Diderot remarquait comme aux murs des salons tapissés d'académies le mouvement est au mieux représenté par l'immobilité des figures selon un idéal de composition plus que d'expression. Nous jouissons de corps muets. Le spectateur accomplit le tableau par les mouvements que son corps et son regard dessinent, en se promenant. La vie dans le tableau n'est pas l'esquisse d'un mouvement mais la possibilité d'une mobilité de l'image dont le spectateur est la mise en perspective.
Je marchais pour voir comme une barre à la manière d'un compas-bulle tournait sur son plateau tandis que je tournais autour. La trame des fenêtres parle de centaines de vies, d'individualités collectives, le bloc à quelque chose de vertigineux, un certain rapport au ciel. L'architecture est une musique gelée pour qui a lu Schelling. A nos pensées abstraites le bâtiment est-il une prosaïque monade. Il n'est pas interdit de penser Narcisse tant qu'il voyait son reflet tenant bien à la berge, mais par une discrète contraction du cristallin, une question de distance dans le regard, il a vu l'eau. Derrière lui alors le monde qui se reflétait et lui tapait le dos.