, vous êtes déjà sans doute allés vers le zoo. Que dire sur cette vue ? J'ai envie d'attirer votre attention sur le moment de la journée où JL a pris sa photographie. C'est un moment particulier, vous l'avez peut-être noté, nous avons des ombres très allongées et une coloration sur le sol qui tire sur le rose. On peut en déduire que nous sommes probablement en fin de journée ou en début de journée. Soit au lever soit au coucher du soleil, en tout cas un moment d'entre deux. Un moment de bascule entre deux moments possibles. L'autre point qui m'intéresse aussi ici c'est la question de l'espace. Notre regard, je ne sais pas si vous avez ressenti ça, est invité à faire le tour avec ce muret qui nous entraine par un effet de perspective à faire le tour et aller vers le fond du tableau. Sauf que, qu'y a-t-il finalement au fond du tableau ? Une végétation très dense qui obstrue toute vue possible. On est tout de suite arrêté, on ne peut pas aller plus loin et finalement le regard est contraint de faire le tour du bouquet de pins et c'est un peu comme de revenir sur nos pas. Cette œuvre nous pose la question du carrefour mais de question métaphorique, un peu comme la porte de l'atelier avec Jacques Truphémus. On est placé dans un carrefour où on ne sait pas d'où l'on vient, on ne sait pas où on va. On aimerait aller plus loin mais l'espace est bouché. Ce carrefour métaphorique nous parle finalement peut-être du choix et de l'indécision. Quand on est entre deux moments, deux mouvements possibles et que l'on reste statique. Et vous voyez que ce carrefour se pose là aussi parce qu'ici encore on est placé devant un sentier qui est placé au centre de la composition mais dont les bras viennent s'effacer dans l'herbe et on a l'impression qu'il nous mène finalement dans cette mer qui est très homogène, très plate. Notez qu'il joue encore ici d'un point de vue singulier puisqu'au 1er plan nous avons ici des marches qui viennent déborder dans ce paysage que l'on pourrait croire naturel de prime abord mais qui en fait ne l'est pas du tout. On est sur un seuil. J'ai envie de dire qu'on est entre deux endroits : du fait que l'on soit dans un carrefour mais aussi sur un seuil : on va rentrer vers la maison ou au contraire partir vers la mer. Chez JL il y a très souvent aussi cette notion d'indécision et d'indétermination du regard. Indétermination qu'il pousse un petit peu à son comble avec une œuvre un peu énigmatique dont je voudrais vous dire un mot pour que vous ne passiez pas à côté. Je pense que c'est peut-être une des œuvres les plus déroutantes de JL dans cette exposition. Elle s'intitule paysage n°33 et elle a été réalisée en 2007. Et je vous ai dit que JL jouait souvent de cette indétermination du regard où effectivement il va s'intéresser à une architecture et à la présence singulière que dégage cette architecture dans l'espace. Et en l'occurrence lorsque je me suis moi-même retrouvée devant ce tableau je me suis demandé qu'est-ce que c'est ? Et le fait de ne pas réussir à mettre des mots sur ces formes crée un malaise. D'autant qu'il joue de quelque chose d'assez inhabituel : La masse la plus imposante est sur l'extérieur et elle s'évase vers la base. JL a cette autre phrase, il dit : " l'évidence est là, dans sa claire opacité et elle inquiète quelque chose en nous, elle nous démuni ". Vous voyez qu'il joue souvent sur les oxymores, mais l'oxymore parle bien de sa peinture aussi. Il joue sur l'évidence de la forme qui se pose face à nous de manière très frontales (et vous voyez que cette frontalité elle vient écraser les reliefs, mais en même temps cette évidence qu'on ne peut pas nier, elle se dérobe à nous, elle se refuse, on n'arrive pas à mettre des mots dessus. Alors je vais lever ce malaise parce que le peintre m'a dit de quel lieu il s'était inspiré et quand on comprend effectivement cela va mieux. Il s'inspire d'un film et plus exactement d'une architecture d'une villa qui existe pour de vrai qui s'appelle la villa Malaparte à Capri, qui a été construite en 1937, donc une architecture moderne, mais qui a été rendu célèbre par Godard dans le Mépris et là vous retrouvez l'escalier montant. Et d'ailleurs le diptyque qui est derrière nous, ce toit-terrasse qui donne sur le vide, c'est le toit-terrasse où conduisent ces escaliers (on est toujours sur la villa Malaparte). Ce sont des escaliers tout simplement mais l'artiste joue bien sur cette forme de questionnement et d'interrogation où le spectateur est plongé dans le silence et confronté à cette indétermination des formes.
Alors je vais devoir me rapprocher de la fin de l'exposition et vais dire un petit mot sur les deux œuvres de JL et JT qui se trouvent côte à côte pour conclure la visite. Au passage je ne peux pas m'empêcher de dire un petit mot rapide sur ce diptyque que je trouve très intéressant. On a parlé de cette œuvre et de comment finalement elle frise l'abstraction, mais ici c'est un des œuvres que je trouve des plus épurées de JL. Elle date de 2017, donc elle a été réalisée 10 ans après le paysage que nous venons de voir, mais ici il me semble que JL met en avant le vide. Ce vide figuré par ce toit-terrasse figuré au premier plan (on ne voit pas le sol, on est posté au-dessus du vide, sur un toit-terrasse qui lui-même est très vide. Et par un effet de perspective, ce toit s'apparente fort à un plongeon et c'est un peu comme si le peintre nous poussait à sauter vers l'arrière-plan qui est la mer. Ou du moins le vide que l'on suppose au bout de ce toit-terrasse. Et toujours ce principe de grand aplat, de forte luminosité mais sans nuances. Le vide est aussi au figuré par le peu d'éléments que nous avons dans cette œuvre, le peu de végétation, et l'écart entre les deux œuvres. Vous noterez que JL laisse un bandeau noir tout autour de son paysage. C'est un petit clin d'œil : il nous dit qu'il s'inspire justement d'une vue de film. Ceci n'est pas le réel. Le tableau n'est pas une fenêtre qui ouvre sur le monde, mais il serait plutôt une pellicule et nous sommes invités à projeter nos propres interrogations, nos propres vertiges dans ce vide qui peut nous prendre.
Je vais conclure par ces œuvres qui rapprochent les deux peintres autour du blanc. Deux œuvres que je trouve absolument admirables. Nous avons vu que ce sont deux peintres qui ont des démarches très différentes, mais des œuvres qui se côtoient finalement assez bien. Alors ça va me permettre de conclure et de reprendre cette question du silence de la peinture : En quoi ces peintres créent des conditions de silence spécifiques et ces silences sont de qualités très différentes. Cette œuvre de Jacques Truphémus représente la verrière de l'atelier de Lyon avec les rideaux blancs. D'ailleurs il disait qu'il était très sensible aux différents blancs de son atelier et l'un des défis du peintre était d'arriver à restituer les différents blancs. Bonnard disait : " on reconnait un coloriste à ses gris " par ce le gris est une des choses les plus difficile à maitriser en peinture (pour qu'un gris ne soit pas terne ou neutre il va falloir l'habiller avec des couleurs, mettre des couleurs par-dessous). Et bien ça vaut aussi pour le blanc. On reconnait le coloriste qu'a été Jacques Truphémus par sa manière de restituer une lumière d'une infinie délicatesse et d'une infinie nuance. Cette lumière vient comme à son habitude de l'arrière-plan, ici de la verrière à l'arrière-plan, et elle va être non pas filtrée, mais décuplée par les rideaux qui évoquent la traine d'une mariée. Alors comment fait-il pour restituer cette lumière d'une grande fraicheur avec une palette très économe puisque l'on a presque 3 couleurs : le vert, le parme et le bleu ? Et bien justement d'une part il joue de la réserve de la toile, il laisse la toile à nu comme il aime le faire de plus en plus à mesure qu'il avance dans le temps, mais il va aussi créer des camaïeux de blanc en cassant ce blanc très très légèrement avec des couleurs froides, en l'occurrence le bleu et le parme. Et vous voyez qu'on est toujours sur une touche assez apparente où il gratte, il incise, où il efface aussi, retire de la matière, ce qui m'évoque presque un Giacometti apaisé. Regardez comme avec sa touche il va tourner autour de sa nature morte et rendre la vibration de l'air si palpable. Et c'est en ce sens qu'il me rappelle Giacometti, parce que Giacometti quand il faisait le portrait par exemple de Diego, ce qui l'intéressait c'était de rendre l'air ou cet espèce de vide autour de lui. On est ici dans l'ordre de l'accueil. Le silence chez JT est à l'image de cette lumière : quelque chose de très frais et de très nuancé ; un silence qui est presque à l'écoute de l'autre. Alors que chez JL, ici aussi on est dans une lumière très forte, mais qui n'a rien à voir avec la lumière où on sent presque l'air vibrer dans l'atelier. Ici c'est une lumière qui rend une chaleur accablante. Une lumière zénithale (regardez comme les ombres sont basses) qui confine à l'éblouissement. C'est là que l'on voit comme chaque peintre résout les problèmes de manière différente : on n'est pas du tout dans la nuance comme chez JT, ici JL va procéder de deux manières, d'une part il va jouer sur le contraste de clairs-obscurs (vous voyez l'arrière-plan sombre, cet arbre qui crée une ombre va porter la lumière au premier plan) mais il va jouer aussi pour la pousser à son paroxysme : la lumière ici écrase les formes, regardez comme on ne voit plus le contour de la chaise ni de distinction entre le sol et le mur. Voyez qu'il joue là encore d'un point de vue particulier : on est de nouveau placés sur un seuil, entre deux états. Les marches nous indiquent en hors champ probablement une porte, une entrée, mais devons-nous entrer, nous mettre à l'abri ou au contraire allons-nous être attirés par cette mince ouverture qui attire le regard par un effet de perspective. Donc coup on est dans l'indécision et de nouveau dans une forme d'inconfort. Ici aussi ça crée un silence mais un silence que j'ai envie de qualifier de dialectique ; c'est-à-dire que l'on est toujours dans cette forme d'inconfort, de contradiction dont finalement l'interrogation va dominer.
Deux formes, deux silences mais avec des qualités très particulières.
Fenêtres sur Jacques Truphémus et Jérémy Liron
par François Riche, Le nouveau
"Ses tableaux ne racontent pas une histoire, quoiqu'une fenêtre ouverte ou un cadre de fenêtre parfois représenté pouvant se prêter à lire une histoire… La peinture de Jérémy Liron reste avant tout contemplative, avec l'espace, l'étendue, le temps qui en découle."
Détail
Fenêtres sur Jacques Truphémus et Jérémy Liron
par François Riche, Le nouveau
"Ses tableaux ne racontent pas une histoire, quoiqu'une fenêtre ouverte ou un cadre de fenêtre parfois représenté pouvant se prêter à lire une histoire… La peinture de Jérémy Liron reste avant tout contemplative, avec l'espace, l'étendue, le temps qui en découle."
Fenêtres sur Jacques Truphémus et Jérémy Liron, par François Riche in Le nouveau avril 2018

" les silences de la peinture " est la nouvelle exposition du musée Paul Dini présentée dans son bâtiment annexe à l'Espace Cornil, avec une sélection de plusieurs œuvres de feu Jacques Truphémus et du prometteur Jérémy Liron, deux artistes lyonnais confrontés en ce lieu autour du thème de la perception de l'espace dans la peinture.

Jacques Truphémus (1922-2017) est un artiste important dans la collection du musée Paul Dini et Jérémy Liron (né en 1980) fait son retour après un précédent accrochage en ces lieux, pour l'exposition collective " Passages " en 2014. C'est à cette époque et précisément à cette occasion que les deux peintres ont beaucoup échangé sur la question de la fenêtre et de l'ouverture, ces deux générations trouvant là un réel point commun sur la manière dont ils croisaient leur espace. Jérémy Liron pose la question de la succession des plans par rapport au rebord de la fenêtre, avec une touche personnelle supplémentaire intrigante qu'est la présence d'un plexiglass devant certaines toiles, subtilité également utilisée par Jacques Truphémus, pour renforcer la réalité d'une vision de l'œuvre à travers une fenêtre. Ce que Truphémus qualifiait de peinture du silence a tout naturellement aboutit au titre de cette exposition baptisée " Les silences de la peinture'. L'un de ces silences renvoie également à une autre exposition " Les Cafés Lyonnais " de Jacques Truphémus qui se tient actuellement au musée des Beaux-Arts de Lyon, où le visiteur a le sentiment que les personnages murmurent dans les tableaux, sans pour autant les entendre.
Chez Jérémy Liron, cette présence est suggérée dans ses paysages dénués de personnages, à travers le bâti, l'architecture, l'artificiel. Ses tableaux ne racontent pas une histoire, quoiqu'une fenêtre ouverte ou un cadre de fenêtre parfois représenté pouvant se prêter à lire une histoire… La peinture de Jérémy Liron reste avant tout contemplative, avec l'espace, l'étendue, le temps qui en découle. Le propos de Jérémy Liron est de travailler dans la série, avec un nombre important de paysages présentés à l'occasion de cette exposition, une série qui s'inscrit dans une réflexion qui a commencé en 2004, avec ces grands formats présentant des vues péri-urbaines, urbaines et des côtes varoises et corse.
Son inspiration semble être marquée par les photographies anciennes de la fin du 19e et début du 20e siècle, où les temps de pause étant tellement longs que les passants étaient réduits à des silhouettes fugitives, sinon effacés de l'espace, de sorte que le fond du décor se livrait comme le sujet principal. Jérémy Liron, qui souscrit au qualificatif de la peinture silencieuse employée par Jacques Truphémus, définit même la peinture comme étant une parenthèse, qui engage un rapport particulier au temps, un recueillement, une séparation avec l'activité quotidienne. Cette exposition nous présente deux univers différents, où se mêle la préoccupation des artistes d'un point de vue technique dans le travail de la lumière et des couleurs, et notamment comment des surfaces qui paraissent étales s'animent de manière très discrètes, si l'on prend le temps de s'y attarder ?

" Le tableau : non pas une fenêtre, mais plutôt le lieu où se projette le monde. (…) A la fois image et mur auquel butte l'image. Et moi je voudrais arriver à ça : que ça ouvre sur un monde, un espace depuis lequel se pense le réel, et que ce soit ce mur, auquel toujours on butte. A la fois fenêtre et mur, c'est peut-être la définition de l'image ? ". JL
Fenêtre sur paysage : le match Truphémus-Liron
par Fabien Giacomelli, Le progrès
"Le musée Paul Dini rend hommage au peintre lyonnais Jacques Truphémus, disparu il y a six mois, en confrontant son œuvre à celle du jeune peintre Jérémy Liron, sous le signe du silence et du paysage."
Détail
Fenêtre sur paysage : le match Truphémus-Liron
par Fabien Giacomelli, Le progrès
"Le musée Paul Dini rend hommage au peintre lyonnais Jacques Truphémus, disparu il y a six mois, en confrontant son œuvre à celle du jeune peintre Jérémy Liron, sous le signe du silence et du paysage."
Fenêtre sur paysage : le match Truphémus-Liron, par Fabien Giacomelli, in Le progrès, avril 2018

Le musée Paul Dini rend hommage au peintre lyonnais Jacques Truphémus, disparu il y a six mois, en confrontant son œuvre à celle du jeune peintre Jérémy Liron, sous le signe du silence et du paysage.

Quand Jacques Truphémus (1922-2017) peignait, au début des années 1970 ses premiers intérieurs de cafés lyonnais, Jérémy Liron n'était pas encore né (il est né à Marseille en 1980 et réside aujourd'hui à Lyon) ! Aujourd'hui, le musée Paul Dini réunit ces deux peintres, de générations différentes, autour du thème de la fenêtre, la " veduta " (la vue sur l'extérieur), du paysage et des rapports ambigus entre intérieur et extérieur. De son voyage au Japon à ses séjours estivaux dans les Cévennes, en passant par ses déambulations lyonnaises, Jacques Truphémus n'a cessé de capter sur ses toiles des atmosphères lumineuses, des jeux vibrants de matières, engloutissant et défaisant la géométrie trop abstraite pour lui de la perspective. Jérémy Liron, quant à lui, travaille depuis plusieurs années à des séries de paysages. " Je prends régulièrement des photographies lors de déplacements ou des trajets quotidiens, et ensuite, à l'atelier, je les retravaille et je les recompose sur mes toiles, j'ajoute certains éléments, je change certaines couleurs…. ", nous indique l'artiste. Comme son ainé, le jeune peintre lyonnais dialogue avec la tradition artistique du paysage, s'interroge sur l'espace, et propose au spectateur un " milieu visible " à la fois à expérimenter avec ses sens et à contempler. " Dans mes tableaux, il n'y a pas de présence humaine, mails ils renvoient à l'humain à travers l'architecture et les interventions de l'homme. Il n'y a pas non plus d'anecdote ni d'histoire, au profit plûtot d'une contemplation du temps et de l'espace ". Dans cette exposition, rassemblant deux belles œuvres aux styles très différents, ce sont les " silences de la peinture " qui règnent, convainquent et nous emportent.
Truphémus et Liron, deux univers en écho
par Fabrice Petit, Le Patriote
"Au fil de l'exposition, les œuvres se succèdent et parviennent à dialoguer ensemble lorsqu'elles s'opposent d'un mur à l'autre, malgré les différences techniques entre les deux artistes. Un savant mélange que l'on contemple en respectant le silence, les silences qu'inspirent Jacques Truphémus et Jérémy Liron."
Détail
Truphémus et Liron, deux univers en écho
par Fabrice Petit, Le Patriote
"Au fil de l'exposition, les œuvres se succèdent et parviennent à dialoguer ensemble lorsqu'elles s'opposent d'un mur à l'autre, malgré les différences techniques entre les deux artistes. Un savant mélange que l'on contemple en respectant le silence, les silences qu'inspirent Jacques Truphémus et Jérémy Liron."
Truphémus et Liron, deux univers en écho, par Fabrice Petit in Le Patriote, avril 2018

Avec sa dernière exposition, le musée Paul Dini met en écho deux artistes : Jacques Truphémus, disparu à l'automne 2017, et Jérémy Liron, peintre régional âgé de 38 ans déjà bien présent dans la collection de l'établissement.
En 2005, Jacques Truphémus avait déjà été à l'honneur lors d'une exposition. Suite au décès de l'artiste, et au vu des liens privilégiés qu'entretient Sylvie Carlier avec plusieurs collectionneurs privés, la conservatrice du musée a souhaité lui rendre un hommage autre qu'une simple rétrospective. En 2014, Truphémus avait rencontré Jérémy Liron et les deux peintres avaient longuement discuté. Deux univers différents, mais qui pouvaient se retrouver, se rapprocher. Jérémy Liron a immédiatement accepté l'idée de Sylvie Carlier et a même mis à disposition des œuvres en sa possession ; le musée Dini a également pu s'appuyer sur la galerie Isabelle Gounod pour le prêt d'autres œuvres, ainsi que sur des collectionneurs privés. Il en fut de même pour les œuvres de Truphémus, plusieurs musées de la région dont celui des Beaux-Arts de Lyon lui consacrant eux aussi des expositions. Un délai très court, mais au court duquel tous les réseaux du musée Paul Dini ont fonctionné pour parvenir au résultat présenté à l'espace Cornil depuis le 17 mars.
Des correspondances entre les deux artistes que l'équipe de Sylvie Carlier ont su mettre en avant dès le début de l'exposition, juxtaposant deux œuvres : Les rideaux blancs de la verrière de l'atelier de Truphémus et le Paysage n°151 de Liron, contemporaines toutes les deux (réalisées respectivement en 2016 et 2017) et dans lesquelles les blancs prennent toute leur importance : teintés de mauve et creusés dans le premier, crus dans le second. Tout au long de l'exposition, on peut alors comprendre son titre : " les silences dans la peinture ". Des silences dans la contemplation, avec des paysages ou des scènes animées chez Truphémus comme son Osaka ou ses rues de Lyon, mais dans lesquelles la hauteur et la perspective comptent. Des volumes et des lignes que l'on retrouve chez Jérémy Liron, cette recherche et cette sortie vers l'extérieur et sa lumière, comme le paysage 110, un grand format acheté par la ville de Villefranche en 2016. Au fil de l'exposition, les œuvres se succèdent et parviennent à dialoguer ensemble lorsqu'elles s'opposent d'un mur à l'autre, malgré les différences techniques entre les deux artistes. Un savant mélange que l'on contemple en respectant le silence, les silences qu'inspirent Jacques Truphémus et Jérémy Liron dans cette exposition à découvrir sans hésiter.
Jacques Truphémus et Jérémy Liron à l'affiche
Le Progrès
"Jacques Truphémus et Jérémy Liron nous rappellent cette évidence dans une ode à la lumière : lumière brumeuse pour le premier, lumière verticale et méridionale pour le second."
Détail
Jacques Truphémus et Jérémy Liron à l'affiche
Le Progrès
"Jacques Truphémus et Jérémy Liron nous rappellent cette évidence dans une ode à la lumière : lumière brumeuse pour le premier, lumière verticale et méridionale pour le second."
Jacques Truphémus et Jérémy Liron à l'affiche, par Marie-Noëlle Toinon in Le Progrès mars 2018

La nouvelle exposition du musée Paul Dini confronte Jacques Truphémus,, disparu en septembre dernier et Jérémy Liron, jeune peintre lyonnais. " Les silences de la peinture " emplissent l'espace Cornil d'une intense lumière.
Sylvie Carlier, conservateur du musée Dini, tenait à rendre hommage à Jacques Truphémus, mort en septembre 2017. " L'idée d'un dialogue avec Jérémy Liron s'est vite imposée, malgré la différence de générations. La confrontation est intéressante, autour du thème de la fenêtre, par exemple, ou du travail sur le blanc ". Rien d'artificiel dans cette rencontre, sur les murs du musée Paul Dini, entre le peintre lyonnais à la palette pastel et Jérémy Liron, à la peinture graphique, abstraite, mais lumineuse et non moins mystérieuse. Le visiteur sera frappé par la fluidité de l'ensemble.
Au-delà des générations qui les séparent, les deux peintres ont en commun l'art de la suggestion : " Personnages qui murmurent dans les tableaux " comme aimait le dire Truphémus ; présence suggérée, jamais montrée, dans la série de paysages de Jérémy Liron. Si la peinture de Jacques Truphémus est connue des habitués du musée, celle de Jérémy Liron est une découverte. A 37 ans, le peintre qui enseigne encore revendique une activité de création multi-facettes. " J'écris quotidiennement. Quand à mes tableaux, je les construis après avoir beaucoup photographié ! Je viens vers la toile avec cette banque de données en tête. Les différentes formes d'expression se complètent pour construire le réel ". Un réel de son temps, capté à l'extrême du champ de vision, en filant sur l'autoroute ou contre la vitre d'un train de banlieue. D'où une forme de mélancolie contemporaine, jamais triste mais toujours mystérieuse.
Dans " peinture contemporaine ", il y a le mot peinture, qui n'est pas infamant, même en 2018… Jacques Truphémus et Jérémy Liron nous rappellent cette évidence dans une ode à la lumière : lumière brumeuse pour le premier, lumière verticale et méridionale pour le second. Nul doute que les visiteurs seront happés par la beauté mystérieuse de ces tableaux qui nous emmènent du Japon aux Cévennes, et des banlieues à la Méditerranée. Les amateurs devineront les univers/références de Jérémy Liron : Wim Wenders ou Le Corbusier, ainsi qu'un goût pour les lenteurs japonaises.
Un enseignant du collège Asa Paulini expose au musée Dini
par Michelle Barraud, Le Progrès
"Les paysages sans titre, déserts, en format 123x123 souvent recouverts de plexiglas (pour mieux parler de l'ouverture de la fenêtre sur le monde) appellent à la rêverie libre de lieu défini."
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Un enseignant du collège Asa Paulini expose au musée Dini
par Michelle Barraud, Le Progrès
"Les paysages sans titre, déserts, en format 123x123 souvent recouverts de plexiglas (pour mieux parler de l'ouverture de la fenêtre sur le monde) appellent à la rêverie libre de lieu défini."
Un enseignant du collège Asa Paulini expose au musée Dini, par Michelle Barraud in Le Progrès mars 2018

Jérémy Liron est professeur d'arts plastiques au collège Asa Paulini. Il est totalement imprégné d'art sous toutes ses formes. Il aime partager ses connaissances et son savoir-faire avec les jeunes, mais pas seulement. Il intervient aussi au lycée Louis Armand et au lycée Louis Lumières à Lyon pour la " prépa aux arts ". Il écrit aussi quotidiennement et a déjà réalisé un ouvrage d'autoportraits. Il expose ses œuvres au musée Paul Dini jusqu'au 16 septembre. Il travaille ses œuvres en rapport au temps et la contemplation. Partir de lieux qu'il rencontre. Il peint une série de paysages numérotés qui vont déjà jusqu'à 155. Les paysages sans titre, déserts, en format 123x123 souvent recouverts de plexiglas (pour mieux parler de l'ouverture de la fenêtre sur le monde) appellent à la rêverie libre de lieu défini. Il joue avec les coulures et la lumière. Enseignant, artiste, écrivain, mais quand a-t-il le temps de peindre ? Il est peu gêné car il travaille un médium qui demande du temps de séchage : l'huile. Il utilise tous ses espaces libres. L'été dernier, il a pu bénéficier d'une résidence d'artiste en Corrèze qui lui a permis d'être totalement à l'unisson avec son art.
Acquisitions 2015-2017
par Sylvie Carlier, revue du Louvre N°2
"Peintre d'origine marseillaise installé à Lyon, Jérémy Liron décrit des espaces baignés par la lumière méridionale. Son Paysage n°110 appartient à une série de peintures où la représentation de l'architecture offre une perception particulière de l'espace."
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Acquisitions 2015-2017
par Sylvie Carlier, revue du Louvre N°2
"Peintre d'origine marseillaise installé à Lyon, Jérémy Liron décrit des espaces baignés par la lumière méridionale. Son Paysage n°110 appartient à une série de peintures où la représentation de l'architecture offre une perception particulière de l'espace."
Acquisitions 2015-2017, par Sylvie Carlier in La revue des musées de France - revue du Louvre N°2, 2018.

Peintre d'origine marseillaise installé à Lyon, Jérémy Liron décrit des espaces baignés par la lumière méridionale. Son Paysage n°110 appartient à une série de peintures où la représentation de l'architecture offre une perception particulière de l'espace. Il choisit la vue de l'intérieur de la Villa Noailles (Hyères) vers l'extérieur en conservant le sujet représenté comme un paysage qu'il divise en six carrés identiques. Ce paysage, dénué de toute présence humaine, fait partie de grands polyptyques qui, selon l'artiste " usent de l'initial format carré comme un module et jouent incidemment des structures supplémentaires induites par l'encadrement ". La baie vitrée et la terrasse prolongée par un muret encadrent la succession de plans. Ce tableau nous invite à concentrer le regard sur la masse végétale indéfinie qui se détache sur le fond de ciel bleu. Il recourt à l'organisation géométrique simple tout en laissant les coulures de la peinture marquer l'espace. Paysage n°110 enrichit le fonds de paysages contemporains du musée de Villefranche.
Jérémy Liron, mal finit la ville, le mal début des champs
Entretien de Charlotte Guy, Archistorm
"Ma peinture s'architecture par ces articulations. Parce que je joue entre autres plus que fréquemment à la fois de l'illusion perspective de la fenêtre albertienne et de l'accusation du tableau comme surface."
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Jérémy Liron, mal finit la ville, le mal début des champs
Entretien de Charlotte Guy, Archistorm
"Ma peinture s'architecture par ces articulations. Parce que je joue entre autres plus que fréquemment à la fois de l'illusion perspective de la fenêtre albertienne et de l'accusation du tableau comme surface."
Jérémy Liron, mal finit la ville, le mal début des champs, entretien de Charlotte Guy, pour Archistorm

Cinq artistes répondent par différents médiums et réalisent une exposition interrogeant l'horizon et les cloisons : Sébastien Faure, Rémy Jacquier, Frédéric Khodja, Mengzhi Zheng et Jérémy Liron.

L'érotique de l'architecture, cela à avoir avec la sensation, au sens de " sensuel " et donc avec le corps ?

JL : Effectivement, lorsqu'il a été question d'accompagner l'exposition par une publication collective, j'ai pensé à ce texte comme un souvenir ou un retour sur les sensations physiques du rapport à l'architecture. A la fois mon propre corps confronté à des espaces, des volumes, des fermés et des ouverts, des intérieurs et des extérieurs et aussi l'architecture comme corps. Avec cette sensation de quelque chose qui échappe parce que ça ne se laisse pas embrasser ou incorporer ou assimiler. On ne fait que fréquenter, longer, parcourir, s'affronter à...
Dans la préface, il est question d'horizon. Cela peut aussi être une frontière. C'est ce qui vient à l'esprit quant " s'affronter à... " il y aurait une ligne de front. Où se trouve-t-elle dans l'architecture... ?
J.L. : La préface évoque la genèse de l'exposition autour de cette phrase de Sébastien Faure qui articule ces lignes verticales et horizontales, ces plans, ces manières de faire espace dans le clos et dans l'ouvert que disent " horizon " et " cloisons ". Ma peinture s'architecture par ces articulations. Parce que je joue entre autres plus que fréquemment à la fois de l'illusion perspective de la fenêtre albertienne et de l'accusation du tableau comme surface. La perspective est souvent faussée, gauchie et il n'est pas rare que certains plans, certaines surfaces basculent. La matière picturale elle-même accuse la surface par la coulure.
Très concrètement, le tableau central est inspiré par un plan du Mépris de Godard où l'on voit le toit-terrasse de la villa Malaparte, à Capri. Un cadre noir dans le cadre cite de manière littérale le format cinéma. Il s'agit donc de l'image d'une image. Et si le dessin respecte une perspective presque centrée, le traitement radical des surfaces (sol et ciel) plaque verticalement ces grands champs colorés qui ouvrent alors un écho vers les toiles de Rothko par exemple. Si on observe le tableau gris qui prend pour motif une cheminée et le couloir qui mène au pédiluve de la cité radieuse, on se rend compte qu'il y a des incohérences au niveau des lumières. Elles sont motivées par un jeu d'enchâssement de formes (l'angle noir du module de la crèche est repris en ton clair, agrandi dans le tableau). On s'aperçoit à toute sorte de détails semblables que les tableaux ne sont jamais strictement documentaires, ce sont des constructions brassées par des échos narratifs, historiques, bref tout un champ culturel et quelque chose de plus phénoménologique qui témoigne d'un rapport physique, de l'aptique.
On en revient à la lumière, et pour citer Le Corbusier : L'architecture est le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière.
J.L. : ... Et ce désir alors, que confessait Hopper de " peindre la lumière du soleil sur un mur".
Jérémy Liron, L'humble usage des objets
par Olivier Verseau
"Ainsi, à travers les Propos bricolés signés Jérémy Liron, partout la main porte et transporte son empreinte dès lors que la réflexion s'élève jusqu'à l'humus qui nourrit l'acte créateur : le dépôt, la disposition, l'exposition. En un mot, le bricolage."
Détail
Jérémy Liron, L'humble usage des objets
par Olivier Verseau
"Ainsi, à travers les Propos bricolés signés Jérémy Liron, partout la main porte et transporte son empreinte dès lors que la réflexion s'élève jusqu'à l'humus qui nourrit l'acte créateur : le dépôt, la disposition, l'exposition. En un mot, le bricolage."
Jérémy Liron, L'humble usage des objets, par Olivier Verseau

Avec une insistance qui creuse sa propre énigme, le geste artistique contemporain a la même force, la même nudité, qu'au premier acte d'une histoire inaugurée il a trente-cinq mille ans quand dans les profondeurs d'un espace souterrain l'humain déposait-exposait,
aux lueurs d'une torche, l'empreinte de sa main.
Aujourd'hui, dans le retrait de la galerie, sous un éclairage moins vacillant, s'expose ce que la main aura disposé, agencé, accumulé, qu'elle aura d'abord déposé : une empreinte d'elle-même, ni négative ni positive, réfléchie par les vestiges d'objets faits de mains d'homme, artefacts aux allures de rebuts-signes de notre monde habité-inhabitable.
L'.humble. usage des objets livre une histoire chuchotée de l'art aux termes de laquelle homo spectator doit composer, dans la présence obsédante d'objets formant système, avec l'image de sa propre subjectivité. Une histoire annotée, dialoguée avec les chasseurs-cueilleurs des temps nouveaux qui accomplissent sur le trottoir de la ville, ou sur les pentes de ses déchetteries, le geste qui sauve de l'anonymat le matériau, et l'outil, l'ustensible, l'accessoire, de leur désoeuvrement : Joseph Beuys, Lilian Bourgeat, Georg Brecht, Marcel Broodthaers, Alexandre Calder, Giorgio Andreotta Calò, César, Christo, Nicole Cuglievan, Nelli David, Marcel Duchamp, Yann Eouzan, Peter Fischli, Lucio Fontana, Marcel Janco, Tadashi Kawamata, Richard Long, Carole Manaranche, Joachim Mogarra, Nam Jun Paik, Emilie Perotto, Pablo Picasso, Robert Rauschenberg, Kurt Schwitters, Frank Stella, Jessica Stockholder, Sarah Sze, Pierre Tectin, Jeff Wall, David Weiss, …
Ainsi, à travers les Propos bricolés signés Jérémy Liron, partout la main porte et transporte son empreinte dès lors que la réflexion s'élève jusqu'à l'humus qui nourrit l'acte créateur : le dépôt, la disposition, l'exposition. En un mot, le bricolage. Le fil de l'écriture lui-même y suit l'inspiration manuelle en transposant à la pensée le tâtonnement sûr qui fait l'art d'assembler et d'agencer. De bricoler.
2017
Jeremy Liron, les géométries venteuses
par Thierry Grizard, Artefield
"Tel est le plan de réalité problématique de ces paysages anonymes et désertés par l’humain. Ils incarnent le débat du langage pictural avec lui-même. Ces paysages sont « intranquilles », ils en portent les stigmates. Est-ce pour autant de la peinture métaphysique, des paysages mentaux, des natures mortes d’architecture ? En partie probablement, cependant il y a surtout la prégnance du vide. Le vide physique : celui de l’absence d’habitants du lieu, mais également une poétique de l’ennui, de la déréliction."
Détail
Jeremy Liron, les géométries venteuses
par Thierry Grizard, Artefield
"Tel est le plan de réalité problématique de ces paysages anonymes et désertés par l’humain. Ils incarnent le débat du langage pictural avec lui-même. Ces paysages sont « intranquilles », ils en portent les stigmates. Est-ce pour autant de la peinture métaphysique, des paysages mentaux, des natures mortes d’architecture ? En partie probablement, cependant il y a surtout la prégnance du vide. Le vide physique : celui de l’absence d’habitants du lieu, mais également une poétique de l’ennui, de la déréliction."
Jeremy Liron, les géométries venteuses, par Thierry Grizard in Artefield novembre 2017

Jeremy liron est un jeune peintre français qui construit à partir de paysages urbains soumis à la lumière abrupte du sud de la France une élégie picturale

Jeremy Liron est un jeune artiste peintre français née en 1980, agrégé d’art plastique, il mène des activités parallèles de peintre, écrivain et enseignant dans la région de Marseille.
Mélancolie urbaine
Chez Jeremy Liron on trouve tout un vocabulaire de la mélancolie urbaine : des architectures particulières, surtout modernistes et brutalistes, ébranlées par le mistral ; des motifs architecturaux semblables à des cairns ; des horizons imprécis barrés de troncs déformés; des motifs paysagers étiolés par des réserves polygonales, échappés d’un modèle géométrique tridimensionnel; des arbres étiques malmenés par le vent aux feuillages informes. Il y a encore des ombres obtuses qui crèvent l’espace pictural.
Autant dire que la peinture de Jérémy Liron ne décrit pas, n’imite pas, ne transpose pas. C’est essentiellement une peinture de paysages picturaux, voire mentaux, avec pour problématiques celles de la figuration. Il y a des réminiscences fortes de l’espace cézanien de par les lieux tout d’abord : le midi de la France, la réduction géométrique et « l’éffilochement » des formes par la touche qui étire la matière jusqu’à des coulures assez systématiques qui liquéfient paradoxalement les façades de béton ou les masses végétales.

Le délabrement
Un délabrement qui fait penser aussi bien à Philippe Cognée que Marc Desgrandchamps, l’un pour le milieu urbain, l’autre pour la solitude des figures fantomatiques qui hantent ses toiles.
Un autre peintre français présente certaines similitudes : David Lefebvre qui est de la même génération. Il peint également des paysages, dans son cas, “à la Courbet” en les contaminant d’immixtions empruntées au numérique, comme si après le débat du modernisme le retour à la figuration n’allait pas de soi, comme si le peintre figuratif était torturé par une forme de mauvaise conscience à se livrer au plaisir de représenter. C’est une constante chez tous les héritiers qui retournent au paysage, ils déstructurent, ils avancent en défaisant, ils peignent comme Wittgenstein ou Beckett détricotaient le langage en progressant dans l’énoncé.
Jeremy Liron et les paysages « intranquilles »
Tel est le plan de réalité problématique de ces paysages anonymes et désertés par l’humain. Ils incarnent le débat du langage pictural avec lui-même. Ces paysages sont « intranquilles », ils en portent les stigmates. Est-ce pour autant de la peinture métaphysique, des paysages mentaux, des natures mortes d’architecture ? En partie probablement, cependant il y a surtout la prégnance du vide. Le vide physique : celui de l’absence d’habitants du lieu, mais également une poétique de l’ennui, de la déréliction. Une solitude qui s’exprime à travers la présence mélancolique d’abris inhabités et littéralement ex-posés par le soleil du Midi.

Arrêt sur image
De ce point de vue, il y a une similitude étonnante avec certains films d’Antonioni, « la Notte » notamment. Les tableaux de Liron sont comme des arrêts flous sur image de longs et lents travellings sur la ville abandonnée à elle-même, paralysée dans une lumière crue qui transforme chaque pan de mur en déflecteurs. Il en résulte une dynamique immobile des plans aux couleurs réduites, liquides ou parfois plus franches toutefois comme « a fresco», quelque peu à l’image de Morandi. La palette de Jeremy Liron est pauvre et froide, il y a beaucoup de blanc, de vert, de bleu et une épaisseur picturale extrêmement fine qui laisse deviner le support. Il y a aspect catatonique très marquant, une sorte de mélancolie crépusculaire _après la disparition des habitants des lieux_ nonobstant la lumière méridionale qui procure souvent à elle seule la structure de la toile.

De la beauté du vide
Chez Liron il n’y a donc pas de sentimentalité, d’empathie avec le lieu, si ce n’est pour en souligner la vacuité, parfois de manière sculpturale, quelque fois dans un rendu totalement déstructuré. Le lieu est contingent, pourtant essentiel dans le désir du peintre d’exprimer une forme de désarroi qui rappellent en négatif le romantisme. Ces paysages sont des « vanités « ou des « memento Mori » qui pointent constamment vers le vide qui les habite. Les réserves noires (les ombres totalement bouchées) ou les polygones blancs sont les béances par lesquelles le vide du lieu communique avec celui du paysage pictural, ils s’y rejoignent et procurent l’effet d’abime si significatif de cette peinture de l’ennui et la déréliction.
Peintures et dessins d’artistes émergents français
par Claude Lorent, Arts libres
"L’occasion de découvrir le travail de dix artistes français non représentés par des galeries belges et donc quasiment inconnus chez nous."
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Peintures et dessins d’artistes émergents français
par Claude Lorent, Arts libres
"L’occasion de découvrir le travail de dix artistes français non représentés par des galeries belges et donc quasiment inconnus chez nous."
Peintures et dessins d’artistes émergents français, par Claude Lorent Arts libres novembre 2017

Pour la première fois, à l’initiative des collectionneurs français Evelyne et Jacques Deret, les lauréats d’Art [] Collector exposent en Belgique chez Valérie Bach.

EN CEMOMENT, les collectionneurs belges et étrangers sont mis à l’honneur et sont actifs à Bruxelles à travers diverses initiatives privées et publiques. Ce qui corrobore le pouvoir attractif de la capitale européenne. La galerie Valérie Bach accueille un couple de collectionneurs français qui ont choisi Bruxelles pour la première manifestation à l’étranger de leur projet de mécénat et de soutien aux artistes. L’occasion de découvrir le travail de dix artistes français non représentés par des galeries belges et donc quasiment inconnus chez nous. A l’occasion de ce hors Paris, ils ont associé à l’exposition un artiste franco-marocain basé à Bruxelles, Mehdi-Georges Lahlou, récemment sous les feux du projecteur par son solo au Botanique.
Le compte est bon L’expo célèbre les cinq ans d’Art [] Collector, un projet de promotion d’artistes français émergents, né en 2011. Si le compte n’est pas bon, c’est que l’expo est une reprise, totalement remodelée donc inédite, de la mouture initiale qui s’est tenue à Paris en 2016. Pour trouver le bon compte, il faut savoir en plus que le couple Evelyne et Jacques Deret collectionne chacun de son côté et que chaque année, ils choisissent de soutenir chacun un artiste qui entre dans la collection, reçoit une expo au Studio du Patio Opera à
Paris et dispose d’une publication avec textes de collectionneurs et de critiques. Ce qui donne pour la présente expo, cinq artistes x 2 + un invité : 11 exposants et une cinquantaine d’oeuvres. Celles-ci proviennent de diverses collections – dont une belge ! – et de l’atelier des artistes puisqu’elles sont récentes. Un ensemble qui privilégie le dessin et la peinture dans la valorisation d’un beau métier, pleinement maîtrisé, personnel et inventif. Avec des zones d’abstraction et dans une belle diversité qui va d’un zeste de fantastique à un réalisme onirique, la figuration prime sans que ne s’impose une ligne unique. On remarquera aussi la mixité intégrée de techniques variées.
Heureuse coexistence Pas simple de définir chaque participation en quelques lignes. A l’attrait de formes géométriques non orthodoxes, Claire Chesnier ajoute un traitement chromatique en subtile dégradé alors que misant sur de solides structures architecturales inscrites dans le paysage, Eva Nielsen désoriente le regard et joue de luminosités insidieuses. Des œuvres qui, bien que clairement distinctes, entretiennent des affinités avec celles de Christine Barbe, plus nocturnes et de Jérémy Liron. Auteur de portraits entre rêve et réalité, entre absence et présence, Olivier Masmonteil introduit une temporalité marquée par la superposition de moments et de vision. Une oeuvre qui offre des parentés avec celle d’Iris Levasseur, voire avec celle, en sculpture et dessin de Clément Bagot qui tend à s’évader du réel par des réseaux linéaires, tandis que Karine Rougier, avec une certaine fantaisie, emprunte la voie du fantastique. Dessinateur, Massinissa Selmani élague ses dessins des sources médiatiques afin de concentrer l’attention sur l’essentiel de l’image. En compagnie du fabuleux dessinateur Abdelkader Benchamma, on laisse vagabonder son esprit emporté en espaces imaginaires. Il règne dans cette expo un évident air de famille dont Evelyne et Jacques Deret sont les uniques auteurs veillant à ce que chaque membre cultive, dans un esprit d’heureuse coexistence, sa singularité. C’est ce qui constitue une collection. Même double.
Elle et lui, l’ombre et la lumière
par Florian Rochet
"Jérémy Liron de son côté peint des espaces urbains, des architectures lumineuses, villas et arbres tortueux, sur fond de ciel clair."
Détail
Elle et lui, l’ombre et la lumière
par Florian Rochet
"Jérémy Liron de son côté peint des espaces urbains, des architectures lumineuses, villas et arbres tortueux, sur fond de ciel clair."
Elle et lui, l’ombre et la lumière, par Florian Rochet La Montagne 29 aout 2017

La résidence d’artistes de CHamalot, en Hautre-Corrèze, a cloturé sa période estivale avec deux peintres énigmatiques aux imaginaires très contrastés.
Invités de la résidence d’artiste de CHamalot, Aurore Pallet et Jérémy Liron ont vécu un mois dans le hameau de Moustier-Ventadour. Leur séjour s’est terminé avant-hier. Ils laissent derrière eux des œuvres nettement contrastées. En cœur, ils se plaisent à répéter : « elle, c’est l’ombre, lui, c’est la lumière ». Ce qui les rapproche toutefois, c’est l’esthétique de la sobriété et une même quête poétique : des formes muettes et énigmatiques dans le paysage. Ainsi, leurs créations, bien que figuratives, sont à la frontière des l’abstraction. Les tableaux d’Aurore Pallet sont des reprises d’œuvres du Moyen-Age et de la Renaissance. « Les tableaux de ces époques contenaient des questions très imagées sur la vie, la mort, le mal. J’aime bien que la peinture interroge sur la vie », confie-t-elle. Elle plonge alors ses toiles dans la pénombre, par des strates successives de peinture à l’huile. Cette méthode lui permet de révéler « les forces en présence », titre de sa collection exécutée en Corrèze, et de donner de la profondeur aux paysages. Jérémy Liron de son côté peint des espaces urbains, des architectures lumineuses, villas et arbres tortueux, sur fond de ciel clair. Quand il n’use pas du pinceau, il est romancier. Alors, en bon écrivain, il pèse ses mots : « Je ne recherche pas le paysage pittoresque mais l’opacité qui arrête le regard et retient l’attention, des volumes familiers qui semblent s’extraire de la continuité pour dresser des images ».
Les paysages : un grand classique modernisé et réinventé
Var-Matin
"Ainsi, Jérémy Liron propose des œuvres urbaines, avec un penchant pour l’architecture de type Le Corbusier, mettant en valeur des formes et des paysages urbains de tous les jours en en faisant ressortir la beauté."
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Les paysages : un grand classique modernisé et réinventé
Var-Matin
"Ainsi, Jérémy Liron propose des œuvres urbaines, avec un penchant pour l’architecture de type Le Corbusier, mettant en valeur des formes et des paysages urbains de tous les jours en en faisant ressortir la beauté."
Les paysages : un grand classique modernisé et réinventé, par RM et VT in Var-Matin 13 juillet 2017

Le centre d’art contemporain présente, depuis ce vendredi, une exposition de peintures de paysages. Elle met en scène le travail de huit artistes contemporains sélectionnés par Gilles Altieri, commissaire de l’exposition. Gille Altieri a commencé sa carrière artistique en peignant les paysages de Provence, avant de prendre le virage de l’abstrait.il a souhaité revenir à ses premières amours : « c’est presque une exposition personnelle pour moi ». Ainsi, « le paysage en question » interroge le visiteur su l’a priori qu’il pourrait avoir sur le genre : « je voulais montrer que la peinture de paysage existe toujours, qu’elle n’est pas morte avec le XX e siècle et la peinture abstraite. Au contraire, elle est même très dynamique, avec une nouvelle génération qui renouvelle le genre ».
Présent au vernissage en compagnie de nombreux amateurs avertis, Serge Loudès, maire de Châteauvert et délégué à la culture de l’agglomération « Provence verte », acquiesce : « cette exposition permet d’aborder la diversité des paysages vus non comme un décor au service d’un thème, mais bien comme le sujet même de l’œuvre. Je parle en connaissance de cause. Vigneron, je vis et me baigne tous les jours dans le beau paysage que nous offre la nature ».

De la campagne à la ville
Des œuvres du Belge Koen van den Brock, et du Japonais Tshuta Kimura, tous deux reconnus internationalement, sont notamment exposées. Les peintres de la Provence, avec des artistes toulonnais comme Serge Plagnol ou Jérémy Liron, ont aussi droit à une place importante. Tous les styles de paysage sont ainsi représentés, du classique – mais toujours aussi beau – paysage de Provence dans le style impressionniste, jusqu’à des œuvres plus surprenantes et originales.
Certains des artistes sélectionnés par Gilles Altieri sont jeunes, dans la trentaine, et réinterprètent l’art de la peinture de paysage. Ainsi, Jérémy Liron propose des œuvres urbaines, avec un penchant pour l’architecture de type Le Corbusier, mettant en valeur des formes et des paysages urbains de tous les jours en en faisant ressortir la beauté. Il travaille à partir de photos, une caractéristique qu’il partage avec Arthur Aillaud.
Le souci du détail
Ce dernier utilise des images piochées sur Internet pour réaliser des paysages de ville ou de grands panoramas « qui paraissent incroyablement précis, mais qui sont en fait réalisés avec des coups de brosse large », explique Gilles Altieri.
Autre exemple de cette nouvelle originalité du traitement du paysage, Koen van den Broek s’attache aux plus petits détails des paysages urbains pour créer des œuvres, certes figuratives, mais proches de l’abstraction, comme une craquelure de béton ou une ombre portée de trottoir.

Le centre restructuré
La majorité des œuvres sont de grande taille, deux mètres sur tois environ, mais certaines sont plus conventionnelles, environ soixante centimètres de hauteur. L’espace du centre a été « restructuré pour accueillir ces grandes toiles tout en mettant en valeur les plu spetites », précise Gilles Altieri. Intarissable sur le sujet, il a ravi le public présent avec une mini-conférence non prévue au programme pour présenter les huit artistes qu’il a choisis : Arthur Aillaud, Vincent Bioulès, Koen vann den Broek, Tshuta Kimura, Per Kirkeby, Jérémy Liron, Guy de Malheurbe et Serge Plagnol.
Jeremy Liron inaugure à Toulon
par Valérie de Maulmin, Connaissance des arts
"le paysage urbain, dont Margery Clay livre une vision fantomatique, tandis que Jérémy Liron décline ses architectures corbuséennes, entre réalisme pictural et réinterprétation".
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Jeremy Liron inaugure à Toulon
par Valérie de Maulmin, Connaissance des arts
"le paysage urbain, dont Margery Clay livre une vision fantomatique, tandis que Jérémy Liron décline ses architectures corbuséennes, entre réalisme pictural et réinterprétation".
Jeremy Liron inaugure à Toulon, par Valérie de Maulmin Connaissance des arts, juillet-Aout 2017

Coup d’envoi pour la galerie du Canon, qui ouvre son bel espace de deux cent cinquante mètres carrés situé dans le cœur historique de Toulon, dont la vocation est de représenter des artistes contemporains confirmés et de soutenir la jeune création. Cette exposition inaugurale associe quatre artistes de sensibilités différentes : la photographe Margery Clay et les peintres Janos Ber, Marek Szczesny et Jérémy Liron. D’un côté, l’abstraction : Janos Ber avec ses lignes sensuelles et musicales, ou l’univers plus sombre et tourmenté de Marek Szczesny. Et de l’autre, le paysage urbain, dont Margery Clay livre une vision fantomatique, tandis que Jérémy Liron décline ses architectures corbuséennes, entre réalisme pictural et réinterprétation.
Vagabondages
par Fabien Giacomelli
"Le jeune artiste lyonnais, Jérémy Liron, s’inspire de ses déambulations urbaines lors desquelles il prend des photographies. À l’atelier, il recompose ces traces selon son imagination, et crée de surprenants tableaux, où l’espace, la perspective, le volume et l’architecture sont en jeu."
Détail
Vagabondages
par Fabien Giacomelli
"Le jeune artiste lyonnais, Jérémy Liron, s’inspire de ses déambulations urbaines lors desquelles il prend des photographies. À l’atelier, il recompose ces traces selon son imagination, et crée de surprenants tableaux, où l’espace, la perspective, le volume et l’architecture sont en jeu."
Vagabondages, Fabien Giacomelli, in Le Progrès, 15 mai 2017

Cette 14e édition, intitulée “Vagabondage”, un bel été contemporain nous invite à déambuler dans l’espace (à travers des paysages de campagne ou urbains), dans le temps (nocturnes, retours sur des figures mythologiques), ou encore à travers les méandres de notre psyché (représentations de scènes oniriques).
Une trentaine d’artistes de toutes générations sont présentés au sein de cette exposition, avec, parmi eux : Philippe Favier, Jacques Monory, Max Schoendorff, Djamel Tatah, Roland Topor, Jacques Truphémus, Jackie Kayser… Voici nos cinq propositions.
Née en Grande-Bretagne, la peintre Hilary Dymond s’installe à Lyon à la fin des années 1980 et se consacre, dès lors, entièrement au paysage, à travers des séries thématiques successives : Venise, la montagne, les forêts, les lacs, etc. Ici, cette toile est issue d’une autre série consacrée aux plaines de l’Ain, où l’artiste nous entraîne aux confins de la peinture hollandaise, de l’impressionnisme et de l’abstraction.
À propos de ses toiles si étranges et fantomatiques, le peintre lyonnais, Marc Desgrandchamps, parle de « Figures du doute ». Au beau milieu de paysages balnéaires ensoleillés, les objets et les personnages représentés semblent se déliter, disparaître, s’évaporer parmi l’atmosphère. L’artiste fait douter nos perceptions et nos habitudes visuelles, remet en question les limites habituelles des choses.
Née à Grenoble en 1964, Carole Benzaken s’est notamment emparée, à la fin des années 1990, des images des médias pour en effectuer la critique. La toile représentée ici est issue d’un film vidéo tourné par l’artiste à travers son pare-brise, en cheminant à Los-Angeles. Dans une expression plastique très forte et suggestive, elle nous immerge dans l’univers nocturne urbain des mégalopoles.
L’artiste lyonnais, Jean-Philippe Aubanel (né en 1953), a toujours été fasciné par les masques et les arts primitifs. Cette toile aux lumières nocturnes plonge notre regard parmi les fantasmagories du rêve et les espaces insoupçonnés de notre psychisme. On y devine des silhouettes féminines, quelques masques, des animaux, etc.
Le jeune artiste lyonnais, Jérémy Liron, s’inspire de ses déambulations urbaines lors desquelles il prend des photographies. À l’atelier, il recompose ces traces selon son imagination, et crée de surprenants tableaux, où l’espace, la perspective, le volume et l’architecture sont en jeu. Ce paysage No 110 est issu d’une vue depuis l’intérieur de la Villa Noailles, à Hyères.
La magie de la peinture excède sa technique
par Vincent Delaury, L’œil
"La peinture, si elle nécessite une maîtrise des techniques, est avant tout façon de voir ; un large éventail de moyens techniques digérés n’étant qu’un viatique pour laisser libre cours à son imaginaire et à a perception du monde en vue d’affirmer pleinement sa personnalité artistique."
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La magie de la peinture excède sa technique
par Vincent Delaury, L’œil
"La peinture, si elle nécessite une maîtrise des techniques, est avant tout façon de voir ; un large éventail de moyens techniques digérés n’étant qu’un viatique pour laisser libre cours à son imaginaire et à a perception du monde en vue d’affirmer pleinement sa personnalité artistique."
La magie de la peinture excède sa technique, par Vincent Delaury in L’œil février 2017

S’ils sont souvent gourmands de pratiques, combines et autres ficelles, les peintres actuels savent très bien que la maîtrise technique ne fait pas l’artiste et que « l’expressionnisme des moyens », dixit Denis Laget, n’est aucunement un gage de réussite plastique. En art, quantité n’est pas qualité, et l’esbroufe est un danger. La peinture, si elle nécessite une maîtrise des techniques, est avant tout façon de voir ; un large éventail de moyens techniques digérés n’étant qu’un viatique pour laisser libre cours à son imaginaire et à a perception du monde en vue d’affirmer pleinement sa personnalité artistique.
« Je me méfie, précise Jérémy Liron, des trucs ou des recettes, des procédés. A chaque fois que l’on s’approche d’un chef d’œuvre, d’une œuvre d’une puissance hypnotique singulière et qu’on l’observe en essayant de percer le secret de cette réussite, on se retrouve démuni, parce qu’il n’y a concrètement que des choses familières, simples, ordinaires : l’alchimie réalisée échappe à la simple somme des gestes techniques identifiables. » Et Martin Bruneau, praticien expérimenté s’abreuvant de différentes traditions picturales, d’ajouter : « Je souhaite obtenir avec les moyens de la peinture plus que la somme de ses composants (pigments, toile, liant, sujet, etc.). Avec acharnement. Ce que Gerhard Richter nomme la « transformation », cette alchimie où il se passe un truc sur une toile qui dépasse le prévisible, nous dépasse. »
2016
Jérémy Liron, un artiste plasticien aux multiples figures
par Franck Maistre, Le Dauphiné
"Le jeune artiste, natif de Marseille n’affiche que 36 printemps mais son parcours est déjà bien rempli, tant de par son parcours universitaire que par ses créations qui au niveau hexagonal, comment à être connues et reconnues."
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Jérémy Liron, un artiste plasticien aux multiples figures
par Franck Maistre, Le Dauphiné
"Le jeune artiste, natif de Marseille n’affiche que 36 printemps mais son parcours est déjà bien rempli, tant de par son parcours universitaire que par ses créations qui au niveau hexagonal, comment à être connues et reconnues."
Jérémy Liron, un artiste plasticien aux multiples figures, par Franck Maistre in Le Dauphiné, novembre 2016

L’exposition Figures qui propose 65 œuvres de Jérémy Liron est ouverte depuis le 8 novembre et jusqu’au 10 décembre au public à l’Angle, l’espace d’art contemporain du Pays Rochois. Le jeune artiste, natif de Marseille n’affiche que 36 printemps mais son parcours est déjà bien rempli, tant de par son parcours universitaire que par ses créations qui au niveau hexagonal, comment à être connues et reconnues.
Jérémy, a été piqué du virus de la peinture et du dessin alors qu’il n’était encore qu’un bambin de maternelle. Il propose ainsi sa première exposition à l’âge de 15 ans et se dirige après son bac à cinq années d’apprentissage et de perfectionnement aux Beaux-Arts, d’abord à Toulon puis à Paris, d’où il ressortira avec le diplôme national supérieur d’arts plastiques.
Mais cela ne semble pas suffisant pour Jérémy, qui peaufine son savoir en passant l’agrégation d’arts plastiques en 2007 à Paris-Sorbonne. Inspiré par des maîtres tels Matisse et Morandi, Jérémy oriente progressivement son talent vers des peintures figuratives.
Récemment, le jeune lyonnais a élargi son domaine de création avec la sculpture et permet maintenant de présenter au public différentes statues en exposition. Jérémy Liron, par ailleurs enseignant en arts plastiques dans un collège de banlieue lyonnaise observe encore et toujours le monde qui l’entoure, n’hésitant jamais à prendre des photos de tout ce qui peut attirer son regard en y associant également de précieuses notes écrites, pour peindre, dessiner ou sculpter ses futures œuvres.
Jérémy réalise en moyenne une dizaine d’expositions par an et il l’avoue sans détours : « J’espère que mon travail va pouvoir prendre une dimension plus grande et exposer mes réalisations un jour dans un grand musée demeure un rêve ».
En attendant, que cette ambition devienne réalité, c’est à l’Angle que les Rochois et tous les amateurs d’arts ou simples curieux auront la chance et le privilège de découvrir une partie des œuvres de Jérémy et pénétrer dans son univers qu’il exprime avec talent, authenticité et avec une accessibilité proposée à un public le plus large possible.
Exposition de Jérémy Liron à l’Angle : 65 œuvres à découvrir
par Franck Maistre, Le Dauphiné
"un subtil mélange de tableaux, peintures et dessins où le spectateur se laissera surprendre par ces figures géométriques ou humaines, lesquelles parfois semblent nous retourner le regard qu’on leur porte."
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Exposition de Jérémy Liron à l’Angle : 65 œuvres à découvrir
par Franck Maistre, Le Dauphiné
"un subtil mélange de tableaux, peintures et dessins où le spectateur se laissera surprendre par ces figures géométriques ou humaines, lesquelles parfois semblent nous retourner le regard qu’on leur porte."
Exposition de Jérémy Liron à l’Angle : 65 œuvres à découvrir, par Franck Maistre in Le Dauphiné novembre 2016

Vendredi soir à l’Angle, l’espace d’art contemporain du Pays Rochois, en présence de l’artiste Jérémy Liron, avait lieu le vernissage de l’exposition Figures qui sera ouverte au public dès le 8 novembre jusqu’au 10 décembre. 65 œuvres de Jérémy Liron, jeune artiste de 36 ans et qui vit à Lyon, sont ainsi à découvrir, dans un subtil mélange de tableaux, peintures et dessins où le spectateur se laissera surprendre par ces figures géométriques ou humaines, lesquelles parfois semblent nous retourner le regard qu’on leur porte.
Jérémy Liron qui a étudié aux Beaux-arts à Paris, puise en grande partie son inspiration dans l’observation du quotidien, et le public ne s’y trompera en se rendant à l’Angle pour visiter l’exposition qui se veut accessible et n’est pas réservée uniquement aux regards d’initiés. Chacun en fonction de ses émotions se laissera embarquer dans l’univers de l’artiste, pour en prendre plein les yeux.
Jérémy Liron, Autoportrait en visiteur
par Rodolphe Cosimi, Revue Archives de la critique d’art
"L’ouvrage de Jérémy Liron récemment publié, se distingue étonnamment des écrits et des propos habituels d’artistes. Sa particularité tient ici au fait qu’il ne s’agit en effet, au sens strict, ni d’un journal de peintre ni d’un opuscule de comptes rendus d’expositions mais bien d’un corpus de textes et de notes qui nourrit une réflexion décloisonnée, menée au gré d’allers retours entre travail à l’atelier -là où se crée l’oeuvre- et expositions -là où elle est montrée-."
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Jérémy Liron, Autoportrait en visiteur
par Rodolphe Cosimi, Revue Archives de la critique d’art
"L’ouvrage de Jérémy Liron récemment publié, se distingue étonnamment des écrits et des propos habituels d’artistes. Sa particularité tient ici au fait qu’il ne s’agit en effet, au sens strict, ni d’un journal de peintre ni d’un opuscule de comptes rendus d’expositions mais bien d’un corpus de textes et de notes qui nourrit une réflexion décloisonnée, menée au gré d’allers retours entre travail à l’atelier -là où se crée l’oeuvre- et expositions -là où elle est montrée-."
Autoportrait en visiteur, par Rodolphe Cosimi in Revue Archives de la critique d’art, nov. 2016

L’ouvrage de Jérémy Liron récemment publié, se distingue étonnamment des écrits et des propos habituels d’artistes. Sa particularité tient ici au fait qu’il ne s’agit en effet, au sens strict, ni d’un journal de peintre ni d’un opuscule de comptes rendus d’expositions mais bien d’un corpus de textes et de notes qui nourrit une réflexion décloisonnée, menée au gré d’allers retours entre travail à l’atelier -là où se crée l’oeuvre- et expositions -là où elle est montrée-. Renouvelant ainsi le genre de façon assez singulière, l’auteur creuse la question de l’art et du reflet qu’il lui renvoie en tant que peintre ou visiteur. Il questionne son mouvement général, son histoire, tout comme la condition de l’artiste dans l’évolution de son expression artistique, tout en tentant d’éclairer les difficultés auxquelles le peintre est confronté dans l’exercice de son art. L’auteur, menant un travail littéraire parallèlement à ses recherches plastiques, propose de manière pertinente et très libre une synthèse appréciable de la pratique et de la réflexion, à travers l’intérêt qu’il porte à différents aspects de la peinture, du geste, du tableau, de l’image, de la perception. Il invite à partager des interrogations en ce qui concerne la pratique de l’art. Il déchiffre ce qui a trait à l’émotion issue de la préoccupation de son environnement contemporain et de ses rencontres, des doutes, des déconvenues, des processus cognitifs liés à son activité picturale ou encore de ce que lui inspirent les visites de musées, la confrontation avec les oeuvres, les expositions et les lectures. Proche parfois de l’analyse critique et historique, Jérémy Liron surmonte avant tout l’épreuve de la pensée par une écriture franche, efficace afin de mieux la saisir, répondant en même temps à une nécessité des sens et de l’intellect. Présenté très clairement et sans fioriture, l’ouvrage ne manquera pas de susciter chez le lecteur, à travers ces pages, la curiosité et une empathie propices à la connaissance et au dialogue avec l’artiste.
L’intensité du regard du peintre à l’atelier de Jérémy Liron
par Dolores Trenza, Dauphiné Libéré
"Le don de Jérémy ne se limite pas à la peinture car il manie aussi bien le pinceau que la plume. Il est l’auteur de plusieurs articles, préfaces, catalogues et livres. On ne sait du peintre ou de  l’écrivain qui guide l’autre dans sa recherche de l’acte créatif, qui de l’image ou du mot inspire le tableau ou l’écrit."
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L’intensité du regard du peintre à l’atelier de Jérémy Liron
par Dolores Trenza, Dauphiné Libéré
"Le don de Jérémy ne se limite pas à la peinture car il manie aussi bien le pinceau que la plume. Il est l’auteur de plusieurs articles, préfaces, catalogues et livres. On ne sait du peintre ou de  l’écrivain qui guide l’autre dans sa recherche de l’acte créatif, qui de l’image ou du mot inspire le tableau ou l’écrit."
L’intensité du regard du peintre à l’atelier de Jérémy Liron, par Dolores Trenza in Dauphiné Libéré, juin 2016

Les stages organisés à la résidence d’artistes Moly-Sabata, sur quatre week-ends depuis avril jusqu’en juillet, sont l’occasion pour les amateurs de tous niveaux de profiter d’une immersion propice à la création, et de partager avec des artistes différents la singularité de leur art. Huit participants de Savoie, Haute-Savoie et Isère ont de fait choisi l’atelier dirigé par Jérémy Liron pour sa démarche artistique. Un choix éclairé par l’univers fascinant de l’artiste. Jérémy Liron né en 1980 à Marseille, peintre diplômé de l’école des beaux-arts de Toulon et Paris, agrégé en arts plastiques, expose ses œuvres depuis 1998, notamment à la galerie Isabelle Gounod à Paris. Le don de Jérémy ne se limite pas à la peinture car il manie aussi bien le pinceau que la plume. Il est l’auteur de plusieurs articles, préfaces, catalogues et livres. On ne sait du peintre ou de l’écrivain qui guide l’autre dans sa recherche de l’acte créatif, qui de l’image ou du mot inspire le tableau ou l’écrit.
Attiré par les paysages et les volumes architecturaux, Jérémy a construit son initiation en deux phrases. Un premier temps pour ce qu’il nomme, l’ "épaisseur du regard", s’agissant de fixer sur des prises de vues photographiques ou croquis, l’environnement de Moly-Sabata qui animera le regard de chaque artiste et servira de motif à son travail. Dans un deuxième temps, un exercice de répétition du sujet (l’épuisement du motif) en plusieurs tableaux destinés à magnifier le regard hors de toute contrainte technique ou conventionnelle. Des variations qui bousculent les habitudes, comme le souligne Dominique, assidue aux stages, mais permettent de voir le sujet en profondeur et de décliner des inventions plastiques, quitte à peindre le modèle à l’envers pour en saisir l’essence. Jérémy Liron peintre de grand talent, a su transmettre à la lettre à ses stagiaires, la vision qu’il partage avec Proust : « Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le notre, nous voyons le monde se démultiplier ».
Jeremy Liron, la traversée & le livre l'immeuble le tableau
par Mathieu Chante, au-dedans
"Le monde s'offre au regard de Jérémy Liron, affirme sèchement sa visibilité, le peintre sait qu'en faire : verser au-dedans, avec humilité, sa propre grammaire intime, des lois édictées mais fines qui assoient une certaine idée de la noblesse d'Être."
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Jeremy Liron, la traversée & le livre l'immeuble le tableau
par Mathieu Chante, au-dedans
"Le monde s'offre au regard de Jérémy Liron, affirme sèchement sa visibilité, le peintre sait qu'en faire : verser au-dedans, avec humilité, sa propre grammaire intime, des lois édictées mais fines qui assoient une certaine idée de la noblesse d'Être."
Jeremy Liron, la traversée & le livre l'immeuble le tableau, par Mathieu CHante in au-dedans, mai 2016.

Cela fait déjà de nombreuses années que j'ai découvert le travail de Jérémy Liron, d'abord ses tableaux, puis des notes qu'il prend sous forme de photographie. Plus tard, son talent d'écrivain.
Au moins, l'Internet a cela de bon : il permet d'approcher un peu quelque travail, regard, sensation sur le monde et ses choses.

L'écriture de Jérémy Liron est un spectacle, elle est d'une rare densité, d'une finesse et d'une érudition étonnante. Il parvient en quelques mots à peindre sans pinceaux, sans toile, sans artifice aucun, ces petits morceaux du monde qui s'adressent à lui et auxquels il répond de façon brillante.

Bien sûr on ne peut s'empêcher de penser à Camus ou Beckett - qu'il cite - mais aussi à Wittgenstein ou Jarry. L'inanité des petites et grandes choses qui lui apparaissent sont autant de prétextes à questionner ce qui a lieu, là, hic et nunc, à la fois toutes proches et infiniment lointaines. Les préoccupations qu'il expose sont d'ordre existentiel mais sans fard, sans autre prétention que celle de décrire en partie ce qui découle de ce postulat totalitaire qu'est ce qui se présente à nous : “(…) c'est peut-être ça que je suis, la chose qui divise le monde en deux : d'une part le dehors, d'autre part le dedans.” La notion de mouvement est présente aussi bien dans sa peinture que dans ses écrits.

Il s'astreint à épuiser l'idée d'un univers imposant, lourd et en constante évolution , questionne sans relâche la relation ténue, frêle et fragile qui existe entre ce qui est et ce que l'on ressent. Cette “chose paradoxale comme la possibilité d'un mouvement toujours réactivé, perpétuellement au seuil de lui-même.”

Le monde s'offre au regard de Jérémy Liron, affirme sèchement sa visibilité, le peintre sait qu'en faire : verser au-dedans, avec humilité, sa propre grammaire intime, des lois édictées mais fines qui assoient une certaine idée de la noblesse d'Être.
Ateliers ouverts
par Marie Gerhardy, DNA Sarre-Union
"Le Marseillais Jérémy Liron, artiste, écrivain et enseignant, expose les « archives du désastre », une série de dessins inspirés de la destruction récente des archives syriennes. « Ces bustes ou fragments de colonnes, teintés d’un voile vert, font penser à un souvenir, renvoient au château, à la notion d’absence et de présence. »"
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Ateliers ouverts
par Marie Gerhardy, DNA Sarre-Union
"Le Marseillais Jérémy Liron, artiste, écrivain et enseignant, expose les « archives du désastre », une série de dessins inspirés de la destruction récente des archives syriennes. « Ces bustes ou fragments de colonnes, teintés d’un voile vert, font penser à un souvenir, renvoient au château, à la notion d’absence et de présence. »"
Diedendorf, ateliers ouverts, 17 artistes, deux concerts, par Marie Gerhardy in DNA Sarre-Union 14 mai 2016

Le plasticien François Genot ne se contente pas d’ouvrir les portes de son atelier à Diedendorf, il monte l’exposition « Le pavillon des sources », inspirée des ruines du château de Bonnefontaine, à Altwiller. « Beaucoup de jeunes ne connaissent pas l’existence des ruines, d’autant qu’elles sont fermées au public. C’est un endroit mystérieux, ferment de l’imaginaire. » Sa source médicinale, la construction jamais achevée d’une station thermale, la forêt qui le cache, ne sont pas pour rien dans le fantasmes que nourrit le lieu. Pas moins de 17 artistes s’y sont penchés. « Le site est une clé d’entrée patrimoniale pour les gens du coin, et une porte vers l’imaginaire pour les artistes et les gens de passage. C’est une exposition poétique, contemplative. »

Le Marseillais Jérémy Liron, artiste, écrivain et enseignant, expose les « archives du désastre », une série de dessins inspirés de la destruction récente des archives syriennes. « Ces bustes ou fragments de colonnes, teintés d’un voile vert, font penser à un souvenir, renvoient au château, à la notion d’absence et de présence. » (…)
Infinie distance des choses dans leur temps
Magazine Domodeco
"Peintre et sculpteur marseillais exilé à Lyon, Jérémy Liron a conservé de ses origines méridionales un absolu sens de la lumière : ses œuvres irradient de clarté."
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Infinie distance des choses dans leur temps
Magazine Domodeco
"Peintre et sculpteur marseillais exilé à Lyon, Jérémy Liron a conservé de ses origines méridionales un absolu sens de la lumière : ses œuvres irradient de clarté."
Jérémy Liron, l'infinie distance des choses dans leur temps in Magazine Domodeco, mars 2016

Peintre et sculpteur marseillais exilé à Lyon, Jérémy Liron a conservé de ses origines méridionales un absolu sens de la lumière : ses œuvres irradient de clarté. Amoureux des paysages – urbains, notamment – il donne à l’architecture un visage avenant, dégageant du gris et de la régularité géométrique des façades, une beauté pure. Fait-il partie de ces utopistes capables de nous réenchanter la ville ? En tout cas il nous fait reconsidérer le Corbusier.
Jérémy Liron, idea ou la lente disparition d’un monde
par Laurence Gossart, Magazine Inferno
"Jérémy Liron offre des ponctuations. Des ponctuations intimistes qui jalonnent l’espace de la galerie mais aussi l’espace mental. Non pas une œuvre unique mais de petites œuvres quasi atonales, dont le brou de vert brouille la lisibilité du dessin et force celui qui regarde à s’approcher pour voir."
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Jérémy Liron, idea ou la lente disparition d’un monde
par Laurence Gossart, Magazine Inferno
"Jérémy Liron offre des ponctuations. Des ponctuations intimistes qui jalonnent l’espace de la galerie mais aussi l’espace mental. Non pas une œuvre unique mais de petites œuvres quasi atonales, dont le brou de vert brouille la lisibilité du dessin et force celui qui regarde à s’approcher pour voir."
Jérémy Liron, idea ou la lente disparition d'un monde, par Laurence Gossart in Magazine Inferno, mars 2016

« …je veux dire : lorsque nous prenons les pays les plus atroces, l’horreur assyrienne, et que nous sommes face à leur art, nous nous apercevons que lorsque les hommes sont morts, il ne reste rien de ce qui a été hideux en eux et qu’il ne reste que ce qu’ils ont eu de grand quand la transmission est faite par l’art. » André Malraux

Transmettre et métamorphoser. Jérémy Liron opère dans cet ensemble d’images une lente transformation, une métamorphose qui donne encore à voir et connaître ce que les générations prochaines ne finiront que par savoir. Comme des traces qui ne sont pas sans évoquer les vieux daguerréotypes, leurs nuances palies et érodées par le temps. Une œuvre qui s’incarne comme la trace d’autres œuvres d’art récemment détruites, à l’instar de la cité antique de Palmyre, et de disparitions à venir.
Ce sont tous ces traumas qui ont éventré notre monde ces derniers mois (exactions de Boko Haram, attentats de janvier en France et du musée du Bardo à Tunis…) qui conduisirent Jérémy Liron à reprendre le dessin, moyen périphérique de sa pratique. Dessiner à la craie noire relève de quelque chose de l’ordre de l’épure, de gestes épurés. L’artiste redessine des documents qui sont eux-mêmes des traces, il fait des images d’images, comme un double degré d’accès au monde. Platon ne semble pas très loin dans cette pensée, Platon pour qui le lit est déjà l’image de l’Idée du lit et l’image du lit, image d’image. Mais dans cette distanciation progressive l’œuvre de Jérémy Liron devient Idea car, et à rebours du philosophe de l’antiquité, » C’est au peintre [de la Renaissance] et non au dialecticien, que l’on s’en remet au premier chef désormais, chaque fois qu’il est question du concept d’Idea » pour reprendre les mots d’Erwin Panofsky.
Comme s’il s’inscrivait dans cette filiation implicite plus sensible que métaphysique, Jérémy Liron repeint sans dessein ses dessins, ses reproductions dessinées d’œuvres d’art photographiées pour les incorporer, les prendre dans son corps, les comprendre au sens étymologique du terme. Et à l’inverse d’un discours purement platonicien, c’est dans cette relation de distanciation-appropriation que l’œuvre affleure. Comme un souvenir qui s’émousse tout en laissant apparaître une autre réalité flottante et persistante. Des dessins atténués, étouffés, dont le volume est en partie masqué par ces zones qu’il repeint. Ce n’est pas l’ensemble qui est passé au jus huileux mais des portions, des carrés, plus souvent des rectangles d’une tonalité verdâtre qui oblitèrent, masquent un pan de chaque dessin. Un vert de mousse, vert de la putréfaction, vert d’une mélancolie sourde dans lequel on ne peut que difficilement déceler la tonalité de renaissance printanière.
Cet ensemble de dessins forme une sorte de fenêtre sur l’histoire, sur l’histoire de nos civilisations et, bien entendu, sur l’histoire de l’art. Des fenêtres sur l’Histoire mais de toutes petites fenêtres puisque toutes les œuvres qui constituent cette série sont d’un format 30 x 40 cm mais le dessin n’occupe qu’une part infime de cette surface. Il est placé en retrait dans le passe partout ; quelque cinq millimètres qui réaffirment avec délicatesse la distance nécessaire pour laisser advenir l’image à la surface sensible. Une légère épaisseur qui dessine une petite ombre sur le dessin qui ne fait qu’ajouter à la finesse du dispositif. Des gestes qui masquent pour mieux donner à voir et à penser, des gestes qui concentrent le regard sur une partie de celui-ci, qui focalisent l’attention.
Jérémy Liron ramène l’œuvre monumentale à quelque chose d’intime et de petit, en modifie l’échelle initiale, cette dernière étant d’emblée modifiée puisque c’est celle du document d’archives utilisé comme modèle. Il crée un bout d’œuvre que l’on peut prendre entre les mains. Jérémy Liron offre des ponctuations. Des ponctuations intimistes qui jalonnent l’espace de la galerie mais aussi l’espace mental. Non pas une œuvre unique mais de petites œuvres quasi atonales, dont le brou de vert brouille la lisibilité du dessin et force celui qui regarde à s’approcher pour voir. Les dessins se déploient comme des notes sur une partition, dessinant ainsi dans la pièce une ligne sinueuse qui recréer un parcours au cœur de nos civilisations et de notre histoire.
Par ces gestes délicats, Jérémy Liron se demande s’il n’est pas en train de « réaliser quelque chose comme une psychanalyse de l’histoire humaine ou [de] déployer dans son étendue insondable le masque mortuaire d’une civilisation ». Peut-être alors résonneront différemment les mots d’André Malraux : « …et si le mot culture a un sens, il est ce qui répond au visage qu’a dans la glace un être humain quand il regarde ce qui sera son visage de mort. La culture c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande se qu’il fait sur la terre ». Comme un affleurement renouvelé d’un musée imaginaire que ce dernier avait tant souhaité.
Jérémy Liron, l'archi-peintre
par Samuel Kahn, La Tribune de Lyon
"Il y a des inspirations qui l’accompagnent depuis longtemps comme les bâtiments dessinés par Le Corbusier, tandis que d’autres viennent le frapper subitement, tel cet immeuble au coin du parc de la Cerisaie dont il avait passé l’angle des dizaines de fois avant de remarquer son intérêt pictural."
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Jérémy Liron, l'archi-peintre
par Samuel Kahn, La Tribune de Lyon
"Il y a des inspirations qui l’accompagnent depuis longtemps comme les bâtiments dessinés par Le Corbusier, tandis que d’autres viennent le frapper subitement, tel cet immeuble au coin du parc de la Cerisaie dont il avait passé l’angle des dizaines de fois avant de remarquer son intérêt pictural."
Jérémy Liron, l’archi-peintre, par Samuel Kahn in La Tribune de Lyon, mars 2016

Peintre discret et enseignant en arts plastiques, Jérémy Liron expose pour la première fois à la fondation Bullukian. Portrait d’un lyonnais vraiment contemporain.

A pied, en train, en voiture,
Jérémy Liron, 36 ans, est un observateur. Dans ses toiles et depuis peu ses sculptures, il retranscrit ce qu’il voit, les formes qu’il capte. Quand une courbe « se dresse dans son regard », il dégaine son appareil photo et prend des notes pour plus tard. Il y a des inspirations qui l’accompagnent depuis longtemps comme les bâtiments dessinés par Le Corbusier, tandis que d’autres viennent le frapper subitement, tel cet immeuble au coin du parc de la Cerisaie dont il avait passé l’angle des dizaines de fois avant de remarquer son intérêt pictural.

Du contraste au détail
Lui qui est « sensible à l’élégance de l’Art déco, des bâtiments blancs avec un liseré noir qui vient marquer une courbe », il a trouvé à Lyon et dans ses environs des témoignages de la marque de l’Homme sur son environnement. Il s’st souvent servi de la nature comme d’une toile de fond pour mieux souligner l’esthétique bétonnée des architectures qu’il peint. Depuis, il recadre son regard pour se concentrer sur les formes seules, confiant dans le fait qu’elles peuvent parler par elles-mêmes, en témoignent ses toiles qui reprennent les sculptures de l’esplanade Compas-Raison de la Duchère.

Révélateur
Agrégé d’arts plastiques, il les enseigne depuis huit ans dans un collège près de Villefranche-sur-Saone. Il « vaut faire réfléchir à notre monde, tout ce qui est trop évident ou trop intériorisé ». Souvent, il reçoit des lettres d’admirateurs qui ont vu leur regard s’ouvrir à la beauté urbaine. La plus banale des barrières de square municipal peut prendre des airs épurés si on l’observe d’une certaine façon. Ce travail de révélation, il le revendique : « Par infusion, on aide à ouvrir le regard des gens ». Assumant le caractère politique de ses dernières séries, il « espère que son travail puisse prendre une dimension plus grande ».

Jérémy Liron a conçu lui-même la scénographie de cette première exposition monographique de son travail. Elle adopte un point de vue chronologique, tout en invitant le spectateur à porter un regard dynamique sur des œuvres qui se répondent. De peintures en sculptures, en passant par un corridor où sont présentés quelques uns de ses textes, l’artiste aux multiples casquettes se dévoile et donne à observer. Beau travail.
La lame à l'œil pour Jérémy Liron
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin n°829
"L'architecture et notre environnement urbain sont ainsi interrogés concomitamment au questionnement de l'image et de la représentation. Qu'est-ce qui fait image et qu'est-ce qui anime le regard, demande Jérémy Liron."
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La lame à l'œil pour Jérémy Liron
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin n°829
"L'architecture et notre environnement urbain sont ainsi interrogés concomitamment au questionnement de l'image et de la représentation. Qu'est-ce qui fait image et qu'est-ce qui anime le regard, demande Jérémy Liron."
La lame à l’œil pour Jérémy Liron, par Jean-Emmanuel Denave in Le petit bulletin n°829, mars 2016

Jérémy Liron, L'infinie distance des choses dans leur temps À la Fondation Bullukian jusqu'au 26 mars La Fondation Bullukian consacre au jeune peintre Jérémy Liron sa première exposition personnelle à Lyon. Un labyrinthe aux motifs architecturaux où le regard du spectateur se perd et s'aiguise.
Jérémy Liron a chamboulé l'espace d'exposition de la Fondation Bullukian. Une grille, qu'il a forgé lui même, nous barre l'accès à des peintures au loin. Des sculptures massives font obstacle à nos déplacements spontanés. Et la variation incessante de ses formats de tableaux nous oblige à zigzaguer parmi les images, à essayer des distances, à remarquer, aussi, des reflets volontaires sur le plexiglas où notre œil se mire.
L'artiste, ostensiblement, dispose ses toiles et ses volumes pour "indisposer" le regard normé, pour le décaler ou le faire sortir de ses "gonds" et "faisceaux" monotones. Ses motifs, en revanche, évoluent peu depuis ses débuts : des fragments ou des ensembles architecturaux relativement banals, remarqués lors de déambulations urbaines et pris dans un premier temps en photographies. « Le travail, écrit Jérémy Liron, commence à la prise de vue, je l'ai répété souvent, lorsqu'il s'agit de prendre note de ce qui m'a retenu dans l'arrangement particulier de volumes : leurs formes, leurs couleurs, le dessin, comment se déposent la lumière et les figures plus ou moins complexes qui sinuent dans tout ça, quand on décortique ce qui fait image. »

Tâter le matériau
Dans son atelier, ensuite, l'artiste composera à partir de ces photographies des toiles où la peinture reprendra ses droits (coulures, changements de couleurs, réserves de blanc, aplats ajoutés...) et où les éléments premiers (arbres, murs, portiques...) pourront être changés, voire inventés, en fonction de l'équilibre voulu pour l'image.
« Littéralement, je cherche le tableau dans le tableau lui-même, retournant des choses, en repoussant d'autres, en amenant à moi une troisième, au jugé. Tâter le matériau. » L'architecture et notre environnement urbain sont ainsi interrogés concomitamment au questionnement de l'image et de la représentation. Qu'est-ce qui fait image et qu'est-ce qui anime le regard, demande Jérémy Liron. Ses œuvres exposées à la Fondation Bullukian nous donnent quelques éléments passionnants de réponse...
Jérémy Liron, L'infinie distance des choses dans leur temps
À la Fondation Bullukian jusqu'au 26 mars

Repères :
1980 : Naissance à Marseille. L'artiste vit et travaille aujourd'hui à Lyon
2005 : Diplômé de l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris, où il rencontre les écrivains Pierre Bergounioux et François Bon. Parallèlement à ses recherches plastiques, Jérémy Liron mène un travail littéraire
2007 : Agrégation en arts plastiques
2012 : L'inquiétude, exposition personnelle à la galerie Isabelle Gounod à Paris qui représente l'artiste
2014 : Publication du récit La mer, en contrebas, tape contre la digue aux éditions La Nerthe / Éclats
2015 : Publie Autoportrait en visiteur aux éditions L'Atelier contemporain, ensemble de notes d'atelier, de chroniques et de critiques d'expositions
2016 : L'infinie distance des choses à la Fondation Bullukian. Première exposition personnelle de l'artiste à Lyon.
Éclats du regard
par Fabien Giacomelli, Le progrès
"L’artiste s’intéresse notamment aux architectures, remarquables ou banales, qu’il peut découvrir au fil de ses déplacements"
Détail
Éclats du regard
par Fabien Giacomelli, Le progrès
"L’artiste s’intéresse notamment aux architectures, remarquables ou banales, qu’il peut découvrir au fil de ses déplacements"
Jérémy Liron : éclats du regard, par Fabien Giacomelli, Le Progrès, 14 février 2016

Peintre lyonnais né 1980, Jérémy Liron présente, pour la première fois à Lyon, une exposition personnelle. L’artiste s’intéresse notamment aux architectures, remarquables ou banales, qu’il peut découvrir au fil de ses déplacements. Il les prend en photo, puis, à l’atelier, recompose ses espaces en ajoutant ici un arbre, là un pan de mur. La toile devient alors un objet en soi où l’artiste réinvente les couleurs, les lumières, les perspectives. In fine, ses tableaux se révèlent être à la fois des traces de notre environnement urbain moderne, une interrogation sur la représentation, et une surface aussi où s’expriment les sentiments et l’état d’esprit de l’artiste.
A la fondation Bullukian, son accrochage joue de rapports subtils entre plusieurs toiles, et s’enrichit encore de quelques sculptures et dessins. Le regard ricoche d’image en image, se perd dans les détails ou s’étire dans une vue d’ensemble. La simplicité des motifs n’empêche pas la richesse des émotions et des divagations visuelles possibles.
L’infinie distance
Lyon presqu'île
"Il aime jouer avec la distance et le regard et s’intéresse spécialement à la peinture de paysages urbains et de volumes architecturaux".
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L’infinie distance
Lyon presqu'île
"Il aime jouer avec la distance et le regard et s’intéresse spécialement à la peinture de paysages urbains et de volumes architecturaux".
L'infinie distance, in Lyon presqu'ile, fevrier 2016

D’un tempérament rêveur, Jérémy a dès sa plus tendre enfance, été attiré par ce qui l’entoure, et a commencé très tôt à tracer sa route. Diplômé des Beaux-Arts de Toulon et de Paris,, et agrégé en Arts plastiques il est à la fois dessinateur, peintre, sculpteur et éditeur. « J’observe l’environnement, indique-t-il, et suis surtout attiré par les paysages urbains et les volumes architecturaux ». Il aime jouer avec la distance et le regard et s’intéresse spécialement à la peinture de paysages urbains et de volumes architecturaux. Jusqu’au 26 mars 2016 sont présentées des œuvres récentes qui témoignent des diverses directions qu’il a prises ces dernières années.
Jérémy Liron, architecte des sensations
par Léo Bataille, Exit, Sortir à Lyon n°37
"En se déplaçant en train, en voiture, ou en cheminant à pied à travers les villes « des choses le retiennent par un sentiment de présence ; ça fait image, ça se dresse dans l’espace ». Ces choses sont, depuis le début des années 2000, surtout des immeubles ou des fragments d’architecture urbaine relativement banals et sans qualité particulière ( à quelques exceptions près comme la cité radieuse du Corbusier à Marseille)."
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Jérémy Liron, architecte des sensations
par Léo Bataille, Exit, Sortir à Lyon n°37
"En se déplaçant en train, en voiture, ou en cheminant à pied à travers les villes « des choses le retiennent par un sentiment de présence ; ça fait image, ça se dresse dans l’espace ». Ces choses sont, depuis le début des années 2000, surtout des immeubles ou des fragments d’architecture urbaine relativement banals et sans qualité particulière ( à quelques exceptions près comme la cité radieuse du Corbusier à Marseille)."
Jeremy Liron, architecte des sensations, par Léo Bataille
in Exit, Sortir à Lyon n°37, fevrier 2016

Portrait d’un peintre contemporain qui vit à Lyon, Jérémy Liron, passionné d’architecture et d’écriture, travaillant souvent à partir de photographies. Un travail singulier, couronné par sa première exposition monographique à la fondation Bullukian.

« Comment quelque chose surgit, anime le regard ? » Telle est la question centrale du peintre lyonnais Jérémy Liron (né 1980 à Marseille). En se déplaçant en train, en voiture, ou en cheminant à pied à travers les villes « des choses le retiennent par un sentiment de présence ; ça fait image, ça se dresse dans l’espace ». Ces choses sont, depuis le début des années 2000, surtout des immeubles ou des fragments d’architecture urbaine relativement banals et sans qualité particulière ( à quelques exceptions près comme la cité radieuse du Corbusier à Marseille). Le peintre prend alors beaucoup de photographies puis, à l’atelier, le tableau se composera par metamorphoses et variations successives. Sur la toile, Jérémy Liron peut ainsi simplifier une façade, supprimer ou ajouter certains éléments, opacifier une masse arborée, réinventer des couleurs, voire ajouter des éléments picturaux « purs » : réserves, coulures, aplats… Une figure surgi dans le réel, un tableau a surgi, dans un second temps, d’un entrelacs d’expérimentations plastiques, d’émotions personnelles, de hasards, de réminiscences d’histoire de l’art (des portraits du Fayoum à Sean Scully, en passant par Rembrandt, Le Greco, Henri Cartier-Brtesson, Matisse, Fernand Léger…).

Les mots et les choses
Si les tableaux de Jérémy Liron n’ont rien de documentaire, le motif de l’architecture n’en est pas réduit pour autant à un simple prétexte. L’artiste confie son intérêt pour l’architecture moderniste qui aujourd’hui décriée, relève quasiment pour lui d’un sentiment de mélancolie. Chaque bâtiment retenu est aussi la métonymie d’un certain monde urbain actuel et le reflet d’un état d’esprit et du corps de l’artiste. « L’architecture, ajoute-t-il encore, c’est aussi ce qui reste, ce qui persiste à travers le temps. » Ce qui résiste au temps, ce sont aussi les livres et parallèlement à son travail de peintre, Jérémy Liron écrit beaucoup :un blog sur des expositions vues ici ou là, des essais théoriques, des romans… A l’occasion de sa formation aux Beaux-Arts de Paris, il s’est rapproché des écrivains Pierre Bergounioux et François Bon avec qui il a amorcé des aventures éditoriales. Jérémy Liron avance ainsi sur deux voies parallèles, celle des mots et celle des images, « l’une palliant les angles morts de l’autre », selon l’artiste. A la fondation Bullukian, il présentera sa première exposition personnelle à Lyon, et dévoilera son intérêt récent pour la sculpture en lien avec l’architecture.
Curiosité, chronique lyonnaise de Joël Riff
Semaine 08
"Jérémy Liron donne à voir un survol représentatif de l'évolution de sa production, qui semble avec le temps recadrer ses visées en un zoom progressif, depuis les larges paysages méditerranéens jusqu’aux détails verdâtres plus mystérieux."
Détail
Curiosité, chronique lyonnaise de Joël Riff
Semaine 08
"Jérémy Liron donne à voir un survol représentatif de l'évolution de sa production, qui semble avec le temps recadrer ses visées en un zoom progressif, depuis les larges paysages méditerranéens jusqu’aux détails verdâtres plus mystérieux."
Semaine 08, Chronique Curiosité, par Joël Riff

Malédiction baudelairienne
Minutieux. Lentement élaboré. Craintif. Voilà comment la fameux poète qualifie tout ce qui proviendrait de Lyon, assassinant ses contemporains avec ce violent et définitif constat. Une caricature de la confortable bourgade et de son influence, pourrait auprès de qui raille cette ville, se reconnaître effectivement en ce portrait. Alors que le terme-même de peinture lyonnaise sonne comme une double charcuterie, il y a un plaisir certain à désamorcer ici toute offensive contre elle. Aujourd’hui la dimension locale a évolué et il sera bien plus excitant d’invoquer son actualité et sa résonance, dans une transversalité, monolithique, minérale. Et mieux renverser la sentence. Soigneux. Délicatement conçu. Précis.

Jérémy Liron
(français né en 1980) donne à voir un survol représentatif de l'évolution de sa production, qui semble avec le temps recadrer ses visées en un zoom progressif, depuis les larges paysages méditerranéens jusqu’aux détails verdâtres plus mystérieux. Scandé de sculptures bienvenues, l'accrochage peine à s’émanciper d’un espace particulièrement inhospitalier. Les tableaux se libèrent de leur coques de plexiglas. De nouvelles séries particulièrement croustillantes apparaissent.
L'infinie distance des choses dans leur temps
par Julie Perin, alternatif art
"Le temps, le paysage, l’espace, sont omniprésents dans la proposition artistique de Jérémy Liron. Il interroge notre perception avec poésie du passé au présent, en nous emmenant parfois à une projection de nous même dans un univers silencieux et opaque."
Détail
L'infinie distance des choses dans leur temps
par Julie Perin, alternatif art
"Le temps, le paysage, l’espace, sont omniprésents dans la proposition artistique de Jérémy Liron. Il interroge notre perception avec poésie du passé au présent, en nous emmenant parfois à une projection de nous même dans un univers silencieux et opaque."
L'infinie distance des choses dans leur temps, par Julie Perin in alternatif art

A voir, à la Fondation Bullukian, jusqu’au 26 mars, l’exposition personnelle « L’infinie distance des choses dans leur temps » de Jérémy Liron dont le choix des œuvres, la scénographie millimétrée, entre espace, volumes, peintures et dessins donnent à voir aux spectateurs la diversité de son travail et de son propos. Le temps, le paysage, l’espace, sont omniprésents dans la proposition artistique de Jérémy Liron. Il interroge notre perception avec poésie du passé au présent, en nous emmenant parfois à une projection de nous même dans un univers silencieux et opaque. Il donne à voir avec subtilité comme une photographie qui se révèle peu à peu. Traversons le temps alors.
Jérémy Liron
Magazine Elle
"Son travail empreint d’un indicible spleen met en scène des paysages urbains dénués de présence humaine."
Détail
Jérémy Liron
Magazine Elle
"Son travail empreint d’un indicible spleen met en scène des paysages urbains dénués de présence humaine."
Jeremy Liron, Magazine Elle, février 2016

Son travail empreint d’un indicible spleen met en scène des paysages urbains dénués de présence humaine. A la Fondation Bullukian, on chemine dans cet univers singulier à travers un bel ensemble de toiles, de sculptures et de dessins.
2015
Avec quoi est-ce que je m'aveugle
pas Léa Bismuth, ça presse 65, URDLA
"Accumuler. Créer des liens indicibles. Faire se mêler des temporalités, des mondes, des histoires –celle de l’art et puis toutes les autres – en un récit qui dé-visage avant tout celui qui s’y retrouve piégé."
Détail
Avec quoi est-ce que je m'aveugle
pas Léa Bismuth, ça presse 65, URDLA
"Accumuler. Créer des liens indicibles. Faire se mêler des temporalités, des mondes, des histoires –celle de l’art et puis toutes les autres – en un récit qui dé-visage avant tout celui qui s’y retrouve piégé."
Avec quoi est-ce que je m'aveugle, pas Léa Bismuth in publication Documents 1929-2015, ça presse 65, URDLA, septembre 2015

Depuis plus d’un an, Jérémy Liron collecte des images qu’il range dans un album intitulé « le visage et la mort ». Cet album apparaît sur sa page Facebook, ouverte à une poignée d’amis susceptibles d’y contribuer. Les images s’y montrent et s’accouplent par l’aléa de l’archivage. Elles proviennent des recherches Internet, d’obsessions, d’un nombre incalculable de dossiers cachés dans l’ordinateur. Les regards y sont parfois durs, fous, exorbités. Les têtes parfois coupées ou embaumées. Les corps n’y tiennent plus. Et, d’un coup, un sourire, une bienveillance, une douceur. Accumuler. Créer des liens indicibles. Faire se mêler des temporalités, des mondes, des histoires –celle de l’art et puis toutes les autres – en un récit qui dé-visage avant tout celui qui s’y retrouve piégé.
Autoportrait en visiteur
par Laurent Perez, Art Press
"Comme l’observe Pierre Bergounioux dans sa préface, la démarche de Jérémy Liron s’inscrit dans la temporalité longue de l’histoire des formes depuis les tout premiers gestes « artistiques » des hommes préhistoriques. La publication, surprenante et courageuse, des écrits sur l’art de ce jeune peintre (né en 1980) prend ainsi valeur de manifeste."
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Autoportrait en visiteur
par Laurent Perez, Art Press
"Comme l’observe Pierre Bergounioux dans sa préface, la démarche de Jérémy Liron s’inscrit dans la temporalité longue de l’histoire des formes depuis les tout premiers gestes « artistiques » des hommes préhistoriques. La publication, surprenante et courageuse, des écrits sur l’art de ce jeune peintre (né en 1980) prend ainsi valeur de manifeste."
Autoportrait en visiteur, par Laurent Perez in Art Press, septembre/octobre 2015

Quand « les arts visuels sont devenus davantage affaire de posture » et que l’art s’épuise en « fabrique de dispositifs », pratiquer la peinture figurative suppose une conscience quasi anthropologique du rapport au visible. Comme l’observe Pierre Bergounioux dans sa préface, la démarche de Jérémy Liron s’inscrit dans la temporalité longue de l’histoire des formes depuis les tout premiers gestes « artistiques » des hommes préhistoriques. La publication, surprenante et courageuse, des écrits sur l’art de ce jeune peintre (né en 1980) prend ainsi valeur de manifeste. Ses « notes d’atelier », mêlées aux brefs textes critiques consacrés à d'autres artistes, n'éclairent pas seulement sa propre oeuvre, qui présente, de façon très frontale, des paysages architecturaux contemporains ; elles s’efforcent de rendre compte de la présence au monde du peintre dans sa singularité.
« La figuration, en tant que telle, n’est pas un enjeu. » Face à la prolifération d’images de plus en plus médiocres, l’effort du peintre vise à ranimer l’aura de l’objet – celui-ci fût-il l’image photographique à l’origine de son travail – afin de restituer au visible sa capacité de susciter le désir. Cette ambition, ce regard au risque du réel, sont la chance de la peinture. « Chaque tableau est la tentative de faire un tableau, sans vraiment savoir comment on va s’y prendre. » Pourtant, ses textes très cadrés, froids, dont le sujet s’avance régulièrement et sans effet vers le lecteur, rappellent curieusement sa peinture. La langue, pour peu qu’elle « consente à adopter les façons de la peinture », qu’elle s’affranchisse de sa dimension utilitaire, est en effet le lieu possible d’un retournement du regard – dont Autoportrait en visiteur est à la fois l’exigeant programme et la démonstration.
Jérémy Liron, notes d'atelier
par François Bon, Tiers livre
"Ce type-là a l’écriture aussi chevillée à lui que la peinture, la question après c’est juste d’être prêt à en payer le prix, entre les résidences dans des gourbis sans chauffage, puis les heures de collège à ménager dans la grande métropole qu’est Lyon avec l’arrivée des deux enfants, ce qu’on arrache de soi pour continuer à peindre, aménager un atelier – et puis progressivement ça s’affirme."
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Jérémy Liron, notes d'atelier
par François Bon, Tiers livre
"Ce type-là a l’écriture aussi chevillée à lui que la peinture, la question après c’est juste d’être prêt à en payer le prix, entre les résidences dans des gourbis sans chauffage, puis les heures de collège à ménager dans la grande métropole qu’est Lyon avec l’arrivée des deux enfants, ce qu’on arrache de soi pour continuer à peindre, aménager un atelier – et puis progressivement ça s’affirme."
Notes d'atelier, par François Bon in Tiers livre

C’est à Cergy l’autre jour que ça me travaillait, dans cette façon qu’on a de se jeter dans le vide avec les étudiants, parler littérature, faire collectivement des exercices, scruter des jaillissements : arrivent aujourd’hui à la publication, Jérémy Liron donc, mais aussi Béatrice Rilos, Anne Collongues et d’autres, des étudiants que j’ai croisés en 2006 ou 2007, il faudrait à l’écriture ce temps de maturation, qui probablement se serait amorcé indépendamment de nos expériences dans l’école ? Jérémy était déjà diplômé à l’ENSBA les 2 ans où j’y suis intervenu, c’est avec Pierre Bergounioux qu’il a surtout travaillé (l’écriture, s’entend, ou tout simplement la littérature) et c’est Bergou qui signe la préface (à quoi sert une préface ça je n’en sais rien, mais ça rassure et au moins cela contraint-il pour une fois Bergou à parler d’art et de définir la peinture : « marier, dans la lumière nuptiale de l’évidence, les deux ordres de l’étendue et de la pensée ». Je suis lecteur depuis son émergence du journal en ligne de Jérémy. les pas perdus, je ne peux même pas dire que je l’aie vu évoluer. Ce type-là a l’écriture aussi chevillée à lui que la peinture, la question après c’est juste d’être prêt à en payer le prix, entre les résidences dans des gourbis sans chauffage, puis les heures de collège à ménager dans la grande métropole qu’est Lyon avec l’arrivée des deux enfants, ce qu’on arrache de soi pour continuer à peindre, aménager un atelier – et puis progressivement ça s’affirme. Le travail se fait connaître, il y a des expos, on le retrouve sur sa route de plus en plus souvent par ses textes aussi, puis un bouquin qui lui est consacré auquel bien sûr je participe etc. Mais le journal, lui, ne change pas, il creuse. Et seulement dessine peu à peu son territoire : il y a d’étranges remontées vers l’histoire de l’art, les statuettes modelées devant des torches qui ont pu animer les silhouettes géantes de Lascaux ou Chauvet, il y a la fascination pour le saut mental qu’est l’invention de la perspective et les boîtes que sont les toiles de Piero della Francesca, mais de là on saute dans Soulages ou Viallat et d’autres. Et puis il y a ce creusement du temps même de l’atelier. Que les peintres soient forts pour écrire, parce qu’ils savent voir, pas d’aujourd’hui qu’on le sait. Fétiche qu’est pour moi le journal d’Hélion. Quelque chose d’aussi important se joue là. Qui n’est pas un journal de peintre, qui est seulement écriture dans et dedans la ville, et qui, pour creuser l’écriture, creuse sa propre démarche de voir et de peindre. Jérémy Liron n’a pas besoin qu’on lui dise que ce livre est important, il doit forcément au-dedans de lui le savoir. L’étonnement, par rapport à la lecture fractionnée du blog, et sans avoir cherché à regarder de près le mûrissement, le retravail, ici c’est la langue, sa précision, et l’étendue de ce qu’elle arrache au même niveau en littérature que ses mains le sont en peinture. L’étonnement, dans le monde qu’on vit, c’est plutôt qu’existe un éditeur capable de ne pas attendre la grande rétrospective posthume au Grand-Palais pour en faire un livre, et un livre de qualité – c’est le pari à contre-époque de François-Marie Deyrolle, aidons-le. Dans ce livre, tout simplement, le fil continu de notes d’atelier. Mais tout ce qui est dit ici vaut pour l’écriture. J’en ai lu trois, ça aurait pu être dix, ou vingt. La preuve de l’arbitraire c’est qu’un de mes trois post-it s’était envolé et que la troisième c’était complètement au hasard. Après ça, à vous de voir.
L'atelier contemporain
par Antoine Emaz, revue N47
"il y a de vraiment bonnes surprises comme le journal d’Ann Loubert, les carnets de Hollan, ou les deux textes réflexifs de Liron sur le regard et la fragmentation."
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L'atelier contemporain
par Antoine Emaz, revue N47
"il y a de vraiment bonnes surprises comme le journal d’Ann Loubert, les carnets de Hollan, ou les deux textes réflexifs de Liron sur le regard et la fragmentation."
Revue l'atelier contemporain, par Antoine Emaz in revue N47

Cette revue est relativement récente, puisque le premier numéro date de l’été 2013, et le second du printemps 2014. Sans être luxueuse, c’est une très belle réalisation avec beaucoup de reproductions en couleurs pour chaque peintre évoqué. Il s’agit de proposer une alchimie particulière entre littérature et peinture, tout en donnant clairement la priorité à cette dernière. Les deux enquêtes présentes dans ces premiers numéros témoignent de la volonté de proposer des ponts entre écrire et peindre. La première, « Pourquoi écrivez-vous sur l’art ? », s’adresse aux écrivains : on trouve les réponses de J. Bastard, P. Bergounioux, L. Bourg, M. Cohen, L. Degroote, J. Frémon, E. Pessan, J. Sacré, J.C. Schneider, F. Venaille… La seconde renverse en quelque sorte la question posée, et s’adresse aux peintres : « Que lisez-vous ? ». Et ils nous font passer dans leurs bibliothèques : entre autre, B. Constans, D. Deroubaix, G. du Bouchet, J. Le Gac, J.L. Parant, S. Plagnol, M. Potage ; D. Schlier, G. Titus-Carmel…
Le corps du numéro est constitué par des dossiers sur des artistes, tous contemporains. Dans le n°1 : Monique Tello, Alexandre Hollan, Ann Loubert, François Dilasser… Dans le n°2 : Clémentine Margheriti, Jérémy Liron, G. Titus-Carmel… Chaque dossier court sur une trentaine de pages, avec une vingtaine de reproductions en couleurs. Les textes d’accompagnement sont signés par des écrivains proches de l’artiste, ou par un autre artiste, ou par l’artiste lui-même. Dans ce dernier cas, il y a de vraiment bonnes surprises comme le journal d’Ann Loubert, les carnets de Hollan, ou les deux textes réflexifs de Liron sur le regard et la fragmentation.
Cette façon de donner toute la place aux peintres et aux écrivains plutôt qu’aux critiques d’art patentés est un pari original et pleinement réussi dans ces premiers numéros. On retient aussi l’ambition du projet : chaque livraison fait à peu près 250 pages, les reproductions d’œuvres sont nombreuses, le format de 20x16 permet une mise en pages inventive par colonnes, à la fois élégante et très lisible… et l’abonnement annuel de 40€ est modique au vu de la qualité du résultat.
Eloge du retrait : Jeremy Liron par Dominique Sampiero
par J.P. Gavard-Perret, Salon littéraire
"Liron en effet crée des éléments architecturaux qui font  irruption dans des paysages. Il peint aussi des villas rectilignes, anguleuses qui peuvent être vues comme des tombeaux."
Détail
Eloge du retrait : Jeremy Liron par Dominique Sampiero
par J.P. Gavard-Perret, Salon littéraire
"Liron en effet crée des éléments architecturaux qui font  irruption dans des paysages. Il peint aussi des villas rectilignes, anguleuses qui peuvent être vues comme des tombeaux."
Eloge du retrait : Jeremy Liron par Dominique Sampiero, par Jean-Paul Gavard-Perret, in Salon littéraire

Le poète Dominique Sampiero plus qu’un autre à mis en évidence la descente au tombeau que propose l’œuvre de Jeremy Liron : « Je suis entré puis sorti de moi comme d’un tombeau. Mais ce n’est pas moi, c’est la toile que je regarde. La toile est entrée puis sortie de moi. Je suis en deux. Dans la toile. Et ici dans mon corps. Je suis dans le corps, dans le corps de la toile et dans le tombeau. Dans le tombeau de la toile et dans l’idée du tombeau. Là où l’on dépose un corps qui doit disparaître, se dissoudre ». Liron en effet crée des éléments architecturaux qui font irruption dans des paysages. Il peint aussi des villas rectilignes, anguleuses qui peuvent être vues comme des tombeaux. Pour l'artiste il s'agit cependant de vitaliser le désir, le rêve. Mais à la matière d'une mythologie - d'où sans doute l'effet de nostalgie. Chaque image du présent glisse vers le passé. Mais l'inverse est vrai aussi. D'où l'effet que rappelle Sampiero : « Fondre vers cette petite éternité de l’absence. Dans un creux, une faille, une blessure qui, lorsqu’on y colle un œil, débouche sur un ciel infini, blanc ou bleu. Je dis ciel par principe pour mettre un mot que tout le monde puisse comprendre. J’aurais pu écrire « vaste » ou « sans contour ». Bref avec Liron le paysage change. Mais en restant le même. Envahi par l'enfance. Envahi par l'en-face. Quelle matière pour que le paysage change sinon à travers la vitre ? Celle-ci rappelle le néant, incite à le reconnaître puisqu'il la hante. C'est dessus que le regard mélancolique se fixe. Il ne le soupçonne pas tant il est pris dans l'apparente solidité du décor. Mais il y a soudain une épreuve des confins de l'être. Le là-bas l'emporte sur l'ici. Pour un temps. En étendant sur lui son voile de néant. Voile impalpable, translucide sur les choses laissées à elles-mêmes mais dérobées aussi à elles dans le même temps. La vue s'égare. Et demeure en suspens.
Qui sont les peintres de demain ?
par Vincent Delaury, L'Œil n°676
" (...) Ses huiles sur toile, au format souvent carré, partent des constructions périphériques des villes pour aller à la rencontre de la mémoire visuelle du spectateur. Le jeu savant des compositions et du traitement pictural (coulures, strates successives, affirmation du non-fini…) convoquent l’histoire de l’art : de l’espace perspectiviste de la Renaissance à Le Corbusier via l’abstraction géométrique."
Détail
Qui sont les peintres de demain ?
par Vincent Delaury, L'Œil n°676
" (...) Ses huiles sur toile, au format souvent carré, partent des constructions périphériques des villes pour aller à la rencontre de la mémoire visuelle du spectateur. Le jeu savant des compositions et du traitement pictural (coulures, strates successives, affirmation du non-fini…) convoquent l’histoire de l’art : de l’espace perspectiviste de la Renaissance à Le Corbusier via l’abstraction géométrique."
Qui sont les peintres de demain ?, par Vincent Delaury in L'Oeil n°676

Agrégé d’arts plastiques, Jérémy Liron peint aussi bien qu’il écrit, signant régulièrement des catalogues d’exposition. De manière obstinée, ce jeune plasticien représente des architectures désertées, focalisant dans ses paysages périurbains tant sur des HLM que sur des villas balnéaires. Ses huiles sur toile, au format souvent carré, partent des constructions périphériques des villes pour aller à la rencontre de la mémoire visuelle du spectateur. Le jeu savant des compositions et du traitement pictural (coulures, strates successives, affirmation du non-fini…) convoquent l’histoire de l’art : de l’espace perspectiviste de la Renaissance à Le Corbusier via l’abstraction géométrique.
2014
Rencontre avec Jérémy Liron
Le Progrès
"La fin de saison à l’URDLA, Centre international estampe & livre, a été marquée, vendredi, par la rencontre avec Jérémy Liron, plasticien, écrivain et habitué de l’atelier".
Détail
Rencontre avec Jérémy Liron
Le Progrès
"La fin de saison à l’URDLA, Centre international estampe & livre, a été marquée, vendredi, par la rencontre avec Jérémy Liron, plasticien, écrivain et habitué de l’atelier".
Rencontre avec l'artiste et auteur Jérémy Liron à l'URDLA, in Le Progrès 22 juillet 2014

La fin de saison à l’URDLA, Centre international estampe & livre, a été marquée, vendredi, par la rencontre avec Jérémy Liron, plasticien, écrivain et habitué de l’atelier. Il s’agissait de présenter son dernier ouvrage paru aux éditions La Nerthe, « La mer, en contrebas, tape contre la digue ». « Je suis arrivé à l’écriture par effraction », note l’artiste déjà auteur de plusieurs livres. Interrogé par Cyrille Noirjean, directeur de l’URDLA, et Léa Bismuth, critique d’art, il présentait également une douzaine d’encres. Son travail d’écrivain rejoint celui du peintre, autour du thème du paysage. Fruit d’une résidence d’écriture, son livre explore l’espace monde et le temps. « Le monde se donne au bout du regard, comme quelque chose de distant. Il émane pour partie du regard lui-même » : un aperçu d’une conversation qui a conduit Jérémy Liron sur les chemins des sciences et de la philosophie.
Les paysages normands vus par Jérémy Liron
par Mathieu Germain, Ouest France -Calvados
"Ces paysages balnéaires répondent aux tons sourds et intériorisés des images de mémoire de la deuxième série. Cet ensemble d'encres noires donne à voir une série de paysages urbains et végétaux, où les lieux fréquentés par l'artiste prennent une pesanteur et une opacité inhabituelle."
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Les paysages normands vus par Jérémy Liron
par Mathieu Germain, Ouest France -Calvados
"Ces paysages balnéaires répondent aux tons sourds et intériorisés des images de mémoire de la deuxième série. Cet ensemble d'encres noires donne à voir une série de paysages urbains et végétaux, où les lieux fréquentés par l'artiste prennent une pesanteur et une opacité inhabituelle."
Le paysage normand vu par Jérémy Liron, par Mathieu Germain in Ouest France-Calvados, 13 juin 2014

Du 13 juin au 27 septembre, Jérémy Liron expose ses visions de paysages à l'Artothèque. Son travail mêlera peintures, sculptures, installations et vidéos.

Cet enseignant en arts plastiques, né à Marseille, s'est spécialisé dans la représentation du paysage urbain contemporain. Il photographie des bâtiments familiers, célèbres ou anonymes, puis les transpose et les interprète sur la toile, en y ajoutant des éléments imaginaires. Sa peinture, très poétique, s'exprime par la couleur, des aplats, à la limite de l'abstraction.

Les oeuvres présentées pour cette exposition sont tirées de deux séries personnelles de l'artiste : « Landscap(s) » et « Images inquiètes ».

La première série de toiles représente des paysages urbains souvent inondés de lumière, illustrés par des toiles et papiers grands formats, ainsi que des estampes et autres papiers de formats plus petits.

Ces paysages balnéaires répondent aux tons sourds et intériorisés des images de mémoire de la deuxième série. Cet ensemble d'encres noires donne à voir une série de paysages urbains et végétaux, où les lieux fréquentés par l'artiste prennent une pesanteur et une opacité inhabituelle. Pour Jérémy Liron, « il faut envisager le paysage comme une façon particulière d'aborder l'espace et le temps. Quelque chose s'y déploie, s'y étend cependant que se fait une sorte de « compacité » locale, abstraite qui désigne le mouvement interne de l'expérience. Les peintures existent dans ce lieu « hystérisé », où chaque arrangement du visible parle double, tout à la fois comme présence et retrait, réel et fiction. »

En forme de bonus à cette exposition, Jérémy Liron présentera un travail nouveau et complémentaire sur une vision des plages de Normandie qui s'inscrit dans le cadre du 70e anniversaire du Débarquement. Il s'agit d'une séquence de plusieurs encres sombres mises en regard d'une vidéo contemplative qui évoque les plages de Normandie.
Mur, murs
par Guillaume Morel, Maison française magazine n°4
"Le moins que l’on puisse dire est que la peinture de paysage a toujours été chahutée ans l’histoire de l’art. D’abord destinée à servir de toile de fond à une oeuvre religieuse, à une peinture d’histoire, à une scène de vie ou à un portrait, la nature ne devient un sujet et un genre à part entière qu’au milieu du XIXe siècle (...)."
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Mur, murs
par Guillaume Morel, Maison française magazine n°4
"Le moins que l’on puisse dire est que la peinture de paysage a toujours été chahutée ans l’histoire de l’art. D’abord destinée à servir de toile de fond à une oeuvre religieuse, à une peinture d’histoire, à une scène de vie ou à un portrait, la nature ne devient un sujet et un genre à part entière qu’au milieu du XIXe siècle (...)."
Mur, murs. J'accroche des peintures de paysages, par Guillaume Morel in Maison française magazine, n°4, avril 2014

Le moins que l’on puisse dire est que la peinture de paysage a toujours été chahutée ans l’histoire de l’art. D’abord destinée à servir de toile de fond à une oeuvre religieuse, à une peinture d’histoire, à une scène de vie ou à un portrait, la nature ne devient un sujet et un genre à part entière qu’au milieu du XIXe siècle, avant d’être au cœur des recherches des impressionnistes, de devenir la matière des innovations coloristes des fauves, d’être déconstruite par les cubistes ou rêvée par les surréalistes. Dans l’art contemporain, la peinture, et notamment la peinture figurative, a été longtemps dépréciée par la critique « élitiste » lui préférant l’art conceptuel, les installations ou la vidéo. Depuis quelques années, elle a fait un retour en force sur les foires et les salons, défendue par les meilleurs galeristes. Avec l’arrivée du printemps, pourquoi ne pas se laisser séduire par les couleurs nocturnes de Pascal Goujon, par les lumières et les reflets de Jacques Godin ou les lignes architecturées de Jérémy Liron ?
Une présence mutique
par Florence Trocmé, Le Flotoir / Poezibao
"Dans cette nouvelle pratique que je tente et qui consiste, après le listing du samedi matin des « livres reçus par Poezibao », à en garder quelques-uns à proximité immédiate et dans la semaine qui suit de les « sonder », il y a parfois de belles surprises. Comme celle du livre de Jérémy Liron, La mer en contrebas tape contre la digue, paru à La Nerthe."
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Une présence mutique
par Florence Trocmé, Le Flotoir / Poezibao
"Dans cette nouvelle pratique que je tente et qui consiste, après le listing du samedi matin des « livres reçus par Poezibao », à en garder quelques-uns à proximité immédiate et dans la semaine qui suit de les « sonder », il y a parfois de belles surprises. Comme celle du livre de Jérémy Liron, La mer en contrebas tape contre la digue, paru à La Nerthe."
Une présence mutique, par Florence Trocmé in Le Flotoir / Poezibao, 17 avril 2014

Jérémy Liron
Dans cette nouvelle pratique que je tente et qui consiste, après le listing du samedi matin des « livres reçus par Poezibao », à en garder quelques-uns à proximité immédiate et dans la semaine qui suit de les « sonder », il y a parfois de belles surprises. Comme celle du livre de Jérémy Liron, La mer en contrebas tape contre la digue, paru à La Nerthe. Il y a là notamment une très belle réflexion sur le regard et sur le rapport aux choses.
« Il faudrait sortir le regard de soi, le poser parmi les choses. Il nous verrait passer. On pourrait se dire : “je me vis m’éloigner” (26)

De la lecture (Jérémy Liron)
…. et des circonstances, du contexte de la lecture dont on parle souvent peu et qui sont pourtant importants, tant ils peuvent moduler la réception du livre : « La lecture a son propre mode de contact avec le monde quand elle devient expérience autonome, enchâssant son espace dans celui où se trouve son lecteur. »
→ il suffit de penser à ce que l’on ressent parfois quand on lève le regard de son livre, surtout dans un environnement riche et non familier, jardin, train, lieu de passage ou d’attente….
→ double mouvement, certains situations de lecture favorisent tel ou tel type de lecture (et la capacité de vraiment lire est fluctuante, elle n’est pas toujours donnée) mais aussi colorent la lecture, l’influencent même.

De l’emprise de l’instant
« Être sous l’emprise de l’instant, dressé comme se dresse une bouteille à côté d’une autre bouteille, d’autres objets sur une table au milieu des mains qui passent, des paroles. » (46)
→ Il semble y avoir chez Liron un régime de perception assez particulier. Je m’appuie sur l’étrangeté de cette mention des mains qui passent dans ce passage, un régime de perception qui me semble avoir quelque rapport avec celui de Rilke dans les Cahiers de Malte Laurids Brigge, une sorte d’ultra-perception qui parvient à déjouer le piège de la catégorisation, pour voir les choses comme aux rayons X. J’apprends à voir, dit Rilke dans ces Cahiers !
J’ai songé plusieurs fois, lisant Liron, à la fois à Fred Griot et de manière plus surprenante peut-être au peintre Morandi. Pas si surprenante que cela en fait, si l’on sait que Jérémy Liron est aussi peintre….peut-être même plus connu en tant que tel.

Une présence mutique (Liron)
« On ne fait que buter sur le présent, cet abrupt intranquille. Comme à la présence mutique, opaque de ce qui nous entoure et nous traverse. [...] Toujours des images qui semblent venir de loin pour écraser leur face à la vitre, comme à nous regarder, en laissant pourtant l’impression qu’elles se retranchent en elles-mêmes, s’absentent. Toujours des images qui semblent nous parvenir depuis l’enfance, depuis une scène dont ne reste que le creux » (46 et 47)
→ Il y a là tout un travail sur le regard, un travail tendu, douloureux sur le rapport regard/choses ou monde.
→ ce creux de l’image… comme si le corps qui avait habité le moule était parti à jamais.
→ cette présence/absence très sensible dans les tableaux, en leur aspect face écrasée à la vitre

Rilke et Liron
Et voilà que Liron cite Rilke (je ne m’étais pas trompée !) et quelle citation !
« Le contenu de ces images, qui se dégageait, de façon tout involontaire de la contemplation et du travail, nous enseigne qu’un avenir a commencé au cœur de notre temps ; que l’homme n’est plus l’être sociable qui se meut ne équilibre parmi ses semblables, ni celui autour duquel gravitent le soir et le matin, le proche et le lointain. Qu’il est posé parmi les choses comme une chose, infiniment seul et que toute communauté s’est retirée des choses et des hommes, dans la profondeur commune où puisent les racines de tout ce qui croît ». (cité par 47)
→ cette citation me semble totalement emblématique de ce qui émane du texte de Liron.

Car « chaque chose est à son être » (Liron)
Solitude imparable en effet de tous ces mondes parallèles, celui des autres bien sûr, mais aussi celui des choses : « Chaque chose est à son être et on laisse passer ses yeux sur toute une industrie naïve : là-bas un nuage travaillant à l’être de tout son souffle, là une pierre pierrant, un figuier figant… on s’invente des verbes pour des objets trop nus dont l’immobilités annule la vie ou la mort. » (56)
→ bien songer à ces mots, dans leur radicalité.

Deux places à la fois
Jérémy Liron prône une double position, être là et ne pas y être, parler à quelqu’un et écouter « ce qui se parle comme un témoin discret ». « Deux places à la fois, celle des morts et celle des vivants. » (60)
Car la « pensée a dans ses mouvements quelque chose d’un deuil. Penser est faire le deuil de l’expérience première. » -68)
→ Et écrire plus encore sans doute. Il y a l’expérience première, puis la pensée (considérable déperdition) puis l’écriture (deuxième déperdition, tout aussi considérable si ce n’est plus encore) pour aboutir à la « réplique » pâle, l’ersatz fadasse comme les rutabagas de la guerre.
Dans les Foires, dessins intimes et art brut en série
par Philippe Dagen, Le Monde
"Cette édition, la huitième, forte de 87 galeries dont la moitié d'étrangères, est l'une des meilleures de ce Salon du dessin contemporain."
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Dans les Foires, dessins intimes et art brut en série
par Philippe Dagen, Le Monde
"Cette édition, la huitième, forte de 87 galeries dont la moitié d'étrangères, est l'une des meilleures de ce Salon du dessin contemporain."
Dans les Foires, dessins intimes et art brut en série, par Philippe Dagen in Le Monde, 28 mars 2014

Après avoir frôlé l'annulation en raison de l'occupation du Carreau du Temple par des intermittents et des précaires, la FoireDrawing Now a ouvert mercredi 26 mars, au grand soulagement de ses organisateurs, Christine Phal et Philippe Piguet. Cette édition, la huitième, forte de 87 galeries dont la moitié d'étrangères, est l'une des meilleures de ce Salon du dessin contemporain.
Elle le doit à son déménagement des sous-sols moroses du Carrousel du Louvre à l'espace lumineux du Carreau. Mais aussi à la situation actuelle du dessin, notion prise ici au sens large de création principalement graphique et plutôt de petit ou moyen format : des travaux qui relèvent souvent de l'intime ou de l'expérimental, qui se jouent des catégories et des modes. Au sentiment d'une plus grande proximité entre regardeurs et créateurs s'ajoute l'intérêt de découvrir des artistes peu connus et la part méconnue d'artistes établis. Parmi les premiers, la Suédoise Emeli Theander (Galerie C), l'Iranienne Elika Hedayat (Aline Vidal), le Japonais Yoshio Kitayama (MEM), les Français Guillaume Dégé (Semiose) et Jérémy Liron (Isabelle Gounod) – énumération non exhaustive.
L’atelier contemporain n°2
par André Chabin, Entre’vues, Le journal des revues culturelles
"Jérémy Liron, : Que lit-il ? Pourquoi écrit-il sur l’art ? puis,  au cœur du numéro, pour son œuvre propre d’artiste/écrivain: « La Mélancolie des fragments », petite somme d’images (photos et peintures) et de texte à la fois littéraire et méditatif qui s’achève ainsi : « Nous reste pour habiter la mélancolie des fragments.»"
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L’atelier contemporain n°2
par André Chabin, Entre’vues, Le journal des revues culturelles
"Jérémy Liron, : Que lit-il ? Pourquoi écrit-il sur l’art ? puis,  au cœur du numéro, pour son œuvre propre d’artiste/écrivain: « La Mélancolie des fragments », petite somme d’images (photos et peintures) et de texte à la fois littéraire et méditatif qui s’achève ainsi : « Nous reste pour habiter la mélancolie des fragments.»"
L’atelier contemporain n°2, par André Chabin, in Entre’vues, Le journal des revues culturelles, 27 mars 14

L’écho a trouvé ici une terre : il l’ensemence de ses voix. » (à l’image de L’Atelier contemporain ?). Par trois fois dans ce numéro 2, Jérémy Liron, : Que lit-il ? Pourquoi écrit-il sur l’art ? puis, au cœur du numéro, pour son œuvre propre d’artiste/écrivain: « La Mélancolie des fragments », petite somme d’images (photos et peintures) et de texte à la fois littéraire et méditatif qui s’achève ainsi : « Nous reste pour habiter la mélancolie des fragments.»
Les paysages de Jérémy Liron
par Benoît Artige, Ecrivain en chantier
"Il s’agit d’un monde faussement inoffensif, en permanence sur le point de basculer : la nature, le terre, la ciel s’y font tour à tour cadre, clôture, lignes de fuite, diluant la fonctionnalité de ces formes extravagantes de béton et de ciment pour nous les rendre aussi étrangères que des cités sumériennes, aussi mélancoliques que des maisons autrefois habitées et dont on aurait perdu la clef. Il y a quelque chose d’un peu baroque dans cette volonté de vouloir représenter avec minutie et une composition extrême ce monde énigmatique où les signes s’effacent en silence."
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Les paysages de Jérémy Liron
par Benoît Artige, Ecrivain en chantier
"Il s’agit d’un monde faussement inoffensif, en permanence sur le point de basculer : la nature, le terre, la ciel s’y font tour à tour cadre, clôture, lignes de fuite, diluant la fonctionnalité de ces formes extravagantes de béton et de ciment pour nous les rendre aussi étrangères que des cités sumériennes, aussi mélancoliques que des maisons autrefois habitées et dont on aurait perdu la clef. Il y a quelque chose d’un peu baroque dans cette volonté de vouloir représenter avec minutie et une composition extrême ce monde énigmatique où les signes s’effacent en silence."
Les paysages de Jérémy Liron, par Benoît Artigein, Ecrivain en chantier, 2014

Il existe des héros des temps modernes dont personne ne parle parce qu’ils ne claironnent pas, ne barrissent pas, ne se font entendre dans la société hurlante que par le bruit de livres feuilletés. Ces héros, ce sont les éditeurs. Pas les gros, les énooormes qui farcissent jusqu’à l’écœurement les rayons des libraires, nous inondent de mots ripolinés, nous gavent chaque automne, mais les petits éditeurs, les tous petits, qui ont la taille que les énooormes devaient avoir à leurs débuts, à qui la croissance importe peu, qui veulent en reste là, à ce stade artisanal, parce que c’est ainsi que se produit le beau, l’intelligible, le sensible. Je les imagine dans leur cuisine, dans un coin de leur salon, au fond de leur grenier aménagé travaillant sans relâche pour atteindre la perfection qui est la leur : un livre de qualité.

L’ouvrage collectif Récits de paysages publié chez Nuit Myrtide est de ceux-là. Les affinités électives que permet internet m’ont fait découvrir et l’ouvrage et l’éditeur. De l’artiste mis à l’honneur, Jérémy Liron, je ne connaissais rien, mais je présumais du regroupement d’auteurs de si haute tenue autour de son œuvre que celle-ci devait contenir en elle un irrésistible pouvoir d’aimantation. Une force hypnotique. Ou plutôt, comme le rappelle le titre de l’exposition dont sont extraites les toiles choisies, « hypnagogique ».

Au premier abord, les immeubles et les maisons peints par Jérémy Liron semblent être la banale représentation d’une réalité plate, vide, où le bâti n’est qu’une simple ornementation conçue par l’homme pour satisfaire ses besoins et ses désirs. Mais comme l’écrit Pierre Bergounioux, ce bâti « est imperceptiblement infidèle à ce que nos yeux voient. La représentation s’arrête avant d’atteindre le degré d’exactitude, la perfection littérale qui capteraient l’attention et feraient oublier la chose même, qui est la saveur décevante de la vie, l’absence d’espoir dont l’habitat qui en constitue le cadre familier, témoigne avec la force de l’évidence, de l’habitude, l’omniprésence qui sont les siennes ». Il s’agit d’un monde faussement inoffensif, en permanence sur le point de basculer : la nature, le terre, la ciel s’y font tour à tour cadre, clôture, lignes de fuite, diluant la fonctionnalité de ces formes extravagantes de béton et de ciment pour nous les rendre aussi étrangères que des cités sumériennes, aussi mélancoliques que des maisons autrefois habitées et dont on aurait perdu la clef. Il y a quelque chose d’un peu baroque dans cette volonté de vouloir représenter avec minutie et une composition extrême ce monde énigmatique où les signes s’effacent en silence.

Comment faire dialoguer alors ces images avec des mots, sans que les mots ne viennent commenter l’image et que l’image soit une vignette décorative apposée au-dessus du texte ? Le propos liminaire de Récits de Paysages expose clairement l’enjeu : « on laisserait aux images le soin de faire colonne vertébrale quand les textes, autonomes, libres, diffracteraient un récit plus vaste en fragments disjoints. Les échos entre eux, au hasard laissés, enfantent une forme plus libre de nécessité ». Le frottement soudain de ce qui est arraché à la langue et ce qui est saisi par l’œil doit faire jaillir un feu inattendu, crépitant et éphémère qui ne rajoute rien à l’expression de chacun des arts, mais crée entre eux des ramifications et des correspondances multiples. Cela suppose pour l’écrivain de se confronter sans détours à ce qui lui est montré sans possibilité de contour ni de soustraction (une question toutefois : chaque auteur a-t-il eu le choix de son image ?).

Les dix-sept auteurs réunis par Nuit Myrtide se sont pliés à l’exercice, sans y rompre leur langue. Mais de ma lecture, je retiens quelques souvenirs plus prégnants que d’autres : Pierre Bergounioux qui, avançant en premier, cite Spinoza, évoque l’art rupestre et nous élève ainsi définitivement à sa hauteur, François Bon sans ponctuation mais avec souffle (« le peintre sur sa toile reprend les vieilles techniques de la peinture à l’huile pour écrire sa propre histoire en faire sa propre architecture que nous on y reconnaît une architecture éducation nationale mais que c’est tout simplement peinture »), Thomas Vinau et ses monologues bref et glaçants, Dimitri Vazemsky (qui, avec brio, se lance dans une comparaison casse-gueule entre pizzas et peintures), Guillaume Siaudeau ou encore Joachim Séné.

Ce que nous demandons à un artiste, c’est de changer le regard sur le monde. Ce lieu commun prend un sens quand il est réellement vécu : voilà une semaine, à peine la lecture de Récits de Paysages achevée, en rentrant chez moi, j’ai levé les yeux vers mon immeuble (un grand cube blanc avec de longues lignes verticales en métal qui marquent l’emplacement de la cage d’escalier, un arbuste taillé façon bonsaï devant, une porte d’entrée qui semble être à moitié enterrée dans le sol et que l’on rejoint en descendant une demi-douzaine de marches) et, dans la nuit tombante, à la lueur huileuse des réverbères, j’ai eu l’impression de me retrouver dans un tableau de Jérémy Liron.
Le livre l'immeuble le tableau
par Sabine Huynh, Presque dire
"Le texte de Liron est mû par une passion évidente pour les paysages qu'offrent les villes et leur périphérie, les artères qui traversent et joignent les lieux, les immeubles d'habitation."
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Le livre l'immeuble le tableau
par Sabine Huynh, Presque dire
"Le texte de Liron est mû par une passion évidente pour les paysages qu'offrent les villes et leur périphérie, les artères qui traversent et joignent les lieux, les immeubles d'habitation."
Jérémy Liron : le livre l'immeuble le tableau, par Sabine Huynhin Presque dire, 2014

Je trouve en exergue au texte de Jérémy Liron cette belle citation de R. M. Rilke : « Combien ce qui nous arrive est d’un seul tenant, combien chaque chose est liée à l’autre et s’engendre, et grandit et se forme d’elle-même. Il nous arrive de reposer dans ce réseau de forces et d’influences où les étoiles se sentent en sécurité ». J’aimerais qu’elle soit ma réponse à la note qu’il a écrite sur mon livre Avec vous ce jour-là / lettre au poète Allen Ginsberg (Recours au poème éditeurs, 2014). Aujourd'hui je me dis qu'il est temps de reprendre les quelques phrases gribouillées dans un vieux carnet sur son livre Le livre l'immeuble le tableau, qui m'avait intriguée à l'époque, à cause de ce qu'avait dit François Bon sur son travail. Ce journal du regard, journal d'un artiste, réflexions sur des travaux alors en cours, sur son expérience de peintre pour qui « la silhouette parfois d'un sapin sombre ou d'un épicéa évoque instinctivement L’Île aux morts de Böcklin » : comme j'avais aimé cette phrase, moi qui voue une passion pour L’Île des morts depuis la découverte au lycée du poème symphonique composé par Rachmaninov. Le texte de Liron est mû par une passion évidente pour les paysages qu'offrent les villes et leur périphérie, les artères qui traversent et joignent les lieux, les immeubles d'habitation. Pour avoir grandi et passé un grand nombre d'années en banlieue, j'ai toujours associé la périphérie à la marge, aux terrains de vague à l'âme, à un sentiment de honte, de tristesse, de lourdeur. Le regard de Jérémy Liron, en la mettant au centre de ses préoccupations artistiques, me l'a poétisée, me l'a remplie de force et d'humanité. J'ai toujours su qu'elle était complexe et emmêlée, je l'ai connue comme contexte de drames terribles, d'où mon dégoût, sans doute, mon rejet, ma peur d'y retourner, mais Liron me l'a rendue lyrique. De morte à mes yeux elle m'est apparue comme pleine de vie, de paradoxes, reflet de ceux qui la traversent ; « comme des images de nous enfin rassemblées ». Sereine, Liron la voit, alors que je l'ai vécue comme violente, et comme absence, alors que lui y sent « un insistant sentiment de présence ». Il l'explore avec attention, profondeur, euphorie même, et cette crainte qu'il ne pourra jamais en donner une image totale (ce que j'appelle le presque dire). Il la peint aussi bien qu'il l'écrit (et je vous redirige vers son dernier livre, Récits de paysages, publié aux éditions Nuit Myrtide, auquel j'ai participé. J'espère pouvoir voler du temps pour en dire quelques mots bientôt).
La traversée
par Sabine Huynh, Presque dire
"Qu’est-ce que le monde quand tout passe à côté ? Un monde aux teintes maintenant éteintes, muted dit-on en anglais, mot magnifique pour dire le silence à la fois sonore et visuel. Parce qu’il s’agit d’un monde infusé de passé, donc de ce qui est mort, un monde de paysages lestés par « toute la solitude des choses, des arbres et des pierres »".
Détail
La traversée
par Sabine Huynh, Presque dire
"Qu’est-ce que le monde quand tout passe à côté ? Un monde aux teintes maintenant éteintes, muted dit-on en anglais, mot magnifique pour dire le silence à la fois sonore et visuel. Parce qu’il s’agit d’un monde infusé de passé, donc de ce qui est mort, un monde de paysages lestés par « toute la solitude des choses, des arbres et des pierres »".
Jérémy Liron : La traversée, par Sabine Huynh in Presque dire, 2014

Un personnage va, dérive plus qu’il ne marche, et se dilue dans un récit, une histoire sans histoire (vraiment ?), aux teintes de bourbier d’abord, avant que l’hiver ne s’y installe, que noir et blanc ne s’alternent et ne s’épousent, dans une errance qui traverse des vertiges silencieux. Qu’est-ce que le monde quand tout passe à côté ? Un monde aux teintes maintenant éteintes, muted dit-on en anglais, mot magnifique pour dire le silence à la fois sonore et visuel. Parce qu’il s’agit d’un monde infusé de passé, donc de ce qui est mort, un monde de paysages lestés par « toute la solitude des choses, des arbres et des pierres » (aller avec la crainte de la mort de l'autre dans le ventre). Le personnage suivi/campé par Jérémy Liron dans ce texte m’a fait penser à un amphibien enfermé dans un aquarium (ne parle-t-il par de méduse d’ailleurs ? Ou était-ce dans un autre texte de lui ?). J’ai pensé à un autre personnage, dont j’étais tombée amoureuse adolescente : le Jacques Mayol fictif du Grand Bleu, aux prises avec une apnée existentielle terrible. Parce qu’il y va de la mort dans cette Traversée qui se refuse au but en croyant mieux la repousser (et ces mots de Liron, « un monde tendu entre ridicule et tragique »). Jérémy Liron nous dit dans l’avant-propos se tenir au seuil de la naissance de son deuxième enfant, ou juste après le seuil, je ne sais plus, j’écris cette note d’après des notes éparses anciennes, sans relire La Traversée, afin de rester fidèle au premier abord, à mon appréhension première, intuitive, qui m’a poussée à lire ce texte jusqu’au bout, malgré l’avertissement de son auteur qu’il serait dénué d’« histoire » (je préfère qu’on me raconte des histoires). À l’époque, je ne connaissais pour ainsi dire pas l’univers de Jérémy Liron, juste ce qu’en avait dit François Bon. Je ne sais ce qu’il en a été pour Jérémy Liron, mais personnellement, enfanter m’a fait prendre conscience de ma mortalité, dans cette question poignante du « mais que ferait mon enfant si je mourrais demain ? », et soudain, moi à qui il était arrivé de le vouloir, je n'ai plus voulu mourir, jamais, non pas pour rester jeune, mais pour ne pas la laisser seule, mon enfant. Je me suis alors enfermée dans un mode de traversée en creux, dans les interstices de la réalité, où « le monde n’existe plus », un monde où dans l’idéal plus rien ne nous atteindrait, elle et moi, elle surtout, que je tente de tenir loin des mâchoires du temps – ma mort ne fera que la rapprocher de la sienne. Pardon pour la digression. Elle sert quand même à rendre compte de l’étouffement d’un cri similaire à celui qui « jette dans la nuit » le personnage de La Traversée, « qui l’abstrait ». Cri de vie, empêché de peur que la mort ne l’entende. Tout est leurre, car pas de lieu hors, de la mort -- tout est errance (« La quête du lieu acceptable, c'est la colonne vertébrale de l'errance », Raymond Depardon)
Jérémy Liron : La mer en contrebas tape contre la digue
par Antoine Emaz, Cahiers Critiques de Poésie
"La prose de Liron est remarquablement calme, posée, alors que son mouvement est de venir heurter au réel, « but(er) sans cesse ». La justesse, l’intérêt du livre sont là : nous vivons sur des questions aussi simples que profondes, qui se renouvellent à mesure que nous ne cessons de leur répondre sans conclure."
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Jérémy Liron : La mer en contrebas tape contre la digue
par Antoine Emaz, Cahiers Critiques de Poésie
"La prose de Liron est remarquablement calme, posée, alors que son mouvement est de venir heurter au réel, « but(er) sans cesse ». La justesse, l’intérêt du livre sont là : nous vivons sur des questions aussi simples que profondes, qui se renouvellent à mesure que nous ne cessons de leur répondre sans conclure."
Jérémy Liron : La mer en contrebas tape contre la digue, par Antoine Emaz in Cahiers Critiques de Poésie

Une situation : deux semaines de résidence dans le village de Caromb, au pied du mont Ventoux. Le livre se présente comme une suite de notes en prose, très libres, un peu comme un journal non daté qui retiendrait moins les faits vécus qu’une forme d’« errance » alternant expérience et pensée, souvenirs et rêves, passages par des peintres, des écrivains, des philosophes… Mais cet apparent désordre dans la variété des approches (« amorces ») recouvre un questionnement constant sur l’espace, le regard, notre présence au monde et à nous-mêmes. Et l’auteur ne donne pas de réponses définitives, ne semble pas progresser ou construire, mais seulement creuser et baliser la zone, tenter d’autres jalons, changer l’angle d’attaque… La prose de Liron est remarquablement calme, posée, alors que son mouvement est de venir heurter au réel, « but(er) sans cesse ». La justesse, l’intérêt du livre sont là : nous vivons sur des questions aussi simples que profondes, qui se renouvellent à mesure que nous ne cessons de leur répondre sans conclure. Ce pourrait être une angoisse ; ce peut être une chance. En tout cas, c’est vivre.
L'être & le passage
par Nadine Agostini, CCP 25
"L’auteur constate les paysages, les bâtiments, les formes, la perte des repères et celle – une sorte de perte ? – de l’humanité. En tout cas le doute, la perte d’équilibre."
Détail
L'être & le passage
par Nadine Agostini, CCP 25
"L’auteur constate les paysages, les bâtiments, les formes, la perte des repères et celle – une sorte de perte ? – de l’humanité. En tout cas le doute, la perte d’équilibre."
L’être & le passage, par Nadine Agostini, in CCP 25

Prose. Mouvement du monde et corps. Renouvellement. Montaigne / Nietzsche / Freud / Bloch. Mouvements sautes d’humeur, le monde d’aujourd’hui encore marqué d’hier. Temps écrasé. Espace dématérialisé. « Une chose est sûre : jamais on n’échappe au contexte ; on ne peut parler que depuis là où, dans l’espace et dans le temps, on se trouve. » L’auteur constate les paysages, les bâtiments, les formes, la perte des repères et celle – une sorte de perte ? – de l’humanité. En tout cas le doute, la perte d’équilibre.
Les rémanences
par Gilles, librairie Contrebandes
« Il n’y a pas de paysage naturel », écrit Liron, « il n’y a au dehors aucun paysage qui attendrait qu’on vienne le contempler. Le paysage n’est qu’une façon de voir ». Et : « on nomme lieu un espace épaissi de ce que chacun y projette. Aucun lieu n’existe avant que l’on en porte l’idée ».
Détail
Les rémanences
par Gilles, librairie Contrebandes
« Il n’y a pas de paysage naturel », écrit Liron, « il n’y a au dehors aucun paysage qui attendrait qu’on vienne le contempler. Le paysage n’est qu’une façon de voir ». Et : « on nomme lieu un espace épaissi de ce que chacun y projette. Aucun lieu n’existe avant que l’on en porte l’idée ».
Les rémanences, par Gilles, in librairie Contrebandes

Comment les lieux habitent-ils les êtres ?
Comment les paysages habitent-ils le peintre ?
« Il n’y a pas de paysage naturel », écrit Liron, « il n’y a au dehors aucun paysage qui attendrait qu’on vienne le contempler. Le paysage n’est qu’une façon de voir ». Et : « on nomme lieu un espace épaissi de ce que chacun y projette. Aucun lieu n’existe avant que l’on en porte l’idée ».

Il fait métier de la contemplation, cette « manière d’oisif ». Un goût pour le vide, ce qui reste — ou pas. « J’ai ce tempérament : que je ne sens que les absences et ne vois dans chaque chose que le mouvement d’échappée qu’elles imposent, si bien que je les regarde comme des souvenirs. Toujours quelque chose d’à demi effacé ou lointain. Tu me diras que c’est mon travers négatif, cette forme de pessimisme ou de mélancolie qui définit ma sensibilité. N’a-t-on pas assez généralement cette attitude, à prendre des photos continuellement de ce que l’on ne prend qu’à peine le temps de voir ? ».

Sur l’œuvre picturale, dont les visiteurs de l’Hôtel des Arts ont pu avoir un bel aperçu en 2011, Gilles Altieri écrit ceci :

« L’intérêt porté par Jérémy Liron aux paysages urbains trouve une source plus immédiate chez Giorgio Morandi à la fois pour le regard que celui-ci porte à des sujets ordinaires et sans qualité [...], ainsi que pour la passion manifestée par le maître de Bologne à l’égard de la géométrie. Sur ce point la peinture de Liron par les cadrages qu’il adopte, alterne les vues banales et les compositions extrêmement sophistiquées qui approche la pure abstraction. La référence à Edward Hopper s’impose aussi par sa description de vues urbaines américaines » [1].

La Nerthe publie un texte livré à l’occasion d’une résidence à Caromb, dans le Vaucluse, entre février et juillet 2013. Invité par l’association Éclats à travailler sur la notion d’hétérotopies qui, « contre-espaces » selon Foucault, seraient les lieux des utopies réalisées, Jérémy Liron y développe par fragments une pensée contemplative et introspective. « On fait travailler le monde en soi, c’est ça être au monde ».

Trouver un titre qui fasse mouvement : La mer, en contrebas, tape contre la digue.

Mieux :

la mer,
en contr
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tape
contre la
digue.

Pour que le mouvement jaillisse des mots comme l’eau vole en éclats sur les rochers.

Car le mouvement est ce lien, tendu entre l’espace et le temps, qui obsède dessinateurs et peintres tenus de le rompre en figeant l’instant et l’objet sur une toile ou la feuille d’un carnet. « On pourra rêver que le mouvement, atteignant je ne sais quelle forme de perfection, s’y stabilise en une sereine immobilité ».
Hypnagogies
par Marie Legrand, Art Absolument
"D’un adjectif désignant le passage de la veille au sommeil et la sensibilité exacerbée qui y est associée, Jérémy Liron a créé une série de toiles lui permettant de figurer « le moment de bascule des images en équilibre entre le dedans et le dehors »."
Détail
Hypnagogies
par Marie Legrand, Art Absolument
"D’un adjectif désignant le passage de la veille au sommeil et la sensibilité exacerbée qui y est associée, Jérémy Liron a créé une série de toiles lui permettant de figurer « le moment de bascule des images en équilibre entre le dedans et le dehors »."
Hypnagogies, par Marie Legrand in Art Absolument, 2014

D’un adjectif désignant le passage de la veille au sommeil et la sensibilité exacerbée qui y est associée, Jérémy Liron a créé une série de toiles lui permettant de figurer « le moment de bascule des images en équilibre entre le dedans et le dehors ». Les œuvres exposées représentent des paysages urbains désertés, dont les lignes d’horizon infinies, le travail de la lumière et le minimalisme du dessin permettent de renforcer les impressions de silence et d’intemporalité que laissent les tableaux. Il s’agit ici de la ligne directrice de la production artistique de Liron : l’inscription dans un contexte, qu’il soit spatial ou temporel.
Les petites chroniques
par Francis de Coninck, Les petites chroniques
"un coup de cœur pour les visions architecturales du jeune Jérémy Liron qui offre au béton des perspectives zen, oniriques presque. Ses jeux d’illusion entre un réel urbain prégnant et la vision de l’auteur n’est pas sans évoquer des espoirs de cité plus humanisée."
Détail
Les petites chroniques
par Francis de Coninck, Les petites chroniques
"un coup de cœur pour les visions architecturales du jeune Jérémy Liron qui offre au béton des perspectives zen, oniriques presque. Ses jeux d’illusion entre un réel urbain prégnant et la vision de l’auteur n’est pas sans évoquer des espoirs de cité plus humanisée."
Les petites chroniques, par Francis de Coninck in Les petites chroniques

L’exposition Passages de la Fondation Bullukian, en collaboration avec le Musée Paul-Dini, convoque 6 artistes régionaux pour des visions plurielles.
Exposition Passages : ce projet, fruit de la collaboration entre les deux structures, a pour ambition de mettre en avant des artistes connus ou plus confidentiels qui ont un lien avec la Région Rhône-Alpes. Le thème du passage, de la porte et de la fenêtre, qui a marqué hier et aujourd’hui tant de visions d’artistes, est le fil conducteur de cette jolie petite exposition. Le lieu de la fondation offre une pause salutaire dans l’environnement urbain de la place Bellecour. Le jardin intérieur permettrait de jolies interventions performances dansées ! Il y en aura une d’ailleurs lors de la Biennale en septembre.
Revenons sur le thème de la porte et de la fenêtre. On retrouve depuis la Renaissance ces objets symboliques, architecturaux ou de décor dans de nombreuses œuvres. Dans les tableaux d’apprentis et de compagnons, on retrouve souvent les trois fenêtres, munies de grilles, conformes à la lecture du livre des Rois. Celles-ci correspondent aux trois stations du soleil. La fenêtre symbolise la réceptivité : ronde, elle est de même nature que l’œil et de la conscience, carrée, c’est la réceptivité terrestre. Quant à la porte, elle évoque souvent le lieu de passage entre le connu et l’inconnu, le trésor et le dénuement, le profane et le sacré. C’est autour de ce thème réactualisé, sur un mode contemporain, qu’est revisitée cette thématique vieille comme le monde.
On retrouve l’éternel Jacques Truphémus dans une toile grand format : paysage champêtre aux couleurs diluées et paisibles, japonisantes, qui se dégage d’une fenêtre généreusement ouverte.
Avec Aurélie Pétrel, la photo joue du dédoublement entre le réel des personnages saisis en train de lire dans des bibliothèques et le brouillage des références. Prequ’une dimension socio-ethno.
J’ai un coup de cœur pour les visions architecturales du jeune Jérémy Liron qui offre au béton des perspectives zen, oniriques presque. Ses jeux d’illusion entre un réel urbain prégnant et la vision de l’auteur n’est pas sans évoquer des espoirs de cité plus humanisée.
Damien Beguet, dans ses installations lumineuses et colorées, abstraites, qui empruntent aux matériaux de construction, va à l’essentiel de son questionnement artistique. S’il se pose la question « de l’artiste devenu sujet médiatique et de l’ œuvre d’art support de pub », on ne peut s’empêcher de penser à Mondrian et son cubisme analytique dans la composition de ses œuvres.
Jean-Antoine Raveyre déploie une œuvre photographique métaphorique et narrative presque candide. Une pause dans ce monde de bruts.
Quant à l’installation vidéo de Fabrice Lauterjung où images et textes se combinent sur le mode du témoignage après conflit, j’avoue n’avoir éprouvé que de l’ennui…ou de l’attention flottante pour un propos se voulant grave..
La mer, en contrebas, tape contre la digue
par Antoine Emaz, Poezibao
"Lorsque le cahier des charges d’une résidence d’écrivain implique pour l’auteur la production d’un texte sur le lieu ou un autre thème, il n’est pas certain que ce travail forcé soit une réussite. Si toute œuvre est de circonstances, il convient tout de même que celles-ci soient favorables ou, d’une certaine façon, choisies. C’est le cas avec ce livre, au titre long comme une attente attentive."
Détail
La mer, en contrebas, tape contre la digue
par Antoine Emaz, Poezibao
"Lorsque le cahier des charges d’une résidence d’écrivain implique pour l’auteur la production d’un texte sur le lieu ou un autre thème, il n’est pas certain que ce travail forcé soit une réussite. Si toute œuvre est de circonstances, il convient tout de même que celles-ci soient favorables ou, d’une certaine façon, choisies. C’est le cas avec ce livre, au titre long comme une attente attentive."
La mer, en contrebas, tape contre la digue, par Antoine Emaz in Poezibao, 2014

Lorsque le cahier des charges d’une résidence d’écrivain implique pour l’auteur la production d’un texte sur le lieu ou un autre thème, il n’est pas certain que ce travail forcé soit une réussite. Si toute œuvre est de circonstances, il convient tout de même que celles-ci soient favorables ou, d’une certaine façon, choisies. C’est le cas avec ce livre, au titre long comme une attente attentive.

En parallèle à son travail de plasticien, Jérémy Liron développe depuis Le livre, l’immeuble, le tableau (éd. Publie.net, 2008) une écriture singulière, à la fois dans son ton et dans sa forme. Par exemple, L’être et le passage (éd. La Termitière, 2012) est strictement construit comme un essai, court mais éclairant, sur l’inquiétude dans l’art contemporain, avec une perspective à la fois historique, philosophique et sociologique. Il en va tout autrement, formellement parlant, dans La mer, en contrebas… » : l’écriture est fragmentée en notes, parfois longues, qui permettent une sorte d’hybridité du texte : il tient, selon les passages, du journal factuel de résidence, du journal personnel, d’extraits de lettres à un « tu », d’une réflexion sur l’espace et la sensation, de multiples références littéraires et artistiques… D’où peut-être le titre du brouillon préparatoire : « journal, éclats » (p.74). Mais cette forme mobile, ouverte, aventureuse, est unifiée par un ton, une mesure mate du phrasé, comme si tout était vu avec la même distance à la fois interrogative et sereine. Du point de vue du style, Jérémy Liron travaille dans une bande passante étroite, presque monotone et par là originale tant elle est calme. Un autre élément égalise et centre le livre : tout amène ou ramène à un questionnement sur l’espace. « Il me semble aujourd’hui que ce livre, cherchant à diffracter l’espace pour en exprimer l’hétérogénéité, explorer les relations, les passages qui le sculptent s’est en fait écrit depuis un lieu intermédiaire qui avait toute l’apparence d’un passage. Entre dedans et dehors bien sûr, sensation et réflexion, passé et futur, comme sur le point tangent d’une courbe, entre réalité et fiction, entre intentions et improvisations, entre présence et absence, veille et sommeil. En vigie sur une sorte de rivage ou d’estran qui n’appartient à aucun lieu tout à fait mais en serait la bascule, un non-lieu. » (p.78) Ce passage, vers la fin du livre, montre bien la diversité des plans, des angles d’attaque mis en œuvre, et la question centrale au bout du compte insoluble autant que présente dans son évidence : l’espace reste à trouver, retrouver, découvrir, inventer… parce qu’il est aussi mobile que le vivant dans sa saisie à travers le corps, la maison, le village… tout autant que par la pensée, les livres, les œuvres d’art. On rejoindrait ici l’idée d’ « inquiétude » présente dans L’être et le passage, mais une inquiétude sereine parce que l’instabilité est constatée comme une donnée, un état de faits, une réalité, et en ce sens elle angoisse moins qu’elle ne pose le problème de vivre et créer avec des repères multiples, mouvants. Chacun des paramètres peut être clair, leur ensemble reste flou et donc ouvert, intéressant pour la création puisque rien n’est fixe ou définitivement arrêté. « La mer, en contrebas, (continue inlassablement à) tape(r) contre la digue. »

Malgré les citations de penseurs et de philosophes, qui apparaissent comme des balises dans « le développement calme d’une pensée » (p.68), ce livre ne vise pas l’abstraction, l’éternité du monde des idées, des vérités finales. « La tête travaille après ce qui loge dans le corps (comme on pourrait dire courir après), en retard toujours peut-être sur la réalité des sensations. » (p.14) Liron, et ce n’est pas son moindre mérite, demeure ancré dans l’expérience immédiate, la vérité ou l’expérience opaque du sensible, notamment le regard, mais pas seulement. « Je laissais faire les sensations. » (p.39)
C’est rejoindre « l’exil de ce mouvement premier, langue nue, butant sans cesse à des amorces de récit, des amorces de paysages qui s’exténuent avant d’atteindre l’ampleur évocatrice qui les définit. On demeure dans le silence impassible du monde. » (p.68)
Exposition de Jérémy Liron à l'Artothèque
Liberté.fr
"Jérémy Liron expose ses visions de paysage et mêle peintures, sculptures, installations, vidéo. A l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, l’artiste présente un nouveau travail, complémentaire, sur une vision des plages de Normandie."
Détail
Exposition de Jérémy Liron à l'Artothèque
Liberté.fr
"Jérémy Liron expose ses visions de paysage et mêle peintures, sculptures, installations, vidéo. A l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, l’artiste présente un nouveau travail, complémentaire, sur une vision des plages de Normandie."
Exposition de Jérémy Liron à l'artothèque, in Liberté.fr, 2014

L’Artothèque de Caen, Espaces d’art contemporain, accueille l’exposition Déployer l’instant/Parcourir la mémoire de l’artiste Jérémy Liron jusqu’au 27 septembre.
Jérémy Liron expose ses visions de paysage et mêle peintures, sculptures, installations, vidéo. A l’occasion du 70e anniversaire du Débarquement, l’artiste présente un nouveau travail, complémentaire, sur une vision des plages de Normandie.
Les oeuvres installées sont tirées de Landscape(s) et Images inquiètes, deux séries personnelles de Jérémy Liron.
Déployer l'instant/parcourir la mémoire
Paris Art
"Le travail de Jérémy Liron s'inscrit dans une relation à la fois imaginaire, aléatoire et impersonnelle au territoire. Chaque tableau s'ajoute aux précédents comme de nouveaux, fragments d'un puzzle en perpétuelle évolution. Ces images ainsi «fixées» semblent extraites du monde et constituent une sorte de fiction qui retranscrit ses rapports au monde, au territoire, à la ville."
Détail
Déployer l'instant/parcourir la mémoire
Paris Art
"Le travail de Jérémy Liron s'inscrit dans une relation à la fois imaginaire, aléatoire et impersonnelle au territoire. Chaque tableau s'ajoute aux précédents comme de nouveaux, fragments d'un puzzle en perpétuelle évolution. Ces images ainsi «fixées» semblent extraites du monde et constituent une sorte de fiction qui retranscrit ses rapports au monde, au territoire, à la ville."
Déployer l'instant/parcourir la mémoire in Paris Art, 2014

Les œuvres de Jérémy Liron questionnent la perception fragmentée du réel. Elles mêlent tout à la fois l'objectivité et le réalisme photographique au flux informel de la couleur. Utilisant différents médiums (peinture, sculpture, installation et vidéo), l'artiste nous présente ici ses visions de paysages ainsi qu'un nouveau projet sur les plages de Normandie pour commémorer le 70e anniversaire du débarquement.
Le travail de Jérémy Liron s'inscrit dans une relation à la fois imaginaire, aléatoire et impersonnelle au territoire. Chaque tableau s'ajoute aux précédents comme de nouveaux, fragments d'un puzzle en perpétuelle évolution. Ces images ainsi «fixées» semblent extraites du monde et constituent une sorte de fiction qui retranscrit ses rapports au monde, au territoire, à la ville.

Jérémy Liron expose ses visions de paysages à l'Artothèque, Espaces d'art contemporain de Caen. Son travail mêle différents médiums: peinture, sculpture, installation et vidéo.
Les œuvres installées sont tirées de deux séries personnelles de l'artiste: Landscape(s) et Images inquiètes. Son projet Landscape(s) compte à ce jour environ 80 «paysages» du même format carré, composant peu à peu un film dont le montage évolue au fil du temps.

Dans le cadre du 70e anniversaire du débarquement, Jérémy Liron présente également un travail nouveau et complémentaire sur une vision des plages de Normandie. Les paysages urbains et balnéaires seront illustrés par des toiles et papiers grands formats ainsi que des estampes et autres papiers de formats plus petits.

«Sans doute faut-il envisager le paysage comme une façon particulière d'aborder à l'espace et au temps. Quelque chose s'y déploie, s'y étend cependant que se fait une sorte de compacité locale, abstraite qui désigne le mouvement interne de l'expérience. Les peintures existent dans ce lieu hystérisé où chaque arrangement du visible parle double, tout à la fois comme présence et retrait, réel et fiction.

L'exposition mêle des paysages urbains de la série Landscape(s) à un ensemble d'encres noires de la série Images inquiètes. Les lumières claires des paysages balnéaires répondent aux tons sourds, intériorisés des images de mémoire.
Dans la deuxième salle, une séquence de plusieurs encres sombres mises en regard d'une vidéo contemplative évoque les plages de Normandie. Quelques sculptures jouent avec l'espace, le lieu et les mouvements du regard.»
Hétérotopie, mon amour
par Odile Schoendorff, ça presse n°61, URDLA
"Le parcours dessine un double projet : écoutons Jérémy Liron rêver tout haut de ce qu’il désire : « Former le lieu que je suis moi-même », « rendre qui lira au vertige ». Osons en témoigner : cette double promesse est tenue."
Détail
Hétérotopie, mon amour
par Odile Schoendorff, ça presse n°61, URDLA
"Le parcours dessine un double projet : écoutons Jérémy Liron rêver tout haut de ce qu’il désire : « Former le lieu que je suis moi-même », « rendre qui lira au vertige ». Osons en témoigner : cette double promesse est tenue."
Hétérotopie, mon amour, par Odile Schoendorff in ça presse n°61, URDLA, 2014

Un elfe hante « une maison dans le Vaucluse, l’espace d’une semaine en février et d’une autre en juillet ». Et nous voici dans ses pas. Nous nous glissons dans son journal grand ouvert, fait pour le mouvement de nos corps, espace si bien cousu avec le temps que retrouver la couture représente un défi.
Le lieu, c’est Caromb, au cœur de la Provence sèche, où la « frêle silhouette » de Jérémy Liron nous entraine dans l’exploration de l maison et de la ville, tantôt peuplées, tantôt désertes, mais jamais vides.
L’exploration se dédouble, se retourne à maintes reprises en expérience intérieure, méditation, songes, vécu, mémoire : fil du temps scintillant qui fait toile. Du ténu au profond, et retour.
Les lieux, les histoires, les gens, s’effleurent, se font écho.
Le livre refermé, on se retrouve avec des rêves. On garde de la poussière d’or sur les doigts, comme après avoir caressé les sépales d’un lys.
« ça commence comme ça, sans savoir, juste des idées vagues, des intentions et demander aux lieux, et aux gens. Des gestes entraperçus –ou fabriqués en rêve – et qui déterminent le sentiment, les bras dans un mouvement qui s’enroulent, des mots anglais, et derrière près de l’âtre le rougeoiement apaisé, le profil calme d’un visage qui respire sa respiration, s’absorbe en elle. Et puis l’image se penche. »
Les morts croisent les vivants…
D’abord les vivants, des plus que passants, dans la beauté de leurs prénoms diaphanes : Chloé, Boris, Oriane, artistes en résidence, tous invités à mettre leurs talents au diapason du lieu, suivant la consigne de l’hétérotopie. Mais qu’est-ce que l’hétérotopie ? Ce terme, qui désignait tout d’abord une maladie, un désordre des organes, définit, depuis que Michel Foucault s’en est emparé, une localisation physique de l’utopie, autrement dit des espaces concrets d’où s’envole l’imaginaire, comme une cabane d’enfant ou un théâtre. Ici, la cabane, c’est Caromb. « Nous tous lâchés à travailler la ville dans tous ses aspects. »
Les morts, plus encore que les vivants, sont de la partie. Car leurs œuvres, images ou mots, soutiennent un présent éternel d’être éphémère, de la femme tenant un objet invisible, de Giacometti, à la main qui s’avance dans l’Annonciation d’Antonello de Messine, et de Pétrarque gravissant le Mont Ventoux (ici présence visible) à Ovide (« Les mouettes allaient d’un vol léger »).
Ne nous y trompons donc pas, ce n’est pas un jeu, ou alors, c’est un jeu grave empli de vertige.
A chaque fois qu’apparaît le vocable « mot », Jérémy s’étonne de lire « mort ». Que le village ait quatre lavoirs ne saurait d’ailleurs différer la rencontre programmée du cimetière.
L’angoisse sourd à chaque page : « Je ne sais pas ce que je tutoie. » Tout mouvement soulève un vertige de solitude, cette qualité de solitude qu’évoque Pessoa : « Je me sens tellement isolé que je sens jusqu’à l’espace qui me sépare de mon costume. » Ou encore : « L’homme est posé comme une chose parmi les choses, infiniment seul. » Et ces rêves de mort imminente, d’un incroyable réalisme… On désespérerait pour peu : « Agripper des deux mains ce bloc de pierre et se le fourrer dans la tête. »
Heureusement, sur ces pierres, on peut aussi s’appuyer : sur la jubilation du sens dans le calme carré de la matière : Caromb vient de car ou Kar qui signifie la pierre, calcaire d’âge éocène/oligocène, à moins qu’il ne s’agisse de calcaire coquillier du Miocène, ces rêveries matérialistes nous rassérènent, comme nous enchante l’évocation du blason de la ville : trois pierres de taille sur fond azur ! Comme Bachelard, comme Ponge, l’écrivain a ce don solaire de descendre dans l’objet, même s’il perçoit tellement bien les marges qu’il affirme ne sentir que les blancs, que les « absences ».
Le parcours dessine un double projet : écoutons Jérémy Liron rêver tout haut de ce qu’il désire : « Former le lieu que je suis moi-même », « rendre qui lira au vertige ». Osons en témoigner : cette double promesse est tenue.
Jérémy Liron
Cargo Collective
"Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur."
Détail
Jérémy Liron
Cargo Collective
"Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur."
Cargo collective, veille artistique

Dans cette série, le peintre couche sur ses toiles des paysages urbains. Le point de vue est tantôt celui du promeneur, face à des architectures modernistes, tantôt celui de l’occupant. Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur.
Passages
par Blandine Dauvilaire, Grain de sel
"Peintre, écrivain, poète, Jérémy Liron crée une œuvre forte en juxtaposant six morceaux d’un même paysage recouverts de Plexiglas. Par le jeu des reflets, le visiteur inscrit sa présence dans l’espace géométrique."
Détail
Passages
par Blandine Dauvilaire, Grain de sel
"Peintre, écrivain, poète, Jérémy Liron crée une œuvre forte en juxtaposant six morceaux d’un même paysage recouverts de Plexiglas. Par le jeu des reflets, le visiteur inscrit sa présence dans l’espace géométrique."
Passages, par Blandine Dauvilaire in Grain de sel, 2014

Une fois n’est pas coutume, le musée Paul-Dini et la Fondation Bullukian unissent leurs regards pertinents sur l’art contemporain pour présenter une exposition en deux volets sur le thème des Passages. Fenêtres, portes, architectures, visions intérieures ou extérieures sont au centre des œuvres sélectionnées.
À Villefranche, Samuel Rousseau présente deux installations conçues à partir de bidons en plastique sur lesquels sont projetées des vidéos qui font sourire. Tout à côté, les photos de Jacqueline Salmon nous transportent dans des palais vénitiens décatis dont elle capte toute la mélancolie à travers les miroirs. Plus monumentales, les « peintures-lumières » de Patrice Giorda évoquent ses années de pensionnat aux Lazaristes et célèbrent l’effraction lumineuse qui fait vibrer l’espace. Chez Jacques Truphémus (dont le musée possède la plus grande collection française), les toiles sont de subtiles fenêtres ouvertes sur la nature et l’âme de l’artiste. Donnant accès à son univers personnel, la porte en bois retravaillée par Jérémy Gobé s’habille de sangles sculptées qui nourrissent l’imaginaire. Évoquant des façades d’immeubles et les tableaux de Mondrian, les œuvres peintes sur plaques d’aluminium par Damien Beguet sont constituées de cases remplies d’acrylique à la petite cuillère. Peintre, écrivain, poète, Jérémy Liron crée une œuvre forte en juxtaposant six morceaux d’un même paysage recouverts de Plexiglas. Par le jeu des reflets, le visiteur inscrit sa présence dans l’espace géométrique.
À la Fondation Bullukian, Damien Beguet accroche ses mires T.V., lointain souvenir d’un monde autrement cloisonné. Derrière une vitre un peu floue, Jean-Antoine Raveyre immortalise une jeune mariée. En face, avec poésie, Truphémus laisse la nature s’immiscer dans la maison. Et Jérémy Liron capture la lumière changeante qui se pose tout au long du jour sur un même bâtiment. Seule artiste à avoir travaillé in situ, Aurélie Pétrel imprime ses photos consacrées aux usagers des bibliothèques sur de grandes bâches microperforées. Astucieusement placé, l’un de ses personnages semble observer le jardin de la Fondation. Propice aux découvertes artistiques, ce double parcours fera la joie des petits comme des grands.
Chronique la revue des revues
par André Chabin, France Culture / La dispute
"Jérémy Liron, jeune artiste que j’ai découvert justement à l’occasion du numéro revient trois fois : pour son rapport au livre, pour ses écrits sur l’art et pour son oeuvre propre. Belle marqueterie d’images et de textes intitule “la mélancolie des fragments”; rien que ce titre vaut la peine d’être dit."
Détail
Chronique la revue des revues
par André Chabin, France Culture / La dispute
"Jérémy Liron, jeune artiste que j’ai découvert justement à l’occasion du numéro revient trois fois : pour son rapport au livre, pour ses écrits sur l’art et pour son oeuvre propre. Belle marqueterie d’images et de textes intitule “la mélancolie des fragments”; rien que ce titre vaut la peine d’être dit."
Chronique la revue des revues, par André Chabin in France Culture / La dispute

Alors que le premier numéro de l’Atelier contemporain demandait à des écrivains pourquoi ils écrivaient sur l’art, la deuxième livraison, tout en prolongeant cette petite enquête avec les réponses entre autres de Maryline Desbiolles et Yannick Haenel, pose en miroir à une trentaine d’artistes la question suivante : “que lisez-vous?”. Appelés à la barre : Gilles Du Bouchet, Valérie Favre, Pierre Skira, Jean Le Gac et beaucoup d’autres. Miroir intérieur car pas mal de ces artistes sont également écrivains : Titus-Carmel, comme Jean-Luc Parent. Et véritable palais de glaces car voici le même Titus-Carmel et sa série Jungles commentée par Marc Blanchet. Et Jérémy Liron, jeune artiste que j’ai découvert justement à l’occasion du numéro revient trois fois : pour son rapport au livre, pour ses écrits sur l’art et pour son oeuvre propre. Belle marqueterie d’images et de textes intitule “la mélancolie des fragments”, rien que ce titre vaut la peine d’être dit. L’Atelier contemporain compose une caisse pleine de résonances, une chambre d’écho bien sûr superbement piquée d’oeuvres plastiques parce que c’est son objet. Travail rare que celui de F.M. Deyrolles dans ce dialogue entre litterature et peinture.
L'atelier contemporain n°2
par Lucien Wasselin, Recours au poème
"Et Jérémy Liron. Trois textes de celui-ci dans L'Atelier contemporain : À travers les livres, La mélancolie des fragments et Lettre à P.B. Ce qui fait un ensemble d'une rare cohérence de celui qui est peintre et écrivain."
Détail
L'atelier contemporain n°2
par Lucien Wasselin, Recours au poème
"Et Jérémy Liron. Trois textes de celui-ci dans L'Atelier contemporain : À travers les livres, La mélancolie des fragments et Lettre à P.B. Ce qui fait un ensemble d'une rare cohérence de celui qui est peintre et écrivain."
L’atelier contemporain n°2, par Lucien Wasselin in Recours au poème, 2014

Le n°2 de L'Atelier contemporain qui vient de paraître est une copieuse livraison richement illustrée. On y trouve deux dossiers, Que lisez-vous ? (22 peintres, dont Titus-Carmel, répondent à cette question), Pourquoi écrivez-vous sur l'art ? (5 écrivains répondent à la question) et une série d'études sur la peinture à partir de la spécificité de quatre praticiens… Il existe au moins trois façons de lire cet ouvrage. Tout d'abord comme une revue isolée ; ensuite comme le complément de Chemins ouvrant d'Yves Bonnefoy et de Gérard Titus-Carmel ; ensuite encore en se centrant sur Jérémy Liron puisqu'il est présent dans les deux dossiers et qu'il publie une longue réflexion très intéressante, La mélancolie des fragments, accompagnée d'une vingtaine de reproductions de peintures de sa série Paysages…
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Une revue isolée. La richesse du sommaire et en particulier la diversité des contributions au dossier Pourquoi lisez-vous ? rendent impossible toute synthèse qui serait par ailleurs réductrice. Très souvent, le lecteur découvre des listes présentées sous des formes diverses. Listes de noms d'auteurs mais aussi, il faut le souligner, listes de titres ( Bérénice Constans) ou de citations (Michel Potage)… Jean-Luc Parant se livre à un exercice digne des Yeux, si bien qu'on a envie de s'écrier "livres, boules, yeux, même combat !" Sans doute qu'on peut déceler une part de fiction dans son texte très justement intitulé Empilements (à propos du rangement ? a-t-il vraiment déménagé dix fois afin que ses livres puissent se multiplier ?) Le rapport aux yeux est clair au-delà de la forme de l'article : pas d'auteurs, pas de titres mais une performance en quelque sorte et il est alors possible de rapprocher cette phrase "Je vois, je lis. Je vois ce que ma main peut cacher sans le toucher" de cette autre, extraite de sa biographie sur son site internet "J'écris des textes sur les yeux pour pouvoir entrer dans mes yeux…" Sinon, les expérience de lecture racontées sont captivantes : place importante réservée à la poésie (sans doute est-ce dû à la pratique du livre d'artiste propre à de nombreux peintres ? Mais il faut noter le rejet massif de la simple illustration), place importante faite aux monographies de plasticiens, aux catalogues d'exposition, aux écrits sur l'art ( Michel Potage va même jusqu'à dresser une liste des critiques qui ont défendu son travail), difficultés de départ à entrer dans l'univers du livre pour de multiples raisons (milieu social, rôle négatif de l'école, mais aussi rôle positif joué par des amis, des lecteurs, des libraires)… De cette diversité naît une richesse qui est à l'image du foisonnement de l'art contemporain au-delà de ses effets de mode ou de ses dérives mercantiles ou encore de ce que Jean-Claude Terrier appelle "l'idéologie du consommable". Un foisonnement que traduit bien aussi les quatre études sur Clémentine Margheriti, Jérémy Lirot (sur lui-même en quelque sorte), Alexandre Hollan et Gérard Titus-Carmel… On remarquera (est-ce l'effet du hasard ? ou une volonté délibérée de l'éditeur ?) le rapport au réel dans ces quatre pratiques, voire la prédominance du figuratif (même si le rapport à l'abstrait n'est pas négligé ni rejeté). Un numéro à lire pour cette singularité et cette richesse…
Un complément à Chemins ouvrant. Plus que de complément, il vaudrait d'ailleurs mieux parler de rapport étroit car les deux volumes peuvent se lire indépendamment. La présence à deux reprises de Titus-Carmel dans ce numéro n'y est pas pour rien : tout d'abord sa réponse à la question Que lisez-vous ? et ensuite l'étude de Marc Blanchet sur sa série Jungles. Si Chemins ouvrant, par sa forme et sa volonté, est consacré aux rapports entre la peinture et la poésie, aux livres d'artiste, les propos de Gérard Titus-Carmel dans sa réponse ("… les textes les plus fins, les plus justes, ceux qui s'approchent au plus près des mystères de la création en se posant d'emblée comme les interlocuteurs de la peinture, ce sont souvent ceux des poètes…") viennent apporter un éclairage original à la démarche du peintre qui a accompagné à plusieurs reprises les écrits de Bonnefoy. Plus que de livres d'artiste, il faudrait -pour reprendre la belle expression d'Yves Peyré- parler de livres de dialogue. D'ailleurs Yves Peyré, dans Peinture et Poésie, sous-titré Le dialogue par le livre, écrit : "Nul ne peut sérieusement contester le fait que, si Titus-Carmel avait recouru à deux noms […] le spectateur et le lecteur auraient pensé se trouver en présence d'un bien beau peintre et d'un grand poète que vraisemblablement ils n'auraient pas songé à rapprocher". On peut donc penser que les propos du peintre sont d'une grande justesse… Par ailleurs, à lire attentivement l'étude de Blanchet, on la range sans hésiter dans cette catégorie de textes qui se définissent comme de parfaits interlocuteurs de la peinture. Curieusement, tout comme Titus-Carmel est peintre et poète, Marc Blanchet est écrivain et photographe… Il sait donc de quoi il parle quand il écrit Jungles. Lorsque le photographe qu'il est note : "Chaque peinture est une et en contient d'autres : Jungles de Titus-Carmel -hors de toute mosaïque- crée un vertige où la beauté des formes, dans un retour d'apparente ressemblance, rencontre son inachèvement", on sent qu'il est autorisé à parler de marouflage et division, de découpage et unité… Autorisé, non pas parce que le peintre lui aurait accordé un quelconque imprimatur, mais bien parce qu'il est un interlocuteur de cette peinture. On n'est pas loin de cet alter ego dont parle Marik Froidefond dans sa préface à Chemins ouvrant. Il faut enfin citer le texte de Yannick Haenel, Des annonciations voilées, qui est l'écho inversé de ce que dit Titus-Carmel : "on n'écrit jamais sur l'art, mais avec lui" ; on ne peint pas sur des poèmes, on n'illustre pas des poèmes, on peint avec des poèmes, pourrait-on affirmer.…Un numéro à lire en même temps que Chemins ouvrant et peu importe l'ordre !
Et Jérémy Liron. Trois textes de celui-ci dans L'Atelier contemporain : À travers les livres, La mélancolie des fragments et Lettre à P.B. Ce qui fait un ensemble d'une rare cohérence de celui qui est peintre et écrivain. La réponse de Liron à la question Que lisez-vous ? est significative, emblématique même d'un groupe de lecteurs issus de milieux modestes et rebutés, dans un premier temps, par le système scolaire, son mode d'apprentissage, sa culture livresque, son élitisme… Boulimie de lectures, une fois le déclic trouvé, lectures hétéroclites et volonté de rattraper le retard : "Je crois que [la lecture] m'est apparue assez vite comme une issue pour essayer de dépasser ma médiocrité, ma bêtise, mes faiblesses de raisonnements en même temps qu'elle était source de plaisir esthétique, d'excitation intellectuelle ou poétique". La bibliothèque idéale n'existe pas, il n'existe que des bibliothèques personnelles qui doivent beaucoup aux hasards de la vie et qui ne sont idéales que par rapport à leurs propriétaires ; et encore, à un moment de leur existence, faudrait-il ajouter ! La mélancolie des fragments est illustrée d'une vingtaine de toiles de la série Paysages. Paysages figuratifs de Jérémy Liron qui font penser aux polaroïd et aux peintures métaphysiques de Giorgio De Chirico ; curieusement, si ces paysages sont déserts, les textes sont traversés d'humains anonymes réduits à un détail du corps (visage, fossette, sourire, main, coude…). Mais toutes ces toiles ne sont pas sans rappeler les polaroid par leur format carré (123 x 123 cm) et leur côté brillant puisqu'elles sont sous plexiglass : c'est que le texte de Liron est sous-titré "La perception lacunaire de l'instant. -Regard & Photographie-. D'où un statut original de l'image : "N'est réel, indubitablement réel, que l'instant auquel nous sommes présents…" Au terme de son raisonnement, Liron en arrive à affirmer "Le pouvoir de la photographie tient justement dans cette capacité de créer de la fiction sous le couvert d'objectivité, d'une impression de réalité". Mais je simplifie à l'extrême, je caricature ! Demeurent ces mots qui terminent l'article : "Nous reste pour habiter la mélancolie des fragments" ; on a envie de mettre des virgules. Texte qui suscite la discussion et la réflexion. La lettre à P.B. va tenter d'expliquer ce qu'est la peinture au-delà des contradictions vécues par Liron, contradictions entre l'invention plastique en tant qu'expression sensible et le langage en tant qu'il est construit contre le monde sensible. "D'un côté comprendre, de l'autre sentir. Avec suspicions symétriques." Leçon de modestie, de doute, vertige de la réflexion : le travail est toujours à reprendre. Un numéro à lire (en partie) pour ce Jérémy Liron, roman.
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L'aventure continue donc, on peut reprendre les mots de Matthieu Baumier présentant le numéro 1 : "Tout cela est fort, beau et profond". L'Atelier contemporain semble avoir trouvé son architecture générale, son équilibre et son ton. À découvrir (et je ne doute pas que les découvertes du lecteur seront différentes des miennes), à lire en toute confiance...
Passages
par Caroline Capelle Tourn, Picabel
"Découverte des toiles de l’artiste Jérémy Liron, série Paysages, l’architecture urbaine est dessinée, de façon très structurée et réaliste, où le reflet de soi se diffuse. La lumière très présente réchauffe ces perspectives. Les fenêtres, éléments forts de ces toiles, nous permettent de nous projeter au delà de ce que l’on voit".
Détail
Passages
par Caroline Capelle Tourn, Picabel
"Découverte des toiles de l’artiste Jérémy Liron, série Paysages, l’architecture urbaine est dessinée, de façon très structurée et réaliste, où le reflet de soi se diffuse. La lumière très présente réchauffe ces perspectives. Les fenêtres, éléments forts de ces toiles, nous permettent de nous projeter au delà de ce que l’on voit".
Passages, par Caroline Capelle Tourn in Picabel, 2014

Le webzine de l’agence PICABEL, vous propose de découvrir l’exposition PASSAGES de la fondation Bullukian avec le regard de Caroline Capelle Tourn, photographe et passionnée d’art :

« Interpellée par le nom de l’expo « PASSAGES » qui me parle tout particulièrement ayant moi même nommée, du même nom, l’une de mes séries photos … je me rends à cette exposition située en plein coeur de Lyon, à la Fondation Bullukian, place Bellecour.
A peine rentrée, je suis surprise par l’accrochage… les photographies numériques d’Aurélie Pétrel imprimées sur de grandes bâches sont soumises à un effet de transparence. Une mise en scène en totale corrélation avec l’espace intérieur et extérieur, clair et ensoleillé, suspendu dans le temps, laissant libre court à mon inspiration.
Découverte des toiles de l’artiste Jérémy Liron, série Paysages, l’architecture urbaine est dessinée, de façon très structurée et réaliste, où le reflet de soi se diffuse. La lumière très présente réchauffe ces perspectives. Les fenêtres, éléments forts de ces toiles, nous permettent de nous projeter au delà de ce que l’on voit …
En me retournant, je suis happée par une grande photographie de Jean Antoine Raveyre, où je suis projetée au-delà d’une fenêtre close, au coeur d’un instant de vie décisif d’une jeune femme qui semble fragile et hésitante …
Bilan de la visite : l’exploration de cette exposition « PASSAGES » a été pour moi comme un voyage romantique, poétique, imaginatif tout en côtoyant un univers urbain et bien réel … »
Exposition Passages, une fenêtre sur l’art
par Alexandre Festaz, I media
"Peintures, photographies ainsi qu’un court métrage diffusé sur un écran, les médiums utilisés sont variés. Ils offrent une perception personnelle de leur auteur sur un sujet commun. Les peintures de Jacques Truphémus et de Jérémy Liron se font la vitre de cette fenêtre, ouvrant notre œil sur l’environnement, parfois architectural, qui nous entoure."
Détail
Exposition Passages, une fenêtre sur l’art
par Alexandre Festaz, I media
"Peintures, photographies ainsi qu’un court métrage diffusé sur un écran, les médiums utilisés sont variés. Ils offrent une perception personnelle de leur auteur sur un sujet commun. Les peintures de Jacques Truphémus et de Jérémy Liron se font la vitre de cette fenêtre, ouvrant notre œil sur l’environnement, parfois architectural, qui nous entoure."
Exposition Passages, une fenêtre sur l’art, par Alexandre Festaz in I media, 2014

Le fil rouge de l’exposition c’est le lien de vie ou de travail qu’entretiennent les artistes avec la région Rhône-Alpes. La fondation a fait le pari d’illustrer ce travail à travers un motif qui a marqué des époques entières : la fenêtre et la porte.
Peintures, photographies ainsi qu’un court métrage diffusé sur un écran, les médiums utilisés sont variés. Ils offrent une perception personnelle de leur auteur sur un sujet commun. Les peintures de Jacques Truphémus et de Jérémy Liron se font la vitre de cette fenêtre, ouvrant notre œil sur l’environnement, parfois architectural, qui nous entoure.
De son côté, Aurélie Pétrel préfère photographier ces fenêtres. Positionnée derrière son sujet, lui-même face ou à côté d’une baie vitrée. Ce qui ajoute à la qualité technique de l’image c’est avant tout le support d’exposition. En effet, l’artiste a choisi d’utiliser des toiles qui laissent entrevoir le décor derrière elles. Les photographies sont ainsi imprimées dessus, laissant au spectateur le soin de profiter du jeu des images qui se superposent. Rappelant subtilement que les images sont aussi des fenêtres d’un autre genre.
Jean-Antoine Raveyre nous offre quant à lui de purs moments de vie. Capturés comme des instants volés, les images n’illustrent cette fois-ci plus l’extérieur mais un intérieur qui nous reflète un peu. A l’instar de la jeune fille exposée – peut-être une future mariée ? – les carreaux de la vitre semblent l’empêcher de voir dehors, vers l’avenir.
Tenir au carreau
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin
"Exposition "Passages" au Musée Paul Dini et à la Fondation Bullukian Exposition en deux volets, l'un au Musée Dini, l'autre à la Fondation Bullukian, «Passages» rassemble une vingtaine d'artistes contemporains autour du thème et du motif important de la fenêtre."
Détail
Tenir au carreau
par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin
"Exposition "Passages" au Musée Paul Dini et à la Fondation Bullukian Exposition en deux volets, l'un au Musée Dini, l'autre à la Fondation Bullukian, «Passages» rassemble une vingtaine d'artistes contemporains autour du thème et du motif important de la fenêtre."
Tenir au carreau, par Jean-Emmanuel Denave, Le petit bulletin, 2014

Exposition "Passages" au Musée Paul Dini et à la Fondation Bullukian Exposition en deux volets, l'un au Musée Dini, l'autre à la Fondation Bullukian, «Passages» rassemble une vingtaine d'artistes contemporains autour du thème et du motif important de la fenêtre.

De la théorisation de la perspective par Leon Battista Alberti (1404-1472) à Windows ou aux appareils photo de nos téléphones portables, il existe une ligne continue et cohérente, que l'on pourrait résumer par cette phrase fameuse d'Alberti : «Je trace d'abord sur la surface à peindre un quadrilatère de la grandeur que je veux, et qui est pour moi une fenêtre ouverte par laquelle on puisse regarder l'histoire». Cette idée de peinture ou de photographie comme fenêtre ouverte sur le monde, cette idée de "réalisme", est en fait une vision de ce monde, une certaine manière de l'appréhender selon des lois optiques et géométriques précises. Dès la Renaissance, Léonard de Vinci notait avec une belle clairvoyance critique : «La perspective est le frein et le gouvernail de la peinture». Quelques siècles plus tard, Cézanne fera de la Montagne Sainte-Victoire un «paysage avec ses déformations, ses empiétements, ses ambiguïtés, ses divergences, tel qu'on peut le voir avant de le regarder, avant que la coordination orthogonale de ses lieux soit faite» (Jean-François Lyotard).

Fenêtre, miroir, écran...

On sait aujourd'hui que la soi-disant fenêtre transparente de la perspective est aussi un miroir (où le sujet "voit" sa propre manière d'appréhender le monde) ou bien un écran (on ne voit du monde que ce que la "fenêtre" veut bien nous en montrer). S'intéressant au devenir contemporain de la fenêtre, l'exposition Passages a donc du grain à moudre en s'attelant à un tel enjeu névralgique de la peinture et des arts plastiques en général.

En ordre un peu dispersé, elle rassemble au Musée Dini et à la Fondation Bullukian plusieurs artistes contemporains régionaux abordant le motif ou le concept de la fenêtre : de Jacques Truphémus au beaucoup plus jeune Jérémy Liron, des facéties de Samuel Rousseau aux très sérieuses images mises en espace d'Aurélie Pétrel, du travail sur l'abstraction de Stéphane Braconnier ou Damien Béguet aux belles photographies de Jacqueline Salmon ou de Véronique Ellena... Libre alors au spectateur de tendre des liens entre les artistes et d'élaborer quelques réflexions théoriques. Quoique Fernando Pessoa nous prévienne : «Il ne suffit pas d’ouvrir la fenêtre / pour voir les champs et la rivière. / Il ne suffit pas de n’être pas aveugle / pour voir les arbres et les fleurs. / Il faut également n’avoir aucune philosophie».
Drawing now, le salon du dessin contemporain
Slash/Paris
"La galerie Isabelle Gounod présente un Focus de l’artiste Jérémy Liron 
Le regard que Jérémy Liron porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque, celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture."
Détail
Drawing now, le salon du dessin contemporain
Slash/Paris
"La galerie Isabelle Gounod présente un Focus de l’artiste Jérémy Liron 
Le regard que Jérémy Liron porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque, celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture."
Drawing now, le salon du dessin contemporain, in Slash/Paris, 2014

Une sélection rigoureuse des galeries exposantes au Salon ou participantes au Parcours sera effectuée par le comité de sélection du Salon réuni autour de Philippe Piguet, directeur artistique.
Le comité de sélection est composé de Colette Barbier, directrice de la Fondation d’Entreprise Ricard, Aude Cartier, directrice de la Maison des arts de Malakoff, Marc Donnadieu, conservateur en charge de l’art contemporain au LaM, Lille Métropole, Olivier Kaeppelin, directeur de la fondation Maeght, Nicolas Libert, collectionneur, Bernard Point, créateur de l’école municipale des Beaux-¬‐Arts de Gennevilliers et de sa galerie Edouard Manet.

Les Talks, les entretiens d’artistes, la programmation video et les DRAWING IN PROCESS viendront ponctuer l’événement au nouveau Carreau du Temple et à l’espace Commines.
La réhabilitation du Carreau du Temple — ancien marché couvert — par la Ville de Paris va révéler aux parisiens un des lieux majeurs de la grande tradition des architectures métalliques parisiennes du 19ème siècle. Les travaux d’envergure qui ont duré 4 ans vont donner naissance fin 2013 à un espace unique qui va devenir un lieu de culture incontournable au cœur du Marais.

ZOOM SUR DEUX GALERIES PARTICIPANTES
• La galerie Isabelle Gounod présente un Focus de l’artiste Jérémy Liron
Le regard que Jérémy Liron porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque, celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture.
Drawing now, le salon du dessin contemporain
L'agora des arts
"Eric Corne et Lionel Sabatté (Patricia Dorfmann - Paris), Daniel Pommereulle (Galerie Christophe Gaillard – Paris), Jérémy Liron et Claire Tabouret (Galerie Isabelle Gounod – Paris), Barthélémy Toguo (Galerie Lelong – Paris)."
Détail
Drawing now, le salon du dessin contemporain
L'agora des arts
"Eric Corne et Lionel Sabatté (Patricia Dorfmann - Paris), Daniel Pommereulle (Galerie Christophe Gaillard – Paris), Jérémy Liron et Claire Tabouret (Galerie Isabelle Gounod – Paris), Barthélémy Toguo (Galerie Lelong – Paris)."
Drawing now, le salon du dessin contemporain, in l'agora des arts, 2014

Drawing Now permet de découvrir toute la diversité du dessin contemporain d’aujourd’hui et de ces 50 dernières années. Après quatre années au Carrousel du Louvre, la 8e édition de ce salon du dessin contemporain fondé par Christine Phal en 2007, s’installe dans deux lieux, au cœur de Paris. Le Carreau du Temple rénové accueille 70 galeries, dont une quinzaine qui exposent pour la première fois au salon dans la section Initial. L’Espace Commines est dédié à la section Fresh qui regroupe des jeunes galeries de moins de quatre ans, avec en focus, un artiste de moins de 40 ans.
Parmi les artistes qui font l’objet d’un zoom particulier au Carreau du Temple, on retiendra, entre autres : Eric Corne et Lionel Sabatté (Patricia Dorfmann - Paris), Daniel Pommereulle (Galerie Christophe Gaillard – Paris), Jérémy Liron et Claire Tabouret (Galerie Isabelle Gounod – Paris), Barthélémy Toguo (Galerie Lelong – Paris), Marcel Miracle (Magnin-A – Paris), Nicolas Dieterlé (Galerie Frédéric Moisan – Paris), Per Kirkeby (Galerie Vidal-Saint Phalle – Paris), Eric Manigaud (Galerie Houg – Lyon), Pat Andréa (Galerie Petits papiers/ Huberty & Breyne – Bruxelles), Emeli Theander (Galerie C - Suisse), ou encore Speedy Graphito (Galerie Polaris – Paris).
2012
Artiste du mois
par Myriam Simon, Le Revenu n°spécial
Jeune agrégé en arts plastiques, Jérémy Liron enseigne dans un collège lyonnais et travaille à son œuvre en même temps. Ses toiles font déjà se tourner les regards. Il vient d’ailleurs d’être choisi par un collectif « Art Collector », qui réunit des collectionneurs particuliers, dont le but est de faire connaître de jeunes artistes. (...)
Détail
Artiste du mois
par Myriam Simon, Le Revenu n°spécial
Jeune agrégé en arts plastiques, Jérémy Liron enseigne dans un collège lyonnais et travaille à son œuvre en même temps. Ses toiles font déjà se tourner les regards. Il vient d’ailleurs d’être choisi par un collectif « Art Collector », qui réunit des collectionneurs particuliers, dont le but est de faire connaître de jeunes artistes. (...)
Artiste du mois, par Myriam Simon in Le Revenu n°spécial, juin 2012

Jeune agrégé en arts plastiques, Jérémy Liron enseigne dans un collège lyonnais et travaille à son œuvre en même temps. Ses toiles font déjà se tourner les regards. Il vient d’ailleurs d’être choisi par un collectif « Art Collector », qui réunit des collectionneurs particuliers, dont le but est de faire connaître de jeunes artistes. Son œuvre se compose de dessins, études et surtout d’une série de tableaux « Landscape(s) », tous de même format (123x123cm), commencée à l afin de l’année 2004. La dernière toile date d’il y a quelques jours à peine et porte le numéro 112. Il a choisi la série, pour l’unité de thème et de format. Mais il se laisse la liberté de varier les points de vue et les couleurs. « Je travaille sur le sentiment de présence, explique Jérémy Liron. On a tous des moments où le regard s’arrête sur des choses. On oublie le reste et on retient une image qui vient à nous. » Il photographie, au sens propre comme au sens figuré, des constructions très dessinées, souvent de style moderniste. Car elles incarnent une utopie. Elles composent le sujet principal de ses tableaux, sans aucune intension sociologique. Même si le ciel est bleu et si quelques arbres et arbustes viennent couper la rectitude des lignes. Il y a une sensation de vide, de mélancolie urbaine. Des zones blanches, ponctuent ces toiles, comme si on retirait une partie de l’histoire des bâtiments dont on imagine qu’ils ont connu des joies et des peines. Une peinture résolument contemporaine, qu’il préfère exécuter à l’huile pour la qualité des nuances et des transparences et pour les temps de pause qu’elle nécessite, explique cet admirateur de Rembrandt. Dernière particularité, le boîtier en plexiglas dans lequel est placé le tableau. il tient le spectateur à distance, comme Jérémy Liron l’était à ses débuts lorsqu’il découvrait les paysages depuis les trains de banlieue. Chaque tableau est une station, un arrêt, une progression dans son travail.
La traversée
par Brigitte Célerier, in Babelio
"Un texte, une traversée dans lequel on entre par un voyage, nocturne en car, et tout de suite déréliction. Un texte qui reste allusif, comme des petites notes sur un carnet (mentionné d'ailleurs à a fin) qui constate, de situations devinées en rencontres suggérées l'avancée de cet homme, qui a perdu même son prénom exact, vers la disparition finale.
Détail
La traversée
par Brigitte Célerier, in Babelio
"Un texte, une traversée dans lequel on entre par un voyage, nocturne en car, et tout de suite déréliction. Un texte qui reste allusif, comme des petites notes sur un carnet (mentionné d'ailleurs à a fin) qui constate, de situations devinées en rencontres suggérées l'avancée de cet homme, qui a perdu même son prénom exact, vers la disparition finale.
Jeremy Liron, La Traversée, Brigitte Célerier in Babelio

Un texte, une traversée dans lequel on entre par un voyage, nocturne en car, et tout de suite déréliction. Un texte qui reste allusif, comme des petites notes sur un carnet (mentionné d'ailleurs à a fin) qui constate, de situations devinées en rencontres suggérées l'avancée de cet homme, qui a perdu même son prénom exact, vers la disparition finale.
L’inquiétude de Jérémy Liron
par Bénédicte Philippe, Résidences decoration n°108
"Dans cette série, le peintre couche sur ses toiles des paysages urbains. Le point de vue est tantôt celui du promeneur, face à des architectures modernistes, tantôt celui de l’occupant. Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur."
Détail
L’inquiétude de Jérémy Liron
par Bénédicte Philippe, Résidences decoration n°108
"Dans cette série, le peintre couche sur ses toiles des paysages urbains. Le point de vue est tantôt celui du promeneur, face à des architectures modernistes, tantôt celui de l’occupant. Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur."
L'inquiétude de Jérémy Liron, par Bénédicte Philippe in Résidences decoration n°108, 2013

Dans cette série, le peintre couche sur ses toiles des paysages urbains. Le point de vue est tantôt celui du promeneur, face à des architectures modernistes, tantôt celui de l’occupant. Dépassant le cadre d’une simple représentation, le peintre brosse l’horizon de l’homme contemporain habité par l’incertitude du monde et le vide intérieur.
Les 101 meilleurs artistes contemporains en France, sélection 2002-2012
par Alexandra Fau, Art Absolument
"Inspirées de prises de vue photographiques au travers de la vitre d’un train de banlieue, les peintures de Jérémy Liron tentent de fixer une présence dans le mouvement même de son échappée. Ses œuvres ouvrent sur l’illusion de l’espace perceptif sans pour autant renoncer à la matérialité de la peinture. Elles concilient en effet une synthèse troublante (...)".
Détail
Les 101 meilleurs artistes contemporains en France, sélection 2002-2012
par Alexandra Fau, Art Absolument
"Inspirées de prises de vue photographiques au travers de la vitre d’un train de banlieue, les peintures de Jérémy Liron tentent de fixer une présence dans le mouvement même de son échappée. Ses œuvres ouvrent sur l’illusion de l’espace perceptif sans pour autant renoncer à la matérialité de la peinture. Elles concilient en effet une synthèse troublante (...)".
Les 101 meilleurs artistes contemporains en France, sélection 2002-2012, par Alexandra Fau in Art Absolument, 2012

Inspirées de prises de vue photographiques au travers de la vitre d’un train de banlieue, les peintures de Jérémy Liron tentent de fixer une présence dans le mouvement même de son échappée. Ses œuvres ouvrent sur l’illusion de l’espace perceptif sans pour autant renoncer à la matérialité de la peinture. Elles concilient en effet une synthèse troublante entre la fenêtre ouverte sur le réel et les effets de surfaces « lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d’un trait brutal » dont parlait le peintre nabi Maurice Denis. Cette fenêtre ouverte sur le monde, que certains artistes tels Henri Matisse (Porte-fenêtre à Collioure, 1914) puis Marcel Duchamp (Fresh Widow, 1920-1964) ont volontiers obturée, se voit ici rouverte sur une architecture moderniste. Le choix n’est pas innocent. Dans certains tableaux, la masse informe du végétal semble gangrener le bâti, anticipant ainsi le devenir de la pensée moderniste. Placés derrière un écran en plexiglas, les paysages peints à l’huile appartiennent désormais à l’espace fictionnel. L’artiste se dessaisit ainsi du réel pour mieux s’approprier un état intermédiaire et transitoire. Les œuvres grands formats semblent engluées dans un temps figé tandis que les petits tableaux, semblables à des études préparatoires, reflètent la vivacité de l’exécution instantanée. Or, le présent dont l’artiste tente de rendre compte n’est ni l’instant pur, ni la durée mais l’intervalle de temps. Marqué par le tableau inachevé Les Passants d’Honoré Daumier, Jérémy Liron tente de retranscrire à sa manière la captation du réel dans son mouvement. Dans cette œuvre, datée de 1860, un mouvement est impulsé aux corps à peine ébauchés. La modulation des bruns et des bistres de la palette accentue le va-et-vient de la foule. Dans la peinture de Jérémy Liron, l’effet transitoire s’exprime à travers les motifs esquissés rapidement, les dégoulinures venues maculer la toile laissée en réserve. La surface du tableau n’ignore donc pas les aléas de la gestuelle. Ce sont même parfois les défauts d’encrages de ses impressions numériques qui le guident dans le choix de sa palette. Pour autant, sa démarche laisse transparaître une grande rigueur. Depuis 2004, chaque peinture de paysage est scrupuleusement numérotée. Le chiffre ne permet pas de situer l’œuvre dans le temps mais de contribuer davantage à l’anonymat du site indexé par l’artiste. Ses images rappellent également la précision des photographies du couple allemand Bernd et Hilla Bécher dont il reprend les procédés d’égalisation par la lumière. Ses architectures se détachent depuis quelques années sur des cieux d’un bleu azuréen venus faire oublier la tristesse de ces banlieues délaissées. Dans son œuvre, Jérémy Liron cherche à conjuguer plusieurs gestes en peinture. Il mêle tout à la fois l’objectivité et le réalisme photographique au flux informel de la couleur.
La rentrée dans le Marais
par Anaël Pigeat, Art Press n°394
"On attirerait l’attention sur des travaux venus de pays lointains montrés à Paris pour la première fois, comme les peintures en camaïeux de gris du Chinois Yan Heng, dont on avait repéré un tableau dan sl’exposition inaugurale de la galerie l’an dernier, et dans lesquelles un détail émouvant est parfois enfoui sous une allure d’insignifiance (galerie Sator)".
Détail
La rentrée dans le Marais
par Anaël Pigeat, Art Press n°394
"On attirerait l’attention sur des travaux venus de pays lointains montrés à Paris pour la première fois, comme les peintures en camaïeux de gris du Chinois Yan Heng, dont on avait repéré un tableau dan sl’exposition inaugurale de la galerie l’an dernier, et dans lesquelles un détail émouvant est parfois enfoui sous une allure d’insignifiance (galerie Sator)".
La rentrée dans le Marais, par Anaël Pigeat in Art Press n°394, 2012

(…) On attirerait l’attention sur des travaux venus de pays lointains montrés à Paris pour la première fois, comme les peintures en camaïeux de gris du Chinois Yan Heng, dont on avait repéré un tableau dan sl’exposition inaugurale de la galerie l’an dernier, et dans lesquelles un détail émouvant est parfois enfoui sous une allure d’insignifiance (galerie Sator), mais aussi les toiles engagées du Sud-Africain Cameron Platter (galerie Hussenot), et les encres abstraites et poétiques de l’américaine Landon Metz (galerie Torri). Ce serait d’ailleurs l’occasion de faire quelques observations sur la peinture contemporaine à partir des œuvres de Duncan Wylie (JGM), Jérémy Liron (Isabelle Gounod), Axel Pahlavi (Eva Hober). Mais si une promenade dans un quartier permet un inventaire subjectif des choses vues, elle empêche de s’attarder plus de quelques mots sur chacune.
L'inquiétude
par Lydia Haramburg, La gazette Drouot
"Jérémy aime les architectures de béton, aux grands murs aveugles qui dévient la lecture. Les volumes sont parfaitement écrits et développent une suite de structures creusant l’espace à partir de plans successifs dans une atmosphère transparente. La lumière cerne la réalité mue en énigme."
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L'inquiétude
par Lydia Haramburg, La gazette Drouot
"Jérémy aime les architectures de béton, aux grands murs aveugles qui dévient la lecture. Les volumes sont parfaitement écrits et développent une suite de structures creusant l’espace à partir de plans successifs dans une atmosphère transparente. La lumière cerne la réalité mue en énigme."
L’inquiétude, par Lydia Harambourg, La gazette Drouot, 2012

Ce nouveau chapitre de la peinture de Jérémy Liron s’inscrit en toute logique dans un parcours rigoureux dont l’exposition à l’hôtel des Arts de Toulon avait rendu compte en 2011. Ses peintures récentes reprennent le thème de l’architecture qui le fascine, avec cette fois a villa Noailles de Mallet-Stevens à Hyères, pour modèle et qu’il a photographié de l’intérieur. Jérémy aime les architectures de béton, aux grands murs aveugles qui dévient la lecture. Les volumes sont parfaitement écrits et développent une suite de structures creusant l’espace à partir de plans successifs dans une atmosphère transparente. La lumière cerne la réalité mue en énigme. Cette narration est pour l’artiste une « station dressée dans l’espace » arrêtée dans le paysage et qui lui confère une vision particulière. La verticalité de la composition et sa clarté contrastent avec les coulures perceptibles à la lisière du tableau. Sur certaines toiles, leur lecture bute sur des triangles blancs en apesanteur, renforçant l’étrangeté d’une scène dénuée de toute présence humaine. Désertées, ces architectures inversent la dialectique du dehors et du dedans, di visible et de l’invisible achoppant sur l’oubli. La maison s’ouvre sur le monde et garde les secrets de la mémoire. Est-ce la maison où, comme l’écrivait Bachelard, nos souvenirs sont logés ? L’une des œuvres majeures de l’exposition est un monumental polyptique composé de six panneaux carrés, Paysage n110. Pensée comme une « fenêtre ouverte sur le monde », la composition est prise de l’intérieur, à travers une baie vitrée ouvrant sur une géométrie complexe fractionnée par des pans d’ombre. Ailleurs, des troncs d’arbre barrent l’architecture, éloignant celle-ci pour mieux l’imposer à notre rêverie. Nos certitudes sont ébranlées et un sentiment de solitude s’impose à nous face à ces fragments d’images. Si Jérémy Liron résout brillamment les problèmes posés par le simulacre d’un espace virtuel, il donne une dimension mystérieuse à ses « images inquiètes ».
En l'image le monde
par Alain Helissen, Cahiers Critiques de Poésie
"Jérémy Liron est peintre et écrivain. A partir de tableaux de Maude Maris –on pourra en voir quelques reproductions en fin de volume- et d’une photo prise en pensant précisément au travail de cette artiste, il entreprend d’interroger l’image et son rapport au monde. « On port en soi des modes de lecture du monde qui souvent nous viennent des yeux des autres. »."
Détail
En l'image le monde
par Alain Helissen, Cahiers Critiques de Poésie
"Jérémy Liron est peintre et écrivain. A partir de tableaux de Maude Maris –on pourra en voir quelques reproductions en fin de volume- et d’une photo prise en pensant précisément au travail de cette artiste, il entreprend d’interroger l’image et son rapport au monde. « On port en soi des modes de lecture du monde qui souvent nous viennent des yeux des autres. »."
En l'image le monde, par Alain Helissen in Cahiers Critiques de Poésie, 2012

Jérémy Liron est peintre et écrivain. A partir de tableaux de Maude Maris –on pourra en voir quelques reproductions en fin de volume- et d’une photo prise en pensant précisément au travail de cette artiste, il entreprend d’interroger l’image et son rapport au monde. « On port en soi des modes de lecture du monde qui souvent nous viennent des yeux des autres. » En utilisant plutôt la forme du récit que celle de l’essai, Jérémy Liron n’entend pas livrer une étude de l’œuvre peinte de Maude Maris mais s’en écarte souvent pour analyser plus globalement la perception visuelle, indissociable selon lui d’une représentation du monde. « Chaque image en lève d’autres en cascade » qui toutes participent de l’invention d’un monde. Cet ouvrage est une passionnante dérive dans l’espace et le temps qu’induisent les images, elles qui « nous réfléchissent à nous-mêmes » et dont l’immobilité « transmue les vivants en morts. »
Portrait
par Philippe Piguet, L'Œil n°651
« On n’est jamais à savoir si l’on doit s’accorder au tumulte du monde, en adopter la confusion, en rejoindre l’agitation et les passades, s’y fondre et s’y couler ou y opposer le regard stable, intemporel, droit et glacé de celui qui passe outre. » Jérémy Liron n’est pas seulement peintre, il écrit aussi – et de fort belle manière. Comme il peint.
Détail
Portrait
par Philippe Piguet, L'Œil n°651
« On n’est jamais à savoir si l’on doit s’accorder au tumulte du monde, en adopter la confusion, en rejoindre l’agitation et les passades, s’y fondre et s’y couler ou y opposer le regard stable, intemporel, droit et glacé de celui qui passe outre. » Jérémy Liron n’est pas seulement peintre, il écrit aussi – et de fort belle manière. Comme il peint.
Portrait, par Philippe Piguetin, L'Œil n°651, 2012

« On n’est jamais à savoir si l’on doit s’accorder au tumulte du monde, en adopter la confusion, en rejoindre l’agitation et les passades, s’y fondre et s’y couler ou y opposer le regard stable, intemporel, droit et glacé de celui qui passe outre. » Jérémy Liron n’est pas seulement peintre, il écrit aussi – et de fort belle manière. Comme il peint. Originaire de Marseille, installé à Lyon, la trentaine entamée, ancien élève de Bustamante aux Beaux-Arts de Paris, Liron a jeté son dévolu sur le monde urbain. Celui qui l’entoure. Parce que, comme il l’écrit encore : « Une chose est sûre : jamais on n’échappe au contexte ; on ne peut parler que depuis là où, dans l’espace et dans le temps, on se trouve. » Justement, le temps suspendu, l’espace fragmenté, ce sont là les vecteurs directeurs de sa peinture. Une peinture qui procède du silence, façon nature morte de Chardin, et qui donne à voir des compositions puissamment architecturées. Présentés sous plexiglas, comme pour les mettre à distance, ses tableaux peints à l’huile sur toile déclinent tout un monde d’arrêts sur image qui en dit long de l’influence du cinéma sur l’artiste. Il dit d’ailleurs envisager les paysages désertés qu’il peint « comme un repérage pour un hypothétique film », mais que leur fragmentation rend tout montage impossible et que « toute fiction s’évanouit ». Point de nostalgie toutefois, seulement de l’inquiétude. – titre de son exposition chez Isabelle Gounod. « Pourquoi l’inquiétude ? Pour ne pas céder au besoin de consolation », dit-il.
De l'art de penser le récit numérique
par François Bon, Bulletin d'information n°8
L’amitié et ces quelques années empilées de travail commun excuseront l’indiscrétion : ce sont deux textes reçus séparément, l’un d’Arnaud Maïsetti, l’autre de Jérémy Liron, à quelques jours d’intervalles, et qui jouent dans le même format de récit, une soixantaine de pages, la bonne distance pour lier architecture et densité ; mais deux récits que chacun d’eux a effectué (...)
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De l'art de penser le récit numérique
par François Bon, Bulletin d'information n°8
L’amitié et ces quelques années empilées de travail commun excuseront l’indiscrétion : ce sont deux textes reçus séparément, l’un d’Arnaud Maïsetti, l’autre de Jérémy Liron, à quelques jours d’intervalles, et qui jouent dans le même format de récit, une soixantaine de pages, la bonne distance pour lier architecture et densité ; mais deux récits que chacun d’eux a effectué (...)
L’amitié et ces quelques années empilées de travail commun excuseront l’indiscrétion : ce sont deux textes reçus séparément, l’un d’Arnaud Maïsetti, l’autre de Jérémy Liron, à quelques jours d’intervalles, et qui jouent dans le même format de récit, une soixantaine de pages, la bonne distance pour lier architecture et densité ; mais deux récits que chacun d’eux a effectué dans une période biographique tendue, où l’écriture devient affaire de nuit, de moments volés, de limite de soi-même. Évidemment, rien dans ces deux récits qui dirait que l’un termine une thèse sur Koltès, aboutissement de plusieurs années de travail, et que l’autre venait de se voir doté d’un deuxième enfant. Et ce n’est surtout pas la bonne façon de présenter ces deux aventures d’écriture.
Le thème de l’affrontement, pour moi, est surtout lié à ces hallucinants récits de Henri Michaux dans Ailleurs, les Hacs, Émanglons et autres Hizivinikis, et je sais que cette œuvre compte pour Arnaud Maïsetti. Mais l’affrontement est récurrent aussi dans les récits que font les pièces de Koltès. Arnaud Maïsetti, et son site en témoigne, mène de front l’ensemble des directions de son atelier (je dis ça comme s’il avait le choix) – fictions longues, « anticipations » qui sont comme de micro-figures du fantastique, théâtre aussi désormais. Mais dans ce récit, Affrontements, l’impression qu’on a le cœur de la mécanique, le lieu où se rassemblent les tenseurs de ce qui paraît désormais à bien d’entre nous comme une voix majeure dans le paysage contemporain. De Jérémy Liron, c’est aussi la pluralité de mains qui étonne. Plasticien d’exception, il reconstruit à partir de bribes photographiques une ville où l’art le plus techniquement exigeant de la peinture à l’huile vient se confronter aux éléments urbains les plus anodins ou ordinaires. Mais cela le conduit à une démarche photographique capable de prendre aussi son autonomie. Et son blog témoigne de ce qu’est le travail d’un artiste aujourd’hui, y compris le côté physique de l’occupation des lieux, les trajets et repérages, ou le travail de réflexion critique sur le champ contemporain (bientôt sur publie.net, les écrits sur l’art de Jérémy).
Traversée est une fiction, et besoin de rien d’autre pour s’y embarquer. Mais ce qui s’y installe de paysage et travail sur le paysage, de mouvement et cinétiques, et cette mise en abîme de l’intensité (tout part d’un voyage en Scandinavie, en hiver, et d’une histoire de prénom), placent ce récit là aussi dans le centre névralgique d’une démarche d’ensemble. Merci de leur réserver bon accueil. Vous verrez, ça dérange.

De l'art de penser le récit numérique, par François Bon in Bulletin d'information n°8 éditions Publie.net/Publie.papier
L’œil de…
par Léa C.L., Trois Couleurs by MK2 n°104
Cette exposition personnelle à la galerie Isabelle Gounod présente mes travaux récents. On peut y découvrir notamment un polyptyque auquel j’ai travaillé laborieusement ces derniers mois. Il est de très grandes dimensions. Il s’agit d’une vue frontale prise à travers des baies vitrées de la villa Noailles, à Hyères. L’ensemble donne à voir un paysage fragmenté (...)
Détail
L’œil de…
par Léa C.L., Trois Couleurs by MK2 n°104
Cette exposition personnelle à la galerie Isabelle Gounod présente mes travaux récents. On peut y découvrir notamment un polyptyque auquel j’ai travaillé laborieusement ces derniers mois. Il est de très grandes dimensions. Il s’agit d’une vue frontale prise à travers des baies vitrées de la villa Noailles, à Hyères. L’ensemble donne à voir un paysage fragmenté (...)
L'oeil de..., par Léa C.L. in Trois Couleurs by MK2 n°104, 2012

« Cette exposition personnelle à la galerie Isabelle Gounod présente mes travaux récents. On peut y découvrir notamment un polyptyque auquel j’ai travaillé laborieusement ces derniers mois. Il est de très grandes dimensions. Il s’agit d’une vue frontale prise à travers des baies vitrées de la villa Noailles, à Hyères. L’ensemble donne à voir un paysage fragmenté et impose une expérience du regard à la fois pour moi et pour le visiteur. Les autres toiles exposées évoquent également le fait que le monde se donne à nous sous la forme de morceaux disjoints, irrésolus à tisser un récit unitaire, installant alors un régime du flottant, de l’incertain, de l’inquiet. »
Le récit absent
par Georges Maisonneuve, Almanart
Des paysages banals, un immeuble silencieux : des vues simples, sans âme qui vive, des couleurs douces (verts, gris, blancs cassés, bleus...), des plans successifs... mais qu’est-ce qui retient votre attention en cette peinture sans éclat particulier ?
Pourtant, c’est sûr, tout le monde s’y arrête... le silence d’abord, serein et rassurant, le calme (...)
Détail
Le récit absent
par Georges Maisonneuve, Almanart
Des paysages banals, un immeuble silencieux : des vues simples, sans âme qui vive, des couleurs douces (verts, gris, blancs cassés, bleus...), des plans successifs... mais qu’est-ce qui retient votre attention en cette peinture sans éclat particulier ?
Pourtant, c’est sûr, tout le monde s’y arrête... le silence d’abord, serein et rassurant, le calme (...)
Le récit absent, par Georges Maisonneuve in Almanart, 2012

Des paysages banals, un immeuble silencieux : des vues simples, sans âme qui vive, des couleurs douces (verts, gris, blancs cassés, bleus...), des plans successifs... mais qu’est-ce qui retient votre attention en cette peinture sans éclat particulier ?
Pourtant, c’est sûr, tout le monde s’y arrête... le silence d’abord, serein et rassurant, le calme qui émane de cette douceur nonchalante, peut-être, des vues qui nous rappellent vaguement quelque chose, un endroit, un brin de souvenir...
Pour s’assurer que vous ne pénétrez pas plus dans cette intimité picturale, Jérémy Liron place ses huiles sous verre, façon de créer une distance, de laisser la vue perturbée par les reflets du présent : vous êtes dans le souvenir, pas dans la réalité.
Entretient
par Léa Chavet-Lévy, Slash magasine
Les peintures de Jérémy Liron questionnent la perception fragmentée du réel. Son exposition L’inquiétude nous replonge dans cette interrogation. Que saisit-on du monde alentour ? Rencontre avec un peintre dont la part théorique nourrit constamment l’œuvre. (...)
Détail
Entretient
par Léa Chavet-Lévy, Slash magasine
Les peintures de Jérémy Liron questionnent la perception fragmentée du réel. Son exposition L’inquiétude nous replonge dans cette interrogation. Que saisit-on du monde alentour ? Rencontre avec un peintre dont la part théorique nourrit constamment l’œuvre. (...)
Entretient, propos recueillis par Léa Chavet-Lévy pour Slash magasine, 2012

Les peintures de Jérémy Liron questionnent la perception fragmentée du réel. Son exposition L’inquiétude nous replonge dans cette interrogation. Que saisit-on du monde alentour ? Rencontre avec un peintre dont la part théorique nourrit constamment l’œuvre.

- Pourquoi, très simplement, le choix des paysages?
Il s’agit de questionner notre rapport au monde, comment les choses se donnent à voir dans leur arrangement particulier, dans leur évidence mutique. Le paysage m’a retenu pour le rapport contemplatif que l’on entretient avec lui, la façon qu'il a d'étendre le temps et de retourner l'attention au dedans de soi. Le paysage est une simplicité vaste et il ne s'agit peut-être au fond de rien d'autre que de se laisser retenir par ce qui l'anime et laisse durablement en nous quelque chose comme un sentiment de présence.

- Vous écrivez : « Le monde change continuellement alors que nous le traversons, et sans forcément que l’on n’y prête attention ». Est-ce que vos images dont le mouvement semble absent ont pour fonction de créer une vision figée et statique du monde ? Comme pour capturer le réel, le mettre sur pause quelque part?
En vérité, le monde est animé de deux mouvements contraires, l’un serait plutôt de l’ordre de la permanence ou le mouvement lent de la grande temporalité, l’autre serait l’actualité mouvante, le tumulte du présent. Deux mouvements qui s'opposent sans s'exclure. Ce serait cela qu'iraient rejoindre les tableaux. Mon sentiment est que le réel se donne toujours à voir dans un mouvement d'éclipse, qu'il est toujours entrain d'apparaitre et dans le même temps toujours entrain de disparaitre derrière les images que l'on s'en fait. Paradoxalement, ce qui donne aux images leur aspect figé (mais il faut noter aussi comme une vrille dans la perspective, une forme à peine brossée peut donner l'impression de quelque chose de fuyant) c'est qu'elles ne peignent qu'un souvenir, un écho, une persistance rétinienne.

- La grande majorité de votre création s’articule autour d’éléments architecturaux, qu’est-ce que l’architecture pour vous, qu’est-ce qui se loge dans ces façades, ces immeubles?
Les architectures se dressent sur l'étendue comme un visage ou comme une peinture se dresse au mur. Elles imposent une présence brute à laquelle le regard s'affronte et butte. Si des goûts personnels m'orientent vers certaines formes architecturales, ce qui m'intéresse avant tout c'est le rapport qu'entretiennent les éléments bâtis, leur géométrie et le végétal qui les environnent. Il est question tout autant d'éléments visuels que de gestes de peinture induits.

- Bien souvent, vous offrez un premier plan de verdure ou même de triangles blancs qui semblent obstruer la vue et masquer le sujet principal du tableau. Est-ce vous pourriez l’expliquer, nous en parler ?
C'est quelque chose d'assez récent finalement, mais qui renvoie à des préoccupations que j'ai depuis le début de cette série lorsque je décidais de présenter chaque tableau derrière une vitre de Plexiglas. Si le fait de présenter les tableaux sous verre me permettait de donner une présence matérielle à l'objet tout en jouant d'une texture froide connotant le photographique, il s'agissait aussi pour moi de donner à ressentir cette impression que les choses nous apparaissent toujours à distance, comme au bout du regard et derrière ses filtres. Ces triangles blancs jouent effectivement de la même manière, semblant venir au devant de l'image, l'occultant partiellement pour la repousser encore, la brouiller de reflets. En fait, s'ils semblent s'interposer entre le paysage et celui qui le regarde, il s'agit en vérité de réserves laissant apparaitre le fond de la toile et, dans une sorte de paradoxe visuel, ce fond semble venir au devant, travaillant l'épaisseur de l'image. Et là, si je dois vous confier quelque chose de cette invention, je me suis inspiré de ma fille qui à cette époque s'amusait à recouvrir ses dessins de gommettes. Il y a aussi là dedans une part de jeu…
Le récit absent
La gazette Drouot
Le récit absent, La gazette Drouot, 2012

Jérémy Liron est le deuxième artiste à bénéficier d’une exposition personnelle dans le cadre du projet “Art Collector”/Les collectionneurs invitent un artiste. Pour mémoire, rappelons à nos lecteurs que l’originalité du concept consiste à associer le temps d’un événement l’artiste, sa galeriste et ses collectionneurs pour une mise en valeur commune de son travail. Les derniers prêtent des pieces emblématques qu’ils ont acquises tandis que l’artiste, en association avec sa galerie, présente ses productions récentes. La mise en perspective de l’oeuvre dans sa globalité et dans son evolution ainsi que le soutien affiché de collectionneurs reconnus favoriseront les acquisitions de nouveaux amateurs. Pour Jérémy Liron, c’est la galerie Isabelle Gounod qui présentera à la même période une exposition de ses travaux récents.
Détail
Le récit absent
La gazette Drouot
Le récit absent, La gazette Drouot, 2012

Jérémy Liron est le deuxième artiste à bénéficier d’une exposition personnelle dans le cadre du projet “Art Collector”/Les collectionneurs invitent un artiste. Pour mémoire, rappelons à nos lecteurs que l’originalité du concept consiste à associer le temps d’un événement l’artiste, sa galeriste et ses collectionneurs pour une mise en valeur commune de son travail. Les derniers prêtent des pieces emblématques qu’ils ont acquises tandis que l’artiste, en association avec sa galerie, présente ses productions récentes. La mise en perspective de l’oeuvre dans sa globalité et dans son evolution ainsi que le soutien affiché de collectionneurs reconnus favoriseront les acquisitions de nouveaux amateurs. Pour Jérémy Liron, c’est la galerie Isabelle Gounod qui présentera à la même période une exposition de ses travaux récents.
Jérémy Liron est le deuxième artiste à bénéficier d’une exposition personnelle dans le cadre du projet “Art Collector”/Les collectionneurs invitent un artiste. Pour mémoire, rappelons à nos lecteurs que l’originalité du concept consiste à associer le temps d’un événement l’artiste, sa galeriste et ses collectionneurs (...)
L'inquiétude en absence de récit
par Michel Brière, L'âme de l'art
Vous connaissez Le Patio à deux pas de l’Opéra Garnier ? Depuis le début de l’année, des expositions y complètent l’activité du bar-restaurant. Dans le Studio, au 1er étage, 200 m2, et dans l’Abri, 100 m2de caves voûtées. Les expositions y tournent vite – une dizaine de jours : jusqu’à la fin de la semaine, y est exposé le travail de Jeremy Liron (...)
Détail
L'inquiétude en absence de récit
par Michel Brière, L'âme de l'art
Vous connaissez Le Patio à deux pas de l’Opéra Garnier ? Depuis le début de l’année, des expositions y complètent l’activité du bar-restaurant. Dans le Studio, au 1er étage, 200 m2, et dans l’Abri, 100 m2de caves voûtées. Les expositions y tournent vite – une dizaine de jours : jusqu’à la fin de la semaine, y est exposé le travail de Jeremy Liron (...)
L'inquiétude en absence de récit, par Michel Brière in L'âme de l'art, 2012

Vous connaissez Le Patio à deux pas de l’Opéra Garnier ? Depuis le début de l’année, des expositions y complètent l’activité du bar-restaurant. Dans le Studio, au 1er étage, 200 m2, et dans l’Abri, 100 m2de caves voûtées. Les expositions y tournent vite – une dizaine de jours : jusqu’à la fin de la semaine, y est exposé le travail de Jeremy Liron intitulé : Le récit absent par Art Collector. C’est un concept inédit de promotion des artistes français grâce à leurs collectionneurs. Portée par un couple, Evelyne et Jacques Deret, l’initiative cherche à faire connaître et à promouvoir un jeune artiste français, en même temps que sa galerie présente son travail le plus récent. Ainsi la galerie Isabelle Gounod, sous le titre L’Inquiétude propose, mais jusqu’au 27 octobre, d’expérimenter la peinture de Jérémy Liron. Et c’est une expérience riche et vraie !
Le première approche peut déconcerter, voire rebuter. Les tableaux semblent répertorier ce que l’architecture du siècle dernier à produit de plus froid : béton blanc et baies vitrées découpant l’espace en portions orthogonales. Pas âme qui vive dans les tableaux de Jérémy Liron. Et voilà qu’en plus chaque toile est protégée par une vitre ou un plexiglas qui recycle soigneusement en reflets gênants les néons de la galerie. Tiré de ma quiétude de spectateur, un rien agacé, je recherche un bon "point de vue"…
Pourtant, je continue de regarder : un tableau n’est pas une pub. Il sollicite ma participation, patiente et attentive. Le polyptyque que j’observe, Paysage 110, est composé de six toiles carrées, chacune d’1,23 x 1,23m, encadrée sous plexi. L’œuvre elle-même ressemble à une large baie vitrée. Et c’est justement ce qu’elle représente : l’intérieur d’une pièce donnant sur un balcon ensoleillé laissant apparaître le faîte d’un gros arbre qui occulte un bout de ciel bleu uniforme. Le reflet de l’espace de béton blanc dans lequel je me trouve, la galerie, se superpose à la peinture ou bien s’y mêle comme un filigrane. Je ne suis plus devant une œuvre d’art mais dedans. D’habitude on appelle ça une installation. Superbe !
Depuis le De Pictura de Léon Battista Alberti paru à Florence en 1435 la peinture occidentale s’est comprise comme une fenêtre ouverte sur le monde et son histoire. Mais depuis ses origines elle cherche à composer avec ceux qui la contemplent par divers procédés. Les œuvres les plus abouties associent physiquement les images mentales du regardeur à la production d’images gorgées de sens pour leur époque puis au-delà, pour chacun. Le Paysage 110 de Jérémy Liron me ramène à ma solitude et à ma vision fragmentaire d’un monde où tout est devenu pluriel et spécialisé : les cultures, les publics, etc. L’absence d’un récit commun y suscite l’inquiétude. Et moi qui regarde, qu’est-ce qui fait mon unité ?

Dieu merci, dans le monde, nous ne sommes pas du monde (Evangile selon saint Jean.17,6.14-16). Et nous connaissons le récit qui fait notre unité.
L'inquiétude
par Tom Laurent, in Connaissance des arts
Ce n’est pas seulement des bâtiments que l’on observe au sein de son œuvre, mais des pans proustiens où l’errance du regard est obstruée dans sa percée par la peinture elle-même : ainsi plusieurs toiles nous situent de part et d’autre de grandes haies vitrées et l’obsession de l’ouverture propre au modernisme (...)
Détail
L'inquiétude
par Tom Laurent, in Connaissance des arts
Ce n’est pas seulement des bâtiments que l’on observe au sein de son œuvre, mais des pans proustiens où l’errance du regard est obstruée dans sa percée par la peinture elle-même : ainsi plusieurs toiles nous situent de part et d’autre de grandes haies vitrées et l’obsession de l’ouverture propre au modernisme (...)
L'inquiétude, par Tom Laurent in Connaissance des arts, 2012

Dans les architectures de Robert Mallet-Stevens, héraut de la construction particulière d’avant-garde, se lit l’utopie d’un monde harmonieux débarrassé de toutes ses scories. Le couturier Paul Poiret, habillant les dames de la Belle Epoque comme les gueules cassées de la Grande Guerre, commente en 1922 la réalisation de sa résidence principale, confié à Mallet-Stevens, en ces termes : « Elle était toute blanche, pure, majestueuse et un peu provocante, comme un lys. » Le jeune peintre contemporain Jérémy Liron, lui, pointe l’écart entre le projet originel et totalisant du modernisme – cette « mise en ordre du monde » - et sa perception actuelle, fragmentée. Ce n’est pas seulement des bâtiments que l’on observe au sein de son œuvre, mais des pans proustiens où l’errance du regard est obstruée dans sa percée par la peinture elle-même : ainsi plusieurs toiles nous situent de part et d’autre de grandes haies vitrées et l’obsession de l’ouverture propre au modernisme se trouve clôturée par l’épaisseur d’une couche ou la masse d’un arbre. Comme s’il s’agissait de renforcer l’impossibilité de percevoir de façon cohérente le monde. Jérémy Liron s’arroge parfois le droit de ménager des réserves aux formes triangulaires, tels des signaux de l’absence au réel, le tout au sein d’une rassurante perspective albertienne. Cette mélancolie construite trouve sa forme paroxystique dans la série des Images inquiètes, portée à la noirceur nocturne. Les lignes que laissent les volumes de l’architecture dans le noir y agissent comme d’ultimes repères, et un remède pour retrouver l’harmonie en trompe-l’œil des ciels azur du jour, qui forment la part majeure de sa production.
Galeries, c'est la rentrée
par Marc Lenot, Lunettes rouges/Amateur d'art
Citons encore les nouveaux tableaux de Jérémy Liron chez Isabelle Gounod : certains sont parsemés de triangles en réserve, comme pour faire mieux surgir le fond du tableau; le grand polyptyque ci-dessous joue sur la profondeur, celle du tableau et celle de la scène elle-même, comme une impossible fenêtre sur le réel. (...)
Détail
Galeries, c'est la rentrée
par Marc Lenot, Lunettes rouges/Amateur d'art
Citons encore les nouveaux tableaux de Jérémy Liron chez Isabelle Gounod : certains sont parsemés de triangles en réserve, comme pour faire mieux surgir le fond du tableau; le grand polyptyque ci-dessous joue sur la profondeur, celle du tableau et celle de la scène elle-même, comme une impossible fenêtre sur le réel. (...)
Galeries, c'est la rentrée, par Marc Lenot in Lunettes rouges/Amateur d'art, 2012

(...) Citons encore les nouveaux tableaux de Jérémy Liron chez Isabelle Gounod : certains sont parsemés de triangles en réserve, comme pour faire mieux surgir le fond du tableau; le grand polyptyque ci-dessous joue sur la profondeur, celle du tableau et celle de la scène elle-même, comme une impossible fenêtre sur le réel. Mais surtout apparaissent ici des Images inquiètes, tableaux sombres dont on peine à deviner le motif quasi voilé, dont l'essence semble être celle d'une photographie ancienne, comme une gomme bichromatée de Sally Mann par exemple. Quel contraste avec la fantaisie chatoyante de Frédérique Loutz à côté chez Claudine Papillon.(...) il faut aussi aller voir (mais ça finit le 27) l’exposition de Jérémy Liron au 5 rue Meyerbeer, dans un appartement temporairement transformé en lieu d'art et, au sous-sol, dans l'ancien abri de la deuxième guerre mondiale : d'autres tableaux, rarement vus, car en mains privées, une vidéo depuis un train (j'ai pensé à l'échec de Strindberg) et une très belle et très sobre encre sur papier que vous pouvez m'offrir sans hésitation pour mon anniversaire... Initiative d'un couple généreux de collectionneurs privés.
Entretient - E&J Deret pour AMA
par Evelyne & Jacques Deret, Art Media Agency
Cette exposition, tout comme la nôtre, souhaite rappeler que le regard que l’artiste porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque — celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture. (...)
Détail
Entretient - E&J Deret pour AMA
par Evelyne & Jacques Deret, Art Media Agency
Cette exposition, tout comme la nôtre, souhaite rappeler que le regard que l’artiste porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque — celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture. (...)
Entretient, par Evelyne & Jacques Deret in Art Media Agency

C’est à l’occasion de la seconde exposition organisée par Art [ ] Collector, projet de mécénat inédit créé en septembre 2011 pour promouvoir des artistes français, qu’Art Media Agency (AMA) a rencontré Evelyne et Jacques Deret, couple de collectionneurs passionnés à l’origine de cette initiative.

Art Media Agency (AMA) : Parlez-nous du projet Art [ ] Collector. Quel est le processus de sélection que vous avez construit ?
Evelyne & Jacques Deret (EJD) : Notre démarche avec Art [ ] Collector, est assez novatrice dans la mesure où elle consiste à montrer dans un lieu privé, pendant une dizaine de jours, le meilleur du travail d’un artiste grâce à l’exposition conjointe d’œuvres emblématiques prêtées par des collectionneurs et de travaux plus récents présentés par sa galerie. C’est un peu une façon de rappeler que la collection c’est aussi le partage…
Au niveau du processus de sélection, trois artistes sont élus chaque année par un Comité de composé de personnalités reconnues du monde de l’art. Pour cette année, ce sont Nathalie et Alexandre Callay (collectionneurs), Frédéric Morel (administrateur de l’ADIAF, Président du Conseil d’Administration de la Villa d’Arson à Nice), Carole Tournay (responsable du mécénat et des événements culturels à la Banque Neuflize OBC), Fanny et Philippe Santini (collectionneurs, directeur de FTV Publicité), Anne Kerner (journaliste, critique et responsable éditoriale), Eric Mezan (Fondateur et CEO d’Art Process) ou encore Isabelle de Maison Rouge (commissaire d’exposition, professeur à la New York Université et journaliste) qui ont participé à l’aventure. Ce sont soit des gens que nous connaissons très bien, soit des gens que nous sommes allés rencontrer comme Frédéric Morel, par exemple. Nous avons discuté avec beaucoup de personnes avant de lancer ce projet.
Chaque année, au moment de la FIAC, le comité de sélection se réuni pour choisir trois artistes qui seront exposés dans le courant de l’année. Nous-même proposons au comité de sélection dix artistes (pour lesquels nous réalisons nous-même des dossiers de présentation) parmi lesquels il en sélectionne deux et un troisième qui est spontanément proposé parmi les artistes que nous ne collectionnions pas spontanément — ce qui est justement le cas ici pour Jérémy Liron. Cela nous permet de découvrir de nouveaux artistes que nous pouvons désormais collectionner. Nous renouvellerons une partie du comité de sélection tous les ans.
AMA : Tout cela est très bien organisé… Comment en êtes-vous arrivés à toutes ces règles précises ?
EJD : Il faut quand même être organisé, c’est un projet que nous avons pensé comme une réalisation professionnelle ! C’est une initiative sur laquelle nous avons beaucoup réfléchi pour être sûrs de son calibrage, de la viabilité de l’idée, sachant que nous n’avons pas une vocation de galerie. S’entourer de gens compétents a été un vrai plaisir mais aussi une nécessité ; et il faut avouer que nous avons été beaucoup soutenus.
On ne vient pas directement du monde de l’art, on a donc besoin d’être conseillés. Nous arrivons dans quelque chose qui est établi, organisé, et il faut s’adapter à nos partenaires. C’est important de faire du brassage et du métissage de réseaux : nos amis peuvent faire venir à tel ou tel artiste — et à l’art contemporain en général — des gens qui n’y viendraient pas spontanément, cela permet de renouveler le panorama artistique. L’opération consiste vraiment à mettre en regard les œuvres des collectionneurs et la production actuelle.
AMA : Le fait que ce soient les collectionneurs qui prêtent des œuvres est intéressant car cela fait référence au lien qui uni l’artiste et le collectionneur… Est-ce que vous mettez en avant cette idée ?
EJD : C’est une vraie rencontre, quelque chose de très intime. Par exemple Evelyne collectionne les pièces qui ont à voir avec l’enfance, avec la folie. Ce sont toujours des œuvres qui nous parlent concrètement. Chaque collectionneur qui a prêté une œuvre et qui a participé au projet a fait un choix et a donc une relation particulière avec l’artiste qu’il a choisi.
Mais toutes les œuvres ne viennent pas que de collectionneurs. Nous invitons la galerie représentant l’artiste — ici, Isabelle Gounod — a également présenter des œuvres de la galerie. Outre que l’exposition peut engendrer des ventes pour l’artiste, cela permet de mettre en perspective des séries différentes et des créations ayant évoluées avec le temps.
AMA : Parlez-nous des catalogues que vous faites réaliser pour chaque exposition.
EDJ : Il nous parait important de laisser une trace après l’exposition. Nous essayons que cette trace soit la plus valorisante pour les artistes. Un catalogue de qualité avec le témoignage de critiques, de la galerie représentante et des collectionneurs qui par leurs achats ont portés l’artiste, nous est apparu comme le meilleur moyen de soutenir sur le long terme les artistes que nous sélectionnons. Nous faisons également très attention à la forme : tous les catalogues ont à la fois une identité propre (à travers une couleur dominante choisie par l’artiste) et un design reconnaissable.
Produire ce catalogue, qui traduit à un instant fixé ce que représente et défend l’artiste, c’est très valorisant à la fois pour nous et pour lui.
AMA : Vous ne choisissez que des artistes français ? Allez-vous investir dans de nouveaux artistes et qu’est-ce qui vous décide dans votre choix ?
EDJ : On ne collectionne pas que des artistes français mais on a voulu commencer Art [ ] Collector en soutenant des artistes travaillant dans notre pays ; cela nous ait apparu comme important aujourd’hui.
On essaye de toujours enrichir notre collection, on continue à acheter. Ce qui est plus difficile, c’est maintenant le manque de place.
Nous ne collectionnons pas les mêmes œuvres ; chacun a en fait sa « propre » collection. Evelyne préfère les travaux plus féminins, parfois plus dérangeant, qui représentent le plaisir pervers de l’enfance, assez colorés ; les œuvres que collectionne Jacques sont plus simples, plus directes, moins colorées. Il y a quelque chose de très personnel, qu’il est difficile d’exprimer, dans l’histoire que chacun entretien avec ses œuvres ; ces histoires peuvent d’ailleurs parfois être très loin des intentions des artistes.
L’art nous rapproche, ne nous sépare pas. C’est la première fois que nous travaillons ensemble et même si il y avait un peu d’appréhension c’est très agréable et finalement très excitant. Avoir cette occasion là est un vrai plaisir.
AMA : Qui s’est occupé de l’installation ici au Patio Opéra ?
EDJ : C’est Jérémy Liron, l’artiste, qui s’en est lui-même chargé. Accrocher les polyptyques n’a pas été une mince affaire ! D’ailleurs, il a été surpris de revoir certaines de ses œuvres qu’il avait vendues précédemment (et un peu vite parfois d’ailleurs). C’est important pour un artiste de varier les lieux, il peut percevoir les choses différemment et raconter les choses de manière distincte aux visiteurs. D’ailleurs, il présente du 8 septembre au 27 octobre son exposition intitulée « L’inquiétude » à la galerie Isabelle Gounod dans le Marais. Cette exposition, tout comme la nôtre, souhaite rappeler que le regard que l’artiste porte sur le monde n’est pas anodin, anecdotique ou innocent ; bien au contraire, c’est un regard qui construit, fabrique et pointe du doigt un manque — celui d’une vision fragmentée, qui fait le socle de sa peinture.
AMA : Comment s’est passée votre collaboration avec Le Patio Opéra ?
EDJ : Le Patio est situé à deux pas de l’Opéra Garnier, au coeur d’un périmètre prestigieux historiquement lié au monde des affaires et à celui de la création (Faubourg St Honoré, rue la Boétie, la Bourse…), mais avec peu ou pas de galeries dans l’environnement immédiat. Le Patio Opéra est un lieu pleinement dédié à l’expression artistique sous toutes les formes (expositions, projections, débats), c’est donc naturellement que nous avons voulu réaliser ce partenariat. En 2012, il a dévoilé deux nouveaux espaces, le Studio — que nous avons aidé à rénover : au 1er étage (200 m² baignés de lumière naturelle, vraiment propice à ce que nous voulions y faire) et l’Abri : 100 m² de caves voûtées haussmanniennes, ancien abri anti-atomique, écrin secret pour les expositions les plus originales.
La carte des artistes, plus ou moins proche du territoire
par Elisabeth Chardon, Le Temps
Au premier abord, les toiles de Jérémy Liron semblent un peu massives dans cet ensemble. Mais leurs cadrages inattendus, à Paris comme à Martigny, et les coulures qui font vivre certains pans de peinture leur confèrent une réelle subtilité. (...)
Détail
La carte des artistes, plus ou moins proche du territoire
par Elisabeth Chardon, Le Temps
Au premier abord, les toiles de Jérémy Liron semblent un peu massives dans cet ensemble. Mais leurs cadrages inattendus, à Paris comme à Martigny, et les coulures qui font vivre certains pans de peinture leur confèrent une réelle subtilité. (...)
La carte des artistes, plus ou moins proche du territoire, par Elisabeth Chardon in Le Temps, 2012

Evoquer le temps qui nous traverse autant que nous le traversons à travers notre relation aux lieux. Le rythme ferroviaire adopté par Cendrars dans La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France invite à un voyage où les paysages intérieurs et extérieurs se croisent. Les six artistes exposés à la Fondation Moret ont tous lu ou relu ce poème, mais leurs œuvres sont heureusement loin de l’illustration. Les curatrices, Valentine Meyer et Véronique Ribordy, réunissent ici trois artistes français et trois suisses. Une première présentation a eu lieu à l’espace parisien Immanence. Quoi de mieux qu’une exposition voyageuse pour évoquer le territoire, la trace, la mémoire…
Côté suisse, ce n’est pas sur le vif, ni même avec le support d’images que Michael Günzburger a dessiné des petits bouts de Paris, connus ou plus cachés, mais tous restés dans sa mémoire depuis sa résidence d’artiste, il y a déjà quelques années. Mingjun Luo travaille sur ses deux territoires, la Chine de sa naissance, la Suisse de sa vie actuelle, en peinture comme en dessin. Elle utilise le blanc, ses variétés opaques, avec une façon très personnelle qui évoque le deuil, l’effacement, les négatifs photographiques.
Sophie Bouvier Ausländer expose deux pelotes. Quoi de mieux depuis Pénélope pour évoquer le temps qui passe, l’absence et le voyage, mais quand en plus les fils de ces pelotes sont en fait des peintures finement découpées en longues lamelles, c’est le territoire même de l’art qui devient le sujet de l’exploration, dans une magnifique mise en abyme. La Lausannoise découpe aussi de la même manière des cartes de géographie pour créer des reliefs aux douces teintes pastel.
Côté français, Cannelle Tanc ôte des plans de ville tout ce qui est construit ne laissant que les parcs, et les réseaux de rues, de rivières… Ses dentelles géographiques cohabitent avec une autre forme de relecture de la carte, sculptant des volumes composés selon les principes de l’artiste et architecte Richard Buckminster Fuller.
Gaëlle Chotard a dessiné son Paysage en fils métalliques, léger comme une campagne à bosquets sous la brume anglaise. Elle dessine aussi à l’encre de chine des Etats d’âmes qui sont de délicats paysages où le végétal se mêle au minéral, au sanguin… Au premier abord, les toiles de Jérémy Liron semblent un peu massives dans cet ensemble. Mais leurs cadrages inattendus, à Paris comme à Martigny, et les coulures qui font vivre certains pans de peinture leur confèrent une réelle subtilité.
Paris-Martigny, parce que la carte est plus importante que le territoire,Fondation Louis Moret, Martigny, jusqu’au 1er avril.
Ce bruissement continu
par Florence Trocmé, Poezibao/Le flottoir
Et surtout, ce qui me semble crucial, on sent que Jérémy Liron écrit à partir de sa pratique de peintre et il se pourrait que cela change beaucoup de choses. Sacks distingue très clairement la connaissance descriptive, et la connaissance par expérience : « elle avait compris qu’entre la "connaissance descriptive" et "la connaissance directe" (...)
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Ce bruissement continu
par Florence Trocmé, Poezibao/Le flottoir
Et surtout, ce qui me semble crucial, on sent que Jérémy Liron écrit à partir de sa pratique de peintre et il se pourrait que cela change beaucoup de choses. Sacks distingue très clairement la connaissance descriptive, et la connaissance par expérience : « elle avait compris qu’entre la "connaissance descriptive" et "la connaissance directe" (...)
Ce bruissement continu, par Florence Trocmé in Poezibao/Le flottoir, 2012

Perception du monde (Jérémy Liron)
Curieux comme certains livres font des ronds dans l’eau de la conscience, longtemps. Je ressens cela concernant Bergounioux qui a sensiblement modifié quelque chose de mon approche dans plusieurs domaines, celui de la recherche principalement. Je ressens cela également avec le petit livre de Jérémy Liron, en l’image le monde. Il fonctionne en écho avec le livre médiocre d’Oliver Sacks et donne aux faits relatés platement par ce dernier quelque chose d’infiniment plus profond et parlant. Ainsi : « Le monde se pose comme un chantier à l’œil de celui qui n’en finit pas de le recréer : fini, infini, plat comme une image ou bien tridimensionnel, fait de deux parts, fini et non borné comme le dit la science actuelle ». (18)
Brève discussion par mail avec Jérémy Liron qui m’écrit que Didi Huberman a tendance à écraser par sa puissance un peu toute la réflexion contemporaine sur l’image (ce ne sont pas exactement les propos de J. Liron, plus mesurés !). Sans doute, mais des petits livres, accessibles et denses comme le sien, ont toute leur place à côté des sommes de Didi-Huberman, plus longues à lire, à digérer, à extraire. Et surtout, ce qui me semble crucial, on sent que Jérémy Liron écrit à partir de sa pratique de peintre et il se pourrait que cela change beaucoup de choses. Sacks distingue très clairement la connaissance descriptive, et la connaissance par expérience : « elle avait compris qu’entre la "connaissance descriptive" et "la connaissance directe", comme disait Bertrand Russell, s’étend un gouffre si infranchissable que rien ne permet d’aller de l’une à l’autre » (Sacks, 145)
> pour en revenir à la citation de Jérémy Liron, dire aussi que c’est sans doute un des rôles de l’art (peinture, photographie, lecture, musique) de nous aider à voir autrement ce monde, non seulement à le voir /recevoir /percevoir différemment mais aussi donc à le construire différemment. Une image riche, vivante versus une image plate et morte dont on redoute qu’elle soit l’ordinaire de la conscience de nombre de nos contemporains uniquement gavés de publicités, de clips, de représentations vulgaires et artificielles. Là aussi peut-être une explication au fait que les jeunes sont rarement attirés par le spectacle de la nature, que c’est un goût qui se forme, qui vient plus tard, précisément parce qu’il se construit petit à petit et qu’il est d’autant plus riche qu’il est « informé ». Certaines toiles de Constable, certains poèmes de Réda ou de Droguet nourrissent de l’intérieur la perception que l’on peut avoir par exemple du spectacle de la mer ou du ciel. On voit plus après qu’avant ! Lire plus, regarder plus pour voir plus (hum !)
Armand Dupuy et Jérémy Liron, Faire-monde & papillons
par Fabrice Thumere, libr-critique
Le faire-monde de Jérémy Liron : des paysages urbains enpapillonnés… des vues qui, du coup, papillonnent… (faire-monde : "processus subjectif" par lequel nous construisons notre rapport au monde). Clin d’œil à l’histoire de la peinture contemporaine, cette nuée de triangles blancs vient nier l’évidence du voir et mettre en place, si l’on peut dire, un constructivisme négatif. (...)
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Armand Dupuy et Jérémy Liron, Faire-monde & papillons
par Fabrice Thumere, libr-critique
Le faire-monde de Jérémy Liron : des paysages urbains enpapillonnés… des vues qui, du coup, papillonnent… (faire-monde : "processus subjectif" par lequel nous construisons notre rapport au monde). Clin d’œil à l’histoire de la peinture contemporaine, cette nuée de triangles blancs vient nier l’évidence du voir et mettre en place, si l’on peut dire, un constructivisme négatif. (...)
Armand Dupuy et Jérémy Liron, Faire-monde & papillons, par Fabrice Thumerel in libr-critique, 2012

Le faire-monde de Jérémy Liron : des paysages urbains enpapillonnés… des vues qui, du coup, papillonnent… (faire-monde : "processus subjectif" par lequel nous construisons notre rapport au monde). Clin d’œil à l’histoire de la peinture contemporaine, cette nuée de triangles blancs vient nier l’évidence du voir et mettre en place, si l’on peut dire, un constructivisme négatif. Clin blanc, déclin du voir, clignement du miroir… Place à l’irreprésentable !
Le point de vue du poète Armand Dupuy : "L’histoire singulière du sujet détermine son regard et le troue par endroits. Peindre, c’est alors voir son propre aveuglement, se l’arracher des yeux. C’est ce que semblent nous enseigner les papillons de Jérémy Liron. Ils témoignent du manque à voir mais crient voir à tout prix, avec tout, malgré tout" (p. 11).Contre la saturation de l’espace et de ses représentations, il faut trouer le voir pour aérer le scopique, libérer la vision, laisser sourdre la respiration intérieure…
Pour que le monde vous habite, passez le visible au travers d’un prisme singulier, celui d’un tamis géométrique grâce auquel voir a des trous.
Paysage 89
par Joachim Séné
Les fenêtres, il y en a. Et puis après, ou plus loin, ou à force, enfin, il n’ y en a plus. Ce n’ est pas la fenêtre qui fait sens mais le trait, la couleur : alors le mur est aplat ou le mur est marqué, ou le mur est strié – c’ est comme l’ arbre, d’ abord sans tronc, il devient buisson posé sur un préau à toit d’ étanchéité végétale.(...)
Détail
Paysage 89
par Joachim Séné
Les fenêtres, il y en a. Et puis après, ou plus loin, ou à force, enfin, il n’ y en a plus. Ce n’ est pas la fenêtre qui fait sens mais le trait, la couleur : alors le mur est aplat ou le mur est marqué, ou le mur est strié – c’ est comme l’ arbre, d’ abord sans tronc, il devient buisson posé sur un préau à toit d’ étanchéité végétale.(...)
Paysage 89, par Joachim Séné d'après Paysage n°89, 2012

Les fenêtres, il y en a. Et puis après, ou plus loin, ou à force, enfin, il n’ y en a plus. Ce n’ est pas la fenêtre qui fait sens mais le trait, la couleur : alors le mur est aplat ou le mur est marqué, ou le mur est strié – c’ est comme l’ arbre, d’ abord sans tronc, il devient buisson posé sur un préau à toit d’ étanchéité végétale. Le préau est tenu par des piliers couleur du grillage (blanc) d’ enceinte et ses boucles sur lesquelles l’ esprit peut facilement ajouter des pointes de barbelé. À y regarder de plus près, le feuillage est aussi sous le préau, ce qui signifie que l’arbre est derrière : sur la toile l’ espace s’ aplatit en surface, ce n’ est que ça la peinture : faite de pièges qui peuvent être des issues. Il faut se coller à la toile, coller l’œil, regarder plus près toujours, et les boucles du grillage ne sont pas des barbelés bien sûr car nous avons immédiatement assimilé l’ ensemble à, disons une école – et s’ il y avait eu réellement (peut-on dire réellement ?) des barbelés, l’ esprit aurait, pour ce bâtiment, ou tout au moins pour ce tableau, naturellement glissé, comme l’ eau sur la pluie douce d’ un trottoir lisse, et adopté la nouvelle dénomination de prison – et ces boucles sont aussi mal fermées, ouvertes en somme. Et puis à être de la même couleur, piliers et grillage se confondent, le grillage se retire du premier plan, nous permettant d’ avancer ; déjà qu’ il est fixé – non, pas fixé, posé – sur un aplat entièrement gris, libre de traces, d’ ombres, de relief, c’ est à dire pas un mur, une zone libre pour le regard, autant dire qu’ il n’ est pas fixé, qu’ il n’ était pas fixé au premier regard, et qu’ il l’ est encore moins maintenant, pas vraiment mais l’ avoir compris libère encore quelque chose, en nous, que nous projetons immédiatement sur le tableau – sur la peinture, que ces zones grises sont, à tout prendre, au moins ça : un signe représentant le monde, sans plus, mais pas moins non plus.

Tout à gauche le mur est ouvert, à peine, on imagine la grille hors-champ, ouverte, laissant un interstice où se faufiler mais c’est à se demander où, vu le gris plus sombre qui n’ est pas le même que la cour derrière le grillage, est-ce la même cour ? Est-ce le même tableau ? Où se promener, ici ?

Et dans l’architecture des plans – préau, arbre, autre préau, fenêtres au fond d’ une supposée cour – quelque chose d’ impossible dans l’ espace : quel bâtiment troué ? École, on y a pensé. Mais que de murs, que de traits et si peu de fenêtres. Parquer les connaissances. N’ y rien laisser entrer. Parquer les rêves. N’ y rien laisser voler. Que les trous de mémoire. Parquer les couleurs, elles tentent de fuir par des coulées lavées. Parquer les angles, ils gonflent d’ autres arrondis.

Façade, décor, règles géométriques de l’ espace inopérantes, espace lui-même absent, suggéré mais comme le rêve suggère, pourtant tout tient debout, mais comment se hisser hors des dimensions connues pour voir ce qui est caché ?
2011
Quatre artistes lyonnais ouvrent leurs chambres au Polaris
par Fabien Giacomelli, in Le Progrès
L'historienne d'art, Françoise Lonardoni, organise au Polaris une exposition collective sur la représentation de l'espace à travers plusieurs époques. « Une chambre à soi » passe de la caméra obscura (chambre noire) de la perspective mimétique, de la Renaissance et de l'âge classique, aux chambres plus subjectives et décalées de quatre artistes contemporains(...)
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Quatre artistes lyonnais ouvrent leurs chambres au Polaris
par Fabien Giacomelli, in Le Progrès
L'historienne d'art, Françoise Lonardoni, organise au Polaris une exposition collective sur la représentation de l'espace à travers plusieurs époques. « Une chambre à soi » passe de la caméra obscura (chambre noire) de la perspective mimétique, de la Renaissance et de l'âge classique, aux chambres plus subjectives et décalées de quatre artistes contemporains(...)
Quatre artistes lyonnais ouvrent leurs chambres au Polaris, par Fabien Giacomelliin Le Progrès, 2011

L'historienne d'art, Françoise Lonardoni, organise au Polaris une exposition collective sur la représentation de l'espace à travers plusieurs époques. « Une chambre à soi » passe de la caméra obscura (chambre noire) de la perspective mimétique, de la Renaissance et de l'âge classique, aux chambres plus subjectives et décalées de quatre artistes contemporains lyonnais. On peut voir, ainsi, des estampes du XVI e siècle d’Hans Vredman de Vries aux architectures précises et géométriques, ou les prisons imaginaires et grandiloquentes à l'eau-forte du Vénitien Piranesi (1720-1778). Du côté des contemporains, Fabienne Balandras présente ses photographies de maquettes de cellules de prison, Frédéric Khodja ses libres digressions à partir de cartes postales anciennes, Jérémy Liron ses vues d'immeubles peintes, et Lydia Solana ses petites bibliothèques imaginaires.
Immeubles, maisons et HLM
in 100 idées déco
Les thèmes de prédilection du jeune peintre marseillais Jérémy Liron sont particuliers : ce sont des immeubles en tous genres qui interpellent sa palette. De Paris et sa banlieue en passant par Lyon, Montluçon, Béthune ou les villes bordant la méditerranée(...)
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Immeubles, maisons et HLM
in 100 idées déco
Les thèmes de prédilection du jeune peintre marseillais Jérémy Liron sont particuliers : ce sont des immeubles en tous genres qui interpellent sa palette. De Paris et sa banlieue en passant par Lyon, Montluçon, Béthune ou les villes bordant la méditerranée(...)
Immeubles, maisons et HLM, in 100 idées déco, 2011

Les thèmes de prédilection du jeune peintre marseillais Jérémy Liron sont particuliers : ce sont des immeubles en tous genres qui interpellent sa palette. De Paris et sa banlieue en passant par Lyon, Montluçon, Béthune ou les villes bordant la méditerranée, le paysage urbain contemporain est au centre de sa toile surgissant au milieu d’un volontaire anonymat. Aucun personnage dans ces représentations géométriques, quelques végétations parfois animent les façades dont les ombres en accentuent le mystère. 53 toiles et dessins inspirés par des photographies faites comme autant de repérages sont au centre de cette exposition insolite et formidablement poétique.
Jérémy Liron, peintre en bâtiments
Architectures à vivre
Voir le paysage urbain contemporain en peinture… Inspiré par les tableaux d’architecture des artistes hollandais du XVIIe siècle comme Vermeer – à qui l’on doit notamment la fameuse Laitière et La jeune fille à la perle – Jérémy Liron s’approprie « modestement le réel »(...)
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Jérémy Liron, peintre en bâtiments
Architectures à vivre
Voir le paysage urbain contemporain en peinture… Inspiré par les tableaux d’architecture des artistes hollandais du XVIIe siècle comme Vermeer – à qui l’on doit notamment la fameuse Laitière et La jeune fille à la perle – Jérémy Liron s’approprie « modestement le réel »(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiments in Architectures à vivre, 2011

Voir le paysage urbain contemporain en peinture… Inspiré par les tableaux d’architecture des artistes hollandais du XVIIe siècle comme Vermeer – à qui l’on doit notamment la fameuse Laitière et La jeune fille à la perle – Jérémy Liron s’approprie « modestement le réel ». En traduisant de manière littérale et en même temps sensible la trivialité de notre environnement quotidien, il rend aussi un hommage sous-jacent à l’américain Edward Hopper, bien connu pour ses vues de New York ou des routes du Maine au début du siècle. Liron peint ainsi des immeubles, les antennes dépassant des toits, mais aussi des bâtiments-icônes contemporains, comme la Citée Radieuse du Corbusier à Marseille. Il utilise la photographie comme point de départ, se libérant petit à petit du modèle initial, pour créer des images étonnantes, légèrement vibrantes, variant d’un tableau à l’autre. L’exposition qui lui consacre ainsi l’Hôtel des arts montre ainsi des œuvres-fenêtres, comme autant d’ouvertures poétiques sur le décor ordinaire.
Jérémy Liron
Azart, échos d’expositions
Façades d’immeubles, collèges, jardins, captés d’abord par un processus photographique, sont présentés dans un format carré unique, sous plexiglas. C’est un décor, l’homme en est absent. Toutefois, une sérénité, un silence accompagnent ses motifs banals.(...)
Détail
Jérémy Liron
Azart, échos d’expositions
Façades d’immeubles, collèges, jardins, captés d’abord par un processus photographique, sont présentés dans un format carré unique, sous plexiglas. C’est un décor, l’homme en est absent. Toutefois, une sérénité, un silence accompagnent ses motifs banals.(...)
Jérémy Liron, in Azart, échos d’expositions, 2011

Jeune artiste de 30 ans, Jérémy Liron a choisi de s’intéresser au paysage urbain. « En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien pour le traduire de manière à la fois littérale et sensible, il s’appuie sur une longue tradition qu’on peut faire remonter au tableau d’architecture caractéristique de la peinture hollandaise », écrit Gilles Altieri, commissaire de l’exposition. Façades d’immeubles, collèges, jardins, captés d’abord par un processus photographique, sont présentés dans un format carré unique, sous plexiglas. C’est un décor, l’homme en est absent. Toutefois, une sérénité, un silence accompagnent ses motifs banals. A voir absolument !
Jérémy Liron
Elle, quand les idées se bousculent
Avec un style des plus singuliers, Jérémy Liron nous livre dans sa peinture une vision contemporaine des paysages urbains tout aussi envoutante que surprenante. La toile semble être en mouvement, posséder une âme et dégager toute son énergie dans une maîtrise parfaite de la couleur.(...)
Détail
Jérémy Liron
Elle, quand les idées se bousculent
Avec un style des plus singuliers, Jérémy Liron nous livre dans sa peinture une vision contemporaine des paysages urbains tout aussi envoutante que surprenante. La toile semble être en mouvement, posséder une âme et dégager toute son énergie dans une maîtrise parfaite de la couleur.(...)
Jérémy Liron, in Elle, quand les idées se bousculent, 2011

Avec un style des plus singuliers, Jérémy Liron nous livre dans sa peinture une vision contemporaine des paysages urbains tout aussi envoutante que surprenante. La toile semble être en mouvement, posséder une âme et dégager toute son énergie dans une maîtrise parfaite de la couleur. En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien, il offre une traduction sensible et sophistiquée de l’espace et de l’architecture. S’il utilise la photographie comme source initiale à ses œuvres, il laisse sa main d’artiste en faire une interprétation personnelle qui possède cette particularité de modeler le temps et de l’inviter, voire le forcer, à refuser l’immobilité. Une exposition à ne pas manquer.
Jérémy Liron : L’exposition du jour
par BGF, les Petites affiches
Au premier regard, ces immeubles sans grâce possèdent un petit air de Hopper voire de Morandi. Au second, nous pensons déceler des témoignages d’une architecture de banlieue, comme celle que l’on voit défiler depuis les fenêtres des trains. L’artiste, en fait, ne reproduit rien de tout cela(...)
Détail
Jérémy Liron : L’exposition du jour
par BGF, les Petites affiches
Au premier regard, ces immeubles sans grâce possèdent un petit air de Hopper voire de Morandi. Au second, nous pensons déceler des témoignages d’une architecture de banlieue, comme celle que l’on voit défiler depuis les fenêtres des trains. L’artiste, en fait, ne reproduit rien de tout cela(...)
Jérémy Liron : L’exposition du jour, par BGF in les Petites affiches, 2011

Au premier regard, ces immeubles sans grâce possèdent un petit air de Hopper voire de Morandi. Au second, nous pensons déceler des témoignages d’une architecture de banlieue, comme celle que l’on voit défiler depuis les fenêtres des trains. L’artiste, en fait, ne reproduit rien de tout cela, il laisse, dit il, la peinture prendre le dessus. Jérémy Liron (né en 1980) expose cinquante huit tableaux à l’Hôtel des arts de Toulon, résultats de six années de recherches correspondant à un cycle, car il travaille selon des périodes d’une dizaine de toiles. Celui-là est particulièrement maîtrisé voire pensé. Le ciel correspond davantage pour lui à une couleur et non pas au ciel. Paysage 87 qui montre un mur en angle couleur ocre est orné d’un parasol. Il s’agit de Rome. Jérémy Liron agit parfois avec des symboles, il donne une impression de clarté, de rigidité, il s’agit davantage d’une expression lâchée. « Je peins le rapport avec un lieu, dit il. Ils s’imposent quand ils se dressent avec un bâtiment. Je ne souhaite pas raconter l’histoire d’un personnage dans une grande ville, mes tableaux ne sont pas documentaires. Je souhaite maintenir un anonymat ou un flottement de la réalité ». Ce jeune homme, titulaire d’une agrégation d’arts plastiques et qui enseigne à Lyon, est fasciné par la forme qui occupe l’espace. « Un mouvement change la vue », constate-t-il. Il use de plusieurs perspectives, imitant des torsions qui donnent à ses images un aspect provisoire au mouvement du monde.
Jérémy Liron
Pratique des arts
Peu intéressé par l’aspect documentaire de son sujet, le peintre s’autorise des libertés plastiques avec ses sujets qu’il photographie(...)
Détail
Jérémy Liron
Pratique des arts
Peu intéressé par l’aspect documentaire de son sujet, le peintre s’autorise des libertés plastiques avec ses sujets qu’il photographie(...)
Jérémy Liron in Pratique des arts, 2011

C’est avec une certaine modestie que Jérémy Liron s’approprie le réel. Ses vues de bâtiment et d’architectures urbaines font l’objet d’une exposition personnelle à l’Hôtel des arts de Toulon. Peu intéressé par l’aspect documentaire de son sujet, le peintre s’autorise des libertés plastiques avec ses sujets qu’il photographie – car c’est bien de peinture qu’il s’agit ici. Comme l’écrit d’ailleurs Gilles Altieri, commissaire de l’exposition. « On ressent à la vue de ces tableaux le même plaisir sensuel que le peintre a dû éprouver à les faire ». Une belle occasion de démontrer que la peinture contemporaine, sous le pinceau de jeunes artistes, a encore de beaux jours devant elle.
Jérémy Liron à Toulon
Objectif méditerranée
Jérémy Liron donc s’inspire des paysages urbains qu’il côtoie pour livrer une peinture presque déshumanisée et proche de la photographie, où le jeu de la géométrie et la maîtrise de la matière priment.(...)
Détail
Jérémy Liron à Toulon
Objectif méditerranée
Jérémy Liron donc s’inspire des paysages urbains qu’il côtoie pour livrer une peinture presque déshumanisée et proche de la photographie, où le jeu de la géométrie et la maîtrise de la matière priment.(...)
Jérémy Liron à Toulon in Objectif méditerranée, 2011

Agé de seulement trente ans, Jérémy Liron est un peintre qui, comme la plus part de ses confrères de la même génération, a dû s’accommoder lors de ses études aux Beaux-arts du désintérêt manifesté par les enseignants et bon nombre d’artistes contemporains à l’égard de la peinture. Mais qu’importe, Jérémy Liron a persévéré dans la peinture et qui plus est dans la peinture réaliste, s’inscrivant dans la continuité des peintres hollandais du XVIIe siècle qui ont les premiers créé des tableaux d’architectures. Jérémy Liron donc s’inspire des paysages urbains qu’il côtoie pour livrer une peinture presque déshumanisée et proche de la photographie, où le jeu de la géométrie et la maîtrise de la matière priment.
Jérémy Liron, peintre en bâtiments…
par Jacques Desage, Philippe Piguet, Miroir de l’art
Jérémy Liron choisi de se confronter au paysage urbain mais il ne le fait pas à la façon de ces artistes dont l’unique préoccupation est de donner à voir une énième vue de New York, de Paris ou de Tokyo, de ces artistes qui privilégient avant tout l’identification d’un lieu, la vérité documentaire.(...)
Détail
Jérémy Liron, peintre en bâtiments…
par Jacques Desage, Philippe Piguet, Miroir de l’art
Jérémy Liron choisi de se confronter au paysage urbain mais il ne le fait pas à la façon de ces artistes dont l’unique préoccupation est de donner à voir une énième vue de New York, de Paris ou de Tokyo, de ces artistes qui privilégient avant tout l’identification d’un lieu, la vérité documentaire.(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiments…, par Jacques Desage, Philippe Piguet, in Miroir de l’art, 2011

Jérémy Liron choisi de se confronter au paysage urbain mais il ne le fait pas à la façon de ces artistes dont l’unique préoccupation est de donner à voir une énième vue de New York, de Paris ou de Tokyo, de ces artistes qui privilégient avant tout l’identification d’un lieu, la vérité documentaire. Sa peinture recherche plutôt la vérité esthétique et s’affranchi d’une quelconque volonté de représentation fidèle ou identifiable. Ici, les immeubles et dépendances retranscrivent du réel une atmosphère sereine, exempte de la brutalité traditionnelle inhérente habituellement à ce genre d’images. Il n’y a nulle présence humaine qui vienne polluer, en quelque sorte, la représentation qui demeure éminemment plastique. Ainsi que l’indique Gilles Altieri « la peinture de Liron n’est pas déshumanisée et ne provoque pas chez le spectateur un sentiment de vide, de tristesse ou de mélancolie ni même d’inquiétude sourde comme c’est le cas pour Luc Tuymans ; elle procure simplement le plaisir produit par le jeu de la géométrie et la maîtrise de la matière, c’est-à-dire par ses qualités propres ». Deux plans la plus part du temps se superposent sur la toile. Au premier plan un jeu de couleurs enchevêtrées, aux frontières de l’abstraction qui découpe au second plan un immeuble aux lignes souples, de quelques étages, un immeuble qui fait référence à autre chose qu’à une interrogation métaphysique sur la pertinence de l’architecture des bâtiments modernes. Il y a dans ces figures émergeantes, ces verticalités turgescentes, comme la recherche d’une présence. Est-ce le temps, comme instance d’apparition, et de perte, tel que le suggère Pierre Wat ? Lequel ajoute avec justesse : C’est parce que Liron peint non ses souvenirs mais la mémoire, notre mémoire, qui est hantée par l’oubli, que son œuvre suscite chez qui se risque à en être le regardeur un désir presque douloureux de se trouver un abri. Parce que, comme il l’avoue si bien, ses souvenirs ont la justesse des images inventées, et que, ainsi créées, elles sont faites de la même matière que notre sentiment commun de perte… La réalité est que cette peinture incite le spectateur à considérer le monde comme un fait plastique avant tout, l’immeuble un peu comme une nature morte, et ainsi à se pénétrer d’une vérité picturale très simple : tout sujet a sa chance si l’artiste est capable de la lui donner, comme c’est le cas ici.
Jérémy Liron
par Maud Verburgh, César
Les lieux, certes, varient, mais inlassablement reviennent ce même support carré, ce bleu de ciel standardisé, ces motifs d’habitations formatées, et cet écran de plexiglas qui distancie l’œuvre de l’observateur qui lui fait face.(...)
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Jérémy Liron
par Maud Verburgh, César
Les lieux, certes, varient, mais inlassablement reviennent ce même support carré, ce bleu de ciel standardisé, ces motifs d’habitations formatées, et cet écran de plexiglas qui distancie l’œuvre de l’observateur qui lui fait face.(...)
Jérémy Liron, par Maud Verburgh, César

La reproduction de la nature est en art une thématique conflictuelle. Accusée de tromperie, rejetée par les philosophes de l’Antiquité (Platon particulièrement), elle fut par la suite enseignée des siècles durant, devenant parfois l’alpha et l’omega du geste artistique. De nos jours, la question est ses enjeux sont délaissés. Il est rare qu’un diplômé des Beaux-arts s’y consacre entièrement. C’est pourtant le cas de Jérémy Liron, peintre réaliste en ascension. Dans son exposition les « landscapes » sont des paysages de l’ordinaire urbain, avec une prédilection pour les façades d’immeubles contemporains. L’art du mimétisme, oui, jusqu’à trouver un appui sur la photographie (pour la justesse), mais aussi liberté et parti pris. Expressionnisme, abstraction, le regard de l’homme est personnalisé : lisibilité simplifiée, éléments ajoutés, effets apparents des techniques… Néanmoins, une illusion du systématique marque l’esprit. Les lieux, certes, varient, mais inlassablement reviennent ce même support carré, ce bleu de ciel standardisé, ces motifs d’habitations formatées, et cet écran de plexiglas qui distancie l’œuvre de l’observateur qui lui fait face. Hypnose de la répétition, envoutement de la verticalité, de l’isolement, de l’irréalité, c’est alors que la variation laisse apparaître la part du mystère qui résiste à l’uniformité. Est-elle confirmation de l’existence pour qui se plait à la remarquer ?
Jérémy Liron
Paris Match
En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien, il offre une traduction sensible et sophistiquée de l’espace et de l’architecture.(...)
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Jérémy Liron
Paris Match
En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien, il offre une traduction sensible et sophistiquée de l’espace et de l’architecture.(...)
Jérémy Liron, Paris Match

Avec un style des plus singuliers, Jérémy Liron nous livre dans sa peinture une vision contemporaine des paysages urbains tout aussi envoutante que surprenante. La toile semble être en mouvement, posséder une âme et dégager toute son énergie dans une maîtrise parfaite de la couleur. En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien, il offre une traduction sensible et sophistiquée de l’espace et de l’architecture. S’il utilise la photographie comme source initiale à mes œuvres, il laisse sa main d’artiste en faire une interprétation personnelle qui possède cette particularité de modeler le temps et de l’inviter, voire le forcer, à refuser l’immobilité. Une exposition à ne pas manquer.
Jérémy Liron
par D.R., Le quotidien du médecin
L’œuvre de l’artiste trentenaire Jérémy Liron est placide, toute en intériorité. Le jeune peintre s’intéresse au paysage urbain contemporain et campe sur ses toiles des sujets banals : des immeubles et des habitats collectifs des plus ordinaires.(...)
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Jérémy Liron
par D.R., Le quotidien du médecin
L’œuvre de l’artiste trentenaire Jérémy Liron est placide, toute en intériorité. Le jeune peintre s’intéresse au paysage urbain contemporain et campe sur ses toiles des sujets banals : des immeubles et des habitats collectifs des plus ordinaires.(...)
Jérémy Liron, par D.R. in Le quotidien du médecin, 2011

L’œuvre de l’artiste trentenaire Jérémy Liron est placide, toute en intériorité. Le jeune peintre s’intéresse au paysage urbain contemporain et campe sur ses toiles des sujets banals : des immeubles et des habitats collectifs des plus ordinaires. Il architecture ses compositions, des ensembles érigés avec une netteté singulière. A quelques exceptions près, l’homme est toujours absent de ces paysages impassibles, comme dans la peinture d’Edward Hopper. La même précision clinique se retrouve d’ailleurs à chaque détail de l’œuvre de Jérémy Liron. L’esthétisme énigmatique de ces toiles est plein de grâce et d’élégance.
Quand la matière prend la ligne de fuite
par Jean-François Sicurani,  La Marseillaise
Ce sont donc deux séries d’huiles sur toiles, de formats différents qu’il nous donne à découvrir sous les intitulés forcément énigmatiques de dépouillement, paysages et sans titre, chacune d’entre elles minutieusement numérotées. Tout d’abord semble apparaître un contraste mûrement réfléchi entre les lignes architecturales, les perspectives qu’elles provoquent et la végétation qui les entoure.(...)
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Quand la matière prend la ligne de fuite
par Jean-François Sicurani,  La Marseillaise
Ce sont donc deux séries d’huiles sur toiles, de formats différents qu’il nous donne à découvrir sous les intitulés forcément énigmatiques de dépouillement, paysages et sans titre, chacune d’entre elles minutieusement numérotées. Tout d’abord semble apparaître un contraste mûrement réfléchi entre les lignes architecturales, les perspectives qu’elles provoquent et la végétation qui les entoure.(...)
Quand la matière prend la ligne de fuite, par Jean-François Sicurani in La Marseillaise, 2011

Après la remarquable exposition consacrée à Florence Henri, l’Hôtel des arts nous invite à changer de siècle et d’aventure, puisque d’aventure il s’agit. Jérémy Liron a étudié l’art à Toulon puis à Paris. Il enseigne aujourd’hui à Villeurbanne. Le voisinage avec les gratte-ciel modernistes de la cité rhodanienne et leur étrange résonance dans l’espace ont-ils pu influencer le champ créatif de ce jeune artiste ? Il est permis d’en douter. Bien-sûr, l’empreinte urbaine est là puisque Jérémy Liron a choisi, en cette occasion, de ne peindre que des immeubles, sertis ou engloutis dans des paysages, parfois luxuriants et méditerranéens, parfois froids comme une pelouse inutile née de l’esprit d’un urbaniste en passe de sens. Ce sont donc deux séries d’huiles sur toiles, de formats différents qu’il nous donne à découvrir sous les intitulés forcément énigmatiques de dépouillement, paysages et sans titre, chacune d’entre elles minutieusement numérotées. Tout d’abord semble apparaître un contraste mûrement réfléchi entre les lignes architecturales, les perspectives qu’elles provoquent et la végétation qui les entoure. Du béton hermétique à la vie, des arbres, des feuilles, des herbes hautes et toujours ces plans successifs offrant au regard grâce à une technique sûre une vision par plans successifs. Paysage n°5 : c’est « la maison du fada », la citée radieuse de Le Corbusier. Paysage n°7 : œuvre singulière de la série, le bâtiment est orné de motifs à la Dubuffet. Mais ce dernier ne s’intéresserait-il pas au fait architectural ? Paysage n°31 : la Villa Malaparte à Capri, face à une autre étoile, étonnant assemblage de lignes où l’on peu lire « cinéma ». Le Mépris de Godard ? A l’étage, le parcours se poursuit, au cours duquel on se retrouve face à de nouveaux « Paysages ». Cette fois, des volumes beaucoup plus industriels, des tons plus froids, ocres, gris en aplats semblent marquer une fracture dans l’espace et dans le temps. L’homme, curieusement, est lui toujours absent de ce décorum aussi inquiétant qu’esthétique. L’absence, ou plutôt devrait-on dire la virtualité de la présence, est-elle au cœur de la recherche de Jérémy Liron ? Derrière les volets clos se cacherait-il le désir ?
Jérémy Liron
Résidences immobilier côte d’azur & provence
Il reproduit ainsi de nombreux immeubles, semblant s’inspirer de la tradition qui prévalait autrefois dans les tableaux d’architecture de la peinture hollandaise (Vermeer, Van der Heyden, Saenredam…). Un sujet, un style et du talent, Jérémy Liron a les bons ingrédients et le résultat est une réussite! (...)
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Jérémy Liron
Résidences immobilier côte d’azur & provence
Il reproduit ainsi de nombreux immeubles, semblant s’inspirer de la tradition qui prévalait autrefois dans les tableaux d’architecture de la peinture hollandaise (Vermeer, Van der Heyden, Saenredam…). Un sujet, un style et du talent, Jérémy Liron a les bons ingrédients et le résultat est une réussite! (...)
Jérémy Liron in Résidences immobilier côte d’azur & provence, 2011

Jérémy Liron a opté pour la peinture, un mode d’expression que certains considèrent aujourd’hui comme révolu. Pourtant, le jeune artiste témoigne bien du contraire avec ses belles toiles figuratives qui, rassemblées ici, constituent une exposition fascinante. L’ancien élève des beaux-arts de Toulon, puis de Paris, s’intéresse en effet au paysage urbain contemporain et plus particulièrement à l’habitat collectif. Il reproduit ainsi de nombreux immeubles, semblant s’inspirer de la tradition qui prévalait autrefois dans les tableaux d’architecture de la peinture hollandaise (Vermeer, Van der Heyden, Saenredam…). Un sujet, un style et du talent, Jérémy Liron a les bons ingrédients et le résultat est une réussite !
Jérémy Liron, peintre en bâtiments
par Hélène Arsanger, La veillées des Chaumières
Jérémy Liron  âgé de trente ans, est l'un des artistes contemporains qui tisse la future renommée de la peinture figurative française. Une sérénité, un silence, accompagnent ses paysages urbains ou ses immeubles, brossés sans perspective, sans jamais qu'un être ne les habite.(...)
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Jérémy Liron, peintre en bâtiments
par Hélène Arsanger, La veillées des Chaumières
Jérémy Liron  âgé de trente ans, est l'un des artistes contemporains qui tisse la future renommée de la peinture figurative française. Une sérénité, un silence, accompagnent ses paysages urbains ou ses immeubles, brossés sans perspective, sans jamais qu'un être ne les habite.(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiments, Portrait, par Hélène Arsanger in La veillées des Chaumières, 2011

Il est difficile pour un artiste peintre, à l'heure des technologies employées dans l'art contemporain et du désintérêt pour les arts classiques, de s'inscrire dans un style nouveau tout en suivant une veine académique. Jérémy Liron âgé de trente ans, est l'un des artistes contemporains qui tisse la future renommée de la peinture figurative française. Une sérénité, un silence, accompagnent ses paysages urbains ou ses immeubles, brossés sans perspective, sans jamais qu'un être ne les habite. A la manière d'un Edward Hopper dont les tableaux illustrent la solitude sans jamais marquer le mal-être, Jérémy Liron peint la ville inhabitée sans que ce soit dérangeant. Grâce au bleu apaisant de ses ciels et à la lumière douce et habitée que diffusent ses pinceaux, la présence humaine évoquée à travers la seule représentation des habitations suffit à créer un environnement serein...
Jérémy Liron, peintre en bâtiments
par Amandine Roussel, Métropole
Le directeur de l’Hôtel des Arts est tombé presque par hasard sous le charme des paysages de Liron. Sous le charme de la retranscription que fait le peintre de l’architecture moderne. « Jérémy Liron est un jeune peintre. Mais c’est déjà un virtuose. Il fait partie de ceux que l’on appelle les génies précoces, assure-t-il.(...)
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Jérémy Liron, peintre en bâtiments
par Amandine Roussel, Métropole
Le directeur de l’Hôtel des Arts est tombé presque par hasard sous le charme des paysages de Liron. Sous le charme de la retranscription que fait le peintre de l’architecture moderne. « Jérémy Liron est un jeune peintre. Mais c’est déjà un virtuose. Il fait partie de ceux que l’on appelle les génies précoces, assure-t-il.(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiments, par Amandine Roussel in Métropole, 2011

Il y a quelques années, il venait à l’Hôtel des Arts en amateur. Simple étudiant, il profitait du bel outil culturel du Conseil général pour parfaire son éducation. Il déambulait dans les couloirs pour admirer des peintres réputés. Peut-être dans un coin de sa tête, Jérémy Liron rêvait-il d’y exposer… Depuis le 28 janvier, ce rêve est devenu réalité. L’élève des Beaux-arts de Toulon est de nouveau sur ses terres. C’est un peu le retour du fils prodigue, facilité par Gilles Altieri. Le directeur de l’Hôtel des Arts est tombé presque par hasard sous le charme des paysages de Liron. Sous le charme de la retranscription que fait le peintre de l’architecture moderne. « Jérémy Liron est un jeune peintre. Mais c’est déjà un virtuose. Il fait partie de ceux que l’on appelle les génies précoces, assure-t-il. Après avoir montré beaucoup d’abstrait, je voulais programmer du figuratif qui plus est de la jeune génération. Une génération qui s’approprie les paysages avec un regard neuf ». C’est l’urbain qui est au centre de l’œuvre de Jérémy Liron. Le jeune artiste de 31 ans l’avoue : « Je porte un intérêt très fort à l’architecture notamment à l’architecture moderniste. J’ai pas mal de connaissance sur le sujet ». Quand on voit l’exposition à l’Hôtel des Arts, on peut même parler d’obsession. On note une large présence de paysages du Sud que l’on reconnaît notamment à la végétation, au ciel bleu azur et au soleil écrasant. Pour autant, impossible d’identifier exactement les lieux dans la plupart des cas. Aucun nom n’est donné aux toiles. Elles sont numérotées comme des séquences d’un scénario. Ce sont des paysages classiques dans le sens où l’on voit souvent ce genre de bâtiments au gré de promenades. Mais ils sont inaccessibles. « Je gomme beaucoup de détails. Il n’y a ni panneaux de signalisation, ni publicité. Mes peintures sont intemporelles, non situées. Le temps est comme suspendu ». Le paysage devient un objet, une image. Il y a de la distance. Distance accentuée par le plexiglas qui se pose entre la toile et le spectateur. Finalement, la limite entre la figuration et l’abstraction est repoussée, voire effacée. Jérémy Liron poursuit : « Pour moi, toute création vient au devant de nous comme une abstraction. Mes tableaux renvoient à une illusion. Le double aspect figuratif-abstrait est extrêmement présent ». Pour brouiller encore plus les pistes, l’artiste ne respecte pas le code de la perspective centrée. Autre aspect intéressant et troublant des toiles de Liron : « l’absence de présence humaine. « La seule trace de vie que je me permets est végétale. Je ne voulais aucune anecdote. C’est n’est pas un travail narratif. Ce n’est pas une image à lire ». Le spectateur fait partie intégrante du tableau. Il est renvoyé à lui-même par la contemplation. Gilles Altieri n’hésite pas à rapprocher Jérémy Liron d’artistes tels que Koen van der Broek ou Caro Niederer, eux aussi très inspirés par les paysages urbains. Son travail lui rappelle également celui de Morandi : « Comme chez Morandi, on sent toujours présente la main du peintre. Les arêtes des murs des bâtiments ne sont pas rectilignes et les façades ne sont pas traitées en aplats uniformes, mais peintes centimètre carré par centimètre carré ». Quand à Jérémy Liron, il revendique des inspirations venues de Rembrandt, Greco, Opalka. Dans chacune de ses paroles, on sent son investissement dans l’art, la place centrale que celui-ci occupe dans sa vie. Il l’avoue lui-même : « la peinture est une manière pour moi de regarder le monde ». Aujourd’hui, tout le monde regarde –et admire- la peinture de Liron.
Jérémy Liron, peintre en bâtiments
revue AMC (Architecture Mouvement Continuité), Le MoniteurL'oeil n°651
Ce jeune artiste contemporain, formé aux Beaux-arts de Toulon puis Paris et inspiré par Morandi, réalise des séries de paysages urbains sur le thème du logement collectif.
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Jérémy Liron, peintre en bâtiments
revue AMC (Architecture Mouvement Continuité), Le MoniteurL'oeil n°651
Ce jeune artiste contemporain, formé aux Beaux-arts de Toulon puis Paris et inspiré par Morandi, réalise des séries de paysages urbains sur le thème du logement collectif.
Jérémy Liron, peintre en bâtiments, revue AMC (Architecture Mouvement Continuité), Le Moniteur oeil n°651, 2011

Ce jeune artiste contemporain, formé aux Beaux-arts de Toulon puis Paris et inspiré par Morandi, réalise des séries de paysages urbains sur le thème du logement collectif.
Jérémy Liron
Connaissance des Arts
Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu – prédiction régulièrement renouvelée. Cette marginalité forcée a sans doute eu pour seul résultat de renforcer sa conviction d'avoir fait le bon choix ; on voit en effet le véritable artiste à la résistance butée qu'il oppose à la pensée dominante de son temps.(...)
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Jérémy Liron
Connaissance des Arts
Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu – prédiction régulièrement renouvelée. Cette marginalité forcée a sans doute eu pour seul résultat de renforcer sa conviction d'avoir fait le bon choix ; on voit en effet le véritable artiste à la résistance butée qu'il oppose à la pensée dominante de son temps.(...)
Jérémy Liron in Connaissance des Arts, 2011

Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu – prédiction régulièrement renouvelée. Cette marginalité forcée a sans doute eu pour seul résultat de renforcer sa conviction d'avoir fait le bon choix ; on voit en effet le véritable artiste à la résistance butée qu'il oppose à la pensée dominante de son temps. À cette vocation de peintre il lui fallait trouver un aboutissement, un champ à investir, une option à prendre.
Jérémy Liron
Sortir Marseille Provence
Jérémy Liron a choisi de s'intéresser aux paysages urbains contemporains, une façon de s’approprier avec modestie le réel et de résoudre la question du sujet : quoi peindre? qui a tourmenté les peintres de la dernière partie du XXème siècle.(...)
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Jérémy Liron
Sortir Marseille Provence
Jérémy Liron a choisi de s'intéresser aux paysages urbains contemporains, une façon de s’approprier avec modestie le réel et de résoudre la question du sujet : quoi peindre? qui a tourmenté les peintres de la dernière partie du XXème siècle.(...)
Jérémy Liron in Sortir Marseille Provence, 2011

Comme plusieurs artistes de la nouvelle génération, Jérémy Liron a choisi de s'intéresser aux paysages urbains contemporains, une façon de s’approprier avec modestie le réel et de résoudre la question du sujet : quoi peindre? qui a tourmenté les peintres de la dernière partie du XXème siècle.La peinture de Liron n’est pas déshumanisée et ne provoque pas un sentiment de vide, de tristesse, de mélancolie ou d’inquiétude sourde ; elle procure le plaisir produit par le jeu de la géométrie...
Jérémy Liron
par Matthieu Falcone, culture mag.
Peindre des H.L.M., des fragments de maison ou des villas est, pour Jérémy Liron qui est né à une époque et dans un monde où ceux-ci lui préexistaient, un geste naturel, comme une manière de se remémorer l’univers qui l’a façonné. Si c’est par la réminiscence que l’on goûte pleinement les sensations comme le pensait Proust que le jeune artiste cite volontiers, et que celle-ci fait naître la poésie, alors Jérémy Liron est le poète de la modernité, de la pierre et du béton, peintre et poète des villes d’aujourd’hui(...)
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Jérémy Liron
par Matthieu Falcone, culture mag.
Peindre des H.L.M., des fragments de maison ou des villas est, pour Jérémy Liron qui est né à une époque et dans un monde où ceux-ci lui préexistaient, un geste naturel, comme une manière de se remémorer l’univers qui l’a façonné. Si c’est par la réminiscence que l’on goûte pleinement les sensations comme le pensait Proust que le jeune artiste cite volontiers, et que celle-ci fait naître la poésie, alors Jérémy Liron est le poète de la modernité, de la pierre et du béton, peintre et poète des villes d’aujourd’hui(...)
Jérémy Liron, par Matthieu Falcone in culture mag., 2011

Jeune peintre de trente ans, Jérémy Liron a choisi la peinture figurative, assumant d’aller à l’encontre de ce qui se fait et est enseigné dans les écoles d’art depuis plusieurs décennies. La peinture figurative n’a pas fait son temps, comme il nous le démontre et, l’histoire de l’art n’étant pas une ligne droite mais fonctionnant plutôt par ramifications qui s’entrelacent au fil du temps, l’artiste a choisi de se placer dans la lignée de ceux qui peignent le monde qu’ils habitent comme Maurice Utrillo le fit en son temps.
On trouve en effet certains points communs entre Liron et Utrillo, le peintre de Montmartre, notamment dans le désir de peindre des paysages urbains desquels l’être humain semble absent, même si c’est bien de lui qu’il s’agit, lui qui a façonné et habite ces espaces.
« Bien qu’il utilise la photographie comme point de départ pour sa peinture […] seule la vérité de la peinture guide sa main » rappelle à propos de Jérémy Liron Gilles Altieri, directeur de l’hôtel des Arts et commissaire de l’exposition.Peindre des H.L.M., des fragments de maison ou des villas est, pour Jérémy Liron qui est né à une époque et dans un monde où ceux-ci lui préexistaient, un geste naturel, comme une manière de se remémorer l’univers qui l’a façonné. Si c’est par la réminiscence que l’on goûte pleinement les sensations comme le pensait Proust que le jeune artiste cite volontiers, et que celle-ci fait naître la poésie, alors Jérémy Liron est le poète de la modernité, de la pierre et du béton, peintre et poète des villes d’aujourd’hui.
Jérémy Liron, peintre en bâtiments
Var Mag
Jérémy Liron peint des paysages urbains avec une prédilection pour les lignes graphiques et les courbes épurées des constructions contemporaines. Leur cadrage, leur contraste, leur profondeur, leur réalisme, donnent aux tableaux de Jérémy Liron un rendu quasi photographique.(...)
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Jérémy Liron, peintre en bâtiments
Var Mag
Jérémy Liron peint des paysages urbains avec une prédilection pour les lignes graphiques et les courbes épurées des constructions contemporaines. Leur cadrage, leur contraste, leur profondeur, leur réalisme, donnent aux tableaux de Jérémy Liron un rendu quasi photographique.(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiments in Var Mag., 2011

Jérémy Liron peint des paysages urbains avec une prédilection pour les lignes graphiques et les courbes épurées des constructions contemporaines. Leur cadrage, leur contraste, leur profondeur, leur réalisme, donnent aux tableaux de Jérémy Liron un rendu quasi photographique. Architectural. Sans jamais peindre aucun personnage, entre ville et nature, lignes te courbes, matière et espace, Jérémy Liron rend pourtant vibrante la présence humaine. Une interprétation mystérieuse du réel que l’artiste revendique. « Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture » explique Gilles Altieri, directeur de l’Hôtel des Arts et commissaire de l’exposition. « Cette marginalité forcée a sans doute eu pour seul résultat de renforcer sa conviction d’avoir fait le bon choix. Jérémy Liron a choisi de s’intéresser au paysage urbain contemporain.
En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien pour le traduire de manière à la fois littérale et sensible, il s’appuie sur une longue tradition qu’on peut faire remonter au tableau d’architecture caractéristique de la peinture hollandaise du XVII siècle, avec des artistes considérables comme Vermeer, Jan Van der Heyden et les frères Berckheyde qui ont pris pour sujet des vues urbaines (alors) contemporaines. Par les cadrages qu’il adopte, Jérémy Liron alterne les vues banales et les compositions extrêmement sophistiquées qui approchent la pure abstraction. Mais au lieu d’en conserver seulement de vagues signes comme peuvent le faire aujourd’hui certains peintres expressionnistes, Jérémy Liron porte une attention scrupuleuse au réel. Il serait pourtant erroné de croire qu’il fait de la fidélité au modèle une religion. Bien qu’il utilise la photographie comme point de départ pour sa peinture, il s’accorde beaucoup de liberté par rapport au modèle initial ; car seule la vérité de la peinture guide sa main ».
La peinture selon Jérémy Liron
par M.S., La Strada
Liron Jérémy est peintre. Ce mode artistique peu prisé le renvoie à des courants passés, qu’il connaît très bien et qu’il explore. Comme on pourrait prendre une photo de ce que l’on voit derrière sa fenêtre(...)
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La peinture selon Jérémy Liron
par M.S., La Strada
Liron Jérémy est peintre. Ce mode artistique peu prisé le renvoie à des courants passés, qu’il connaît très bien et qu’il explore. Comme on pourrait prendre une photo de ce que l’on voit derrière sa fenêtre(...)
La peinture selon Jérémy Liron, par M.S. in La Strada, 2011

Liron Jérémy est peintre. Ce mode artistique peu prisé le renvoie à des courants passés, qu’il connaît très bien et qu’il explore. Comme on pourrait prendre une photo de ce que l’on voit derrière sa fenêtre, Jérémy Liron peint les paysages urbains, les constructions plus ou moins esthétiques, souvent banales et bardées d’antennes ou de détails non harmonieux. Cette géométrie courante est l’objet de sa peinture, aux traits révélateurs d’un pinceau ou d’une main passé(e) là, plusieurs fois, quelquefois sur plusieurs couches. Ces grands blocs, souvent barrant la toile, surgissent et s’érigent, mais n’enserrent pourtant pas la vision. L’humain, invisible, est là et il règne une douceur simple du réel.
Suites en paysages
par Marie Godfrin-guidicelli, Zibeline
C’est un bâtisseur d’utopies, un architecte du paysage. Il fait partie de cette nouvelle génération de peintres qui se réapproprient le paysage, particulièrement les ensembles urbains, avec une grande liberté.(...)
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Suites en paysages
par Marie Godfrin-guidicelli, Zibeline
C’est un bâtisseur d’utopies, un architecte du paysage. Il fait partie de cette nouvelle génération de peintres qui se réapproprient le paysage, particulièrement les ensembles urbains, avec une grande liberté.(...)
Suites en paysages, par Marie Godfrin-guidicelli in Zibeline, 2011

L’Hôtel des Arts à Toulon a une prédilection pour l’art abstrait. Mais Jérémy Liron, peintre en bâtiments, aime à se confronter au réel.
C’est un bâtisseur d’utopies, un architecte du paysage. Il fait partie de cette nouvelle génération de peintres qui se réapproprient le paysage, particulièrement les ensembles urbains, avec une grande liberté. Selon un point de vue distancé : cadrage photographique, format carré 123x123 de préférence, pellicule de Plexiglas, références cinématographiques (Wenders, Godard…) et philosophiques (Deleuze, Schopenhauer). Des images peintes qui jouent un double jeu simultané, celui de l’illusion de la perspective et de l’espace menteur et celui de la surface plane délimitée par les combinaisons de matières (liquides, ici pas d’empâtement), de formes (architecturées) et de couleurs (palette de tons sourds). De fait la frontière entre figuration et abstraction paraît subjective : « C’est une distinction que je ne fais pas de manière radicale, convient-il, car toute image prélevée du monde en est abstraite ». Héritier d’une tradition de peintres qu’il nomme volontiers (de la technique de Rembrandt à la froideur de Hockney), Jérémy Liron s’attache à représenter une réalité architecturale contemporaine exempte de présence humaine – des barres d’immeubles aux icônes avant-gardistes- dont il gomme les anecdotes pour en retenir non un témoignage social mais une œuvre plastique. Qui inviterait à la contemplation par le seul agencement des couleurs et « de formes suffisamment habitée ». Dès 15 ans, il a composé « des images gentilles, des aquarelles et des paysages provençaux » avant d’entrer à l’Ecole nationale des beaux-arts de Paris ; il s’autorise alors une immersion sauvage dans l’art, la vidéo, le cinéma, sans oublier la leçon des maîtres, allant jusqu’à broyer ses pigments, travailler le lavis et les glacis. C’est sans doute dans cette parfaite absorption du passé qu’il a gagné sa liberté. Celle de repenser le monde à sa manière, dans un détachement feint, l’esprit et le regard modelés par la photographie qui modifie son appréhension de l’espace. Le paysage devient-il un objet ? Serait-il totalement désincarné ? Ses séries numérotées et sans titre pourraient le laisser croire…
Façades en béton et ciel azur de Liron
par Marie-Jo Vidalinc, l'estampille/l'objet d'art
L’Hôtel des arts de Toulon consacre une exposition à un jeune peintre figuratif trentenaire, qui le propulse au devant de la scène : Jérémy Liron, ancien élève des Beaux arts de Toulon et de Paris, porte son regard sur les bâtiments urbains les plus anodins qu’il peut croiser sur son chemin.(...)
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Façades en béton et ciel azur de Liron
par Marie-Jo Vidalinc, l'estampille/l'objet d'art
L’Hôtel des arts de Toulon consacre une exposition à un jeune peintre figuratif trentenaire, qui le propulse au devant de la scène : Jérémy Liron, ancien élève des Beaux arts de Toulon et de Paris, porte son regard sur les bâtiments urbains les plus anodins qu’il peut croiser sur son chemin.(...)
Façades en béton et ciel azur de Liron, par Marie-Jo Vidalinc in l'estampille/l'objet d'art, 2011

L’Hôtel des arts de Toulon consacre une exposition à un jeune peintre figuratif trentenaire, qui le propulse au devant de la scène : Jérémy Liron, ancien élève des Beaux arts de Toulon et de Paris, porte son regard sur les bâtiments urbains les plus anodins qu’il peut croiser sur son chemin. L’exposition dévoile ses huiles sur toile ou sur papier, fruits d’une série débutée en 2004, dont on perçoit dans l’exposition la lente évolution. Ces paysages urbains ont souvent pour titre un numéro, ils montrent un univers sans pittoresque de masses d’immeubles en béton et percés de fenêtres, qui se détachent sur un fond de ciel bleu azur. Trichant subtilement avec la géométrie, ces architectures élaborées à l’aide de photographies, mais pas documentaires pour autant, font aussi écho à la peinture de l’américain Hopper.
Jérémy Liron, peintre en bâtiment
Burda style tendance mode
Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études  aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu - une prédiction toujours renouvelée.(...)
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Jérémy Liron, peintre en bâtiment
Burda style tendance mode
Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études  aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu - une prédiction toujours renouvelée.(...)
Jérémy Liron, peintre en bâtiment in Burda style tendance mode, 2011

Comme la plupart des peintres de sa génération, Jérémy Liron aujourd’hui âgé de trente ans, a dû au cours de ses études aux Beaux-Arts de Toulon, puis à l’école Nationale des Beaux-Arts de Paris, s’accommoder du désintérêt manifesté par nombre d’enseignants à l’égard de la peinture, un mode d’expression prétendument révolu - une prédiction toujours renouvelée. Cette marginalité forcée a sans doute eu pour seul résultat de renforcer sa conviction d’avoir fait le bon choix ; on voit en effet le véritable artiste à la résistance butée qu’il oppose à la pensée dominante de son temps. A cette vocation de peintre il lui fallait trouver un aboutissement, un champ à investir , une option à prendre ; On sait que la question du sujet -quoi peindre ?- a tourmenté les peintres de la dernière partie du XXe siècle. Le problème semble aujourd’hui en voie d’être résolu par les artistes de la nouvelle génération qui choisissent de s’approprier avec modestie le réel. Comme plusieurs peintres tels Koen van den Broek ou Caro Niederer, Jérémy Liron a choisi de s’intéresser au paysage urbain contemporain.
En se confrontant à la réalité de notre environnement quotidien pour le traduire de manière à la fois littérale et sensible, il s’appuie sur une longue tradition qu’on peut faire remonter au tableau d’architecture caractéristique de la peinture hollandaise du XVII siècle, avec des artistes considérables comme Vermeer, Jan Van der Heyden et les frères Berckheyde qui ont pris pour sujet des vues urbaines (alors) contemporaines, ou Emmanuel de Witte et Pieter Saenredam fascinants spécialistes des intérieurs d’église et de la géométrisation de l’espace.
L’intérêt porté par Jérémy Liron aux paysages urbains trouve une source plus immédiate chez Giorgio Morandi à la fois pour le regard que celui-ci porte à des sujets ordinaires et sans qualité (la cour intérieure de l’immeuble qu’il habitait via Fondazza, les toits qu’il voyait de son atelier (déjà) hérissés d’antennes de télévision, et les vues de la campagne autour de Grizzana avec les pylônes des lignes électriques à haute tension, ainsi que pour la passion manifestée par le maître de Bologne à l’égard de la géométrie.
Jérémy Liron à l'Hôtel des Arts
par Niklaus Manuel Güdel, Les lettres et les arts
L’Hôtel des Arts de Toulon met le jeune peintre Jérémy Liron (*1980) à l’honneur. Sa peinture semble déjà avoir trouvé sa voie et convainc par la qualité de sa technique. Résigné, comme d’autres éclaireurs, à faire usage des techniques traditionnelles de peinture, l’huile surtout, il a pour sujet de prédilection la peinture d’édifices à l’architecture contemporaine.(...)
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Jérémy Liron à l'Hôtel des Arts
par Niklaus Manuel Güdel, Les lettres et les arts
L’Hôtel des Arts de Toulon met le jeune peintre Jérémy Liron (*1980) à l’honneur. Sa peinture semble déjà avoir trouvé sa voie et convainc par la qualité de sa technique. Résigné, comme d’autres éclaireurs, à faire usage des techniques traditionnelles de peinture, l’huile surtout, il a pour sujet de prédilection la peinture d’édifices à l’architecture contemporaine.(...)
Jérémy Liron à l'Hôtel des Arts, par Niklaus Manuel Güdel in Les lettres et les arts, 2011

L’Hôtel des Arts de Toulon met le jeune peintre Jérémy Liron (*1980) à l’honneur. Sa peinture semble déjà avoir trouvé sa voie et convainc par la qualité de sa technique. Résigné, comme d’autres éclaireurs, à faire usage des techniques traditionnelles de peinture, l’huile surtout, il a pour sujet de prédilection la peinture d’édifices à l’architecture contemporaine. Ses œuvres ne sont pas sans rappeler la série des Growing up de Juan Margolles, constituée de douze photographies où surgissent de la verdure, comme dans l’œuvre de Jérémy Liron, des bâtiments (ce sont, dans cette série, ces insipides bâtisses qui font la laideur de Berlin) dont la blancheur détonne sur la quiétude de l’environnement dont ils cassent le rythme. Mais Jérémy Liron ne s’attache pas seulement à dépeindre la rupture ou l’osmose entre l’édifice et la nature, puisqu’il pousse parfois jusqu’aux limites de l’abstraction, cherchant à ne conserver de son œuvre figurative que les aspects de compositons et la gamme de tons. Œuvre habile, encore un peu maladroite par endroit, elle promet beaucoup. Le mariage extrêmement réussi entre une peinture travaillée, soignée et un usage récurrent des coulures renforce son travail d’une matérialité de l’huile dont on a perdu, dans l’art contemporain, l’habitude. C’est un heureux alliage aussi, entre empâtements, lavis et glacis qui apporte à ses tableaux une profondeur qui s’accentue parfois par l’usage de la perspective, notamment dans Paysage n°55 qui contraste, dans le catalogue, avec le Paysage n°50, beaucoup moins abouti, traité davantage en applats et couches opaques, dont la composition rappelle Nicolas de Staël et en devient presque ennuyeuse. Le Paysage n°55, comme beaucoup d’autres (Paysages n°23,30, 45 et 87 par exemple), atteignent des subtilités de composition et de manière tout à fait surprenantes. A saluer avec enthousiasme.
Béton poétique
par Julie Portier, Le Journal des Arts
Comment qualifier le travail de Jérémy Liron (né en 1980), exposé à l’Hôtel des Arts de Toulon, sans convier l’intuition qu’il se démarque dans le grand retour à la peinture qui s’observe aujourd’hui chez les jeunes artistes ? Jérémy Liron peint des architectures modernistes, le plus souvent des immeubles, presque toujours entourés de verdure. La répétition du sujet(...)
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Béton poétique
par Julie Portier, Le Journal des Arts
Comment qualifier le travail de Jérémy Liron (né en 1980), exposé à l’Hôtel des Arts de Toulon, sans convier l’intuition qu’il se démarque dans le grand retour à la peinture qui s’observe aujourd’hui chez les jeunes artistes ? Jérémy Liron peint des architectures modernistes, le plus souvent des immeubles, presque toujours entourés de verdure. La répétition du sujet(...)
Béton poétique, par Julie Portier in Le Journal des Arts, 2011

Comment qualifier le travail de Jérémy Liron (né en 1980), exposé à l’Hôtel des Arts de Toulon, sans convier l’intuition qu’il se démarque dans le grand retour à la peinture qui s’observe aujourd’hui chez les jeunes artistes ? Jérémy Liron peint des architectures modernistes, le plus souvent des immeubles, presque toujours entourés de verdure. La répétition du sujet pourrait suggérer une filiation du côté de la photographie documentaire des Becher. Mais il n’y a aucune ambition d’archiviste dans cet apparent répertoire où la cité radieuse et la villa Noailles figurent à titre d’exception parmi des architectures anonymes, banales tours d’habitations dont certaines sont de pures inventions comme cette barre d’immeuble accueillant une fresque de Fernand Léger (paysage n°67). Aucune revendication sociale n’est donc à déduire du motif, qui est extrait de sa réalité par l’effacement de tout indice contextuel, y compris de la présence humaine. En se détachant sur un ciel bleu immuable qui occupe en couche épaisse la partie supérieure des toiles de Liron, ces emblèmes en béton armé d’un urbanisme décrié accèdent singulièrement à l’intemporalité. Purs sujets de peinture, ces architectures, dessinées à main levée dans une perspective tronquée, sont baignées d’une lumière qui semble n’être que prétexte à l’élaboration de blancs lumineux et ombragés où se traduit, avec certitude, la paternité de Matisse. Cet éclairage surnaturel laisse dans l’ombre les premiers plans arborés tantôt figurés par une masse sombre et informe, presque inquiétante - une interprétation romantique qui ferait oublier que cette nature est une construction humaine autant que celle qui occupe le second plan. Pour qualifier la peinture de Jérémy Liron, le plus juste serait encore de parler de paysages – c’est avec cette littéralité que ses titres les désignent - , qui héritent de cette ambivalence, notable chez les Flamands du XVIIe siècle, entre relevé méthodique et interprétation chimérique. Il est à ce titre éclairant de préciser que ces paysages (qui ont vu naitre sa génération), l’artiste les a aperçu défilant par la fenêtre d’un train au cours de voyages réguliers. Ces immeubles surgissant des arbres sont des souvenirs ensuite photographiés, un arrêt sur image. Ainsi Gilles Altieri, directeur de l’Hôtel des Arts et fin connaisseur de peinture, pointe-il l’empreinte de l’image cinématographique chez cette génération qui amorce le renouveau du médium en s’inscrivant dans une longue tradition de peinture. Et c’est le cas de Jérémy Liron qui, dans l’embrasure d’une fenêtre ou l’ombre d’un soubassement, multiplie les citations de la peinture abstraite de Piet Mondrian à Sean Scully. Ici la touche est précise, là elle s’abandonne dans la surface violemment brossée, plus loin elle laisse des coulures maîtrisées. Toutes les leçons de la peinture moderne semblent ici mises à profit dans ces compositions, qui manient savamment les contrastes et les tensions contenues par une saisissante harmonie.
Peintre en bâtiment
par C.G., Maison Côté Sud
Ancien élève des Beaux-arts de Toulon, puis de Paris, Jérémy Liron peint le paysage urbain. A travers une vision géométrisant l’espace, sa façon de s’approprier le réel trouve sa source chez Morandi ou Hopper. Au départ, une photographie. Puis vient(...)
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Peintre en bâtiment
par C.G., Maison Côté Sud
Ancien élève des Beaux-arts de Toulon, puis de Paris, Jérémy Liron peint le paysage urbain. A travers une vision géométrisant l’espace, sa façon de s’approprier le réel trouve sa source chez Morandi ou Hopper. Au départ, une photographie. Puis vient(...)
En l'image le mondePeintre en bâtiment, par C.G. in Maison Côté Sud, 2011

Ancien élève des Beaux-arts de Toulon, puis de Paris, Jérémy Liron peint le paysage urbain. A travers une vision géométrisant l’espace, sa façon de s’approprier le réel trouve sa source chez Morandi ou Hopper. Au départ, une photographie. Puis vient un indéniable sens plastique. Parfois, une icône de l’architecture s’immisce dans ses toiles : La Citée Radieuse de Le Corbusier à Marseille ou la Villa Malaparte d’Alberto Libera à Capri. Mais souvent, l’œil s’arrête sur un habitat collectif banal. Plans vigoureusement brossés, ciel toujours bleu, sa singularité nous entraîne dans la sensualité et la maitrise de la matière.
Jérémy Liron, Hôtel des Arts de Toulon
Attout var, bulletin n°107
Jérémy Liron fait parti de la jeune génération de peintres qui défend un médium sans cesse renouvelé par une pratique sensible, un regard singulier sur les objets de notre siècle. Le paysage urbain dans ses rapports entre nature et architecture,(...)
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Jérémy Liron, Hôtel des Arts de Toulon
Attout var, bulletin n°107
Jérémy Liron fait parti de la jeune génération de peintres qui défend un médium sans cesse renouvelé par une pratique sensible, un regard singulier sur les objets de notre siècle. Le paysage urbain dans ses rapports entre nature et architecture,(...)
Jérémy Liron, Hôtel des Arts de Toulon in attout var, bulletin n°107 actualité artistique et culturelle inspection académique accadémie de Nice, 2011

Jérémy Liron fait parti de la jeune génération de peintres qui défend un médium sans cesse renouvelé par une pratique sensible, un regard singulier sur les objets de notre siècle. Le paysage urbain dans ses rapports entre nature et architecture, construction et déconstruction s'expose sans amphase, dans sa banalité parfois, sa rugosité, son austérité, sa nuidité (...) dans des cadrages alternant vision quasi objective et compositions subjectives.
Jérémy Liron, artiste peintre en bâtiment
Nice Matin
Peindre, dépeindre, repeindre inlassablement des immeubles sans grâce, construits dans les années 50-60, relève de l'obsession.
C'est en tout cas la première impression qui émane de l'exposition consacrée à Jérémy Liron, à l'Hôtel des Arts de Toulon. Il y a du Patrick Modiano (littérairement lié à une époque qu'il n'a jamais connue) dans cette fixation sur une architecture révolue.(...)
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Jérémy Liron, artiste peintre en bâtiment
Nice Matin
Peindre, dépeindre, repeindre inlassablement des immeubles sans grâce, construits dans les années 50-60, relève de l'obsession.
C'est en tout cas la première impression qui émane de l'exposition consacrée à Jérémy Liron, à l'Hôtel des Arts de Toulon. Il y a du Patrick Modiano (littérairement lié à une époque qu'il n'a jamais connue) dans cette fixation sur une architecture révolue.(...)
Jérémy Liron, artiste peintre en bâtiment, par M-Pi in Nice Matin, 2011

Peindre, dépeindre, repeindre inlassablement des immeubles sans grâce, construits dans les années 50-60, relève de l'obsession.
C'est en tout cas la première impression qui émane de l'exposition consacrée à Jérémy Liron, à l'Hôtel des Arts de Toulon. Il y a du Patrick Modiano (littérairement lié à une époque qu'il n'a jamais connue) dans cette fixation sur une architecture révolue. Né à Marseille en 1980, le peintre s'est lancé dans des séries en s'attachant à reproduire, telles des photos un peu floues, des bâtiments et HLM vieillissants, édifiés bien avant sa naissance. Attachant ? Le mot sonne mal pour évoquer des tableaux froids et distants sous leur plexiglas uniformément carrés (123 x 123 cm). Ces constructions portent toutes le nom de Paysage n° suivi d'un chiffre de 1 à 90. Les formats plus petits s'appellent Sans titre. Un univers géométrique triste, à mi-chemin entre le vide savant d'un Giorgio Morandi et le réalisme froid d'un Edward Hopper. Un monde désincarné fait d'habitations collectives désertées ; de petites végétations revêches ; sans repères extérieurs, publicité ou panneaux routiers ; sans aucun signe de vie avec des toits-terrasses sans antennes paraboliques ni linge qui sèche. Bref, des HLM plus que blêmes ayant besoin d'un bon coup de pinceau.
Mais la petite entreprise Liron de peinture en bâtiments a ses limites. Le jeune Jérémy qui a grandi dans le Var est aujourd'hui bardé de diplômes (Beaux Arts de Toulon puis de Paris, CAPES et agrégation d'arts plastiques à Paris I Panthéon - Sorbonne). Derrière ses petites lunettes d'intellectuel aux aguets, l'artiste est devenu professeur, critique, essayiste, citant volontiers Nietzsche, André Breton, Rembrandt ou Sean Scully...
Jérémy Liron
Art Absolument, brèves
L'Hôtel des Arts de Toulon offre ses cimaises au jeune peintre contemporain Jérémy Liron. Ce dernier a fait des paysages urbains son sujet de prédilection, portant son attention plus particulièrement sur l’habitat collectif. Mais s’attachant davantage au pictural(...)
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Jérémy Liron
Art Absolument, brèves
L'Hôtel des Arts de Toulon offre ses cimaises au jeune peintre contemporain Jérémy Liron. Ce dernier a fait des paysages urbains son sujet de prédilection, portant son attention plus particulièrement sur l’habitat collectif. Mais s’attachant davantage au pictural(...)
Jérémy Liron in Art Absolument, brèves, 2011

L'Hôtel des Arts de Toulon offre ses cimaises au jeune peintre contemporain Jérémy Liron. Ce dernier a fait des paysages urbains son sujet de prédilection, portant son attention plus particulièrement sur l’habitat collectif. Mais s’attachant davantage au pictural, iI s'intéresse plus à La géométrie des bâtiments qu’à leur nature déshumanisée. Ainsi, s’il tire profit de la photographie pour réaliser ses œuvres, Jérémy Liron s'en détache et dégage une liberté certaine par rapport au réel.
Lettre ouverte
par Claire, in forum bleu poésie
Il y a des immeubles crades de banlieue, des immeubles célèbres comme "la maison du fada" de Le Corbusier, des maisons blanches noyées dans les pins, des murs sans autre qualité que d'avoir arrêté son regard.(...)
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Lettre ouverte
par Claire, in forum bleu poésie
Il y a des immeubles crades de banlieue, des immeubles célèbres comme "la maison du fada" de Le Corbusier, des maisons blanches noyées dans les pins, des murs sans autre qualité que d'avoir arrêté son regard.(...)
Lettre ouverte, par Claire in forum bleu poésie, 2011

Hier je suis allée à une expo, à Toulon, de Jérémy Liron. C'est quelqu'un qui peint des bâtiments et ce qui les entoure, à partir de photos qu'il prend. Le ciel est toujours d'un bleu clair au dessus.
Il y a des immeubles crades de banlieue, des immeubles célèbres comme "la maison du fada" de Le Corbusier, des maisons blanches noyées dans les pins, des murs sans autre qualité que d'avoir arrêté son regard.
Au début, rien ne vous frappe vraiment, palette très cohérente de verts, noirs, bruns, gris, bleu ciel et blanc. Et puis si on prend un peu de temps, l'émotion vient, ce mélange de mystère et de remontée indistincte du passé, la beauté dans les signes, la forme, la présence de ce qui n'existait pas avant.

Il y a aussi une vidéo avec une très longue interview improvisée, un dialogue entre lui et l'organisateur de l'expo, et c'est d'une richesse et d'une telle absence de prétention que j'ai eu l'impression de prendre une grande leçon d'art.
Ce qu'il dit, c'est qu'il faut faire quelque chose qui tienne dans le regard. Parfois il faut du temps, reprendre le tableau longtemps après, parfois on le détruit. Il y a les tableaux qui vous enseignent des gestes graphiques, souvent différents selon les espaces du tableau, il y a ceux qui ne prennent leur force que par hasard. Il y a la réalité du bâtiment et de la végétation autour, souvent découverts dans le mouvement d'un trajet, immobilisés par la photo, et puis la lumière, et ce qu'il va modifier en peignant, ajoutant ou retranchant des détails, faussant la perspective pour introduire un doute, changeant d'heure du jour.
Il y a des restes d'un tableau recouvert qui gardent leur place dans le tableau nouveau et qu'on laissera. Il y a les moments où le tableau s'engage presque dans l'abstrait, par l'épure.
Il y a tous les maîtres, les références qu'il porte en lui, et ce à quoi il a tourné le dos (le conceptuel au profit du formel). Il dit la contemplation qui s'impose à vous, et que c'est toujours soi qu'on contemple, et cette sorte de vitre qui fait toujours écran entre soi et la réalité, qu'on doit peindre aussi.

Il a refusé de se cantonner à une peinture "sociale", des immeubles pauvres qu'il peignait quand il vivait à Paris (souvent découverts depuis le RER) et qui aurait pu devenir un fond de commerce. Tout comme les belles maisons d'architectes nimbées de rêve et de végétation à la Cézanne. Tout cela, ces arrière-plans sociologiques, humains, ce n'est pas son propos. Il peint des formes, des lumières, des couleurs, le plan du tableau.
Tout en l'écoutant, je pensais que l'émotion que j'avais ressentie en regardant ses oeuvres tenait à quelque chose que je ne pouvais pas dire en mots, sinon par un poème, mais qu'elle avait un rapport avec le plus profond de la mémoire des lieux.

Après, ce qui m'a surprise, c'est que les références qui semblent être pour lui essentielles (l'abstraction lyrique, l'expressionnismes) sont aussi celles qui me touchent le plus, et que je ne les voyais pas du tout dans sa peinture, superficiellement. Et puis j'ai découvert en fouillant que François Bon (qui est l'écrivain qui m'a le plus fait réfléchir dernièrement) à écrit à propos de ce jeune peintre. Bref, des liens dont le sens n'est pas à priori évident mais qui sont présents.
Les paysages urbains de Jérémy Liron
par Jacqueline Cnobloch, Var Matin
Par l’art viennent au monde des objets qui n’existaient pas jusqu’alors. Cet art apparait dans un contexte social, sans être pour autant le produit des forces sociales combinées. « Mon travail n’est pas sociologique », se défend ainsi Jérémy Liron, qui est exposé jusqu’au 13 mars à l’hôtel des Arts de Toulon. Jérémy Liron ne veut pas raconter une histoire, mais « poser un objet qui a la capacité de se percevoir dans le monde et de dépasser le temps présent ».(...)
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Les paysages urbains de Jérémy Liron
par Jacqueline Cnobloch, Var Matin
Par l’art viennent au monde des objets qui n’existaient pas jusqu’alors. Cet art apparait dans un contexte social, sans être pour autant le produit des forces sociales combinées. « Mon travail n’est pas sociologique », se défend ainsi Jérémy Liron, qui est exposé jusqu’au 13 mars à l’hôtel des Arts de Toulon. Jérémy Liron ne veut pas raconter une histoire, mais « poser un objet qui a la capacité de se percevoir dans le monde et de dépasser le temps présent ».(...)
Les paysages urbains de Jérémy Liron, par Jacqueline Cnobloch in Var Matin, 2011

Par l’art viennent au monde des objets qui n’existaient pas jusqu’alors. Cet art apparait dans un contexte social, sans être pour autant le produit des forces sociales combinées. « Mon travail n’est pas sociologique », se défend ainsi Jérémy Liron, qui est exposé jusqu’au 13 mars à l’hôtel des Arts de Toulon. Jérémy Liron ne veut pas raconter une histoire, mais « poser un objet qui a la capacité de se percevoir dans le monde et de dépasser le temps présent ». Il se trouve que ce jeune homme peint des immeubles. Des HLM, des villas de la côte, des bâtiments oblitérés de toute présence humaine : ce sont des paysages urbains. Il confronte la réalité d’un environnement très quotidien à des surfaces planes, des lignes architecturales, un dégradé si subtil qu’il en devient presque monochrome. Pourtant sa peinture n’est pas déshumanisée : la vie est à l’intérieur de ces formes rectilignes. La contemplation renvoie à une solitude habitée, paisible et régénératrice. A soi-même, en clair. Jérémy Liron créé un monde artificiel, résurgence de la mémoire des images citadines qui ont baigné son enfance : né à Marseille, l’artiste a vécu à Toulon et y a étudié aux beaux-arts. Sa démarche est particulièrement émouvante. Âgé de 30 ans à peine, il s’est immergé très tôt, et presque par hasard, dans l’art et dans les lettres, avec une détermination peu commune. A 14 ans, il dévorait les revues d’art et fréquentait les galeries locales. Après les beaux-arts de Toulon, il a voulu se former à l’Ecole nationale d’art de Paris et s’est inscrit dans un atelier pour « apprendre à faire tenir les choses dans l’espace ». Entre-temps, il a multiplié les expériences visuelles (lectures, films, vidéos) et dévoré tous azimuts les expos, galeries, librairies et musées de la capitale. En pratiquant toutes les techniques, du broyage des pigments au recadrage de photo-croquis sur ordinateur, en passant par el montage cinématographique, Jérémy Liron a investi l’art à travers toute son histoire.
Peintre en bâtiments
par C.R., L’agora des arts
Jeune peintre de trente ans, Jérémy Liron a choisi de se confronter au paysage urbain contemporain. Il peint l’habitat collectif banal, des fragments d’architectures, dans des lieux indéterminés que l’on imagine être à Paris, en Ile de France, au bord de la Méditerranée, avec parfois l’impression de les connaître sans vraiment pouvoir les identifier(...)
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Peintre en bâtiments
par C.R., L’agora des arts
Jeune peintre de trente ans, Jérémy Liron a choisi de se confronter au paysage urbain contemporain. Il peint l’habitat collectif banal, des fragments d’architectures, dans des lieux indéterminés que l’on imagine être à Paris, en Ile de France, au bord de la Méditerranée, avec parfois l’impression de les connaître sans vraiment pouvoir les identifier(...)
Peintre en bâtiments, par C.R.in L’agora des arts, 2011

Jeune peintre de trente ans, Jérémy Liron a choisi de se confronter au paysage urbain contemporain. Il peint l’habitat collectif banal, des fragments d’architectures, dans des lieux indéterminés que l’on imagine être à Paris, en Ile de France, au bord de la Méditerranée, avec parfois l’impression de les connaître sans vraiment pouvoir les identifier, comme cet immeuble évoquant la Cité radieuse de Le Corbusier à Marseille. Bien qu’il utilise la photographie comme point de départ pour sa peinture, à l’instar de David Hockney ou de nombreux jeunes peintres de sa génération qui perçoivent le monde à travers le filtre omniprésent de la télévision, du cinéma, de la photographie et de la publicité, il s’accorde beaucoup de liberté par rapport au modèle initial. Les arêtes des murs des bâtiments ne sont pas parfaitement rectilignes et les façades ne sont pas traitées en aplats uniformes mais peintes, centimètre carré par centimètre carré. Quelquefois encore, il n’hésite pas à incorporer dans la composition du tableau des éléments absents de l’image photographique, pour des raisons purement plastiques. Il n’existe aucune présence humaine dans la peinture de Liron, comme si l’on se trouvait face à un lieu non habité ou déserté. Le ciel est toujours clair, d’un bleu limpide et froid, ce qui confère à tous ces tableaux (souvent au même format 123 x 123 cm) une atmosphère étrange, un peu glaçante, mais assez fascinante.
Les jeudis de l'architecture
par François Chaslin, France Culture
un artiste qui s'intéresse au paysage urbain contemporain, un "peintre en bâtiments" a écrit l'un de ses préfaciers, il peint des logements sociaux ordinaires aussi bien que chef d'œuvres de l'architecture moderne, comme la villa Savoye ou d'autres villas modernes, la maison de Malaparte à Capri(...)
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Les jeudis de l'architecture
par François Chaslin, France Culture
un artiste qui s'intéresse au paysage urbain contemporain, un "peintre en bâtiments" a écrit l'un de ses préfaciers, il peint des logements sociaux ordinaires aussi bien que chef d'œuvres de l'architecture moderne, comme la villa Savoye ou d'autres villas modernes, la maison de Malaparte à Capri(...)
Les jeudis de l'architecture, par François Chaslin in France Culture, 2011

A Toulon, une exposition du peintre Jérémy Liron (trente ans, né en 1980 à Marseille, ancien élève de l'école des Beaux-Arts de Toulon, puis de celle de Paris, établi maintenant à Lyon) est un artiste qui s'intéresse au paysage urbain contemporain, un "peintre en bâtiments" a écrit l'un de ses préfaciers, il peint des logements sociaux ordinaires aussi bien que chef d'œuvres de l'architecture moderne, comme la villa Savoye ou d'autres villas modernes, la maison de Malaparte à Capri ou l'Unité d'habitation de Marseille, des maisons de la Côte d'Azur et des immeubles des années soixante. Des toiles systématiquement au format carré, de 123 ou 124 cm de côté, sous plexiglass, avec un ciel toujours du même bleu, des coulures, du brouillé, des pignons un peu sales, des végétations embrouillées qui souvent masquent ou du moins contrarient la lecture du bâtiment, une structuration très volontaire des plans colorés, et pas un chat, pas une silhouette humaine.
Gestes de peinture
Arlette Art
A partir d'une image solide, nette, et sa présentation en panneau ou polyptyque, le choix de l'accrochage aussi, Jérémy Liron projette et brouille le regard vers une autre dimension réelle ou illusion du reflet : "Le réel est un cadre qui déborde sans cesse". Ce double jeu est personnellement intéressant car la pensée(...)
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Gestes de peinture
Arlette Art
A partir d'une image solide, nette, et sa présentation en panneau ou polyptyque, le choix de l'accrochage aussi, Jérémy Liron projette et brouille le regard vers une autre dimension réelle ou illusion du reflet : "Le réel est un cadre qui déborde sans cesse". Ce double jeu est personnellement intéressant car la pensée(...)
Gestes de peinture in Arlette Art, 2011

A partir d'une image solide, nette, et sa présentation en panneau ou polyptyque, le choix de l'accrochage aussi, Jérémy Liron projette et brouille le regard vers une autre dimension réelle ou illusion du reflet : "Le réel est un cadre qui déborde sans cesse". Ce double jeu est personnellement intéressant car la pensée de chacun s'oriente différemment et peut-être même loin de son propos il touche ainsi un public plus subtilement, ce qui pour un artiste par son travail et sa recherche, me semble accéder à un partage. En parcourant les salles de l'Hôtel des Arts de Toulon le regard se perd dans les paysages de Jérémy Liron présentés sous plexiglas pour nous mettre à distance, mais notre reflet ou celui d'un ciel par une fenêtre tel un miroir induit déjà un autre discours. Architecture sévère géométriquement glacée, inhumaine. Il emprisonne l'image par son regard photographique pour une abstraction qu'il libère sur la toile. Ses constructions sévères semblent surgir dans la nature entre les arbres et la végétation luxuriante et si l'homme est absent de ses images le paysage est transformé par sa main. Jérémy Liron écrit, parle avec beaucoup de passion de sa recherche et nous entraîne dans son univers terriblement d'actualité avec érudition. D'ailleurs son palmarès est très significatif et l'intérêt du public, des collectionneurs, ne trompe pas.
2026
Art [ ] Collector : 10 x 2
du samedi 21 novembre au dimanche 6 décembre 2026
Centre Wallonie-Bruxelles Paris
Détail
Commissariat : Philippe Piguet
Artistes : Iris Levasseur, Jérémy Liron, Christine Barbe, Clément Bagot, Karine Rougier, Claire Chesnier, Eva Nielsen, Abdelkader Benchamma, Olivier Masmonteil, Massinissa Selmani, Charles Fréger, Mehdi-Georges Lahlou, Marion Charlet, Mathieu Dufois, Caroline Le Méhauté, Thibault Brunet, Jennifer Caubet, Caroline Corbasson, Claire Trotignon et Eva Medin.
Paysages de peinture
du samedi 25 juillet au dimanche 23 août 2026
Atelier du Hézo
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Vincent BIOULES, Bernard BOUIN, Joël BRISSE, Martin BRUNEAU, Alix CANTELAUBE, Philippe COGNÉE, Monique DUPAS, Dominique EHRHARD, Judith FARRO, Nathalie GUEVEL, Xavier KREBS, Claude LEPOITEVIN, Jacques LE BRUSQ, Cedric LE CORF, Thierry LE SAEC, Jérémy LIRON, Denis SERRE
et
Geneviève ASSE, Guy BOULAY, Christine BOUMEESTER, Camille COROT, Richard DIEBENKORN, Helen FRANKENTHALER, Gérard GASIOROWSKI, Per KIRKEBY, Jean MAC EWEN, François-Auguste RAVIER, Arpad SZENES, Pierre TAL COAT, Antoni TAPIES, Maria Helena VIEIRA DA SILVA
Campagne première
du samedi 20 au dimanche 21 juin 2026
Revonnas
Détail
Elouen Bernard, Juliette
Bertrand, Blandine Berthelot,
Pierre Boggio, Hugo Capron,
Estelle Chrétien, Adrien
Fricheteau, Géraldine Kosiak,
Jérémy Liron, Nelly Monnier
Eve Pietruschi, Mathilde
Rosier, Marguerite Soulier,
Léa Tissot, Céline Thoué
LUMIERE NOIR
du samedi 13 juin au samedi 1 août 2026
CAPSE Pont Saint-esprit
Détail
Avec Blaise Adilon, Nawelle Aïneche, Tom Andries, Marie-Agnès Charpin, Noël Dolla, Frédérique Fleury, Jean-Lucien Guillaume, Axel Lieber, Jérémy Liron, Laurent Masoero, Patricia Meffre, Floor Merjemburgh, Michel Mouffe, Paul Ragenes, Bart Vermeulen. 
L'oeil et le coeur #4
du jeudi 14 mai au vendredi 10 juillet 2026
Galerie Françoise Besson, Lyon
Détail
L'oeil et le coeur #4
L'eau qui dort
du mercredi 13 mai au vendredi 31 juillet 2026
Centre d'art ACMCM, Perpignan
Détail
L'eau qui dort
Artistes : Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Safia Hijos, Jeremy Liron

"Il faut l’imaginer, l’eau qui dort. Il faut la regarder, prendre le temps de s’accommoder à son remous léger. C’est presque une vibration, un silence qui se propage dans le paysage. 
Mais il suffit de dire son nom : “l’eau qui dort”, pour que ce silence devienne une ombre. On se tient autrement tranquille face à l’eau qui dort. On se tient sur ses gardes. On s’attend à ce que quelque chose arrive.
Au sein de cette exposition, le dessin, la peinture, l’installation nous proposent une mise en présence corporelle et sensible du paysage dans toutes ses dimensions. Alors, on s’avance auprès des œuvres avec cette même qualité d’attention : c’est comme marcher sur un fil tendu entre la rêverie et la prédiction."
Juliette Belleret, commissaire de l’exposition
Jérémy Liron - Claude Viallat
du lundi 11 mai au mardi 30 juin 2026
Showroom Galerie Eric Linard, La garde-Adhémar
Détail
Jérémy Liron - Claude Viallat
Photos : Philippe Petiot.
Hommage à Gérard Gasiorowski
du vendredi 1 au vendredi 8 mai 2026
Bon pour accord, Saint-Julien-du-Sault
Détail
Hommage à Gérard Gasiorowski
Avec Michèle Antoine, Erwan Ballan, Christian Bonnefoi, Clément Borderie, Martin Bourdanove, Jerôme Boutterin, Corinne Bretel, Claude Briand-Picard, Renaud Buénerd, Denis Bulot, Denis Castellas, Max Charvolen, Gabriele Chiari, Philippe COmpagnon, Bernard Cousinier, Christophe Cuzin, Clément Davenel, Dominique de Beir, Isabelle Delugeau, Jean-François Demeure, Anna Ditscherlein, Patricia d'Isola, Jean-François Dubreuil, Nathalie Elemento, Jean-Pierre Formica, Anne Ferrer, Luci Garcia...
Suite Panéry
solo show
du samedi 4 avril au samedi 30 mai 2026
Galerie Ceysson & Bénétière, Domaine de Panéry, Pouzilhac
Photos : Cyrille Cauvet
Détail
Suite Panéry
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« Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre… »

Jérémy Liron fait preuve d’une clarté exemplaire lorsqu’il décrit le processus de son travail. Rien d’étonnant de la part d’un artiste dont l’œuvre se distingue par une lisibilité remarquable. Écoutons-le :
« Je travaille à cet ensemble depuis août–septembre dernier, en l’envisageant comme une Suite Panery. C’est le titre générique que je donne à ce sous-ensemble d’une série que je poursuis depuis vingt ans, intitulée Paysage(s), chaque tableau étant numéroté. Ainsi, le premier tableau de cette Suite Panery est le Paysage n°289, et je travaille actuellement sur les numéros 298, 299 et 300. »
Cet engagement dans une entreprise sans fin, ainsi que les chiffres vertigineux qui accompagnent les titres, pourraient évoquer le célèbre cycle Description du monde de Roman Opalka. Ce travail unique se compose d’une série de tableaux couverts de nombres patiemment tracés, que l’artiste nomme invariablement Détail. Chaque nouvelle toile prolonge cette « comptabilité » des chiffres vers l’infini, selon un processus qui ne devait être interrompu que par la mort de son auteur.
Loin de l’univers clos et ascétique d’Opalka, l’œuvre de Jérémy Liron s’ouvre sur la nature. Toutefois, il ne s’agit pas ici de vastes paysages issus de la tradition romantique ou symboliste. L’artiste se concentre sur des fragments — le plus souvent des arbres — qu’il reprend inlassablement. Troncs et branches sont observés sous des angles variés, de loin ou en gros plan, à différentes distances, isolés ou associés à des éléments périphériques. Liron aime produire des versions très proches les unes des autres, à la manière d’un musicien répétant ses gammes sans jamais se lasser de l’exercice. Déclinés de façon systématique, ces motifs constituent une série : un travail d’investigation, une recherche plastique qui refuse toute croyance dans le chef-d’œuvre unique. Il est ici question de continuité — non pas narrative, mais optique.
Ce « vagabondage visuel », où, derrière l’apparente description, se dissimule le désir de saisir des structures analogiques et leurs transformations, constitue un trait majeur de la modernité : le passage du thème au motif, de la description à la construction. On serait même tenté de penser que le thème de la série devient un simple prétexte, tant la répétition d’un élément s’impose comme règle plutôt que comme exception.
Face à ces images, le spectateur est saisi par un sentiment d’irréalité. Le regard glisse sur ces représentations de la nature, jamais très éloignée de l’espace urbain : à la fois accessible et fuyante, impeccable et glacée. La lumière irradiante, le bleu intense et uniforme du ciel, l’absence totale de présence humaine évoquent un décor de théâtre. Plus que des paysages singuliers, ces images opèrent une véritable transposition — voire une transplantation — du réel en un artefact, un artefact qui revendique fièrement son artificialité. En témoigne la série de petits formats réalisée par Liron, associant un paysage à une œuvre d’art de l’un des grands maîtres de la modernité — Léger, Miró, Matisse… La nature imite-t-elle l’art ?
Itzhak Goldberg
 

"Neither quite the same nor quite another…"

Jérémy Liron demonstrates exemplary clarity when describing his working process—hardly surprising for an artist whose work is distinguished by its remarkable legibility. Let us hear him:

“I have been working on this body of work since last August–September, conceiving it as a Suite Panéry. This is the generic title I give to this sub-group within a series I have been pursuing for twenty years, entitled Landscape(s), with each painting numbered. Thus, the first painting in this Suite Panéry is Landscape No. 289, and I am currently working on numbers 298, 299, and 300.”

This commitment to an open-ended endeavor, along with the vertiginous numbering that accompanies the titles, may call to mind Roman Opalka’s celebrated cycle Description of the World. This singular body of work consists of a series of paintings covered with meticulously inscribed numbers, each invariably titled Detail. Each new canvas extends this numerical “accounting” toward infinity, following a process intended to be interrupted only by the artist’s death.

Far removed from Opalka’s closed and ascetic universe, Jérémy Liron’s work opens instead onto nature. Yet these are not expansive landscapes in the Romantic or Symbolist tradition. The artist focuses on fragments—most often trees—which he revisits relentlessly. Trunks and branches are observed from varying angles, from afar or in close-up, at different distances, isolated or combined with peripheral elements. Liron enjoys producing versions that are extremely close to one another, like a musician practicing scales, never tiring of the exercise. Systematically deployed, these motifs form a series: an investigative practice, a formal inquiry that rejects any belief in the singular masterpiece. What is at stake here is continuity—not narrative, but optical.

This “visual wandering,” in which an apparent descriptive impulse conceals a desire to grasp analogical structures and their transformations, constitutes a defining feature of modernity: the shift from theme to motif, from description to construction. One might even be tempted to think that the theme of the series becomes a mere pretext, so firmly does repetition of an element assert itself as the rule rather than the exception.

Confronted with these images, the viewer is seized by a sense of unreality. The gaze glides over these representations of nature, never far removed from the urban realm—at once accessible and elusive, immaculate and frozen. The radiant light, the intense and uniform blue of the sky, and the total absence of human presence evoke a theatrical set. More than singular landscapes, these images enact a true transposition—indeed, a transplantation—of reality into an artifact, one that proudly asserts its artificiality. This is underscored by Liron’s series of small-format works, which pair a landscape with a work of art by one of the great masters of modernity—Léger, Miró, Matisse… Does nature imitate art?

Itzhak Goldberg

Insomnie
du samedi 28 mars au dimanche 17 mai 2026
Galerie Marcel Duchamp, Yvetot.
Détail
muséo coulisses
un musée, des métiers
du lundi 23 mars au dimanche 20 septembre 2026
musée Paul Dini, Villefranche-Sur-Saône
Détail
Vente caritation DFMA Collection
du jeudi 12 au jeudi 12 février 2026
In-Sted, Lyon
Détail
Vente aux enchères caritative organisée par L’association DFMA Collection.
Vente d’œuvres au profit de L'enfant bleu, association qui lutte contre la maltraitance des enfants. 
2025
Le goût du bleu
du samedi 8 au samedi 29 novembre 2025
Le cloître art contemporain, Lyon
Détail
Coline Bublex, Martin Caminiti, Patrick Condouret, PIerre David, Coralie Duponchel, Wandrille Durufle, Frédéroque Fleury, Laurent Galland, Jean-Lucien Guillaume, Rémy Jacquier, Reza Kabirinia, Frédéric Khodja, Per Lamdahl, Lionel Lathuille, Jérémy Liron, Pascal Michalon, Yves Millecamps, Suan Muller, Olivier Nottelet, Delphine Passadori, Gabriel Retif, Jean Reudet Santos, Fabio Viscogliosi
Regarder, révéler. Dialogues entre peinture et photographie
du samedi 18 octobre 2025 au dimanche 22 février 2026
Musée Paul Dini, Villefranche sur Saône
Détail
les frères Lumière, Jean-François Armbruster, Delphine Balley, Jean Batail, Charles Beauverie, Carole Benzaken, Blanc & Demilly, Paul Cabaud, Guenaëlle de Carbonnières, Jean-Marc Cerino, Marc Desgrandchamps, Irène Desvignes, Véronique Ellena, Anne-Sophie Emard, Jean-Baptiste Frénet, Jeremy Liron, Yveline Loiseur, Gabriel Loppé, Patrice Mortier, François-Auguste Ravier,
Jacqueline Salmon, Blandine Soulage, Jules Sylvestre, Félix Thiollier, Jean-Baptiste Tournassoud…
All over
vendredi 17 octobre 2025
Galerie Isabelle Gounod, Paris
Glen BAXTER, Juliette GREEN, Sophie KITCHING, Carolyn CARLSON, Jérémy LIRON, Elias LOUDIYI, Lenny REBERE, Michaële A. SCHATT, Leslie SMITH III, Claire Tabouret
Détail
Paymages : images de paysages
du vendredi 19 septembre au samedi 20 décembre 2025
Musée Robert Dubois-Corneau, Brunoy (91)
Arthur Aillaud, Elisabeth Amblard, Abigail Ferreira-Compagnon, Nicolas Flo’ch, Marion-Laval Jeantet, Marine Joatton, Jean Le Gac, Jeremy Liron, Sandrine Morsillo , Antoine Perrot, Michel Verjux, Diane Watteau, Longjun Zhang
Détail
Une exposition d’art contemporain en résonance avec les paysages du musée, en partenariat avec l’institut ACTE (Paris 1 Panthéon Sorbonne)
Avec Arthur Aillaud, Elisabeth Amblard, Abigail Ferreira-Compagnon, Nicolas Flo’ch, Marion-Laval Jeantet, Marine Joatton, Jean Le Gac, Jeremy Liron, Sandrine Morsillo , Antoine Perrot, Michel Verjux, Diane Watteau, Longjun Zhang.
L'art dans les chapelles
du vendredi 4 juillet au dimanche 31 août 2025
Pontivy
Commissaire : Eric Suchère. 
Diane Benoit du Rey, Marie Bette, Michel Gouéry, Gabrielle Herveet, Lucy Kerr (usa), Guillaume Linard-Osorio, Jérémy Liron, Gyan Panchal, Laurence Papouin, Nicolas Pilard, Laure Tiberghien, Brankica Zilović
Détail
Vue(s), vigie, voisinages
solo show
du vendredi 27 juin au dimanche 27 juillet 2025
Fondation Renaud Fort de Vaise, Lyon
Exposition et sortie de résidence
Détail

Pour cette exposition présentée au Fort de Vaise, Jérémy Liron propose un parcours pensé comme un dialogue entre architecture, regard et mémoire. Vue(s), vigie, voisinages interroge les points de vue qu’offre le Fort de Vaise sur son environnement et notamment sur le Fort Saint-Jean, situé en vis-à-vis de l’autre côté de la Saône.

Le visiteur est invité à déambuler entre œuvres et architectures, dans un itinéraire rythmé par des dispositifs en bois rouge, fils conducteurs discrets mais essentiels à la lecture de l’espace. L’exposition s’ouvre sur une maquette rouge brique, fusion imaginaire des deux forts, reliquaire de pensée et poste d’observation, habitée par un personnage aux jumelles qui accueille les visiteurs. Elle se poursuit par une succession de peintures qui prennent appui sur l’architecture du fort, tout en dialoguant avec les œuvres de Tony Garnier et de Pierre Renaud exposées à leurs côtés.Le parcours se prolonge dans les casemates, salles voûtées inscrites au cœur de l’architecture du Fort de Vaise. Les compositions, souvent centrées et cadrées à la manière de fenêtres, tissent des correspondances subtiles entre intérieur et extérieur. Le Fort Saint-Jean se dévoile ainsi au loin, prolongeant le jeu de regards entre espace représenté et espace traversé.
La dernière salle attire l’attention vers des paysages plus éloignés, presque étrangers. Des œuvres végétales de Jérémy Liron, dialoguent avec des toiles issues des collections, signées Thérèse Contestin ou Pierre Combet-Descombes. Malgré leur éloignement dans le temps et le contexte de création, ces œuvres se répondent par leurs feuillages, leurs clairières et leurs formes fragmentées du vivant.
L’exposition se construit comme une déambulation dynamique, où se retrouvent les motifs récurrents de l’œuvre de l’artiste : architecture, vues frontales, l’image dans l’image. Entre présence concrète et projection mentale, l’exposition invite à penser ce que signifie voir, observer, habiter un espace.

Dream paper 4
du jeudi 26 juin au samedi 2 août 2025
Galerie Masurel, Lyon
Flora Castiglia, Jeffrey Cheung, Sune Christiansen, Idir Davaine, Gabrielle Graessle, Rhys Lee, Gwendal Le Bec, Jérémy Liron, Maite y Manuel, Bruno Ollé, Julian Pace, Ricardo Passaporte, Luis Pérez Calvo et Motonori Uwasu
Détail

Pour la quatrième année consécutive, la Galerie Masurel réunit une sélection d’artistes autour d’un format aussi simple que riche de possibilités : le papier. L’exposition collective Dream Paper 4 prolonge cette exploration libre, intuitive et vivante d’un support accessible, propice à toutes les expérimentations.

Chaque année, ce rendez-vous devient un laboratoire visuel, un espace d’échanges entre artistes confirmés et figures émergentes de la scène contemporaine. Cette nouvelle édition fait dialoguer les univers de Flora Castiglia, Jeffrey Cheung, Sune Christiansen, Idir Davaine, Gabrielle Graessle, Rhys Lee, Gwendal Le Bec, Jérémy Liron, Maite y Manuel, Bruno Ollé, Julian Pace, Ricardo Passaporte, Luis Pérez Calvo et Motonori Uwasu.

Leurs œuvres, traversées par la mémoire, la culture populaire, l’abstraction ou le langage du corps, composent une cartographie sensible du regard contemporain. Le papier devient ici terrain d’observation ou de fiction, support brut ou surface graphique, fragment de narration ou outil de résistance.

Cette contrainte du papier – librement interprétée – invite à la fois au jeu, à la rigueur, et à la liberté. Matériau accessible, mobile, familier, il incarne une volonté de rendre l’art plus proche, plus immédiat. Dans une époque saturée d’images numériques, Dream Paper propose un retour à la main, au geste, à la matière.

Petits formats ou grandes fresques, pages de carnet ou papiers industriels, dessin, collage, peinture, techniques mixtes : cette quatrième édition confirme le désir de la galerie de défendre une création contemporaine ouverte, joyeuse et sans hiérarchie de médium.

Année après année, Dream Paper s’impose comme un espace d’expression où les artistes, chacun à leur manière, réinventent le monde à partir d’une simple feuille.

Au-delà du visible
du vendredi 6 juin au dimanche 21 septembre 2025
Centre d'Art Contemporain de Carcassonne
Arnaud Adami, El Anatsui, Claude Allard-Bauret, Eric Baudart, Hans Bellmer, Ysmina Benabderrahmane, Adbelkader Benchamma, Gabriele Beveridge, Matthieu Boucherit, Christian Bonnefoi, Louise Bourgeois, Jean Camberoque, Jean Capdeville, Charles Cazanave, Willie Cole, Pascal Convert, Nicolas Daubanes, Gautier Deblonde, Hélène Delprat, Omar Victor Diop, Zhenjun Du, Alex Forton, Kepa Garraza, Kendell Geers, Prince Gyasi, Bilal Hamdad, Michel Journiac, Peter Klasen, Jérémy Liron, Joël Lorand, Eric Manigaud, Yann Masseyeff, Eugenio Merino, François Morellet, Jonathan Monaghan, Morris H.E, Barbara Navi, Günter Neupel, Eva Nielsen, Baptiste Rabicon, Jesse Reno, André Robillard, Jery Ruszcynski, Avelino Sala, Serghei, Lee Shulman, Jeanne Suspluglas, Claude Viallat, Yoann Ximenes
Détail
Format Paysage
du jeudi 30 janvier au samedi 22 mars 2025
Ceysson & Bénétière, Lyon

Jérémy Liron, Claire Chesnier, Tania Mouraud et Pierre Buraglio
Commissaire : Anne Favier

Détail

A partir du XVI° siècle, le paysage s’instaure en « genre pictural » – selon la classification académique – : les fonds des tableaux remontent vers les premiers plans et ouvrent de nouveaux champs iconiques. 

Structuré par le regard, le paysage est tout d’abord une opération de cadrage, une projection des dehors, une construction des lointains, une étendue imaginaire, un processus d’artification : voir le monde en paysages. Les artistes ne cessent de reconfigurer cette invention et de questionner les horizons de la fabrique du paysage.

Peindre d’après le genre paysage qui fait effraction dans les œuvres de Pierre Buraglio. L’artiste s’arrange pour mettre en pièce la dramaturgie du pittoresque et revenir au tableau. Il  décompose par exemple la mécanique de l’horizon : raccordés, montés, encadrés, deux pans se distinguent en plans et construisent l’illusion d’un panorama, mais simultanément, ils nous ramènent à la matérialité de leurs surfaces. D’autres pièces rapportées – cadres de sérigraphie tronqués, fragments de peintures de paysages glanées, repentirs d’architectures… – sont assemblées en paysages de peinture. Par ailleurs, les sections de châssis vitrés, montants/verres colorés – relèvent de paysages métonymiques et nous rappellent que « la fenêtre est le lieu du paysage. Le paysage a lieu dans la fenêtre ». Par la fenêtre, le « dehors » se fait paysage. La veduta est dès-lors enchâssée dans l’iconique porte de 2 CV, comme un cadre, comme un tableau. Elle contient la mémoire  (le « vécu » selon l’artiste) des paysages parcourus. Sa fenêtre qui a vu défiler les paysages qu’elle a recadrés est rehaussée de peinture. A sa surface, par recouvrement, les coups de pinceau filés à l’horizontale opacifient le plan vitré et font écran à l’illusion perspective. « L’horizon c’est la peinture » rappelle Pierre Buraglio. 

Chez Jérémy Liron, les lumineux ciels bleus comme des écrans picturaux tendus à la surface de la toile font écho à cette paradoxale « profondeur plate » chère à Buraglio. Liron partitionne également le paysage, il agence, syncope et fait décoïncider les plans, il dépeint le paysage comme architecture du regard. Le conventionnel format paysage est souvent renversé : dans les compositions verticalisées les éléments paysagés contrastés sont diversement recadrés par des structures qu’ils prolongent, débordent, redoublent. Cadres et fenêtres façonnent les Paysages de Jérémy Liron et surlignent leur rythmique géométrique. Parallèlement les motifs végétaux et organiques viennent perturber la quadrature de cette trame. L’artiste laisse aussi transparaitre aux bords des tableaux, le feuilletage des sous couches, les dessous de la peinture. Ainsi, les profondeurs représentées sont-elles rabattues en plans colorés à la surface de la représentation. Par endroits, le paysage en hors-champ est encore projeté en ombres et lumières.

Les photographies de l’ensemble Borderland de Tania Mouraud sont également des projections lumineuses du paysage environnant. Au milieu des champs, sur les bords des routes,  ce sont les ponctuations scintillantes de bottes de paille enrobées dans du plastique brillant qui ont attiré son regard. Leurs surfaces réfléchissantes opèrent comme des dispositifs photographiques. En recadrant en gros plan leurs surfaces photosensibles, Tania Mouraud éclipse la matière végétale en décomposition et dévoile, sur le motif, le paysage en contre-champ. Comme des peaux, leurs textures, froissées, plissées rappellent aussi les stries du pinceau. Les photographies pictorialistes de l’ensemble Borderland troublent les regards. Mise au point flottante du dispositif optique : le paysage se dissout en phénomènes lumineux impressionnistes. 

Le motif du paysage est encore suspendu dans les sillages des nappes de couleurs enchevêtrées à l’encre sur papier dans les œuvres de Claire Chesnier. Les lumineux champs colorés modulés de manière organique dissolvent tout point focal, et par là-même, tout repère spatial. A perte de vue, les encres effilées plein cadre, comme des fragments d’immensités diaphanes, s’ouvrent à la contemplation. L’expérience d’une profondeur de champ hors limite confère alors au sublime. « Je suis debout, face à ces grands panneaux, ces champs […] jouant de dégradés, de rivages, d’halos […]. Je bascule dans la sensation. Je perds la perception du sol. Gagne un vertige … », écrit Jérémy Liron. De ces abstractions verticales, à l’échelle du corps, affleurent des horizons liquides et l’impression d’évènements météorologiques pigmentaires qui se déploient, d’une œuvre à une autre. Au-delà de toute représentation, les étendues atmosphériques sont des paysages géologiques où les surfaces découvrent les stratigraphies diffuses de voiles de couleurs cristallisés qui rayonnent dans l’épaisseur du papier. 

Les œuvres de Pierre Buraglio, Claire Chesnier, Jérémy Liron et Tania Mouraud, mises en regard dans cette exposition, réinvestissent les lieux communs du paysage, en redéfinissent les points de vue et en dévoilent les hors-champs. 

2024
Artistes pour Madagascar
(5eme édition) vente caritative
du samedi 7 décembre 2024 au mardi 7 janvier 2025
sur fazasoma.org
Détail
Un trésor à la carte
vente caritative
mardi 3 décembre 2024
Lafayette Anticipations, Paris

Au profit de SOS Méditerranée et des Sauveteurs en mer

Détail
Au musée comme chez vous
40 ans d’artothèque à Villefranche-sur-Saône

du mardi 19 novembre 2024 au dimanche 16 février 2025
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
Ce qui nous (re)lie

du samedi 16 novembre au samedi 14 décembre 2024
Le Cloître Art Contemporain, Lyon
Détail
Gal’art
exposition / vente caritative

du mercredi 13 au mardi 19 novembre 2024
Musée de Grenoble
Détail
Peindre la vallée de la Loue

Le Manoir, Black Box, Centre d’Art et villégiature, Moutier-Haute-Pierre
du samedi 19 octobre au dimanche 15 décembre 2024
Détail
Valse
solo show

du samedi 21 septembre au dimanche 17 novembre 2024
Centre d’art La halle des bouchers, Vienne

Commissaire : Bernard Collet, avec Anne Favier

Détail
Le jour des peintres
80 peintres contemporains de la scène française

jeudi 19 septembre 2024
Musée d’Orsay, Paris

Commissaires : Thomas Levy-Lasne et Nicolas Gausserand

Détail
Un paysage(s)
du dimanche 14 juillet au dimanche 18 août 2024
Les tanneries, Autun

Commissaire : Martin Bruneau

Détail
Du cadre à la bordure
Colloque
du mardi 11 au mercredi 12 juin 2024
Université Lyon 2

Dialogue avec Anne Favier

Détail
Ce jour-là

du jeudi 6 juin au samedi 6 juillet 2024
Le cloître Art Contemporain, Lyon
Détail
L’oeil et le coeur #3

du jeudi 30 mai au dimanche 30 juin 2024
Galerie Françoise Besson, Lyon
Détail
Le dernier rivage
solo show

du jeudi 16 mai au samedi 13 juillet 2024
Galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Photos : Rebecca Fanuele
MU
solo show
du samedi 4 mai au vendredi 2 août 2024
Galerie Eric Linard, La Garde Adhémar
Détail
Une phrase
solo show

du samedi 16 mars au dimanche 14 avril 2024
Orangerie du Château de Sucy-en-Brie

Commissaire : Hélène Launois

Détail
Nouvelles acquisitions

du vendredi 12 janvier au samedi 9 mars 2024
Médiathèque Bonlieu, artothèque Annecy
Détail
2023
20
du samedi 25 novembre 2023 au lundi 23 décembre 2024
Galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
A dessin 8

du samedi 11 novembre au dimanche 3 décembre 2023
Chapelle du Quartier Haut, Sète

et du 27 novembre au 3 décembre, Latelier, Sète

Détail
Voir en peinture
la jeune figuration en France
du vendredi 13 octobre 2023 au dimanche 3 mars 2024
Musée des Beaux Arts, Dole
Détail
Photo : H. Bertrand
La géométrie dans tous ses états
solo show

du samedi 8 juillet au dimanche 17 septembre 2023
Maison du Cygne, Centre d’Art, Six-Fours-les-Plages
Détail
In Lumine
du samedi 1 juillet au samedi 23 septembre 2023
Chapelle Saint-François-Xavier, Carcassonne

Collection Jacques Font

Détail
Lokart

du mercredi 21 juin au vendredi 15 septembre 2023
m21 Galleria, Pécs, Hongrie
Détail
Voir en peinture
la jeune figuration en France
du samedi 10 juin au dimanche 17 septembre 2023
Musée Estrine, Saint-Rémy-de-Provence
Détail
Et c’est assez, pour l’instant, qu’une si jolie ombre danse au bord de la fenêtre
solo show

du samedi 3 juin au samedi 15 juillet 2023
Galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Photos : Rebecca Fanuele
Joue-la encore, Sam

du samedi 13 mai au samedi 8 juillet 2023
Centre d’Art Madeleine Lambert, Vénissieux

Collection municipale de Vénissieux

Détail
Mythologies contemporaines
du samedi 15 avril au dimanche 23 juillet 2023
Casa Restany, Amélie-les-Bains

Collection Jacques Font

Détail
Le toucher du monde

du samedi 18 mars au dimanche 17 septembre 2023
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône

Dialogue entre les collections du Frac Auvergne et le Musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône

Détail
Immortelle
du samedi 11 mars au dimanche 4 juin 2023
Mo.co, Montpellier

Commissaires : Numa Hambursin et Amélie Adamo

Détail
Voir en peinture
la jeune figuration en France
du dimanche 5 février au dimanche 28 mai 2023
MASC Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne

Commissariat : Anne Dary

Détail
Sur le fil

du samedi 28 janvier au dimanche 2 avril 2023
URDLA, Villeurbanne
Détail
Pendant que la nuit tombe
Solo show
du jeudi 12 janvier au dimanche 16 avril 2023
L’Abbaye, Fondation Salomon, Annecy-le-Vieux
Détail
2022
Calendrier de l’Avent
samedi 3 décembre 2022
façade de l’abbaye Saint André, Centre d’art contemporain, à Meymac

Exposition salle de la Pointe, dernier étage de l’Abbaye, du 3 décembre au 15 janvier

 

Détail
Photos : Aurélien Mole
Drawing market
pop-up d’éditions d’artistes

du jeudi 1 au jeudi 22 décembre 2022
drawing house, Paris
Détail
Retourner voir
du vendredi 18 novembre 2022 au dimanche 19 février 2023
H2M, Bourg-en-Bresse

Commissaire : Anne Favier

Détail
Réserve sans réserve n°13
du samedi 12 novembre 2022 au samedi 25 février 2023
galerie Eric Linard, La Garde-Adhémar
Détail
Le promontoire du songe

du dimanche 25 septembre 2022 au dimanche 15 janvier 2023
Frac Auvergne, Clermont-Ferrand
Détail
C’est la vie
en duo avec Frédéric Khodja

du dimanche 25 septembre au samedi 22 octobre 2022
Le cloître Art Contemporain, Lyon

Commissaire : Marie-Agnès Charpin

Détail
Paysages

du samedi 9 au dimanche 31 juillet 2022
L’espace, lieu d’art à Rognac (Haute-Loire)
Détail
VARIA, une approche subjective de la création contemporaine

du vendredi 8 juillet au mercredi 12 octobre 2022
Centre d’Art Contemporain, Meymac
Détail
Photo : Aurélien Mole
Nécessité intérieure
extraits de la collection Jacques Font
du vendredi 8 juillet au dimanche 16 octobre 2022
Ancienne chapelle des armées, Casa Restany, à Amélie-les-Bains
Détail
20 ans de Shakers

du samedi 18 juin au dimanche 18 septembre 2022
Château des Ducs de Bourbon, Montluçon
Détail
Marginalia, travaux sur papier
solo show

du samedi 4 au samedi 18 juin 2022
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Secrets de fabrique - Un été contemporain

du samedi 26 mars au dimanche 18 septembre 2022
Musée Paul-Dini, espace Cornil, Villefranche-sur-Saône
Détail
Devenu(s)/en devenir

du vendredi 25 mars au dimanche 22 mai 2022
L’angle Espace d’art contemporain, La Roche-sur-Foron
Détail
Dessins d’après
du mercredi 16 mars au samedi 2 avril 2022
galerie Ceysson & Bénétière, Saint-Étienne

Conférences et tables rondes les 23 et 24 mars, Cité d’art et du design de Saint-Étienne
Commissaire : Anne Favier

Détail
Les petites choses fragiles
du dimanche 13 février au samedi 16 avril 2022
médiathèque de Nègrepelisse

Commissaire : Odile Viale

Détail
2021
Vente de Noël

du mercredi 15 au vendredi 24 décembre 2021
URDLA, Villeurbanne
Détail
Un regard sur les créations modernes et contemporaines en Auvergne et Rhône-Alpes de 1800 à nos jours

du samedi 16 octobre 2021 au dimanche 27 février 2022
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
In the shade
solo show

du samedi 7 août au jeudi 30 septembre 2021
galerie Eric Linard, La garde Adhémar
Détail
Photos : Philippe Petiot
Un goût de vacances

du samedi 10 juillet au dimanche 17 octobre 2021
Abbaye Saint-André, Centre d’Art Contemporain, Meymac
Détail
Paysages, entre représentation et imaginaire
du samedi 26 juin 2021 au dimanche 2 janvier 2022
Musée d’art contemporain de Montélimar
Détail
Les apparences
du dimanche 20 juin au mercredi 15 septembre 2021
Centre d’Art à Cent Mètres du Centre du Monde, Perpignan

Commissaire : Thomas Lévy-Lasne

Détail
Les parages
solo show

du samedi 12 juin au samedi 24 juillet 2021
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Photos : Rebecca Fanuele
Drawing now alternative

du jeudi 10 au dimanche 13 juin 2021
Faubourg Saint-Antoine, Paris
Détail
Tangerine, Tangerine
solo show

du vendredi 21 au dimanche 23 mai 2021
Moments artistiques, Paris

Contre-événement, dimanche 23, en conversation avec Gilles A. Tiberghien

Détail
Le musée fête ses 20 ans

du mercredi 19 mai au dimanche 19 septembre 2021
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
Archi-ville #1

du samedi 13 mars au dimanche 23 mai 2021
Villa Noailles, Hyères
Détail
Photos : Luc Bertrand
L’Œil du Coeur !
Collection Françoise Besson

du vendredi 26 février au samedi 10 avril 2021
galerie Françoise Besson, Lyon
Détail
Quelque chose de pourpre
solo show

du jeudi 21 janvier au mardi 30 mars 2021
galerie Telmah, Rouen
Détail
2020
Les heures
solo show

du samedi 7 novembre au dimanche 1 mars 2020
Orangerie du Musée de Sens
Détail
ce que nous gardons en mémoire après avoir cessé de regarder
solo show

du samedi 20 juin au dimanche 30 août 2020
Abbaye Saint-Florent-le-Viel, Mauges-sur-Loire
Détail
Les analogues

du samedi 20 juin au samedi 18 juillet 2020
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Nature et figure

du samedi 28 mars au dimanche 20 septembre 2020
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
2019
Pérégrinations et contemplations : le paysage contemporain
du samedi 19 octobre 2019 au dimanche 16 février 2020
Musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
En Résonance avec la Biennale de Lyon
Détail
Bienvenue en off de la Fiac

du jeudi 17 au dimanche 20 octobre 2019
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Une île
solo show

du vendredi 11 au dimanche 13 octobre 2019
château Saint-Marcel-de-Félines
Bilan de résidence
Détail
Photographies : Blaise Adilon.
Avant bruits de langues
Colloque

jeudi 10 octobre 2019
Université de Poitiers
Détail
Dimension Supplémentaire avec Art Collector

du vendredi 4 octobre au mardi 5 novembre 2019
Salle Saint Martin, Souillac
Détail
Carnet de notes

du mercredi 25 septembre au dimanche 6 octobre 2019
Les Loins pays, Lyon
Détail
Ricochets
Textes, images et correspondances

du samedi 29 juin au dimanche 7 juillet 2019
Les Loins pays, Lyon
Détail
C’est bien sûr l’horizon, mais ce sont surtout les cloisons
volet 2
du samedi 30 mars au samedi 1 juin 2019
galerie Eric Linard, La Garde-Adhémar
Détail
20 ans

du vendredi 15 au samedi 16 mars 2019
Galerie des Jours de Lune, Metz
Détail
Pente douce (une rétrospective)
solo show

du vendredi 8 mars au mardi 30 avril 2019
H du Siège, Valenciennes
Détail
les mocos
du jeudi 7 mars au samedi 4 mai 2019
galerie du Canon, Toulon
Détail
Mémoire d’architecture
du vendredi 8 au vendredi 22 février 2019
6B, Saint-Denis
Commissaire: Aurélie Barnier
Détail
2018
Souk de Noël

du mardi 18 décembre 2018 au samedi 12 janvier 2019
URDLA, Centre International de l’Estampe, Villeurbanne
Détail
Molécule brutaliste
avec Anthony Squizzato
du jeudi 15 novembre au lundi 10 décembre 2018
lieu d’art Le trampoline, Vic-le-Comte
Dimitri Vazemsky
Détail
le MUR
solo show

du vendredi 2 novembre au dimanche 2 décembre 2018
MUR (modulable urbain réactif), Saint-Étienne
Détail
Les éditions de l’atelier contemporain ou le miroir des arts et de la littérature
Rencontre
vendredi 28 septembre 2018
Rencontre remue.net, proposée et animée par Sébastien Rongier
avec Odile Massé, Jérémy Liron, Nicolas Pesquès & François-Marie Deyrolle
Détail
Art protects - Aides

du samedi 8 au dimanche 9 septembre 2018
librairie Yvon Lambert, Paris
Détail
Campagne-première
du samedi 7 au dimanche 8 juillet 2018
Revonnas
Commissariat : Fanny Robin
Détail
Et le vent, soufflant dans le béton, soudainement
du samedi 30 juin au vendredi 7 septembre 2018
lieu d’art Le trampoline, Vic-le-Comte
Commissariat : Dimitri Vazemsky
Détail
Recto/verso
vente au profit du Secours populaire français
du jeudi 14 au dimanche 24 juin 2018
Fondation Louis Vuitton, Paris
Détail
Fantômes
du jeudi 24 mai au samedi 16 juin 2018
Progress gallery, Paris
Commissariat : Alexandre Mare
Détail
C’est bien sûr l’horizon mais ce sont surtout les cloisons
du vendredi 6 avril au samedi 2 juin 2018
galerie Françoise Besson, Lyon
Commissariat : Frédéric Khodja
Détail
Photos : Cyrille Cauvet.
Un été contemporain, Jacques Truphémus et Jérémy Liron. Les silences de la peinture
du vendredi 16 mars au dimanche 16 septembre 2018
musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
Sur la page, abandonnés

du jeudi 25 janvier au jeudi 1 février 2018
Au lieu, éditions extensibles, Paris
Détail
2017
Première ! Margery Clay, Janos Ber, Jeremy Liron, Marek Szczesny
du lundi 11 décembre au samedi 29 juillet 2017
galerie du Canon, Toulon
Détail
Tacet
solo show

du samedi 2 décembre 2017 au samedi 13 janvier 2018
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Photos : Rebecco Fanuele
Prix André et Berthe Noufflard

du lundi 20 au samedi 25 novembre 2017
espace Thorigny, Paris
Détail
Vendange tardive

du dimanche 12 novembre 2017 au dimanche 14 janvier 2018
Centre d’Art Contemporain, Meymac
Détail
Photos : Aurélien Mole.
2×5+1 Art Collector
du jeudi 9 novembre au samedi 23 décembre 2017
Patinoire Royale / galerie Valérie Bach, Bruxelles

avec Iris Levasseur, Jérémy Liron, Christine Barbe, Clément Bagot, Karine Rougier, Claire Chesnier, Eva Nielsen, Abdelkader Benchamma, Olivier Masmonteil, Massinissa Selmani et Medhi Georges Lalhou
Commissaires : Philippe Piguet et Valérie Bach

Détail
Bouquets de vieux pinceaux

dimanche 15 octobre 2017
Biennale de Lyon / Fondation Bullukian, Lyon
Intervention dans l’installation Living room de Lee Mingwei
Détail
Rencontre avec Jeremy Liron et Aurore Pallet

dimanche 27 août 2017
Chamalot Résidence d’artistes
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Le paysage en question
du samedi 8 juillet au dimanche 26 novembre 2017
Centre d’art contemporain de Châteauvert
Aillaud, Bioulès, De Malherbe, Kimura, Kirkeby, Liron, Plagnol, Van Den Broek
Commissaire : Gilles Altieri
Détail
Jeremy Liron, mélancolie des paysages
solo show

du jeudi 29 juin au vendredi 13 octobre 2017
galerie Andersen & associés, Luxembourg
Détail
Objects/words Books/letters Plasticity #2
avec Dimitri Vazemsky et Antony Squizzato
du vendredi 31 mars au mardi 2 mai 2017
maison Folie de Wazemmes, Lille
Détail
Changer l’école c’est possible
conférence avec Jérôme Saltet
mardi 28 mars 2017
Confluence des savoirs, grand amphithéâtre université Lumière Lyon 2
Détail
Spring Break
du samedi 18 mars au samedi 15 avril 2017
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Un été contemporain - vagabondage

du samedi 18 mars au mardi 19 septembre 2017
musée Paul Dini, Villefranche-sur-Saône
Détail
2016
Exposition-vente de Noël

du jeudi 15 au vendredi 30 décembre 2016
URDLA, Villeurbanne
Détail
Art is hope

du samedi 10 au samedi 17 décembre 2016
annexe galerie Perrotin, Paris
Détail
galeristes

du jeudi 8 au samedi 10 décembre 2016
Stand de l’URDLA, Carreau du Temple, Paris
Détail
Epreuves uniques

du lundi 28 novembre au samedi 17 décembre 2016
atelier Michael Woolworth, Paris
Détail
Novembre à Vitry

du samedi 19 novembre au dimanche 18 décembre 2016
galerie municipale Jean Collet, Vitry
Détail
5×2
du lundi 14 novembre au samedi 3 décembre 2016
ArtCollector Patio Art Opéra, Paris
Commissaire : Philippe Piguet
Détail
A dessin 2
du jeudi 10 au samedi 12 novembre 2016
Atelier spirale, chapelle du quartier haut, Sète
Détail
Figures
solo show
du vendredi 4 novembre au samedi 10 décembre 2016
L’angle, La Roche-sur-Foron
Détail
L’artothèque invitée

du jeudi 27 octobre 2016 au dimanche 29 janvier 2017
Musée des Beaux-Arts de Caen
Détail
Avec eux

du samedi 22 octobre au samedi 31 décembre 2016
Palais Ducal Artothèque de Caen
Détail
Workshop à l’URDLA

du samedi 15 au dimanche 16 octobre 2016
stage de gravure à l’URDLA, Villeurbanne
Détail
Art Protects Aides & Yvon Lambert

du vendredi 23 au samedi 24 septembre 2016
Espace Fondation EDF, Paris
Détail
Bati/debati
avec Amandine Capion
du vendredi 24 juin au samedi 16 juillet 2016
galerie La porte étroite, Toulon
Invitation de Gilles Boudot
Détail
3 jours en mai
avec les éditions A/Over

du jeudi 26 au dimanche 29 mai 2016
galerie Metamorphik, Sainte-Foy-lès-Lyon
Détail
Exposition La petite collection

du jeudi 26 au vendredi 27 mai 2016
galerie White project, Paris
Détail
Art Athina

du jeudi 26 au dimanche 29 mai 2016
galerie Laureen Thomas, Athènes
Détail
Workshop à Moly Sabata

du samedi 21 au dimanche 22 mai 2016
Fondation Albert Gleizes à Sablons
Détail
Le pavillon des sources

du samedi 21 au dimanche 29 mai 2016
Le triangle des Bermudes, Diedendorf
Commissariat : François Génot
Détail
Salon du livre rare et de l’estampe
avec les éditions Unes

du vendredi 22 au dimanche 24 avril 2016
Grand Palais, Paris
Détail
DDessin Paris Contemporary Drawing Fair

du vendredi 1 au dimanche 3 avril 2016
La petite collection, Atelier Richelieu, Paris
Détail
Drawing Now

du mercredi 30 mars au dimanche 3 avril 2016
Salon du dessin contemporain, galerie Isabelle Gounod, Carreau du temple, Paris
Détail
Peintures

du samedi 12 mars au samedi 23 avril 2016
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Les archives du désastre
solo show

du samedi 20 février au samedi 12 mars 2016
Studio galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
L’infinie distance des choses dans leur temps
solo show
du lundi 1 février au samedi 26 mars 2016
Fondation Bullukian, Lyon
Détail
Salon de l’édition d’art
avec les éditions L’atelier contemporain

vendredi 1 janvier 2016
Fondation Fernet Branca, Saint-Louis
Détail
2015
100x100x100

du samedi 28 novembre au mercredi 23 décembre 2015
URDLA, Villeurbanne
Détail
Novembre à Vitry

du dimanche 15 novembre au dimanche 13 décembre 2015
galerie Jean-Collet, Vitry
vernissage et prix le 21 novembre
Détail
recto/verso

expo/vente au profit du Secours populaire français

du mardi 10 au dimanche 15 novembre 2015
Fondation Vuitton, Paris
Détail
Exposition/vente caritative France Inde Karnataka

du mercredi 4 au lundi 9 novembre 2015
PIASA, Paris
Détail
Carnets d’été

du samedi 19 septembre au jeudi 5 novembre 2015
galerie Louise, Pré-Saint-Gervais
Détail
Prima u mare

du jeudi 30 au vendredi 31 juillet 2015
Chapelle d’Erbalunga, Corse
Détail
Des notes offertes au silence
projection et discussion avec Léa Bismuth
lundi 22 juin 2015
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Méditerranée & architecture
Collection l’Hôtel des Arts hors les murs

du samedi 13 juin au dimanche 29 novembre 2015
Centre d’art contemporain de Chateauvert
avec Gabriele Basilico, Céline Boyer, Stéphane Couturier, Philippe De Gobert, Günther Förg, Lucien Hervé, Jacqueline Salmon et Massimo Vitali
Détail
retourner le regard
du vendredi 12 au dimanche 28 juin 2015
ateliers Vortex, Dijon
Détail
Photos : Cécilia Philippe
vente Artcurial Autistes sans frontières

jeudi 11 juin 2015
maison Artcurial, Paris
Détail
art athina

du jeudi 4 au dimanche 7 juin 2015
foire d’art contemporain d’Athènes, galerie Laureen Thomas, Athènes
Détail
+++
solo show

du jeudi 4 juin au vendredi 29 mai 2015
galerie des jours de lune, Metz
Commissariat : Viviane Zenner
Détail
histoire de prendre son temps
Fond Shakers

du samedi 23 mai au dimanche 30 août 2015
Château des Ducs de Bourbon, Montluçon
Détail
Immersion
du samedi 25 avril au dimanche 17 mai 2015
Centre d’Art Contemporain de Lacoux
Détail
le paysage
lectures, dédicaces et entretien

du vendredi 10 au dimanche 12 avril 2015
Le Leé, Metz
avec Emilien Sarot et en collaboration avec Le livre à Metz
Détail
territoires & architectures
collections du CG du Var et du Frac PACA

du vendredi 6 février au samedi 14 mars 2015
centre culturel, Saint-Raphaël
Détail
2014
Plasticity
du lundi 8 décembre 2014 au dimanche 12 avril 2015
Hospice d’Havré, Tourcoing
Commissariat : Dimitri Vazemsky
Détail
Art Protects Aides

du mercredi 19 au jeudi 20 novembre 2014
galerie Yvon Lambert, Paris
Détail
Parcours d’artistes
du mardi 4 novembre au vendredi 12 décembre 2014
La passerelle, Pontault-Combault
Détail
Atmosphères contemporaines
Collections de l’Hôtel des Arts hors les murs

du samedi 25 octobre au samedi 6 décembre 2014
Chapelle de l’observance, Draguignan
Détail
FIAC (OFF)ICIELLE
du mercredi 22 au dimanche 26 octobre 2014
Citée de la mode et du design, Paris
avec Maude Maris, Pierre-Alexandre Rémy, Jérémy Liron
Détail
Déployer l’instant/parcourir la mémoire
solo show
du vendredi 13 juin au samedi 27 septembre 2014
Artothèque de Caen
Détail
Hypnagogies
solo show
du samedi 24 mai au samedi 19 juillet 2014
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Exposition hors les murs de la collection de l’Hôtel des Arts

du samedi 26 avril au jeudi 19 juin 2014
médiathèque du Cannet, Le Cannet-des-Maures
avec Gabriele Basilico, Lucien Hervé, Gunther Forg
Détail
Sur le toit
Drawing Now, Salon du dessin contemporain
du mercredi 26 au dimanche 30 mars 2014
galerie Isabelle Gounod, Carreau du temple, Paris
Détail
Passages
du mercredi 26 mars au lundi 30 juin 2014
Fondation Bullukian, Lyon
Détail
Un été contemporain
du samedi 22 mars au dimanche 14 septembre 2014
Musée Paul Dini, Villefranche
Détail
Quoi de neuf ?
acquisitions récentes
du vendredi 17 janvier au samedi 29 mars 2014
Artothèque de Caen
avec Dominique Bailly, Léo Dorfner, Romuald Dumas-Jandolo, Jean Lain, Léa Lebricomte, Naji Kamouche, Olivier Leroi, Jérémy Liron, Maude Maris, Annette Messager, Françoise Pétrovitch, Assan Smati, Maxime Touratier
Détail
2013
Formats raisin - Vendanges tardives

du samedi 7 décembre 2013 au dimanche 5 janvier 2014
Galerie Martagon, Malaucène
Détail
Formats raisin - Les vendanges sont finies

du samedi 26 octobre au dimanche 24 novembre 2013
Galerie Martagon, Malaucène
Détail
Salon du livre d’artiste
avec Armand Dupuy
du samedi 1 au dimanche 2 juin 2013
Bruxelles
Détail
Secrets et parcours
Collection de la CCI Marseille Provence

du jeudi 2 mai au mercredi 12 juin 2013
Palais de la Bourse, Marseille
Détail
Drawing Now
 / Salon du dessin contemporain
galerie Isabelle Gounod, Carrousel du Louvre, Paris
du jeudi 11 au samedi 13 avril 2013
Détail
2012
Exposition de noël

du dimanche 2 au dimanche 30 décembre 2012
ancien musée de peinture, CNAC Le Magazin, Grenoble
Détail
Pavillon
du samedi 6 octobre au samedi 8 décembre 2012
galerie Domi Nostrae,Lyon
avec Jean-Luc Blanchet, Nina Childress, Philippe Cognée, Marc Desgrandchamps, Jeremy Liron, Emily Peythieu
Détail
Le récit absent
art [ ] collector
du lundi 17 au jeudi 27 septembre 2012
Studio le Patio, Paris Opéra
Exposition et événements
Détail
L’Inquiétude
du samedi 8 septembre au jeudi 25 octobre 2012
galerie Isabelle Gounod, Paris
Détail
Parce que la carte est plus importante que le territoire (3), les architectures légères
du vendredi 11 mai au dimanche 3 juin 2012
Le pays où le ciel est toujours bleu, Orléans
avec Isabele Cornaro, Paul Devarieux, Yoan Friedman, Jérémy Liron et Cannelle Tanc
Détail
Maisons folles

du samedi 14 au dimanche 15 avril 2012
parcours dans 15 maisons particulières, Ronchin
Détail
Drawing Now - Salon du dessin contemporain

du jeudi 29 mars au dimanche 1 avril 2012
Carrousel du Louvre, Paris
Détail
Paris-Martigny (2) : parce que la carte est plus importante que le territoire

du samedi 25 février au dimanche 1 avril 2012
Fondation Louis Moret, Martigny, Suisse
Détail
Les territoires
du lundi 9 au samedi 28 janvier 2012
galerie de l’école d’art, Château du Gros Buisson, Vigneux-sur-Seine
Conférence mercredi 10 janvier à 19h00
Détail
2011
Jérémy Liron
du samedi 29 janvier au dimanche 13 mars 2011
Hôtel des Arts, Toulon
Détail
Jérémy Liron
2010
Parades
Lecture
dimanche 12 décembre 2010
La Maison Rouge, Fondation Antoine de Galbert, Paris
Lecture avec Sophie Gaucher et Dimitri Vazemski, éditions Nuit Myrtide
Détail
Offrez l’art de demain
récolte 2010
du samedi 27 novembre 2010 au vendredi 11 février 2011
URDLA, Villeurbanne
Exposition d’estampes d’Éric Corne, Jérémy Liron, Myriam Mechita, Sylvie Pic, Elin O’hara Slavick, Assan Smati, Alex Tennigkeit, Sarah Tritz
Détail
Slick ’10

du mardi 19 au dimanche 24 octobre 2010
esplanade Palais de Tokyo / Musée d’Art Moderne, Paris
Détail
Jérémy Liron, achevé d’imprimer

jeudi 15 juillet 2010
URDLA, Villeurbanne
Présentations des travaux d’estampe réalisés pendant la résidence
Détail
Dans la solitude
solo show
du mercredi 19 mai au samedi 24 juillet 2010
Galerie Isabelle Gounod, Paris
+ lecture « l’humble usage des objets » vendredi 3 juillet 18h30
Détail
Son filetage mord dans la matière et sa tête tient l’assemblage #2 et voilà le travail 
du jeudi 13 mai au samedi 26 juin 2010
Galerie SMP, Marseille
Commissariat : Josué Rauscher
Détail
Son filetage mord dans la matière et sa tête tient l’assemblage #1 Système B
du vendredi 16 avril au samedi 8 mai 2010
Galerie SMP, Marseille
Commissariat : Josué Rauscher
Détail
12 peintures
du jeudi 4 mars au samedi 17 avril 2010
Galerie 5, Angers
Détail
Fond Shakers

du vendredi 29 janvier au vendredi 12 février 2010
Iufm, Moulins
Détail
2009
Suites urbaines : parcours et détours
du vendredi 4 au vendredi 18 décembre 2009
Urban Gallery, Marseille
Détail
Exposition / prix Jean Chevalier
du jeudi 29 octobre au samedi 7 novembre 2009
Galerie Houg, Lyon
Détail
Lyon/Béthune
du jeudi 15 octobre 2009 au dimanche 31 janvier 2010
Labanque, Béthune
Détail
Docks art fair en off de la Biennale de Lyon
du lundi 14 au dimanche 20 septembre 2009
Galerie Isabelle Gounod, La Sucrière, Lyon
Détail
Journées de la bibliophilie
du samedi 12 au dimanche 13 septembre 2009
Lourmarin
Détail
Salon International du Livre et de l’Estampe
du jeudi 18 au dimanche 21 juin 2009
Grand Palais, Paris
Détail
Exposition retrospective du Fond Shakers
du jeudi 28 mai au samedi 20 juin 2009
FAL, Clermont-Ferrand
Détail
erre(s)
du lundi 4 mai au vendredi 19 juin 2009
salle d’exposition de l’iufm, Chaumont
Détail
SxS dans R
Exposition du réseau Artskool (2ème volet)

du jeudi 30 avril au jeudi 14 mai 2009
Galerie Jeune Création, Paris
Détail
SxS dans R
Exposition du réseau Artskool
du samedi 11 au samedi 25 avril 2009
La Générale en Manufacture, Sèvres
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Et comment cet impalpable de l’espace se loge en nous comme nous logeons en lui
du samedi 11 au samedi 25 avril 2009
Zan Gallery, Sèvres
Sur une proposition de Florent Lamouroux, communication par Estelle Petit
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Tracés
du mardi 17 mars au samedi 25 avril 2009
Galerie Isabelle Gounod, Paris
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Jeremy Liron
du jeudi 5 au jeudi 26 mars 2009
Espace d’art l’Adagio, Thionville
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Et pour toi c’est quoi l’art ?
Collectif entrez sans frapper
du lundi 2 mars au jeudi 30 avril 2009
La Générale en Manufacture, Sèvres
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Notre combat 
du mardi 13 janvier au samedi 28 février 2009
Forum Meyrin, Genève
Projet et exposition menés par Linda Ellia
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Et pour toi c’est quoi l’art ?
Collectif entrez sans frapper
samedi 10 janvier 2009
Médiathèque d’Empalot, Toulouse
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2008
Exposition retrospective du Fond Shakers
du samedi 22 novembre au dimanche 21 décembre 2008
fonds d’Art Moderne et Contemporain, espace Boris Vian, Montluçon
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Biennale de Bourges, Panorama jeune création
du vendredi 14 au lundi 17 novembre 2008
Palais d’Auron, Bourges
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Vente au profit du Mouvement pour la Réinsertion Sociale
jeudi 13 novembre 2008
Maison de l’Amérique Latine, Paris
Par Pierre Cornette de Saint-Cyr et Henri Jobbé-Duval
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Show Off
du mercredi 22 au samedi 25 octobre 2008
galerie Isabelle Gounod, Espace Pierre Cardin, Paris
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Invité d’honneur de l’exposition/acquisitions de la CCI Marseille Provence
lundi 22 septembre 2008
Grand Hall du Palais de la Bourse, Marseille
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Atelier XIV
du lundi 15 septembre au vendredi 17 octobre 2008
La Source, La Gueroulde
Commissaire : Guillaume Garouste
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Suite

du jeudi 26 juin au samedi 26 juillet 2008
Galerie Isabelle Gounod, Paris
+ lecture publique à la galerie en duo ‘le livre l’immeuble le tableau’ samedi 5 juillet, 18h
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Construisons l’avenir
du mardi 29 avril 2008 au mercredi 29 avril 2009
Fondation Cari, Carros
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Draw In
du mardi 15 au dimanche 27 avril 2008
00130 Gallery, Helsinki, Finland
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Projection de votre fenêtre
samedi 15 mars 2008
Centre d’Art la Ferme du Buisson, la Piscine, Marne-la-Vallée
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Hôtel de la mer
du vendredi 14 mars au samedi 3 mai 2008
Galerie Isabelle Gounod, Boulogne-Billancourt
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La majeure partie de son temps à inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse de continuellement nous échapper
du vendredi 4 janvier au dimanche 10 février 2008
Orangerie du Château de la Louvière, Montluçon
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2006
Grand Prix de Saint-Grégoire
du dimanche 19 novembre au dimanche 3 décembre 2006
Centre de la Forge, Saint-Grégoire
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Novembre à Vitry
du dimanche 19 novembre au dimanche 17 décembre 2006
Galerie Municipale, Vitry-sur-Seine
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Première vue - 5ème édition
du samedi 16 au dimanche 24 septembre 2006
Passage de Retz, Paris
Commissaire : Michel Nuridsany
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lagrandevie
du lundi 22 au mercredi 24 mai 2006
Galerie droite/gauche, Paris
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L’éphémère, le fugitif, le multiple
51ème Salon de Montrouge
du jeudi 27 avril au mercredi 17 mai 2006
Montrouge
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Landscape(s)
du dimanche 15 janvier au samedi 25 février 2006
Galerie Isabelle Gounod, Boulogne-Billancourt
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2005
Monte dans la voiture, on se casse !

du dimanche 20 au mardi 22 novembre 2005
Galerie droite/gauche, Paris
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Vente 100 artistes
du vendredi 7 au samedi 8 octobre 2005
Hôtel Drouot, Paris
Commissaire : Ader/KJCréa
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Le quotidien transfiguré
du mardi 30 août au vendredi 30 septembre 2005
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Some still feed the animals
du mercredi 15 juin au vendredi 15 juillet 2005
Cabinet Archiyulzari, Paris
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Portes Ouvertes - atelier Bustamante
du lundi 6 au mardi 7 juin 2005
Ensba, Paris
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2004
Portes Ouvertes Ensba
mardi 1 juin 2004
Ensba, Paris
Commissaire : Patrick Corillon
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En cours
Lumière Noir
Lumière Noir
13/06 – 01/08/2026
CAPSE Pont-Saint-Esprit
Hortus conclusus
Hortus conclusus
06/06 – 30/08/2026
Galerie Marcel Duchamp, Yvetot
L'eau qui dort
L'eau qui dort
13/05 – 31/07/2026
Centre d'art ACMCM, Perpignan.
Anna Coulet, Philippe Domergue, Marie Havel, Safia Hijos, Jeremy Liron
 
muséo coulisses
muséo coulisses
23/03 – 20/09/2026
musée Paul Dini, Villefranche sur Saône
À venir
Art [ ] Collector : 10 x 2
Art [ ] Collector : 10 x 2
21/11 – 06/12/2026
Centre Wallonie-Bruxelles Paris
Commissariat : Philippe Piguet
Artistes : Iris Levasseur, Jérémy Liron, Christine Barbe, Clément Bagot, Karine Rougier, Claire Chesnier, Eva Nielsen, Abdelkader Benchamma, Olivier Masmonteil, Massinissa Selmani, Charles Fréger, Mehdi-Georges Lahlou, Marion Charlet, Mathieu Dufois, Caroline Le Méhauté, Thibault Brunet, Jennifer Caubet, Caroline Corbasson, Claire Trotignon et Eva Medin.
Paysages de peinture
Paysages de peinture
25/07 – 23/08/2026
Atelier du Hézo
Vincent BIOULES, Bernard BOUIN, Joël BRISSE, Martin BRUNEAU, Alix CANTELAUBE, Philippe COGNÉE, Monique DUPAS, Dominique EHRHARD, Judith FARRO, Nathalie GUEVEL, Xavier KREBS, Claude LEPOITEVIN, Jacques LE BRUSQ, Cedric LE CORF, Thierry LE SAEC, Jérémy LIRON, Denis SERRE
et
Geneviève ASSE, Guy BOULAY, Christine BOUMEESTER, Camille COROT, Richard DIEBENKORN, Helen FRANKENTHALER, Gérard GASIOROWSKI, Per KIRKEBY, Jean MAC EWEN, François-Auguste RAVIER, Arpad SZENES, Pierre TAL COAT, Antoni TAPIES, Maria Helena VIEIRA DA SILVA

Né en 1980 à Marseille
Vit et travaille actuellement à Lyon
Référencé par Documents d’Artistes Auvergne-Rhône-Alpes
Collabore avec les galeries Eric Linard et Ceysson & Bénétière.
contact@lironjeremy.com

Résidences
  • Fondation Renaud Fort de Vaise, mars/mai 2025
  • Étretat, avec Terres de paroles et Le révélateur, juillet-octobre 2020
  • Saint-Marcel-de-Félines, juillet-août 2019

  • Chamalot en Correze, août 2017

  • Vortex à Dijon, mai 2015

  • CACL à Hauteville-Lompnes, avril 2015

  • ECLATS à Caromb, février et juillet 2013, 2014, 2015

  • URDLA, centre international de l’estampe à Villeurbanne, juillet 2010

  • La Source à la Guéroulde, avril/juin 2008

  • Shakers à Montluçon, septembre/février 2007/2008

  • L’H du Siège à Valenciennes, avril/juin 2007

  • Mains d’Œuvres / Réseau Artskool à Saint-Ouen, 2007

Prix et Bourses
  • Lauréat Art[ ]Collector, Paris, 2012
  • Aide à la création, DRAC Rhône-Alpes, 2012

  • 1er prix CCIMP Marseille, 2008

  • Lauréat Arts Plastiques Groupe Paris-Lyon, 2025
Collections
  • Collections privées

  • Collection Shakers

  • Collection CCI Marseille Provence

  • Collection Hôtel des Arts/CG du Var

  • Collection Fondation Colas

  • Collection Ville de Lyon

  • Collection Artothèque de Caen

  • Collection Ville de Vénissieux

  • Collection Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône

  • Collection Société Générale Paris

  • Collection Artothèque de Villefranche-sur-Saône

  • Collection Fondation Salomon

  • Collection Artothèque du Lot

  • Collection Artothèque d’Angers

  • Collection Artothèque Les Dominicains, à Pont-Lévêque

  • Collection Atothèque Lyon Part-Dieu

  • Collection Frac Auvergne
  • Collection Ville de Six-Fours-les-Plages
  • Collection Artothèque d’Annecy
  • Collection Artothèque de l'Aine
Titres & Diplômes
  • AGRÉGATION arts plastiques, juillet 2007 (Centre Saint-Charles, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

  • CAPES arts plastiques, juin 2007 (Centre Saint-Charles, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

  • Diplômé DNSEP à l’Ensba Paris en 2005 (tuteur : J-M. Bustamante, président : D. Vermeiren)

  • Diplômé DNAP à l’ebat(s) Toulon en 2003 (tuteur : F. Clavère, président : F. Valabrègue)
Crédits & Mentions légales

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